Dans les mains de l’Inquisiteur

dimanche 17 juin 2018
par  shiloh
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Ce fut une nuit sombre et orageuse lorsqu’on me tira de mon lit et m’amena au siège de l’Inquisition. Vous pouvez bien imaginer ma terreur : deux hommes, leurs visages couverts de cagoules noires, firent irruption dans ma chambre et me saisirent comme une criminelle. Les servants, mes seuls compagnons pendant que mon tuteur était en voyage, n’osèrent s’ingérer dans les rouages de ces moines brutaux, mais reculèrent devant eux, et se signèrent.
Je n’avais même pas eu l’occasion de m’habiller. Je fus conduite à un donjon effroyable avec ma chemise de nuit seule pour protéger ma modestie. Une luminescence de fantôme dansait au-dessus un brasero dans un rythme dionysiaque.
Malgré mes appels et protestations, mes ravisseurs étaient muets comme la tombe en enchaînant mes pauvres poignets. Je me tordis de peur et, n’ayant aucun recours autre que la miséricorde divine, je commençai à prier.
Un troisième homme fit bientôt son apparition, grand et distingué. Il retira sa capuche, révélant des traits aquilins et un sommet du crâne rasé.
« Alors, c’est elle ? » dit-il, et un de ses assistants fit oui de la tête. « Calmez-vous, señorita, continua-t-il en s’adressant à moi, je suis Frère Vasquez et je dois vous poser quelques questions, c’est tout. Avec votre coopération, cette affaire se pourra bientôt mettre au repos. »
J’étais perplexe. « Mon Frère, dis-je, c’est quoi, cette affaire dont vous parlez ? »
Il s’approcha de moi et me regarda d’une expression peu pieuse. Ses yeux s’attardaient sur les charmes auxquels, comme un frère du Christ, il avait promis de renoncer.
« Ma chère fille, dit-il, je parle des crimes de votre famille, bien sûr.
— Crimes ? Demandai-je. De ma famille ?
— Je pourrais croire que vous en êtes vraiment ignorante, dit-il, une belle enfant comme vous l’êtes, que vous ne savez rien de ce qu’on a découvert. Mais d’après mon expérience, le diable prend un beau déguisement la plupart du temps ! Ainsi il faut un examen. Un examen très approfondi. »
Ma poitrine se soulevait d’anxiété, qui semblait exciter Frère Vasquez d’autant plus.
« Mes parents sont morts, lui dis-je. Ma mère et mon père, paix à leurs âmes, sont morts quand j’étais petite. Qu’est-ce qu’ils ont pu faire ?
— Et après ? répondit-il. Après les morts malheureuses de vos saints parents ?
— Après, je vivais avec mon grand-père jusqu’à sa disparition récente, et maintenant je suis la pupille de l’un de ses amis, un monsieur parfaitement respectable. J’ai mené une vie irréprochable, comme toute ma famille. Dieu m’en est témoin !
— Dieu, dit-il, ou Jéhovah ? »
Un des hommes à cagoule noire sortit des ombres et lui passa un rouleau, que me montra l’Inquisiteur.
« Cette Torah, dit-il, vous ne la reconnaissez pas ?
— Mais non ! m’écriai-je.
— Señorita, je vous avertis, si vraiment vous aimez Dieu et l’Église, même la Sainte Vierge dont la beauté vous partagez, dites-moi avec l’honnêteté parfaite : jamais vous ne l’avez vue ?
— Jamais de ma vie ! Pourquoi devrais-je reconnaître une telle chose ?
— Pourquoi ? Parce qu’on l’a trouvée dans les effets de votre grand-père, avec sa kippa et son châle de prière. Les effets d’un judaïsant ! »
Une colère méprisante brilla dans ses yeux foncés, mais il se maîtrisa et arpenta devant moi, que je pusse digérer le péril de ma situation.
« Vous ne savez pas, peut-être, continua-t-il, que votre grand-père était converti.
— Non, dis-je, ce n’est pas vrai !
— Si. Mais vous ne le saviez pas, peut-être. Vous ne saviez pas, peut-être, qu’il continuait ses pratiques abominables. Vous ne saviez pas, peut-être, qu’il était, jusqu’à son dernier souffle, l’un des serpents qui ont tué notre Seigneur !
— Croyez-moi, mon Frère, je n’en sais rien !
— Et vous, señorita, vous le croiriez, si vous étiez à ma place ?
— J’ai toujours été une vraie fille de la foi Catholique ! » lui jurai-je.
L’Inquisiteur vint si près que je sentis son haleine sur ma joue. Il buvait ma peur comme du petit-lait, et je sentis sa main me caresser la cuisse.
« Bon, dit-il, on va voir comme vous êtes fiable. »
Avec un grand geste digne d’un acteur de théâtre, il produisit un couteau de dessous de sa robe, et comme je tremblai de honte, il coupa les bretelles de ma chemise, exposant ces protubérances arrondies dont donna Dieu aux femmes pour nourrir leurs nouveau-nés.
« Toute femme, expliqua-t-il, montrera des signes sur son corps, si elle a eu des relations avec des démons.
— Mon Frère, m’écriai-je, s’il vous plaît, pour l’amour de ma dignité !
— Soyez sûre, dit-il, que le Pape lui-même nous a autorisés de tels examens. Contestez-vous l’autorité du Saint-Père ? »
Sur cette déclaration, il entreprit de pétrir ces globes charnus de deux mains. Puis il se lécha le pouce et me caressa la pointe d’un sein, et malgré moi, j’en soupirai.
« Ah ! dit-il, bien que je ne voie pas un troisième mamelon, on sait qu’il est parfois invisible aux yeux humains, et votre réaction parle autrement que de l’innocence.
— Non ! protestai-je, je n’ai jamais connu le toucher d’un amant, ni naturel ni surnaturel !
— Et vous-même, répondit-il, vous ne vous êtes caressée ? Tout ceux qui le font, même s’ils ne réalisent pas, invitent le diable à entrer dans leurs lits. »
Hélas, c’était vrai, et il put le voir dans mes yeux. Étant une misérable mortelle, j’avais, de temps en temps, succombé aux tentations du désir indu, me caressant de manière contrairement aux desseins de la Nature. Mais je dis devant Dieu, jamais je n’ai invité à me se joindre le diable ou ses sous-fifres !
« J’ai trouvé, continua mon oppresseur, que la marque du Malin se peut faire apparaître en réchauffant la chair de celle avec qui il a couché. »
Il chercha un instrument compris d’une longue manche et quelques brins de cuir.
« Je vais vous fouetter la gorge, dit-il, pour faire visible des marques des ébats impies.
— Ma gorge ? O mon Frère ! »
Liée comme j’étais, je ne pouvais rien faire pour éviter les coups qui s’abattirent sur les monticules malléables de ma féminité. Les coups étaient doux au début, et je percevais que le cuir était bien huilé et souple. Cependant, la chaleur de leurs caresses transforma bientôt en douleur piquante, et l’humiliation que je subissais ne faisait qu’ajouter à ma détresse. Seulement après l’avoir arraché des larmes l’Inquisiteur arrêta-t-il. Je respirais fort et mes joues étaient mouillées.
« Enfin, dit cet ecclésiastique lascive, du troisième mamelon, il n’ya a pas de trace.
— Sûrement, dis-je, vous comprenez maintenant que je ne suis pas un jouet du mal !
— Non ? répondit-il, et pourtant, les pointes fermes de vos seins disent autre chose. Et de plus, on n’a pas encore établi que votre vertu est intacte, comme vous voudriez nous faire croire. »
Le méchant procéda ensuite de me baisser la chemise des hanches, me dépouillant des derniers lambeaux des vêtements qui avaient caché ma chair dénigrée de son regard. Puis sa main me caressa le bas-ventre, et mes larmes coulaient à nouveau. Ses doigts me forcèrent à ouvrir. Imaginez comme je lui priai de cesser ! Une telle violation ne s’approuverait pas parmi les bénis saints du ciel ! Néanmoins, comme je sentis ses doigts travaillant leur vilenie dans moi, je ne m’empêchais pas de bouger à leur rythme. Enfin, il retira sa main, tâchée de sang.
« Très bien, dit l’Inquisiteur, il semble qu’elle n’ait pas accueilli le membre du diable dans ce sanctuaire sacré.
— Mon Frère, dis-je très décontenancée, était-il vraiment nécessaire, pour prouver mon innocence, de me prendre ce qui appartient à mon futur marié à juste titre ?
— Les façons de la sainteté sont mystérieuses, répondit-il, et il reste d’autres chemins qu’on peut offrir au plaisir d’un maître malveillant ! »
Ses mains me cherchèrent les reins, qu’il caressa avec joie évidente. Il fit me relâcher par ses assistants, mais seulement pour me tourner et me renchaîner face au mur.
« En effet, s’écria-t-il, je vois devant moi de jolis globes qui sont, selon nos études récentes, une cible préférée des fornicateurs des enfers ! »
Mais il m’apparut, cher lecteur, qu’il parlait plutôt de ses propres préférences. O ciel ! Quelles nouvelles tortures m’infligerait-il ? Je me fie à votre piété, en sachant que vous êtes, comme moi aussi je l’étais, horrifié par ces événements méprisables !
« Voyons, dit Frère Vasquez, si on peut encore faire apparaître des signes des attentions préalables de l’Ennemi ! »
Ainsi je fus soumise à une autre série de fouets, dirigés cette fois contre mes pauvres reins. Mais maintenant, même lorsque je pensai que se fut dépensée l’énergie de mon tourmenteur, il échangea simplement un fouet pour un autre, une cravache plus long que la longueur de mon bras. Si je pensais que j’avais déjà fait connaître la douleur, la cravache m’envoya à un nouveau domaine de la souffrance. Je fus prise des quintes d’agonie. Mon heure fut sûrement venue ! Cela pourrait être la fin pour moi ! À chaque coup, l’Inquisiteur me fit répéter « je me soumets en toutes choses, je ferai ce que vous vouliez ». Et il me le fit remercier. Comme c’était pervers !
Je ne comptai plus les coups après le dixième, et je sombrai dans un contentement étrange du genre que je n’avais jamais connu. Frère Vasquez, en le voyant, me relâcha et me fit m’agenouiller devant lui.
« Chère fille, dit-il, recevrez-vous maintenant la grâce que je vous donnerais ?
— Oui, répondis-je, ainsi soit-il. »
Il leva l’ourlet de sa robe, découvrant son sexe, et me fit caressa cet organe de ma bouche. Je n’avais plus la force d’y résister ! En effet, je me perdis dans cette oblation païenne, jusqu’à ce que je reçusse la semence salée qui était, je croyais, réservée à la propagation de la vie.
À ce moment-là, un quatrième homme apparut dans le donjon — personne d’autre que mon tuteur !
« Ah ! lui dit l’Inquisiteur, vous êtes arrivé ! Venez, regardez votre pupille obéissante. Je pense que vous la trouvez suffisamment docile maintenant.
— Ma foi ! dit mon tuteur, mais vous avez encore réussi !
— Comme toujours, dit Frère Vasquez, la fiction d’un lignage juif ne manque jamais de leur inspirer la docilité.
— Cela, oui, et d’autres choses… »
Mon tuteur me leva et me couvrit d’une cape. Je peinais encore à comprendre ce qui se passait. Tout était mis en scène ? Mon tuteur avait-il vraiment arrangé tout ça ?
« Alors, me dit-il, rentrons chez nous pour continuer ta formation. À bientôt, mes Frères ! »
L’Inquisiteur sourit et lui dit : « À bientôt, Don Juan ! »



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