Les corps à venir

samedi 5 août 2017
par  dantes
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« Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »
Pour Claire et son double…

-I-
Elle opta pour les dentelles d’un rouge coquelicot…Ne l’ayant pourtant jamais rencontré, elle présumait un adversaire sérieux. L’atmosphère était moite, alors qu’elle s’avançait dans cette ruelle, le satin de sa robe collait contre ses cuisses... Elle avait toujours aimé se promener ainsi, entre chien et loup, à l’heure où les honnêtes gens rentrent chez eux tandis que la canaille commence à envahir les bars et autres lieux interlopes.
Du haut de ses trente ans, elle pouvait contempler une vie pleine de réussite, telle que la souhaite tous les parents pour leurs enfants. Les siens ne faisaient pas exception à la règle, et elle était rapidement devenue l’étoile montante de la famille, que l’on exhibait avec fierté à chaque réunion familiale.
Les hommes avaient traversé sa vie comme des éclairs, se lassant vite de cette femme volatile avec qui il fallait prendre rendez-vous pour espérer la voir. Elle était consciente de cela, et s’accommodait fort bien de ces amants de passage. Puis elle avait commencé à errer sur les sites de rencontres, d’abord simplement par jeu, puis par envie. Et repensait alors à tous ces hommes qu’elle avait connus, et se demanda si un jour elle avait vraiment aimé. Elle se demandait si l’amour consistait en ces ébats nocturnes auxquels elle n’avait jamais pris plaisir. Ses amies en parlaient souvent, après avoir vanté les qualités ménagères de leur nouvelle conquête. Les plaisirs charnels semblaient être au centre de leur relation amoureuse, sinon de leur vie. Et peu à peu, comme si son corps réclamait sa dose de bonheur, elle se mit à parcourir les annonces des différents sites. Au début, par jeu ; puis elle avait éprouvé du plaisir à le faire puis, insidieusement, du désir. Au début, elle était en colère contre elle-même, contre ce corps qui lui échappait. Puis elle décida de se laisser aller, d’explorer ce nouveau continent qui s’offrait à elle, et qui avait inspiré à un grand auteur, dont elle avait oublié le nom, ce vers qu’elle questionnait depuis qu’elle l’avait découvert : « Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir ? ». Et elle avait décidé de connaître le plaisir, seul trophée qui manquait encore à sa longue liste de succès.
Quoique fort peu poétique, c’est à la lecture des petites annonces qu’elle ressentit ce qui n’était pas encore du plaisir, mais une sorte d’excitation incontrôlable qui envahissait tout son corps. Elle ne pouvait s’empêcher de s’imaginer faisant l’amour avec eux, eux tous, et elle se demandait quelles sensations ce devait être d’être prise ainsi par une multitude d’hommes qu’elle ne connaissait pas. Et elle dût s’avouer que cette perspective lui procurait un plaisir intense, et qu’elle se mettait à mouiller à la simple évocation de cette situation interlope qu’elle se décida de vivre un jour. Elle laissait alors sa main s’aventurer sous sa jupe et caresser son sexe qu’elle avait épilé avec soin, ce qui le rendait encore plus sensible aux caresses qu’elle se prodiguait. Et elle avait décidé qu’elle ne connaitrait plus de limites, qu’elle explorerait tout le domaine des plaisirs comme elle avait exploré celui de l’esprit...
C’était presque effrayant ; de façon craintive, comme si jamais plus rien ne serait comme avant, ses doigts effleuraient ses seins, les pinçaient…Elle ne mesurait pas à quel point sa vie était fade, malgré toutes ses réussites, avant de connaître cette extase dont elle avait entendu parler. Ses amies évoquaient des fantasmes des plus « exotiques » qu’elle ne concevait même pas et elle écoutait avec un dégoût dissimulé leurs histoires d’aventures avec deux hommes de façon simultanée ou autres pratiques nécessitant des objets…
Cependant, ce soir-là, face à son écran, elle pouvait sentir une certaine chaleur dans le bas de son ventre. Ses seins étaient durcis par ses caresses et elle prît conscience que ses cuisses se serraient l’une contre l’autre, lui procurant des sensations agréables…Sa main glissa le long de sa hanche, son ventre était chaud, il frémissait au passage de ses doigts. Lorsqu’elle sentit l’humidité de son sexe, elle eut envie de goûter ; c’était tiède, légèrement âcre. Tout en se caressant, elle sentait une excitation l’envahir, elle écartait ses lèvres, osait un doigt, basculait son bassin d’avant en arrière ; ce qu’elle ressentait était si puissant qu’elle pouvait presque s’abandonner, lâcher enfin prise… Elle n’eut pas conscience de son cri…
Elle arriva enfin au restaurant, un endroit bien différent de ce qu’elle avait imaginé. Elle avait pensé, naïvement, qu’il l’emmènerait dans un endroit chic, bourgeois, mais non, elle était dans un de ces restaurants à la mode, rempli de jeunes cadres dynamiques, une sorte de boboland où tout avait le prix du luxe sans en avoir la saveur. Elle reconnut son rendez-vous au premier coup d’œil, comme Jeanne d’Arc avait, sans doute, avait reconnu le Dauphin parmi des centaines de courtisans. La quarantaine, bien fait de sa personne, des habits à la mode, un verre de bon vin dans les mains. Elle alla droit sur lui et, faisant une révérence, elle lui dit en souriant « Mon Dauphin, mon gentil Dauphin ». L’homme la regarda étonné, ne saisissant manifestement pas l’humour. Elle fut quelque peu déçue ; elle pensait que ses amants, même recrutés sur Internet, se devait d’avoir un minimum de culture. Elle tenta alors de caser le fameux « il faut le progrès, pas le désordre », avec le même insuccès. Elle se demanda alors, pragmatique jusque dans ses rendez-vous galants, si elle accepterait de se faire fouetter par un homme qui ne connaissait ni l’histoire de Jeanne d’Arc, ni les envolées lyriques du général ? Mais elle écarta bien vite cette idée, se disant qu’il n’y avait pas de raison que les gens modestes soient privés de joutes amoureuses. Et pour en finir avec ses idées noires, elle s’imagina l’homme en train de la sodomiser ou de visiter sa bouche.
Le repas fut consacré à une prise de contact pour le moins étrange. L’homme semblait passionné par des choses dont le concept même ne lui était jamais venu à l’esprit. Il était représentant d’une grande marque de remontées mécaniques, et elle dut écouter pendant deux heures les mérites comparés de la télécabine sur le télésiège. Elle apprit donc qu’un télésiège pouvait débiter 1000 personnes à l’heure, contre 3000 pour une télécabine. Évidemment, c’était un peu plus cher, mais l’investissement était rentable. Pendant une seconde, elle réfléchit au problème, entraînée par la passion de l’homme. Puis elle se ressaisit, se rappelant qu’elle n’avait nulle intention d’acheter une télécabine… Heureusement, le repas était bon, ce qui lui permit d’écouter d’un air attentif. Un repas finalement proche du « dîner de cons », assez amusant. Évidemment, la petite jupe qu’elle avait pris soin de mettre ne serait d’aucune utilité ce soir. On ne peut pas gagner à tous les coups.
Le repas se termina finalement assez tôt. « Je serai au moins rentrée tôt », se dit-elle, souriant pour elle-même. L’homme régla le repas fort galamment, puis l’accompagna jusqu’à la porte. Elle était déjà en train de prendre le chemin pour rentrer chez elle, quand il lui dit : « attendez, je voudrais vous montrer quelque chose ». La demande l’amusa terriblement, et elle se voyait déjà contempler une collection de miniatures de télécabines. Elle le suivit donc de bon cœur, savourant par avance ces délicieux moments d’humour. « Au moins, je me serais bien amusée... ». Ils marchèrent quelques centaines de mètres ; et comme ils marchaient dans une rue déserte, il la plaqua contre le mur et se mit à l’embrasser fougueusement. Sous le coup de la surprise, elle le laissa faire ; puis elle prit du plaisir à ce baiser, à la fois plein de tendresse et prometteur de plaisirs à venir, dont elle avait rêvé toute la journée. Une main glissa le long de sa cuisse ; elle ne protesta pas. La main remonta sous la jupe et se mit à lui caresses les fesses ; elle avait pris l’habitude de ne pas mettre de sous-vêtements pour ses rendez-vous galants. Ainsi, elle se sentait nue dès qu’elle quittait son appartement, et elle adorait le regard des serveurs sur ses seins bien dégagés, qu’elle s’ingéniait à rendre provocants par un décolleté plongeant sur un chemisier transparent. Quant à sa jupe, elle prenait soin de la relever quand elle s’asseyait, de façon à ce que tous voient qu’elle était nue sous ses vêtements. Là, dans cette ruelle, pendant que l’homme lui caressait les fesses, elle pensa que la seule idée d’être ainsi offerte, au milieu des passants, lui avait donné envie d’être prise dans cette ruelle étroite...
Les caresses de l’homme se firent plus insistantes, si bien qu’il en vint à toucher le plug dont son cul était pénétré. Il hésita quelques instants, comme sonné par la découverte. Puis sa main se retira, laissant la jupe retomber sur ses jambes. Il baissa la tête, comme frappé par ce qu’il venait de découvrir. Elle remonta alors sa jupe, écarta les jambes, et lui dit : « regarde ». Il vit la cordelette liée aux boules de Geisha. Elle lui prit la main, lui fit tenir la cordelette et lui dit : « tire doucement, je veux sentir le passage de chaque boule ». Il commença à tirer doucement ; les mouvements de la première lui firent pousser de petits cris. Quand l’excitation commença à monter, il fit un bond en arrière et partit en courant. Elle fut déconcertée par cette attitude ; d’habitude, les hommes adoraient ce jeu, jouant longuement à faire rentrer et sortir les boules. Mais lui, pour la première fois, avait pris peur.

-II-
Dans les semaines qui suivirent, elle se sentit mal à l’aise. Cet homme, qui était parti en courant, semblait tourner en rond dans sa tête, lui reprochant sans cesse ce qu’il appelait des plaisirs pervers, et la menaçant du pire opprobre si elle continuait ainsi une vie de débauche. Elle se sentait terriblement coupable ; elle ne savait pas de quoi, mais coupable. Peut-être d’avoir fait peur à cet homme, peut-être de lui avoir montré le côté obscur du désir, qu’il n’avait jamais voulu voir. Elle s’était jurée de ne pas le rappeler. Mais au bout d’un mois, ce fut lui qui rappela. Il lui donnait rendez-vous, non pas dans un restaurant ou dans un bar, mais chez lui. Elle fut un peu inquiète de de rendre ainsi seule chez un inconnu. Mais elle accepta, sentant confusément qu’elle lui devait des excuses. Pour cette rencontre, elle s’habilla en mère de famille, pantalon, chemisier foncé, et elle prit soin de mettre une culotte et un soutien-gorge, parmi les moins sexy de sa collection. Le taxi mit à peine quelques minutes pour la déposer à l’adresse qui lui avait été indiquée, un bel immeuble dans un quartier chic de Paris. Elle composa le code qu’il lui avait donné ; elle passa devant la loge du gardien, qui la dévisagea. Ce regard acéré semblait dire que le concierge savait tout, le plug, les boules, mais aussi pourquoi elle venait ici ce soir. Dans l’ascenseur, elle sentit une angoisse monter en elle ; et s’il lui avait tenu rancune de l’aventure ?? Et s’il n’avait concocté tout cela uniquement pour se venger ?? Il était trop tard pour reculer, elle sonnait à la porte. L’homme l’accueillit fort civilement, avec une coupe du meilleur champagne. L’appartement était cossu, meublé avec goût, le mobilier venait visiblement de magasins de luxe. Il l’invita à s’asseoir au salon pour déguster le champagne, décidément délicieux. Elle se fit la remarque que ce déluge de luxe et de bon goût ne ressemblait guère au représentant en remontées mécaniques qu’il prétendait être. Mais qui pouvait se cacher derrière ce pâle représentant de commerce ? Elle commença à parler, voulant s’excuser de s’être comportée de façon aussi entreprenante après le dîner. Mais il ne la laissa pas finir...
- Il semble que vous ayez un goût certain pour les plaisirs de la chair ?
- C’est à dire que... Et elle rougit légèrement.
- Je vois, dit-il quelques restes de pruderie. Accepteriez-vous je vous guide dans cet univers interlope ?
Elle acquiesça d’un léger mouvement de la tête.
- Déshabillez-vous. Ce soir, vous êtes habillée comme une nonne en permission !
L’ordre avait claqué dans l’air ; étrangement, elle fut heureuse qu’il fasse preuve d’autorité, ne lui laissant ainsi que peu de marge de décision. Elle se sentait plus en sécurité, se disant qu’elle n’aurait jamais osé se déshabiller devant cet homme s’il ne l’avait pas ordonné. Elle se retrouva donc nue devant lui, et allait se rassoir quand il donna un second ordre :
- Reste debout, jambes écartées, les mains derrière ta nuque.
La chose lui parut étrange, mais elle s’exécuta. L’homme lui tint un discours qu’elle n’oublia plus jamais...
- Tu aimes le sexe, tu aimes le désir et le plaisir. Je vais te faire découvrir un univers dont tu ne soupçonnes même pas l’existence, un lieu accessible aux seuls initiés. Mais pour cela, il faut que tu m’obéisses. Veux-tu t’engager à m’obéir ?
Dans un souffle, elle dit un « oui » fragile, comme si une autre avait pris possession de son corps. La situation était bien étrange : elle qui d’habitude menait les hommes à leur plaisir, allait cette fois être guidée par un homme. Curieusement, ce regard qui la désirait, ce sexe qu’elle sentait tendu sous le pantalon, cette voix qui tremblait un peu, tout cela lui disait qu’elle était infiniment désirable. Elle savait qu’alors c’était elle qui dominait, et non le pantin qui voulait la soumettre par des ordres auxquels elle seule pouvait décider de se plier. Il s’approcha d’elle, attrapa ses seins et se mit à les caresser, puis à tirer sur les tétons, alternant douceur et douleur. Ella émit un petit cri et recula d’un pas.
- Ne bouge pas. Relâche-toi... Avec le temps, tu arriveras à supporter la douleur. Mieux, tu la sublimeras, elle deviendra un élément de ton orgasme. Tu y trouveras du plaisir. Je sais, aujourd’hui cela te paraît impensable. Mais c’est ce territoire que nous allons explorer ensemble.
Il s’arrêta quelques instants, hésita ; et finalement, elle sentir la main de l’homme se glisser dans son entre-jambe. Elle fit un effort pour ne pas bouger. Elle se concentra sur cette main qui la caressait. Si bien que quand l’homme l’abandonna pour retourner s’asseoir, elle ressentit une frustration d’une intensité qu’elle n’avait jamais connue. L’homme s’assit dans le canapé et commença un discours très cru, lui expliquant ce que serait sa nouvelle vie intime.
- Je t’ai fait mettre dans cette position parce que cela met en valeur ta poitrine. Tu vois, tes tétons sont déjà dressés ; tes seins sont magnifiques. Quant à tes jambes écartées, cela permet de caresser ton sexe, de jouer avec ses lèvres, voire de te pénétrer. Bientôt, tu subiras cela sans bouger ; bien plus, je suis sûr que tu y trouveras du plaisir.
Il s’arrêta quelques secondes.
- Tu es belle, terriblement belle. Je suis fier de toi, fier que tu acceptes de me suivre. Je veux que tu sois aussi fière de toi. Que tu saches que bien peu accepteraient de me suivre. Que tu en fais partie. Et que ton univers ne sera plus jamais pareil.
Il ramassa la culotte et le soutien-gorge qui traînaient par terre, et les mit dans son sac à main.
- Vois-tu, ce qui te rendra encore plus désirable, ce sont les petits secrets que nous partagerons. Ce sera le regard des autres, plein de désir, et qui n’imagineront jamais que je peux te pénétrer quand j’en ai envie. Que ta façon de m’aimer est la plus forte et la plus intense qui soit. Quand tu es avec moi, je ne veux pas que tu portes de dessous ; je veux que tu te sentes toujours nue, je veux pouvoir te caresser quand je veux. Tu verras qu’avec l’habitude, tu n’y penseras même plus, sinon par le plaisir d’une brise qui viendra caresser ton sexe ou de ma main s’égarant sur tes fesses. Quant à ton sexe et à ton cul, ils doivent être toujours parfaitement épilés. Les caresses n’en sont que plus agréables. Maintenant rentre chez toi.
L’homme se rassit dans le canapé, la regarda s’habiller puis partir. Il ne dit pas un mot.LIRE LA SUITE





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Commentaires

Logo de Zoe
dimanche 6 août 2017 à 20h50 - par  Zoe

Très jolie histoire, agréable à lire. Espérons qu’il y en aura d’autres.

Site web : V. L.
Logo de Henic
dimanche 6 août 2017 à 08h14 - par  Henic

Que voilà une agréable mise en bouche !

Logo de AngeM78
dimanche 6 août 2017 à 07h41 - par  AngeM78

Texte très bien écrit.
Bonne analyse psychologique.
Crédible.
Cela change des fantasmes à la noix.

Continuez ! Vivement la suite !

Site web : Mon blog BDSM

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