Celle que je suis devenue

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lundi 9 juin 2008
par  VieilAmi
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Chapitre 1

La rencontre

Il est de ces périodes où rien ne va, ou tout du moins, où tout va de travers, où l’on ne maîtrise plus rien. Or ne plus contrôler le cours de sa vie, voilà une notion bien éloignée de l’idée que je me faisais de ma propre vie. C’est tout simplement un non sens. Comprenez moi, jusqu’à ce Noël 2002, chaque instant vécu je l’ai décidé. Lorsque sur les bancs de l’école j’étais encore en âge de rêver au prince charmant, je n’acceptais jamais que l’on puisse faire mieux que moi. J’ai décidé d’être la première en tout, je le suis. J’ai décidé de créer ma propre entreprise, j’y suis parvenue. Chacune de mes actions est dictée par des choix raisonnés, aucune place n’est laissée au hasard dans ma vie professionnelle comme dans ma vie intime. Je ne supporte pas de ne pas avoir la main dans mes relations privées. En bref la culotte, je la porte avec fierté et affirmation. Ils sont quelques uns à avoir traversé ma vie, mais aucun n’a su être à la hauteur, intellectuellement parlant j’entends. Bien qu’au lit ce soit souvent arrivé heureusement, mais là encore, je planifie, je réalise, je dicte ce dont je désire. A quoi bon donner pour ne rien recevoir ? Je ne donne que si je reçois.

Enfin je devrais parler au passé car désormais je donne sans compter. Depuis ce Noël 2002, tout cela est bien révolu. Oui c’était confortable de tout maîtriser, de tout savoir, d’être au centre de mon propre cercle de vie, oui c’était… Aujourd’hui je ne sais plus, je ne suis plus… aujourd’hui je suis pour lui, je ne suis qu’à lui et je ne suis que par lui. Et moi dans tout cela ? il n’y a plus de moi mais seulement lui.

Quatre années déjà. 48 mois d’une évolution lente et douloureuse, mais pourtant fulgurante. Quatre années depuis, et pourtant je ne comprends toujours pas ce qui c’est révélé à moi pour au début faire naître un besoin de changement radical, et au fil du temps s’imposer comme une évidence.

C’était un jour comme celui-ci, un soleil éclatant, un froid pénétrant, le ciel d’un bleu tranchant, un paysage immaculé de blanc. La neige était tombée en grande quantité la veille, et comme à chaque fois cette sensation de calme ou tout est apaisé, où les sons ne produisent plus d’effet. Impression de non réalité, comme un temps suspendu, comme si le monde se résumait à cette neige alitée sur le sol, comme si moi-même je n’étais plus qu’une invisible spectatrice.

Ce Noël là, je le passais seule. De toute façon je ne voyais pas avec qui je pouvais le passer. Je n’ai jamais eu de famille. Ma meilleure amie passait les fêtes avec la sienne. Pas d’homme à me mettre sous la dent. Enfin… jusqu’à ce que je reçoive ce mail, un mec avec qui j’avais consommé quelques minutes intenses il y avait à peu près 2 mois de ça. Je l’avais rencontré sur un forum… oui je sais ça se fait pas, mais moi je trouve ça plutôt sympa de faire monter la température au fil des échanges jusqu’à devenir un véritable tison incandescent.

C’était exactement ce qui c’était produit à l’époque pour, sous l’impulsion du désir, lui donner rendez vous sur le parking d’un centre commercial. Il était à l’heure, moi pas vraiment. Symbolique mais nécessaire. C’était la première fois que nous nous rencontrions, en vrai je veux dire, lui m’avait fait parvenir quelques photos, moi pas. Brun la trentaine, un visage au charme discret mais aux traits suggérant un caractère affirmé. Il semblait plutôt cultivé à lire ses mots, bref une proie agréable à dérouter. Lorsque je me suis garée à côté de sa voiture, je suis sorti et me suis dirigée vers la porte avant de sa voiture. Il est sorti à ce moment là et m’a tendu une main hésitante.

« Alex, je suppose ? »

« Enchantée Clément, enfin charmée devrais je plutôt dire. »

Il semblait un peu gêné (peut être notre différence d’âge, je vais aujourd’hui sur mes 45 ans, mais chut c’est un secret…), j’ai refusé sa main et lui ai fait une bise appuyée sur chaque joue. Sans un mot, j’ai pris sa main pour lui suggérer de me suivre dans ma voiture. Une fois bien installés, nous avons roulé quelques minutes en discutant de choses sans importances jusqu’à ce petit coin tranquille que je connaissais plutôt bien pour y avoir emmener nombre de mes amants. Au mois de novembre nous y serions absolument tranquille. Je crois qu’au début il ne comprenait pas, il pensait que nous allions chez moi… douce erreur. J’ai commencé à l’embrasser délicatement d’abord, jusqu’à ce que la fougue nous submerge graduellement, puis complètement. Puis j’ai défait sa braguette, il a ainsi pu dégager une verge bien proportionnée et très invitante. J’aime bien jouer avec ces mecs qui se croient si puissants, entre mes lèvres ils flanchent rapidement, je vous le garantis. Bref une pipe en bonne et due forme, un vrai plaisir de le sucer comme ça un peu sauvagement dans ce chemin de terre peu fréquenté. Quelques va et vient, quelques coups de langue sur le frein, je l’absorbe entièrement, remonte le long du mas, m’immobilise sur le gland, y met un peu de pression, je sens son bassin qui essaye de m’échapper. Mais où veut il bien aller ? Je le caresse de ma langue experte, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus m’échapper. Et alors l’explosion, de longs jets puissants, un vrai mal en rut. Comme je suis gourmande, je ne laisse pas une miette. Puis le temps reprend son cours, je le ramène à sa voiture, sans faire preuve de beaucoup d’effort, nous essayons de reprendre la discussion là où nous l’avions laissée. Une fois chez moi, nul besoin de vous dire que mon bain fut très agréable.

Depuis, aucune nouvelle. Sans doute hésitait il à me re-contacter, peur de se faire dévorer ? Je le croyais en tout cas, jusqu’à ce fameux mail le 24 décembre 2006. Son mail me souhaitait de passer de bonnes fêtes, de ne pas trop abuser des victuailles de fin d’année pour laisser un peu de place au plaisir des sens. Je lui répondais d’un ton amusé qu’il n’avait pas à s’en faire car ce Noël ci allait être très sage sans aucun doute, m’assurant ainsi les bonnes faveurs du père Noël. Sa réponse ne tarda pas, mais celle-ci me surpris.

« Retrouve moi dans deux heures au 120 rue de la Gare, je te veux nue sous ton manteau, la nuque dégagée, le chignon haut, prends une bouteille de champagne, je m’occupe du reste, et surtout soit sage pour ne pas décevoir le père Noël ! ;o) »

Ma foi, un plan cul avec le père Noël, pourquoi pas ? l’idée était très alléchante de revoir cette queue sous un autre angle. Et puis ce mec semblait vouloir prendre les rennes cette fois-ci, ma petite pipe l’aurait donc blessé ? Voilà certainement l’explication de ce long silence. Cette situation me plaisait, et j’étais curieuse de voir ce sur quoi cette deuxième rencontre allait déboucher. Il semblait croire que j’allais me laisser faire, c’était mal me connaître car in fine je savais que j’étais la source de son désir et que par conséquent il me serait facile de le manipuler en douce pour qu’au final je sorte gagnante de notre petit corps à corps qui s’annonçait délicieux. Dans tous les cas, il pouvait toujours courir de me voir rappliquée nue sous mon manteau par un temps pareil, pour le champagne par contre aucun problème, quant au chignon je décidais de faire l’effort, histoire de ne pas le contrarier complètement.

Je me retrouvais donc deux heures plus tard à sonner, une bouteille à la main, devant la porte d’un certain Clément Pastor. A en croire le prénom je ne m’étais pas trompée d’adresse. Et c’est bien lui qui m’ouvrit la porte, bizarre je me souvenais de lui comme d’un homme de taille moyenne pourtant il me dépassait de beaucoup. Il m’invita à rentrer, ferma la porte et d’un geste tout à fait assuré commença à défaire les boutons de mon long manteau tout en posant ses yeux au fond des miens. Lorsque sa main découvrit les contours de ma robe, je ne lu aucune déception dans son regard. Il approcha ses lèvres des miennes pour y déposer sur le coin un baiser prometteur et profita de cet instant pour déposer quelques mots légers d’une voix douce et sereine.

« Ainsi tu n’as pas été tout à fait obéissante, cela n’a pas d’importance pour l’instant, mais je veux que tu acceptes de suivre mes consignes ce soir…. Acceptes tu ? »

Cette entrée en matière m’intriguait, je n’étais pas habituée à un ton aussi direct, franc et surtout suave. Je décidais donc cette fois-ci de me laisser porter pour découvrir qui était cet homme. Juste quelques mots déposés là à la commissure de mes lèvres, et me voilà déjà sous le charme. Sans hésiter je lui réponds par la formule consacrée « Avec plaisir ».

« Voilà ce que je vais faire, je vais passer en cuisine pour ouvrir cette bouteille de champagne et remplir deux flûtes que nous savourerons tous les deux, pendant ce temps installe toi dans le salon, je veux que tu te dévêtisses complètement et que tu m’attendes assise sur le canapé »

« mais… ? enfin je ne peux pas, là, comme ça !? » lui répondis-je quelque peu désarçonnée par cette demande. Pourtant je sentais que mes dires n’étaient pas en rapport à ce que me suggérait cette petite chaleur que commençait à dégager mon entrejambe. Il me regarda à nouveau sans aucune gêne de façon tout à fait sincère

« si… tu le peux… et d’ailleurs sans te l’avouer… tu le souhaites » Je restais interdite quelques secondes hésitant entre la fuite et la curiosité tandis que lui me soulageait de la bouteille de champagne et se dirigeait tranquillement vers ce qui devait être la cuisine. Avec quelques appréhensions j’ai finalement faits les quelques pas qui me séparaient du salon. L’intérieur était plutôt classe, la déco conjuguait parfaitement meubles de famille et agencement moderne, à croire qu’une femme inspirée vivait ici. Dans l’angle se trouvait le classique sapin de Noël orné de rouge et d’argent, quelques paquets reposaient à son pied. Une musique que je connaissais bien me rassurait immédiatement, la voix sensuelle de CéU me donnait suffisamment de repères pour me détendre parfaitement. A tel point qu’absorbée à détailler cet intérieur pour y chercher quelques faisceaux me permettant d’en savoir plus sur lui, j’oubliais complètement que j’étais chez lui avec lui, lorsque je sentis son souffle sur ma nuque dénudée comme il l’avait souhaité initialement.

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