La chaîne

vendredi 7 octobre 2016
par  Henic
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Chapitre 1 – Collecte du bétail

Le Jeep Cherokee fait une embardée autour d’un coin et vient s’arrêter sur une bande de stationnement. Le conducteur écarte ses grandes mains sur le volant et prend une profonde inspiration. La sueur coule sur son front et dans ses yeux. Il fourrage dans le mouchoir noué autour de son cou, le retire, et essuie une partie de la sueur. Il regarde sa montre. Minuit vingt. Dix minutes d’avance.
Une chouette plonge sans ses phares. Rendez-vous compte : il n’a même pas coupé le moteur ! De ses doigts tremblants, il tourne la clé de contact ; les phares s’éteignent et la nuit redevient calme et tranquille. Sa respiration commence à se calmer. L’adrénaline cesse de courir si vite dans ses veines. Il essaie de se détendre dans l’obscurité qui l’entoure mais le silence soudain est déconcertant et la forêt dense, menaçante. Il est cerné par des arbres ; la route est à peine visible, un doigt étroit et pâle qui serpente entre les arbres et disparaît au-dessus de la colline. Les oiseaux de nuit hululent, une renarde se met à glapir, un cri sépulcral dans l’épaisse obscurité.
Il se sent toujours nerveux ; il installe confortablement ses fesses sur le siège, prend un paquet de cigarettes dans sa poche supérieure, allume son briquet et déglutit avec soulagement la fumée chaude et bienvenue.
"Chuck va bientôt être là", se dit-il.
Chuck ne le fera pas attendre. Après tout, c’est sa première fois, tout seul, tout reposant sur lui, Chuck va vouloir savoir comment ça s’est passé. Et ça s’est bien passé, vraiment bien. Même Chuck devra admettre qu’après cette nuit, lui, Ronnie, est un membre du club à part entière. Il se sent content de lui. La cigarette a bon goût mais ce qu’il apprécierait vraiment est un coup de scotch. Chuck l’a caché. Glen-quelque-chose ou autre, il ne s’en souvient pas, son esprit est trop plein des évènements récents.
Il regarde à nouveau sa montre. Chick est en retard. Il commence à se sentir de nouveau nerveux. Mais Chuck ne va pas tarder. Il l’a promis. Chuck n’a jamais laissé tomber personne, pas maintenant. Et à présent, il s’habitue aux bruits de la nuit, au craquement des branches, aux bruits des animaux : tout est paisible. Ça le calme, après toute cette excitation. Ronnie repose sa tête en arrière et inhale une nouvelle bouffée de fumée. Ses paupières commencent à s’affaisser, il est aussi bien que s’il dormait, lorsque le gémissement provenant de l’arrière de la Jeep le réveille en sursaut.
Son cœur bat. Il avait presque oublié. Oublié le motif de ce voyage nocturne, oublié pourquoi il attend Chuck, là, dans le noir. Mais le gémissement, qui devient plus fort, le lui rappelle.
Ronnie ramasse la grande lampe de poche sur le siège voisin, hausse les épaules et l’allume.
Gisant sur le siège arrière, chevilles liées, bras attachés serrés, bouche bourrée de sa propre écharpe, les yeux extrêmement dilatés, se trouve la raison de son escapade, de son expédition nocturne.
La première commande de Chuck.
La blonde a l’air affolée.
En fait, elle a l’air terrifiée. Ses cheveux sont étalés partout et ses yeux sont creux. Le mascara et l’eye-liner barbouillent son visage.
La vue de sa passagère frémissante stimule Ronnie. Son adrénaline court à nouveau mais cette fois, ce n’est pas de peur. Cette fois, c’est de désir. Si Chuck n’arrive pas bientôt, cette mignonne, troussée et attachée, immobile sur le siège arrière de la Jeep, va sentir sa bite dans sa chatte.
C’est à ce moment que les phares de la camionnette de Chuck apparaissent à travers les arbres. Ronnie éteint la lampe de poche, écrase sa cigarette et range sa queue palpitante entre ses cuisses.
La fille est allongée seule dans le noir, sans savoir où elle se trouve ni pourquoi. Sans savoir les plans que Chuck et Ronnie ont en réserve pour elle. Sans savoir qu’elle est la dernière recrue pour Chuck et son bagne. Sans savoir que Ronnie, qui a mis la main sur elle, l’a attachée et terrorisée, est un minet comparé à Chuck.
La camionnette violet foncé s’arrête tout près de la Jeep de Ronnie. Le chauffeur ouvre sa fenêtre. Une paire d’yeux que, même dans cette nuit sans lune Ronnie sait être bleus et froids comme de la glace, le regarde depuis un visage rond, très ridé, aux lèvres minces, avec une barbe de plusieurs jours, et un cuir chevelu sans aucun cheveu susceptible d’en ternir la peau luisante.
Les deux hommes sortent de leurs véhicules. Ronnie allume la torche en pointant la lumière vers le sol. Aucun des deux ne veut attirer l’attention.
Chuck soulève une paupière. Nerveux, Ronnie se racle la gorge et hoche la tête sans mot dire. Sa poitrine est serrée d’excitation et il sait que s’il ouvrait la bouche, un éclat de rire d’exultation éclaterait. Donc, n’osant toujours pas prononcer un mot, il ouvre la porte arrière de la Jeep et dirige la lumière vers la silhouette pâle et silencieuse qui se tortille, impuissante, la jupe déchirée, les collants en lambeaux, les chaussures pendant de ses pieds liés.
Chuck, dont le corps massif paraît encore plus volumineux du fait du manteau à carreaux, s’allège pour présenter une meilleure apparence. Le propre manteau de la jeune fille est tassé sous elle et avec ses bras solidement fixés derrière son dos, c’est là qu’il doit rester. Chuck pose une main sur la peau chaude et vibrante de ses cuisses. Ses doigts boudinés s’introduisent dans un trou de ses collants et les déchire le long de ses jambes. La chair lumineuse d’une cuisse nue scintille à la lumière de la torche. Il tire la jeune fille vers lui et amène plus près son visage réticent. Elle le fixe avec d’énormes yeux terrorisés. Sa respiration est rapide. Des larmes coulent sur ses joues.
Ronnie regarde, hypnotisé, en se mordant la lèvre en permanence. Le mouvement suivant de Chuck est de tirer sur le fragile tissu du chemisier de la jeune fille.
Impressionnés, les deux hommes regardent les énormes monticules gonflés de ses seins encore étroitement protégés par le collier de dentelle d’un soutien-gorge pudique. Avec une clé plate, Chick déchire en deux le tissu fragile de son sous-vêtement. Ses seins débordent en avant, deux globes d’un blanc laiteux, avec au bout des tétons de couleur rose, raidis par la peur. Les seins tremblent et se balancent, leur chair frissonne de froid et de terreur.
La queue de Ronnie gonfle à la vue du spectacle. Elle est vraiment grande. Il savait qu’elle en serait un. Il l’a su dès le premier instant où il l’a vue entrer dans l’étroite ruelle, se hâtant vers la maison, se précipitant vers lui, les épaules voutées, les bras croisés devant son corps. Ronnie sait que les grandes, surtout si elles sont timides, ont honte de leurs seins. Il ricane en lorgnant les monticules de chair exposée.
Il est fier. Il a fait ce que Chuck a commandé. Mission accomplie.
Chuck souffle, de sa voix basse et menaçante :
« Sors-la de là. Sors-la et mets là à l’arrière de la camionnette.
— Elle te va, Chuck ? C’est ce que tu avais en tête ? Elle m’a l’air bien roulée. Est-elle assez grande ? »
A présent qu’il a commencé à parler, Ronnie peut à peine empêcher les mots de sortir.
« On verra. Mets-la dans la camionnette. Je dois partir. J’ai d’autres ramassages à faire ce soir. Je vais prendre la torche. »
Ronnie fourre la torche dans les mains de Chuck. Ronnie bafouille, avide de compliments :
« Mais elle est bien ce que tu voulais, hein ? Elle a vraiment l’air pas mal. Je crois qu’elle est exactement ce que tu as demandé. »
Il glisse un bras sous les genoux attachés de la jeune fille et l’autre autour de ses épaules. Il la sort facilement de l’auto, dans l’air froid de la nuit. Il sent son corps qui frissonne entre ses bras et il la tient serrée, ce qui fait que sa queue appuie fortement sur son mont de Vénus et la chair délicatement parfumée de ses seins s’écrase contre sa poitrine. Sa queue bondit et suinte. La sensation de la fille dans ses bras lui remémore l’instant de la capture. Son effroi à elle. Son excitation à lui. Ses cris étouffés. Son cri de joie triomphale réprimé.
Chuck tient ouverte la porte arrière de la camionnette et éclaire avec la torche l’intérieur sombre. Ronnie se penche en avant et fourre la jeune fille à l’intérieur. Il continue de la tenir comme si elle pouvait se lever et s’envoler.
Des chaînes serpentent sur le sol de la camionnette. Chuck en choisit une et la passe deux fois étroitement autour de la taille de la jeune fille. Une extrémité est déjà fixée sur le côté de la camionnette : il fixe l’autre bout à un des autres maillons de la chaîne, ce qui fait que la jeune fille est maintenue à moitié assise, à moitié allongée, sur le métal froid du sol.
Une fois qu’elle est attachée, Ronnie relâche sa prise sur son corps avec réticence. Lorsqu’il recule, il voit que sa tête s’est affaissée et que ses seins clairs se soulèvent et oscillent tandis que ses épaules sont secoués de sanglots étouffés. Avidement, Ronnie regarde Chuck, quêtant son approbation.
« Elle est bien, Chuck, n’est-ce pas ? Mec, ça a été facile. Un jeu d’enfant. J’ai attendu, juste là où tu m’avais dit : dans cette ruelle qui mène du dépôt des trains vers le centre ville. Elle est arrivée en se dépêchant, comme si les chiens de l’enfer étaient à ses trousses. Mais elle se trompait. Mec, elle se trompait. Ils n’étaient pas derrière elle. Ils étaient devant elle. Elle a couru tout droit vers moi. Tout droit dans mes bras. »
Ronnie tape sa paume de son poing.
« C’était facile, mec. Comme de prendre un sucre d’orge à un bébé. »
Chuck claque la porte de la camionnette. La jeune fille a à peine émis un son ; juste des sanglots derrière son bâillon. Les deux hommes se tiennent debout devant elle dans le noir. La torche de Ronnie est par terre sur la route. Il se penche pour la ramasser.
« Est-ce que j’en ramène une autre, Chuck ? Qu’est-c’t’en penses ? »
Dans les profondes rides du visage de Chuck s’installe ce qui pourrait être un sourire mais qui, aux yeux de Ronnie, ressemble plutôt à une grimace. Chuck pose une main sur l’épaule de Ronnie :
« De ce que je peux voir petit Ronnie, tu as fait du bon boulot, vraiment. Mais rappelle-toi ce que je t’ai dit à propos des Règles. Les Règles disent de ne pas nous précipiter. Ce soir, tu as couvert le sud. Maintenant, je dois retrouver Sheldon. Il a travaillé sur la côte est et il ne m’a jamais déçu. Gruby est au nord. Il aura de la chance ou pas. Demain, nous nous retrouvons tous au QG, mais séparément. Tu arriveras vers midi. Maintenant, va te reposer les yeux. Et débarrasse-toi de la Jeep.
— Bien sûr, Chuck. J’ai déjà trouvé un lac où la couler. Puis j’envisage de faire du stop dans le pays. J’ai une carte. Dix ans chez les Marines m’ont bien préparé à ce genre de boulot.
— C’est sûr, opine Chuck. Ça pourrait avoir été conçu pour nous entraîner à ce genre de boulot.
— Ouais, enlèvement et survie, dit Ronnie en pouffant de rire. Mec, ces lieutenants, s’ils nous voyaient maintenant…
— Ouais. Ils nous ont bien entraînés, petit Ronnie. Et maintenant, c’est notre tour. Maintenant, c’est à nous de prodiguer l’entraînement. Ces gonzesses sont là pour un entraînement vraiment dur. Nous allons peaufiner leur mise en forme, petit Ronnie. Nous allons peaufiner vraiment bien leur mise en forme. »
Sheldon n’a encore jamais laissé tomber Chuck et c’est encore vrai aujourd’hui. Il sait ce qu’il a à faire. Putain, c’est vrai. Sheldon, est un expert dans la manière de se faufiler auprès des filles seules dans la rue, dans le noir, le sac d’enlèvement fin prêt, une longueur de corde enroulée autour du bras, moteur en route. Sheldon aime bien que la corde soit neuve et impeccable, ne demandant qu’à mordre dans les chairs tendres des souples jeunes femmes, toutes chaudes et juteuses.
Sheldon se lèche les lèvres. Ses épaules se voûtent dans sa veste en jean. Ses bottes de cow-boy marquent le rythme. Le CD joue tranquillement du bluegrass. Il se fait tard. Minuit passé. Sheldon est garé depuis plus de quatre heures dans le parking à étages mais il est préparé à l’attente. Il la voit arriver. Elle avait garé sa voiture et était partie à petits pas à la rencontre de ses amies. Il était huit heures. Il l’avait vue. Il l’avait suivie des yeux. Mais il y avait beaucoup d’activité dans le parking multi-étages à cette heure-là. Des gens qui reviennent en train du travail. Des gamins sortis pour retrouver des amis, tout comme elle.
Mais à présent, il est minuit passé, les seuls véhicules qui restent sont sa Honda, un grand break avec un vaste coffre – Sheldon a besoin d’un vaste coffre -, son impertinente petite Ka et une autre voiture. Sheldon fronce les sourcils. L’autre voiture est une berline de milieu de gamme, de couleur incertaine, le genre de voiture d’une personne entre deux âges. Et elle est garée près. Trop près au goût de Sheldon. Mais il ne peut faire que dalle. Et le mec n’est pas encore revenu, peut-être compte-t-il la laisser toute la nuit dans le parking.
Les pensées de Sheldon reviennent à la fille. Dès qu’il l’a vue, il a su. Ses yeux brillent et ses lèvres se retroussent rien que d’y penser. Elle est grande. C’est ce que Chuck recherche. Mais elle est grande de partout. Une silhouette de sablier. Et il y a quelque chose dans sa manière de remuer son popotin. Elle fait ça si bien.
Il n’est pas question qu’il laisse passer sa chance de choper celle-là. Il est prêt à attendre. Elle va bientôt revenir. Lorsqu’elle reviendra, elle sera ragaillardie par un vendredi soir de plus passé avec ses amies. Peut-être sera-t-elle un peu nerveuse qu’il soit si tard, et désireuse de rentrer chez elle, de revenir dans sa famille.
Mais ce soir, c’est différent. Ce soir, Sheldon l’attend.
Elle ne le sait pas. Elle n’en a pas la moindre idée. Aucune idée. Sheldon sourit et jette un coup d’œil à sa montre. Minuit vingt-cinq.
Et la voilà. Il entend ses chaussures marteler le béton dans l’escalier. Le bruit inquiétant résonne autour des piliers de pierre froide. Mais pour Sheldon, le moment pour lequel il a attendu est arrivé. Son ventre se contracte par anticipation.
Il éteint le CD, s’assoit bien droit et plie son bras chargé de la corde. Il est prêt et impatient d’agir. La pensée d’avoir cette toute cette chair féminine, chaude et effrayée, se débattre entre ses bras, lui fait battre le cœur à vive allure. Il se lèche les lèvres en prévision de ce moment. Il ne l’entend plus. Elle doit être juste de l’autre côté de la porte qui sépare l’escalier des voitures, grande et belle, et à lui pour qu’il la prenne. Sheldon s’avance dans son siège, c’est mieux pour la voir bien pendant qu’elle s’approche de lui. La porte claque : la voilà.
C’est à ce moment-là que Sheldon réalise que la fille n’est pas seule. Il l’entend dire :
« Viens, Kirstie, ma voiture est par là. Tu ne l’as pas encore vue. Elle est neuve. Mon père l’a achetée pour mes dix-huit ans. Viens chérie, prends mon bras. Tu as trop bu de Bud ce soir. Tu peux à peine marcher droit. »
Deux filles, celle que Sheldon attend depuis quatre heures, des boucles sombres sur le dessus de la tête, des bouclettes autour d’un visage grêlé de taches de rousseur et les lèvres un peu écartées révélant des dents nacrées. Elle rit de l’ébriété de son amie. Un de ses bras est passé autour de la taille de l’autre fille et toutes deux titubent et vacillent vers la Ka.
A travers les vitres teintées de la Honda, Sheldon les regarde toutes les deux. Il a l’habitude de réfléchir sur ses pieds mais cette situation est nouvelle pour lui. Il est venu pour une seule fille. Mais il se trouve face à deux petites malines. Une grosse, large et bien formée, l’autre grande et mince. Une brune, l’autre blonde. Une aux cheveux frisés , l’autre avec une chevelure qui lui descend jusqu’à la taille, raide et brillante, de la couleur du blé bien mûr. Rien qu’en la regardant, Sheldon sent un frisson lui traverser les reins.
Méthodiquement, son esprit examine les moyens de traiter cette situation.
Il veut la brune, mais il n’y a pas moyen que la blonde s’éloigne. Il imagine déjà les tremblements de son corps entre ses doigts, le parfum de sa chevelure soyeuse lorsqu’il l’enroulera autour de ses poings.
Les commandes de Chuck ne concernent que les filles à forte poitrine mais cet aspect est sorti de l’esprit de Sheldon.
Quoi qu’il arrive, cette fille, la blonde, vient avec lui.
Lentement, il ouvre la porte de la Honda côté conducteur. Juste une fente. Pas assez pour attirer leur attention. Grâce aux vitres teintées, elle ne savent même pas qu’il est là. C’est comme ça que Sheldon aime travailler. Il aime surprendre la fille. Ses doigts tâtent la chaleur réconfortante du grand sac de sport ouvert et prêt à l’emploi sur le siège à côté de lui. Est-ce que le coffre va être assez grand pour les deux filles ? Sheldon est prêt à le jurer.
« Essaie de t’accrocher là, petite Kristie. »
La brune soutient la blonde contre la porte de la Ka, côté passager.
« Je peux lâcher ? Ça va aller ? Tu es sûre ? Je vais juste faire le tour, ouvrir de l’autre côté et faire de la place sur le siège, pour toi. Je suis désordonnée. Toutes les commandes que j’ai prises aujourd’hui sont éparpillées partout. Si mon patron voyait comment je travaille, il me remettrait dans l’axe. »
La brune fouille dans la poche de sa veste, à la recherche des clés. Pour Sheldon, la blonde est prête à glisser par terre. Elle doit être complètement bourrée. Sheldon sourit. C’est plus facile à embarquer comme ça. Elle est déjà à lui. Déjà dans le sac.
Sheldon se glisse hors du break en silence. Les articulations de sa main droite sont blanches là où il tient la sac bien serré. Son bras gauche, alourdi par la corde, pend sur le côté. Ses yeux regardent sans cesse d’un côté à l’autre. La brune est à moitié dans la voiture, occupée à faire de la place pour son amie. Il n’y a personne d’autre alentour ; personne n’est au courant ; personne pour interrompre…
Il se dirige en silence vers la Ka.
D’un mouvement rapide, le lourd sac rembourré tombe sur la tête de la blonde. Il recouvre son visage, ses épaules, ses bras, ses seins, et descend jusqu’à mi-cuisses. Sheldon tire sur le fermoir de métal à la base du sac. Il s’encliquette à sa place. La fille émet un gémissement étouffé mais elle est prise.
Il jette un rapide coup d’œil vers son amie. Elle est toujours occupée à l’intérieur de sa voiture, bavardant avec une Kirstie qui, sans qu’elle le sache, est déjà à cet instant en train de glisser sans effort dans le coffre de Sheldon où elle se retrouve allongée complètement immobile. Elle n’émet pas un bruit. Sa respiration est régulière. L’alcool a fait son travail. Kirstie a perdu connaissance.
Sheldon essuie la sueur de son front. Celle-ci a été facile. Mais la nuit vient de commencer. Il y a deux gamines et il va les prendre toutes les deux. Chuck sera impressionné.
Sheldon abaisse la porte du coffre ; il passe rapidement et en silence du côté conducteur de la Ka. Le cul de la brune se dresse de manière engageante. Sheldon est content de lui. Il pose ses deux mains sur les globes jumeaux et serre. La fille pousse un cri à glacer le sang. Sa tête se soulève :
« Kirstie ! Qu’est-ce que tu fais !? »
Sheldon se penche de tout son poids sur le dos de la fille et lui murmure à l’oreille :
« Ce n’est pas la douce petite Kirstie, chérie. C’est ton pire cauchemar. »
Ses mains passent de ses fesses à ses seins. Il les soupèse. Chuck sera content de celle-là. Elle est bien membrée. Pas loin de cinq kilos chacun, il est prêt à le parier. La fille se met à crier. Sheldon la tire hors de la voiture. Elle retombe sur sa poitrine. D’une main, il lui couvre la bouche. Elle se débat. C’est une fille imposante et forte.
Enfer ! Sheldon n’a pas le temps de tergiverser. Il lève le bras gauche, alourdi par la corde qui le recouvre, et l’assomme.
Il sait comment faire ça juste bien. Ça fait partie de l’entraînement. Elle s’effondre dans ses bras.
Le poids mort le fait tituber et sa respiration devient difficile. Il plaque la fille contre sa poitrine et se redresse.
Ce n’est qu’alors qu’il réalise qu’il a de la compagnie.
Le propriétaire de la troisième voiture, un homme d’âge moyen, est de retour avec sa femme.
Sheldon baisse son chapeau sur ses yeux et enveloppe fermement la jeune fille de ses bras. Sa respiration est bruyante et rauque. Il la fait tourner dans ses bras et pose ses lèvres sur les siennes. Il passe sa main sous sa jupe et masse son ventre avec des hanches.
Le couple d’âge moyen se récrie de dégoût, saute dans sa berline et disparaît rapidement dans le nuit.

Sheldon regarde disparaître les feux arrières de la berline. Une fois qu’ils sont hors de vue, il hisse la fille sur son épaule – elle pèse son poids -, claque la porte de la Ka et retourne à son break. D’une main, il soulève la porte du coffre et y met la jeune fille inconsciente. Elle repose à moitié au sol, à moitié sur son amie.
Ce fut un coup serré mais il a les deux. Elles ont l’air mignonnes ensemble.
Tout ce qui lui reste à faire est d’attacher la seconde fille. Sheldon met sa propre cravate en boule, l’enfonce dans sa bouche et l’y maintient avec l’écharpe de la fille. Il ne veut pas qu’elle se réveille pendant le trajet et se mette à brailler. Ensuite, il secoue son bras gauche et la corde glisse dans sa main. Il retourne la fille pour la mettre sur le ventre, il tire ses bras pour que ses mains reposent sur son cul, attache ses poignets ensemble, bien serré, tire sur le bout de la corde et l’arrime pour fixer ses chevilles. Elle est allongée, la tête un peu relevée par la traction de la corde. Son amie blonde repose en silence dans le sac. Il attache ses chevilles puis, pour faire bonne mesure, attache les deux filles ensemble.
Il claque la porte du coffre sur elles. Il se sent fatigué mais émoustillé. Attendre jusqu’à ce que Gruby entende parler de ce travail nocturne. Merde, ça lui ferait mal.
En souriant, Sheldon se glisse à la place du conducteur. Il regarde l’heure. Les aiguilles indiquent qu’il y a encore vingt minutes à courir avant une heure. L’ensemble de la scène a pris moins de cinq minutes.
Il enclenche le lecteur de CD, allume un cigarillo, fait prendre de la vitesse à la Honda et la fait crisser sur les rampes de béton du parking. Il est souriant. Il est le meilleur. Cette fois, Chuck devra bien l’admettre. Merde, c’est lui le meilleur.
Quelque chose s’enfonce dans sa cuisse. Sa main va dans la poche de son jean. Même au plus fort de l’action, il n’a pas oublié un truc. Il a pris les clés de la fille et verrouillé la Ka. Si ce vieux couple avait l’idée de rendre compte de ce qu’il a vu, ça semblerait être seulement un rendez-vous galant un peu chaud et la fille est partie avec le gars. Mais ils ne diront pas ce qu’ils ont vu. Sheldon renifle. Ce n’est pas le genre. Pas ici, au Royaume-Uni. Sheldon a appris ça sacrément vite.
Ici, dans ce bled perdu, détrempé par la pluie, ce bout de caillou merdeux, tout le monde s’occupe de ses affaires. Et du point de vue de Sheldon et de Chuck, c’est juste épatant. LIRE LA SUITE

Texte de Janet Jones
Illustrations de TIM
Traduction Henic

Table des matières

Chapitre 1 – Collecte du bétail...........................2
Chapitre 2 – Deux amis et trois filles..................9
Chapitre 3 – L’arrivée.......................................16
Chapitre 4 – Jimmy McSleight...........................24
Chapitre 5 - Ronnie...........................................30
Chapitre 6 – Catriona et Sumila.........................38
Chapitre 7 - Sheena...........................................44
Chapitre 8 – Ronnie réclame son dû..................48
Chapitre 9 – Un problème résolu........................54
Chapitre 10 - Entraînement................................64
Chapitre 11 – Entraînement renforcé - Sumila....70
Chapitre 12 – Départs.........................................82
Fin.......................................................................86

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