Le Chemin de l’enfer - 2

Chapitre 2 : Londres
mercredi 10 mars 2010
par  Claire Valmont
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Roissy, lundi 14 mai :8h00.

La piste défile derrière le hublot de l’avion. Le fauteuil de première classe est large et je somnole, bercée par le ronronnement des réacteurs alors que les flots bleus de la Manche apparaissent sous l’appareil. Le voyage est bien trop court. Je récupère mes bagages, un taxi londonien m’emporte vers le London Bridge Hôtel où Christelle m’a réservé une chambre. A l’accueil, un groom prend en charge mes affaires et m’accompagne au deuxième étage. La large fenêtre donne sur la Tamise et le pont King Williams. Je veux être seule et je me débarrasse du garçon avec un pourboire. Les douleurs de la veille sont toujours présentes. Je retire mon corsage et ma jupe pour vérifier l’état de mon dos. Je détache mon soutien-gorge, la grande glace de la salle d’eau me renvoie l’image des larges traînées en travers de mon corps. Les marques strient le haut de mes cuisses, mon dos et mes fesses. Personne ne peut m’aider à passer de pommade sur mon dos balafré, mais le baume cicatrisant passé sur le reste me procure bien-être et détente. Comment ai-je pu subir cela, je ne me l’explique pas, pas plus qu’en fait , je me rends compte que j’y ai pris du plaisir. Du plaisir à être torturée et du plaisir à fouetter un autre être humain. Les images qui m’assaillent me procurent une jouissance qui m’inonde. Mon string ne retient pas ce flot, je le retire, me jette sur le lit et me masturbe frénétiquement poussée par un bouillant désir. J’en suis là, nue en travers du lit, haletante, quand quelqu’un frappe à la porte et pénètre dans la chambre …

Londres, Hôtel London Bridge, Lundi 14 mai :12h30.

Horrifiée, j’entrevoie monsieur Stanford. Je ne peux pas être plus humiliée qu’à ce moment. Il me regarde, ses yeux gris me détaillent, je ne sais pas où me mettre. Je balbutie quelques mots en me couvrant du mieux que je peux.

Calmement, il me dit en français :

— Je constate que vous appréciez vite le confort londonien, puis reprenant en souriant :

— Je passais pour vous inviter à déjeuner, pas vous importuner.

Mes pensées s’entrechoquent, mon démon intime me pousse dans ses bras, alors que je n’ose le faire sans le choquer.

Reprenant constance, je réplique :

— Vous ne m’importunez pas, laissez moi quelques minutes pour me préparer.

Je me lève et me dirige vers la salle d’eau, mais il me rattrape par le poignet :

— Attendez ! Il me tourne et regarde avec insistance les larges balafres.
Il questionne :

— Que vous est-il arrivé ?

Troublée, je me tais.

— Ces marques…

Cette fois, c’en est trop, je me réfugie dans ses bras et me laisse aller. Sa bouche s’approche, je ferme les yeux, vaincue.
Son long baiser enflamme mes sens, mes mains s’affairent, le délestant de sa veste. Fébrilement je détache sa cravate, le débarrasse de sa chemise. Ses mains ne sont pas inactives, mes seins, mes fesses sont explorées. Une fureur maladive s’est emparée de nous. Ses derniers vêtements jonchent le sol, il m’entraîne vers le lit.

J’arrive à le calmer en l’implorant :

— Attends…pas sur le dos … s’il te plait… et je me place en levrette, les genoux au bord du lit largement écartée, lui exposant ma partie charnue.

Je le supplie :

— Viens…maintenant !

Il me saisit les fesses, les écartent, découvrant les ravages de la veille, mais ma soumission semble l’exciter d’avantage. Sa verge me pénètre, je suis tellement mouillée qu’elle glisse au fond de moi sans résistance me comblant d’un coup. Appuyée sur les avant-bras, je subis l’assaut, mes seins se balancent en suivant la cadence, je jouis presque immédiatement, haletante, je gémis sous les poussées répétées de mon amant.

Il se retire brusquement, alors que les jets saccadés s’écrasent contre mes fesses. Il n’a pas voulu jouir en moi, je le comprends, mais le regrette aussi, car il m’a privé d’un merveilleux moment de volupté.

Revenant lentement à la réalité du moment, il m’interroge :

— Alors… ces marques, dis-moi … me tutoyant tout naturellement.

Je réplique sur le même ton :

— C’est une trop longue histoire, par contre, si tu peux me masser le dos …

— Oui, bien sûr, tu sais j’étais infirmier … à l’armée.

Je lui tends le baume et me couche sur le ventre. Il s’assied à côté de moi, et délicatement, se frotte les mains pour les chauffer puis applique le baume sur mes plaies. Il m’effleure à peine, ses doigts fins massent avec sensibilité les atroces empruntes. Je ferme les yeux pour savourer ce moment e sensualité.

— Je ne te fais pas mal ? interroge t-il, inquiet, me sortant de ma béatitude.

— Non, non au contraire, merci, sans toi, je ne sais pas comment je me serai soignée.

— Mais où diable as tu attrapé ça, on t’a battu ? me demande t-il d’une voix émue certainement troublé par mon corps dénudé et offert à ses mains.

Je me tourne sur le côté, lui imposant le silence :

— Non, je ne peux rien te dire, c’est trop compliqué, tu ne comprendrai pas.

Je m’échappe dans la salle d’eau. me lave rapidement et reviens dans la chambre où je n’ai pas fini de déballer mes vêtements. John ramasse ses affaires éparpillées et se retire pour se nettoyer. Je suis en train d’accrocher mes quelques habits dans l’armoire quand il revient. Doucement, il me prend dans ses bras et m’embrasse, je le laisse faire.

— Tu sais que j’en avais envie depuis Paris ! me dévoile John.

A moi de lui confier en rigolant :

— Moi aussi, j’ai tout fait pour que tu me remarques.

— Et tu as réussi ! me complimente t-il.

— Allons manger quelque chose, j’ai faim déclare mon amant.

— Moi aussi, mais je préférerai y aller un peu habillée lui dis-je alors que je suis toujours nue.

John prend la petite robe noire à volants que je portais la veille.

— Tiens, mets celle là, je suis sûr qu’elle te va à ravir.

Je lui réponds, l’air ingénu :

— Oui, je sais … me remémorant la soirée d’hier.

Je m’assoie sur le lit et enfile une paire de bas noirs, je vais pour mettre un string, mais la voix de John intervient :

— Non, s’il te plait, reste comme ça :

Je lui souris et enfile la robe au large décolleté. Les volants de mousseline tourbillonnent autours de moi.

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Commentaires

lundi 15 mars 2010 à 23h41

Enfin, un récit qui est exactement comme il faut. Merci. Je peux pas attendre la 3me partie !

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