Goutte d’eau

mercredi 2 mars 2005
par  Deserrance
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Ma Maîtresse, voici ton Maître qui t’écris.

Tu es seule dans un sauna, tes pensées vagabondent, tu t’imagines entièrement livrée à ma bonne volonté, tu deviens mon esclave, cette chaleur t’aide à t’abandonner en toute simplicité.

Tu es allongée sur le ventre, une serviette est déposée sur le bas de tes reins, on aperçoit la naissance de ta raie...

La moiteur se fait de plus en plus ressentir, tu as l’impression que je suis là à tes côtés, que je te regarde, que je t’observe te prélasser ainsi à ton bon plaisir. Pourtant tu es seule, absolument seule. Aucun son n’émane de cette cabine, tu t’abandonnes, tu te fais de plus en plus voluptueuse.

Les pores de ta peau libèrent leurs toxines, des gouttes d’eau apparaissent ça et là prêtent à parcourir ton corps dans ses moindres détours. Tu ressens des palpitations au creux de tes hanches, ton bouton nacré ne demande qu’à être caressé. Sans même t’en apercevoir, ton bassin commence à onduler, tu essaies inconsciemment de répondre à l’appel imperceptible de tes sens. Que cette chaleur est délivrante, enivrante, délassante ... Cette moiteur te fait sombrer dans une demi conscience propice à tous les rêves, à tous les désirs, si seulement un homme, des hommes, non, juste des sexes, pouvaient entrer dans la cabine, tu les sucerais les uns après les autres leur vidant les couilles comme la gourmande que tu es. Mais tu es seule, personne n’est là pour te délivrer. Tu repenses à ton Maître, lui seul pourrait te délivrer de cet asservissement à tes sens pour que tu deviennes son esclave, asservie non plus à tes désir mais à ses désirs.

Tu te relèves, changes de position pour ne pas sombrer, tu essaies de repousser ce désir qui ne pourra aboutir que sur davantage de frustration puisque tu es seule. En t’asseyant tu rassembles tes pensées, tu essaies de penser à ce que tu feras demain. Pourtant une seule idée te vient à l’esprit, je veux baiser, oui demain je veux me faire baiser. Lasse tu t’abandonnes, l’effort est vain, le plaisir et l’idée du plaisir est bien trop irrésistible pour que tu puisses les semer dans le dédale de tes pensées.

Une goutte s’échappe de ta chevelure, elle descend lentement le long de ton cou. Tu te mets à imaginer que cette goutte c’est moi. Je descends lentement, je prends mon temps car je veux que tu t’abandonnes entièrement, je veux devenir de plus en plus chaude, je veux devenir brûlure sur ton corps. En descendant j’amasse d’autres perles de sueur, de goutte je deviens flot j’arrive sur tes seins, je me love sur ton mamelon qui se dresse brûlant de désir au seul contact de mon humidité. Tu tressailles, tu délires, des centaines de frissons te parcourent, je poursuis néanmoins mon chemin bien décidé à ne te laisser aucun répit, mon voyage sur ton corps te fait défaillir, je parcours le fin duvet qui recouvre ton ventre, j’arrive au nombril ou je trouve un lac de désir, je m’y agglomère et le fait déborder, tes barrages cèdent sous la pression. J’étais une goutte, je suis devenu un flot, désormais je suis un fleuve, je ruisselle, puisque je suis fleuve ma descente s’accélère logiquement. Tu m’attends en un endroit bien précis de ton corps, tu me laisses accourir emportant tout sur mon passage. Enfin j’arrive à ta source, je me noies dans ce ruissellement qui jaillit depuis déjà longtemps de ton antre.

C’est à cet instant que folle de désir, tu souhaites te joindre à mon voyage, tes mains descendent le long de ton corps, suivent le parcours sensuel décrit quelques secondes auparavant, tu caresses ta nuque, tu pince tes tétons, les tends à les rompre, ils brûlent, il crient pitié violentez nous, libérez nous, puis tu effleures ton ventre pour enfin rejoindre cet océan de désir qui est né en toi au fil de mon escapade, tes mains enserrent tes grandes lèvres, les dessinent de leur forme.

Il n’en faut pas d’avantage pour qu’un raz de marrée te submerge, ton corps se tétanise sous la puissance des vagues, la chaleur du sauna est fraîche comparée au volcan qui vient d’exploser en toi. La chaleur se diffuse, tu ne penses plus, tu n’es plus en mesure de penser, tes pensées ont explosées en un million de petite gouttes de rosée éparpillées sur une immense prairie. La chaleur qui t’habite contraste avec la moiteur du sauna, tu te mets à frissonner de tout ton corps, c’est à ce moment que tu reprends pied dans la réalité, que c’était bon de t’abandonner ainsi en pensant à moi.

Pourtant je ne suis pas là, tu es seule.




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