Confidences impudiques - Une suite

jeudi 9 mars 2006
par  Christine Arven
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Un nouveau chapitre à ajouter à ces confidences que j’ai publiées il y a à peine un peu plus d’un mois. Entre temps les choses ont quelque peu évoluées puisque j’ai fait la connaissance de appelons-le ici M.

M comme je t’aime. M comme Maître.

M m’avait adressé des textes pour publication. Comme je le fais habituellement je l’avais remercié pour son envoi. En général, les choses en reste là même si j’ai noué avec certains auteurs du site quelques relations épistolaires amicales. M m’a répondu. A mon tour je lui ai répondu. Il m’a dit qu’après avoir lu mes "confidences impudiques", il avait acheté et lu ce livre que j’ai publié il y a bientôt 3 ans. M’a dit l’avoir "adoré". S’est excusé pour ce terme qui lui semblait après coup inopportun. Nouvelle réponse de ma part. Déjà, je sentais un intérêt certain germer en moi pour cet homme qui ne me connaissait pas mais qui voulait voir ce qu’il y avait derrière les apparences. Comme s’il avait l’intuition que les choses n’étaient pas aussi lisses qu’elles le paraissent.

Voilà comme les choses ont commencé. De façon assez anodine en fait. Cela aurait pu en rester là. Comme cela est arrivé si souvent parce que je n’ai pas voulu aller plus loin et que j’ai toujours préféré couper abruptement les ponts quand les questions se faisaient plus indiscrètes. Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Aucune idée. Sans doute a-t-il eu l’art et la manière de déjouer mes défenses les plus aguerries. En tout cas, nous nous sommes, lui comme moi, laissés entraîner à des confidences de plus en plus personnelles. La règle était pas de tabou, pas de jugement. Si quelque chose gênait on devait le dire immédiatement et franchement. A vrai dire, nous n’avons à ce jour ni lui ni moi usé de cette possibilité. Qu’il était agréable de me laisser aller avec quelqu’un lui confiant sans honte et sans pudeur mes secrets, mes délires. Jouant ensemble à des jeux qui nous ravissaient. Et y prenant chacun de notre coté un énorme plaisir. Nos échanges sont donc devenus très rapidement très intimes. Beaucoup plus que cela, mais ça nous n’y faisions pas vraiment attention tant ce que nous vivions paraissait naturel et couler de source. Nous nous sommes ainsi dévoilés nos pensées les plus secrètes, nos craintes les plus cachées, nos désirs, nos fantasmes. Et découvrions avec stupeur qu’ils étaient semblables tout en étant opposés. Les deux versants d’une même montagne. Lui le Maître, moi la soumise. Combien de fois, nous sommes nous adressés des messages qui se répondaient avant même de les avoir reçus. Etrange connivence qui dépasse de loin la simple complicité. Comme si nous étions branchés sur la même longueur d’onde, la même fréquence. Je dois dire qu’une telle entente m’inquiétait un peu. Mais bon, nous habitions loin l’un de l’autre et je ne pensais pas prendre vraiment de risque. Après tout, il suffisait de ne plus répondre pour que cela cesse et passer à autre chose ou à quelqu’un d’autre. Et je me dévoilais de plus en plus. M’exposais à chaque message davantage. Répondais sans réticence aucune à toutes ces questions même les plus indiscrètes en y prenant un plaisir à chaque fois plus intense. Je me prêtais de bonne grâce aux jeux auxquels il me conviait quand M le tendre laisse la place à Mister Chacal, le maître intransigeant. D’autres avant lui s’étaient déjà essayés à ce jeu. Je ne m’y suis en fait jamais vraiment prêtée mais avec M impossible pour moi de feindre.

Et puis….. et puis les choses se sont emballées. Ce qui n’était qu’échanges épistolaires et jeu sans conséquence s’est transformé sans que nous y prenions vraiment garde (mais avions-nous vraiment envie d’y prendre garde) en quelque chose de beaucoup plus profond. De plus fort. Pourquoi, je ne sais pas. Avec le recul, j’essaye d’analyser froidement (si toutefois cela m’est possible quand je pense à M. et à ce que nous partageons) ce qui a bien pu se passer et comprendre. Mais non, je ne sais pas. Une chose est certaine, il me semble l’avoir toujours connu ou , plus précisément, j’ai la sensation de le re-connaître, comme s’il était mon double inversé. Un jour M m’a écrit, c’est toujours lui qui prend l’initiative de ce genre de message, qu’il fallait nous rendre à l’évidence, nous étions amoureux. Je me rappelle m’être dit qu’effectivement, même si je n’avais pas voulu jusqu’alors l’admettre, il était enfin là celui que j’attendais. J’aurais voulu alors reprendre le contrôle. Etre capable de dire stop. Arrêtons. Restons en là. Ce jeu est dangereux. D’ailleurs ce n’est plus un jeu. Mais j’étais, je suis, entraînée vers lui par quelque chose de beaucoup plus fort que ma volonté et qui se fiche totalement du danger.

M est marié. Je le suis aussi. M a sa vie ailleurs. Moi j’ai la mienne ici. M et moi ne partagerons très certainement jamais une vie commune. Nous n’habitons même pas dans la même ville et sommes séparés par un nombre conséquent de km qui nous oblige à planifier à l’avance nos rencontres. Nous voir ne sera jamais chose facile. Ce qui a l’avantage de ne pas donner prise à la routine mais en contrepartie crée en nous une tension phénoménale. Et c’est aussi bien ainsi même si cela génère un manque énorme qu’il est difficile d’ignorer. Mais à toute force je veux préserver l’état fusionnel qui nous lie et qui se rit des distances. Je me dis, quand l’attente devient trop douloureuse, que si nous avions la possibilité de nous voir à notre convenance, nous nous userions. Nous ne pourrions maintenir sur la durée cet état de grâce qui nous unit et qui fait que nous réagissons de la même manière au même moment. Ou alors nous craquerions et alors....

Nous nous sommes bien sûr vus et avons passé une journée ensemble. Une journée en tout point conforme à mes rêves les plus fous. Une journée de plaisir et de douleur. Une journée de jouissance éperdue et de souffrance non moins intense. M maîtrise cet art subtil de la domination sachant doser parfaitement douceur et dureté. Caresse et fouet. Tendresse et humiliation. Me faisant osciller entre ces extrêmes jusqu’à à en perdre le sens des réalités et à me donner et m’abandonner complètement.

M est mon amant. M est mon Maître. M ordonne et je lui obéis. M m’aime et je fonds de tendresse. M me cravache et mon corps exulte. M m’insulte et mon cœur se serre. M me dit que je suis belle et je le crois. M accroche au collier que j’ai passé à mon cou une laisse. Il me fait mettre à genoux et me traîne à quatre pattes à travers la chambre en tirant sur la laisse cinglant mes fesses de sa cravache pour me faire avancer plus vite. Et je deviens sa chienne docile et lui lèche heureuse les pieds. Puis il me fait me redresser, me prend dans ses bras et me couvre de baisers en me murmurant que je suis sa douce Christine et je deviens son amante et mêle heureuse ma langue à la sienne. M me dit qu’il m’aime. Et je l’aime. J’aime le Maître. J’aime l’amant. J’aime l’ami . Je l’aime.

M est en moi, même si physiquement il est à des centaines de km, quand j’approche de mon poignet le bout incandescent de ma cigarette et le pose sur ma peau parce qu’il m’a ordonné de le faire à cette minute précise de la soirée où lui de son coté pense à moi m’infligeant pour lui cette brûlure qu’il veut légère mais dont la marque mettra plusieurs jours à disparaître. Et je lui prouve ainsi ma soumission et mon amour. M m’habite alors toute entière et par la pensée je me projette vers lui. Et je suis à lui.

Je pensais avoir trouvé un ami, je me suis retrouvée avec un Maître pour finir avec un amant. Je suis une femme comblée, une soumise comblée.

Pour connaître le déroulement de cette histoire lire le livre (papier ou téléchargement) : A toi au jour le jour : Chronique d’une soumission




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