ALLE 5

Prisonnières
vendredi 18 janvier 2013
par  Claire Valmont
popularité : 2%
2 votes

Le sol et les murs de notre cellule sont entièrement carrelés. Au milieu de la pièce, il y a une évacuation protégée par une petite grille. Sandrine s’est réfugiée dans un coin et semble totalement hébétée de se retrouver ainsi, prisonnière et à la merci de ces gens qu’elle ne connait même pas. Je m’approche d’elle pour essayer de la réconforter.

— C’est à cause de toi que nous sommes là ! Commence-t-elle avant de s’éteindre en sanglots.

Je me serre contre ses épaules, ne pouvant la prendre entre mes bras, toujours menottés dans mon dos. Elle est froide et tremble de tous ses membres. Je cherche à la réchauffer et me frotte contre elle vigoureusement, puis lui murmure :

— On va venir nous chercher, j’en suis sûre. Victor va s’inquiéter et préviendra Igor. Aies confiance.

Sandrine ne répond pas et se pelotonne contre moi. Je la sens sangloter en silence et je me colle contre elle.

Pendant qu’elle se réchauffe, j’observe plus intensément la pièce où nous sommes enfermées. L’entrée est barricadée par une grande grille formée de barreaux en fer. Une porte permet d’y accéder, verrouillée par une énorme serrure. Les faïences blanches du mur montent à plus de deux mètres. Au-dessus, on aperçoit des pierres jointées au ciment et un plafond vouté en briques rouges à plus de trois mètres de haut. Un fluo, comme dans les salles noires de labo photos dégage une lumière blafarde bleutée. Dans un coin, je remarque une micro caméra.

Ainsi, ils nous surveillent et peuvent aussi certainement entendre tout ce que l’on dit. Je regrette d’avoir soufflé à Sandrine qu’Igor viendrait à notre secours et me promets de faire attention à ce que je dirais à l’avenir. Il n’y a pas de fenêtre ou de soupirail qui pourrait nous indiquer si nous sommes le jour ou la nuit. Seule, une petite bouche de ventilation diffuse de l’air dans un léger sifflement. C’est d’ailleurs ce qui me fait remarquer le silence total qui règne dans cette maison. Car, maintenant, je n’en doute plus, nous sommes dans une vaste maison, certainement isolée du reste du monde. J’en viens à douter que l’on nous retrouve…

Sandrine reprend vigueur et je la laisse s’étirer. Je m’écarte d’elle pour la laisser libre et me lève pour regarder dans le couloir, toujours aussi silencieux. Le passage est également carrelé et aussi loin que peut porter mon regard, je distingue d’autres cellules comme la notre, certainement une demi-douzaine. A quoi peut bien servir cette maison et pourquoi est elle équipée ainsi ?

Ma réflexion est de courte durée car j’entends une porte claquer et des pas résonner. Je me réfugie contre le mur opposé avec Sandrine. Deux hommes assez costauds parmi ceux qui nous nous ont violées et la pute font leur apparition devant la grille.

— Je vois que vous êtes en pleine forme, commence-t-elle. Je suppose que vous avez faim. Sur ce, elle prend une clé de la sacoche qu’elle porte autour de la taille et ouvre la porte. Les deux gorilles s’interposent entre nous et un troisième type dépose par terre une gamelle contenant une infâme bouillie constituée de riz et de morceaux de viande crue. Nous regardons cela avec suspicion, sans dire un mot. La troupe se retire et la pute referme la porte en disant :

— Bon appétit, mes chéries !

Je cours à la grille et lui crie :

— Vous aviez promis de la libérer…

Seul le rire moqueur de la pute me répond. Nous restons seules à regarder cette pitance. Il ne nous vient pas encore à l’esprit que nous allons avoir beaucoup de mal à manger avec les mains dans le dos. Mais la faim est trop forte et je regarde Sandrine s’agenouiller devant l’assiette pour essayer de gober quelques morceaux. Je l’observe faire sans arriver à me décider. Je finis par m’assoir à côté d’elle et lui dire :

— Laisse-moi s’en un peu, s’il te plait...

Elle s’écarte enfin, il reste un fond de riz et quelques petits bouts de viande que je m’empresse d’attraper avant de licher le fond de la gamelle qui s’échappe à chaque coup de langue. Sandrine, finit par m’aider et bloque l’assiette avec ses pieds pour que je puisse finir. En fait de repas, cela n’a fait qu’attiser ma faim et je regarde avec envie les petits bouts de riz égarés sur le menton de Sandrine. Je lui dis :

— Ne bouge pas.

Et je me penche vers elle pour aspirer les petits grains. Elle se retire et me regarde avec effarement.

— Qu’est-ce qui te prends ? Ca va pas !

— Je veux simplement te nettoyer, t’as encore plein de riz tout autour de la bouche, plaidais-je.

— Toi aussi, dit-elle en souriant tout à coup, certainement rassurée.

Nous nous penchons l’une contre l’autre et commençons à nos licher les pourtours des lèvres et le menton. C’est à ce moment précis que la pute refait son apparition, entourée des deux malabars de tout à l’heure. Elle commente dans sa langue natale, avec un rire salace repris en cœur par les deux types :

— Regardez ces salopes, on les laisse cinq minutes, et elles se bécotent déjà !

Elle ouvre tout de même la porte et s’efface pour laisser passer les deux brutes qui s’emparent de Sandrine. Elle se débat entre leurs énormes pattes, mais ils la soulèvent et la traîne dehors, me laissant seule.

— Non ! Criais-je en me précipitant sur la porte que la pute vient de refermer. Laissez-la tranquille. Prenez-moi, mais pas elle…

— Patience ma chérie, ton tour viendra… Répond la pute.

Le groupe disparaît, emmenant mon amie qui crie de désespoir et de terreur. La porte se referme, rétablissant le troublant silence de la maison. Je reste seule, blottie dans un coin de la cellule à me morfondre en attendant leur retour. Le temps passe et je finis par m’endormir, roulée en boule contre le mur.

Lorsque je me réveille, je suis toujours seule. Je ne sais même pas combien de temps s’est écoulé pendant mon sommeil, mais, en faisant attention, j’entends une respiration à proximité. J’appelle :

— Sandrine… Sandrine, c’est toi ?

Une série de pleurs me répond et je comprends qu’elle est dans la cellule voisine.

— Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? Ne puis-je m’empêcher de lui demander.
Les pleurs redoublent et je n’ose plus l’interroger. Je dois patienter un très long moment avant qu’elle ne se calme.

— Tout ça, c’est de ta faute… C’est dégueulasse ! Tu ne peux même pas t’imaginer ce qu’ils m’ont fait subir… C’est tous des ordures ! La pute aussi ! Les salauds !

Je la laisse s’épancher, car je sais que c’est inutile d’essayer de la consoler maintenant. Je lui dis simplement :

— On va venir nous chercher… Sans y croire moi-même.

Ses pleurs ont disparus depuis longtemps et le silence s’est réinstallé entre nous. La maison semble encore plus oppressante ainsi. Il nous faut encore attendre plusieurs heures avant que la pute et ses acolytes refassent leur apparition, Mais cette fois, à la grille de ma cellule.

— A toi, maintenant, on va voir si tu es aussi bonne que ta copine…

Elle ouvre la serrure et les deux brute m’attirent et me sortent de ma prison. J’essaye bien de leurs résister, mais c’est peine perdue d’avance, Menottée et moins forte que les deux types, je sais que je n’ai aucune chance. En passant devant la grille où est enfermée Sandrine, je l’aperçois, recroquevillée sur elle-même. Sa peau est marquée de striures et de bleus et également maculée de diverses traces que je ne peux définir. Je vois dans ses yeux toute la terreur que ces gens lui inspirent. Nous montons l’escalier et traversons un long couloir avant de déboucher dans un salon fortement éclairé. Au mur sont installés plusieurs anneaux à diverses hauteurs et des chevalets de bois sont disposés à travers la pièce. Je comprends d’un coup où ces types veulent en venir et j’essaye de leur échapper. Je n’ai pas fait deux pas que l’on me rattrape par le bras pour me jeter par terre. La moquette est recouverte d’un plastique transparent. J’y vois aussi quelques gouttes de sang…

La pute porte une mini jupe et un corset de cuir au profond décolleté. Elle s’agenouille face à moi, découvrant les jarretières de ses bas noirs.

— Ta copine est très douée… Au début, c’était un peu dur, mais elle a finalement aimée. Il faudrait être difficile. Après tout, une fois qu’on y est, c’est que du bonheur… Tu vas voir, après cette petite séance, tu pourras tout encaisser ! Même ce dont tu n’as jamais osé rêver !

Elle se relève et va se positionner dans un fauteuil de cuir d’où elle pourra se délecter de ma formation. Pour commencer, un des types me détache les poignets pour me présenter face au mur ou sont dressés les anneaux. Il me lève les mains et les attachent au plus haut. Je ne pense même pas à lui résister. Je suis sur la pointe des pieds, tendue à l’extrême. Il m’attache solidement la cheville gauche à un anneau fixé au sol. Il me prend ensuite l’autre cheville et l’écarte en la levant à l’équerre pour la ficeler avec une grosse corde. Il me laisse ainsi, le ventre frottant contre la pierre et en équilibre sur la pointe du pied gauche, suspendue par les poignets. Un autre des sbires s’approche de moi pour m’agiter sous le nez une espèce de fouet au manche assez court et aux lanières en crin de cheval. Cela semble plutôt doux et je songe aux caresses avec mon inconnu de la chambre douze, quelques semaines plus tôt. Seulement, ce n’est pas avec la même force, ni avec la même précision que mon tortionnaire commence à me fouetter. LIRE LA SUITE

L’intégralité de ce chapitre est disponible pour les abonnés de RdF

PRECEDENT .......................................... SUITE




ZONE ABONNES L’abonnement vous permet :

  • d’enregistrer et d’imprimer l’intégralité des textes publiés de manière illimitée durant la durée de votre abonnement,
  • d’avoir accès à certains récits dont la teneur ne permet pas une large publication,
  • d’accéder à la galerie photos privée de RdF.
Entrez votre pass abonné

OFFRE DECOUVERTE (code valable 2 fois seulement)

Allopass Solution de micro paiement sécurisé
Secure micro payment solution
Pour acheter ce contenu, insérez le code obtenu en cliquant sur le drapeau de votre pays
To buy this content, insert your access code obtained by clicking on your country flag

Commentaires

jeudi 24 janvier 2013 à 10h54

merci pour cette histoire d’une grande qualité vivement la suite

Logo de Henic
vendredi 18 janvier 2013 à 21h12 - par  Henic

Il y a là une grande imagination dans la perversité. C’est à la fois épouvantable à imaginer... et curieusement excitant.

Sites favoris


2 sites référencés dans ce secteur