Deuxième séance

vendredi 2 février 2007
par  Felony
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Elle relut le papier qu’elle tenait dans sa main. Elle ne s’était pas trompée d’adresse. Elle inspira profondément pour se donner du courage. Le rendez-vous était clair, aussi précis qu’un ordre direct. Une simple adresse et une heure. Elle avait trouvé le papier dans son sac à main la veille, bien incapable de dire à quel moment Il avait bien put l’y glisser.

Face à elle, au milieu de la zone industrielle, un immense entrepôt se dressait. Les murs de tôle ondulée étaient couverts de rouille, crevés par endroit. Les carreaux des rares fenêtres étaient brisés, ou recouvert d’une impressionnante couche de poussière. Le sol détrempé était parsemé de flaques. Quelques gouttes de pluie recommencèrent à tomber. Le soir arrivait, mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien faire ici, au lieu d’être chez elle à s’occuper de son mari et de ses enfants…

Peut-être que ce n’était même pas Lui, qui lui avait donné le papier, peut-être que ce n’était pas un vrai rendez-vous. Peut-être qu’elle avait atterrie dans ce coupe gorge par hasard, et qu’elle risquait de se faire attaquer…

Elle frissonna sous une brusque bourrasque. Son mince imperméable ne la protégeait en rien du froid, d’autant plus qu’elle ne portait strictement aucun vêtement en dessous. De toute façon, ils allaient certainement la mettre nue immédiatement, autant prendre les devants. Décidément, il lui faudrait toujours tout contrôler. Elle eu un sourire coquin, vite refreiné par le stress. Allez savoir ce qu’ils allaient encore faire d’elle… Mais au-delà de la peur, une indéniable excitation commençait à germer…

Elle redressa la tête, et se dirigea vers la porte. C’était une lourde plaque de tôle simplement munie d’une poignée. Elle l’actionna, la poussa. Rien. Elle y mit toute sa force, l’épaule collée contre la paroi. Soudain la porte céda. Elle tomba en avant, dans une obscurité totale.

Aussitôt des mains la saisirent. Elle hurla, se débattit. Mais ils étaient plusieurs sur elle. Elle sentit un corps l’écraser, la chute. On tirait ses bras vers l’avant, des mains saisissaient son manteau, tiraient violemment ses cheveux, ses chevilles. Elle lança une ruade désespérée, soulevant le poids qui l’écrasait. Elle toucha quelque chose, et eut la satisfaction d’entendre un grognement assourdi. Puis on la plaqua complètement au sol, et elle eut plus de mal à respirer. Très vite, ses forces l’abandonnèrent et elle ne lutta plus que pour ne plus étouffer. Chaque inspiration était plus laborieuse, moins efficace. Elle ne pouvait plus bouger.

Elle eut une dernière pensée sur le fait qu’elle allait peut-être mourir là, à ce moment précis, sans aucune explication, sans même savoir qui l’étouffait, par sa propre faute, par sa propre inconscience, puis elle perdit connaissance.

Elle revint à elle lentement. Elle crut d’abord avoir perdu la vue, avant de percevoir une toute petite lueur, loin devant elle. Elle était encore allongée par terre, mais sur un matelas, et à en juger par la chair de poule sur son corps, complètement nue. Elle porta une main à son visage.

Aussitôt, un flash éblouissant. Un spot surpuissant venait d’être allumé face à elle, l’aveuglant complètement, blessant ses yeux accoutumés à l’obscurité. Au même moment, elle se sentit tirée vers le haut par les bras. Avant même qu’elle ne réalise ce qui lui arrivait, elle se retrouva attachée, en croix. De larges bandeaux de cuirs avaient été noués à chacun de ses poignets.

De toute évidence, des liens étaient reliés à ces menottes, et des gens avaient surveillé attentivement le moindre de ses mouvements. Mais elle n’entendait rien, ni personne. Elle baissait la tête, incapable de soutenir l’éclat sauvage de la lumière face à elle. Elle tira un peu sur ses bras, pour tester la solidité de ses liens. Rien à faire.

On lui passa un bandeau noir par-dessus la tête, pour lui cacher la vue, visiblement. Elle secoua la tête violement, s’y soustrayant, tentant de voir la personne qui était derrière elle.

« - Attendez ! »

Mais son cri fut sans effet. Le bandeau fut solidement noué derrière sa tête, soulageant quelque peu ses yeux endoloris par la clarté. Un claquement sonore retentit. Certainement le projecteur que l’on éteignait. Elle ne perçut pas le moindre changement de luminosité, le bandeau était redoutablement efficace.

« - Mais qui êtes-vous, enfin ! » Elle se débattait à nouveau dans ses liens.

Elle sentit qu’on lui empoignait la tête, et un autre lien lui fut passé dans la bouche. Elle en fut tellement surprise qu’elle n’eut pas le réflexe de verrouiller ses mâchoires. Il fut aussi solidement fixé derrière son crâne que le précédent bandeau. Elle ne pouvait plus articuler aucun son.

« - Tu parles trop. » entendit-elle. Une voix inconnue.

Ce fut à ce moment-là qu’elle commença à paniquer. Il lui avait dit qu’il y avait des règles. Il y avait le mot. Le mot qu’elle aurait dû pouvoir prononcer à tout moment pour les arrêter, s’ils allaient trop loin. Mais elle ne pouvait plus rien dire, maintenant. Une fois encore, elle se demanda si elle était au bon endroit, si elle n’avait pas mis les pieds hors du chemin dont ils avaient convenu. Elle ne savait même pas s’Il était là.

Elle tenta de faire glisser le bâillon, frottant désespérément son visage contre son bras, essayant en vain de le faire glisser. Mais il était tout simplement inamovible. C’est à ce moment là que ses jambes furent saisies et écartées à leur tour, ouvrant largement l’accès à son sexe. Elle se débattit, s’opposa à leur force inexorable, sans succès. Elle sentit qu’on fixait ses chevilles à des montants de bois. Elle était impuissante.

Elle se mit à hurler. Son cri mourut, à peine audible, sur ce damné bâillon. Affolée, elle ne percevait plus que les battements terrifiés de son cœur. Elle ne pouvait rien faire. Elle qui décidait toujours de tout, elle qui savait toujours prendre une décision, elle était condamné à subir ce qu’ils allaient faire d’elle. Tout ce qu’ils voulaient lui faire. LIRE LA SUITE

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