Clara en automne

mardi 14 décembre 2010
par  Mazadik
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Ceci n’est pas une suite à ma précédente histoire ("Clara et l’aéroplane"), mais on peut l’envisager comme le second volet d’une quadrilogie que j’aurais dû appeler "Clara et les quatre saisons". Faisons le compte : après l’été et l’automne, il reste deux saisons. Quand viendra l’inspiration...

***

C’est vicieux et sournois, un miroir, c’est la traîtrise faite objet. Clara s’y mire et son beau sourire de garce se crispe, s’évanouit, et elle laisse échapper un gros mot. Ma main, qui passe à proximité, s’abat sur sa croupe nue. Elle gémit. La chair lunaire continue de frémir un instant.

— On reste polie en présence de son Maître, tonitrue-je.

— Non mais, t’as vu ?

Qu’aurais-je donc vu, sinon son cul rond et arrogant, ses seins qui pointent, ses reins bien creusés ? Une ombre qui passe dans son regard clair ?

— J’ai du gras, se désespère-t-elle en pinçant son beau ventre sous le nombril.

Je choisis de ne rien dire : si j’abonde, je suis un mufle et si je démens ou que je dis la vérité, à savoir que je m’en fiche, cela ne changera en rien son appréciation. Je n’ai pas le temps : Clara est pressée, sa vie réelle de petite bourgeoise BCBG l’attend, et moi-même, j’ai mes oeuvres. Pendant tout le voyage de retour, j’entends parler de régime, de petites salades sans calories. D’excès qu’elle ne fait pas, pourtant. Ça n’arrive pas souvent, mais là, Clara m’ennuie profondément.

— Tu devrais faire du sport.

Regard lourd de reproches.

— Pas question, je déteste ça.

Elle va donc faire du sport. Elle ne le sait pas encore mais moi, oui.

Une dizaine de jours plus tard, nous nous retrouvons dans cette maison que nous prête parfois une amie (voir "Clara et l’aéroplane"). C’est là que nous vivons le plus souvent nos perverses cochonneries, à l’abri des importuns et des regards indiscrets. Elle frétille car je lui ai amené un cadeau. Emue, elle déballe en souriant. Un peu, puis beaucoup moins.

— Qu’est-ce que c’est, ça ?

— Un short, ma belle, comme tu peux voir.

— Et ça ?

— Et bien, un top.

— Court.

— Oui, court.

— Et des baskets... mais tu sais que je n’aime pas en mettre.

— Tu ne vas tout de même pas courir en talons aiguilles.

Regard qui fusille. S’obscurcit. Se veut apitoyant. Car elle a compris, bien sûr.

— Non ?

— Si.

— Quand ?

— Tout de suite. Tu mets tout ça vite fait, et on va faire un petit tour dans la forêt.

C’est l’automne, le sous-bois est boueux, il fait froid. Et Clara court, sur le parcours que je lui ai montré, en manière telle qu’elle ne puisse jamais se soustraire à mon regard. Top court, petit short bien moulant. Même de beaux seins bien fermes comme les siens balancent avec un sens douteux de l’esthétique, au rythme de ses foulées. La boue éclabousse ses jolies jambes. Elle a la fesse lourde, le souffle de plus en plus court. Je ne doute pas un instant qu’elle fulmine et maugrée. Elle passe devant moi. Me lance un regard de désespoir. Elle souffre. C’est délicieux. Je crie "encore un tour", elle me maudit, en silence forcément car elle n’est plus capable d’articuler un mot, serait-ce une insulte ou une supplique.

Je la vois tourner là-bas, au bout de la clairière. Epuisée, elle n’avance plus. S’arrête un instant, fait mine de reprendre sa course, mais elle n’en peut plus. Clara abandonne. Elle revient piteusement vers moi en marchant, à bout de souffle.

— J’ai froid, grelotte-t-elle.

— A poil, dis-je sans ménagement.

Ça la surprend à peine. Pendant que Clara se dévêt en grognant ostensiblement, à l’abri d’un large tronc d’arbre, je cherche et trouve sans peine un sapin. Pardon, noble conifère, de te mutiler ainsi mais il me faut bien punir celle qui ne m’a pas obéi et tes aiguilles odorantes et vigoureuses conviennent à merveille pour mon dessein. J’arrache une branche ferme mais bien souple.

Je reviens vers Clara qui n’a désormais plus que ses baskets. Sans me presser, je la tourne face à l’arbre. Je prends ses mains et les place sur le tronc, par dessus la tête. Je lui écarte légèrement les jambes. Je lui caresse le dos avec la branche de sapin. A quelques détails près, ça pourrait ressembler à la scène torride de "la Piscine" où Alain Delon fouette la fabuleuse chute de reins de Romy Schneider. L’un des détails qui nous éloigne un peu du mythe, c’est que je ne suis pas Alain Delon. Elle tremble un peu (Clara, pas Romy), c’est vrai qu’il ne fait pas chaud.

— Pourquoi t’es-tu arrêtée ?

— Je ne pouvais plus avancer... Maître.

— Et bien, tu manques de courage. Comment vas-tu perdre ce gras, si tu cèdes aussi facilement ?

— Vous avez raison, Maître. je mérite d’être punie, Maître. Mais par pitié, Maître, faites vite : je suis gelée.

Un beau cul qui tressaille sous les assauts d’une branche de sapin bien vigoureuse, les cris retenus d’une petite salope nue en forêt, par un matin gris d’automne. Ses reins qui se tortillent sous les morsures des aiguilles, la peau tendre de l’intérieur de ses cuisses qui rougit. Qu’y a-t-il de plus beau sur Terre, de plus sensuel, en un mot de plus bandant ? Mais voilà qu’on entend des pas, quelques voix, au loin. J’ai encore un peu de temps.

— Tourne-toi.

— Tu as enten... heu... pardon, je crois qu’on vient, Maître.

— TOURNE-TOI !

Et je lui flagelle le ventre, plusieurs fois, avec précision, juste à l’endroit de ce gras dont elle ne parlera sans doute plus désormais. Clara se mord les lèvres pour ne pas crier, à cause des voix sans doute, de plus en plus proches. De fait, on vient : je laisse tomber mon fouet improvisé et j’entraîne ma suppliciée dans les fourrés, bien à l’abri des regards. Elle est là dans mes bras, tremblante, palpitante, douloureuse mais rassurée, au chaud, protégée. Elle se jette sur moi, me roule une pelle de concours olympique.

— Baise-moi, murmure-t-elle.

Comment a-t-elle pu deviner que c’est exactement ce que j’allais faire ?

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