Lynne

Chapitres 7 à 9
mercredi 19 janvier 2022
par  Henic
popularité : 1%
9 votes

Ce n’est pas que je ne fais pas confiance à Tony, mais je veux garder un enregistrement pour moi de mon premier passage dans la prostitution. Je traverse la rue vers l’agence de presse et j’achète un petit cahier, un stylo et une règle qui mangent le dollar un quart qui me reste. Je ne veux pas dépenser les cinquante dollars de mon argent de pute obtenu de Ray. Je ne sais pas si Tony approuverait, et je ne veux pas découvrir la manière difficile.
Je remonte dans ma chambre et je prépare rapidement quelques pages :
Jour Nom Sexe Âge Recette Commentaires
Dim. Ray M 40 ? 50 $ Connard ! Petite bite, 15 min, vêtements. 1er !
J’inscris ma première entrée et je redescends. Il est seize heures et il y a toujours un flux constant de personnes dans la rue. Je suis à l’aise avec mon accroche « Tu veux une fille ? ». Je l’utilise une trentaine de fois au cours des vingt minutes suivantes avec des réponses variées.
Certains hommes sourient nerveusement et disent poliment « Non merci ». D’autres m’ignorent simplement. Certains me regardent sans rien dire, d’autres me regardent et disent des choses comme « Il faudrait me payer. » ou « Tu es une putain de chienne. ». Mais la réponse la plus commune que j’ai quand je demande : « Tu veux une fille ? » est « Ouais, tu sais où je peux en trouver une ? ».
Ce n’est pas drôle la première fois et cela le devient de moins en moins à mesure que le soir approche.
Les premières insultes m’atteignent un peu, surtout le fait d’être traitée de chienne. Mais je m’habitue étonnamment vite. L’autre chose que je remarque est le nombre de femmes qui semblent m’examiner. Je n’ai jamais vraiment fait beaucoup attention aux autres femmes auparavant, mais au cours de la semaine passée, je me suis rendu compte que je suis plus attirée par les autres femmes maintenant que je ne le suis par les hommes. J’ai découvert à quel point le corps des femmes est plus intéressant que celui des hommes.
Je n’ai eu aucun contact sexuel avec une autre femme pendant mes trente-deux ans. Et puis en l’espace d’une semaine, je suis devenue bisexuelle avec une préférence pour les femmes. Je suppose que je l’ai toujours été, mais je ne le savais pas avant que la Femme Blonde entrât dans ma vie.
Je suis perdu dans mes pensées sur elle, sur ma Maîtresse et sur le point ultime de tout ce que je fais quand j’entends la voix :
« Combien ? »
Il se cache derrière une paire de lunettes de soleil foncées et regarde nerveusement autour de lui. Au début de la vingtaine, et il a une alliance en or à son doigt, avec laquelle il joue nerveusement. Je suppose que je suis en train d’acquérir un sens pour les affaires de pute, parce que je le regarde et dis :
« Nous en parlerons là-haut. »
Puis je prends son bras et monte l’escalier avec lui. Je connais à peu près l’histoire de sa vie au moment où nous arrivons à ma porte. Il s’appelle David, il a vingt-trois ans et est marié depuis plus de quatre ans. La charmante Mme David est enceinte de sept mois, et n’est pas du tout intéressée par le sexe.
Une photo de son joli visage me sourit depuis son portefeuille quand il me donne les cent dollars que j’ai demandés. Il devient de plus en plus nerveux lorsque nous nous déshabillons et que nous nous mettons tous les deux sur le lit. Il n’est pas nécessaire de le faire durcir, son membre se colle à moi sous sa chemise quand il enlève son pantalon.
Je lui mets un préservatif et me mets un peu de lubrifiant, et il se place et pousse. Je ne sais pas depuis combien de temps le pauvre David n’a pas baisé, mais il me baise à cent à l’heure dès qu’il est en moi.
Je gémis plusieurs fois et il jouit. Je pense que toute la banlieue orientale l’entend.
« Bon sang, tu en avais besoin », me dis-je.
Il dit « Merci. » Environ cinq fois pendant qu’il se rhabille rapidement, puis s’en va.
« Quelle sorte de femme ignore les besoins sexuels de son mari simplement parce qu’elle-même n’en a pas ? », m’interrogé-je sur la stupide salope avec son bébé dans le ventre.
Il ne voulait évidemment pas tromper sa femme, mais qu’est-ce qu’un type comme lui est censé faire ? En tirant la fermeture éclair de mes bottes, je marmonne :
« Stupide salope ! »
Nous sommes dans la chambre à quatre heures vingt-quatre. Je suis de retour dans la rue à trente-six. Si mes deux premiers clients constituent une indication, il faut compter dix à quinze minutes en tout.
Je regarde les gens qui marchent dans la rue, je vois un gars plus âgé qui a l’air un client possible et dis :
« Tu veux une fille ? »
J’entends la voix me hurler dessus lorsqu’il se rapproche.
« Putain, qu’est-ce que tu fous là, salope ! »
Je ne vois pas d’où vient l’impact, mais avec les talons de mes grosses bottes de cuir, je perds l’équilibre et je me retrouve sur le trottoir sale, au milieu des mégots de cigarettes, des emballages alimentaires et toutes les autres les ordures qui jonchent la rue. Je lève les yeux et je la vois. C’est manifestement une prostituée, et elle vocifère :
« Va te faire foutre ailleurs, putain de petite taupe… »
Puis soudain, elle se tait. La grosse main de Desmond la frappe de l’autre côté la joue et elle tombe sur le trottoir à côté de moi, un filet de sang du coin de sa bouche.
Je sens tous les regards de la rue sur nous. C’est comme si toute la rue s’arrêtait et se taisait. Tout le monde regarde les deux putes allongées sur le trottoir sale.
Desmond m’enjambe et se place au-dessus de l’autre femme.
« Lexy, voici Lynne. Dis bonjour à Lynne, Lexy. »
Elle lève son visage vers moi et dit :
« Bonjour Lynne. »
Je n’ai jamais vu quelqu’un me dévisager autant de haine dans le regard. Desmond m’attrape par le bras et me soulève pour me remettre sur pieds en disant :
« Dis bonjour à Lexy, Lynne.
— Bonjour Lexy, marmonné-je, toujours abasourdie par l’impact sur le béton.
— Lève-toi Lexy, dit Desmond d’une voix froide, et elle se relève péniblement. Tony ne va pas aimer ça, Lexy. Tony ne va pas aimer ça du tout.
— Je suis désolée Desmond, je ne savais pas… S’il te plaît… Ne le dis pas à Tony… »
Desmond n’écoute pas, il se retourne et s’éloigne. La haine dans ses yeux se transforme en pure terreur et elle s’écrie :
« Oh putain ! »
Elle fouille dans son sac à main, en sort une cigarette et l’allume. La rue semble soudain reprendre vie. Le bruit, le mouvement des personnes sur le trottoir, le trafic qui passe… L’incident entre les deux putes est terminé.
« Je t’aurai, putain de salope ! Dit Lexy. »
De la fumée sort de sa bouche pendant qu’elle parle, la haine de retour dans ses yeux, tandis qu’elle monte l’escalier en courant, notre escalier. Je cours derrière elle. Pas pour la rattraper, mais pour courir vers ma chambre. Je claque la porte derrière moi et m’écroule sur le lit. Je reste allongée là pendant un moment, recroquevillée en une petite boule, comme une petite fille effrayée. C’est allé trop loin. Qu’est-ce que je pense que je fais ? Ce n’est plus un jeu. Pourquoi suis-je ici pour me vendre pour du sexe ? Comment ai-je jamais pu être d’accord pour accepter cela ? Comment en suis-je arrivé là ? LIRE LA SUITE

Auteur : Just Another Bloke
Mel : justanotherbloke@my-dejanews.com




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Commentaires

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vendredi 21 janvier 2022 à 00h17 - par  de Perry

Pas de nouveauté dans ces trois chapitres : fellations nombreuses, appellations vulgaires voire ordurières. Mais... pourtant le lecteur a envie d’avancer dans le récit. Pourquoi ? GRACE à la SUPERBE TRADUCTION d’Henic. Il sait rendre captivant une terne narration. GRAND BRAVO au travail d’Henic. L’auteur pourra le remercier. Sylvain.