Mémoires d’André Sabatier 2° partie

vendredi 9 septembre 2005
par  Richard Tuil
popularité : 1%

2° PARTIE

CHAPITRE I.

Mariés, nous aurions dû divorcer ; mais je n’ai jamais pu joindre Mirabelle, et cela fait que nous sommes toujours mariés, officiellement.

Le lendemain de son départ, je recevais une longue lettre de Norma, m’expliquant que seule et abandonnée de tous, elle cherchait aide et réconfort auprès d’un gentil garçon. Elle se souvenait de moi et de la fraîcheur de ma "fanerie" envers elle. Elle serait à Paris à partir du 1er avril, secrètement et absolument incognito. En effet, elle était ruinée, et n’avait aucune chance de retrouver un emploi aux USA, où, elle était connue comme la fille "la plus scandaleuse" du fait qu’elle avait été adulée comme la plus grande "sex goddess", alors qu’elle était mineure. Elle était grillée en Amérique, et était obligée de refaire sa vie de zéro, en France, où elle avait trouvé un ami en ma modeste personne.

Je préparais donc mon petit appartement de trois pièces, et le 1er avril, elle me trouvait à l’heure à l’attendre à l’aéroport.

Elle arriva, et malgré ses lunettes noires, on ne voyait qu’elle, avec sa démarche féline, ses lèvres rouges carmins, ses grands yeux verts relevés de noir.

J’étais enchanté, et en même temps très impressionné. Je voulais oublier Mirabelle qui n’était plus là pour moi. Elle n’était pas une demoiselle en détresse. Norma l’était !

Elle me sourit, et me fit une bise remarquée !

J’étais heureux, car je le suis toujours quand une jolie femme est à mon bras ; je suis ainsi.

Norma et moi récupérâmes sa seule valise. C’était tout ce qui lui restait d’une fortune accumulée en trois ans au service du charme. Sa société, la TLC avait fait faillite en même temps que son arrestation ; et maintenant, elle avait besoin d’être seule, de se retrouver. Elle m’avoua immédiatement qu’elle désirait maintenant se consacrer à une carrière cinématographique moins choquante. Ce qu’elle a fait d’ailleurs depuis. Mais à l’époque, elle était seule au monde, sans un sou, et j’étais là, libre de tout engagement, et je la pris sous mon aile.

Je désire dire ici quelque chose d’important : de toutes les personnes que j’ai connu ou fréquenté, Norma est de loin la plus gentille ; malgré les scandales successifs attachés à son nom, j’aimerais bien donner au lecteur attentif une idée différente de cette personne. C’est quelqu’un d’extraordinaire. C’est pourquoi, une fois arrivée chez moi, et devant une grande tasse de café, elle me raconta, sans fard, son histoire que je retrace ici (et oui, j’avais enregistré nos paroles ce jour—là, car c’était une confession) :

"Je m’appelle en réalité Norma Louise Kuzma, et je suis née le 7 mai 1968 à Steubenville dans l’Ohio. Mes parents sont d’origine soviétique, et ont émigré aux USA il y a des années. Mon père, un alcoolique notoire me viola lorsque je n’avais que 12 ans, après une soirée de beuverie. Je résume. Mes parents divorcèrent après cet "accident", et nous quittâmes, ma mère, mes sœurs et moi, l’Ohio pour la Californie. Là—bas, ma poitrine augmenta presque à vue d’œil, et je devins une jeune délinquante, je veux dire qu’au lieu d’aller en cour, je traînais à travers les rues, les centres commerciaux et les plages de Los Angeles. Tu sais, et tu connais le physique que j’ai, et j’ai été alors contacté sur une plage de Malibu, par un photographe, qui vendit les droits de mes photos à la revue PENTHOUSE. J’ai donc obtenu une nouvelle identité, celle de Christy Lee Nussman, et un nouvel acte de naissance. J’avais quinze ans, mais j’en paraissais largement vingt ! Sauf peut—être au niveau de la voix.

La suite, tu la connais : je n’ai rien dit à ma mère et je la quittais pour aller vivre quelque temps chez une amie. Après quelques séances de photos, je devins célèbre auprès de mes amis, qui me présentèrent à un acteur de films pour adultes, et je tournais entre 1984 et 1986 films sur films.

J’ai dû en tourner un cinquantaine, alors que les autres films où j’apparais, ne sont que des collages de scènes déjà tournées pour quelques autres films, et qui n’ont pas été retenues au montage. Puis, au dernier festival de Cannes, je décidais de fêter mes dix—huit ans, et là, j’ai fait une bêtise, enfin si l’on veut.

J’étais aussi à Paris pour le tournage de mon dernier film, avec Marylin Jess. Il devait y avoir une suite à celui—ci, mais bon, j’ai abandonné le métier. J’ai réussi à organiser la fête où tu étais, tu t’en souviens ? Et quand je suis retourné aux USA, le FBI m’est tombé dessus sans prévenir. Après la prison, où je suis restée environ un mois, je suis retournée à la rue, et j’ai été voir ma mère, qui m’a chassée comme une moins que rien. Je ne connaissais personne, et ceux que je connaissais faisaient mine de ne pas me connaître. Et c’est pourquoi j’ai demandé ton aide. Heureusement, André, que tu es là. La suite tu la connais."

Après cette longue confession, je me retrouvais catapulté au rang de sauveteur, d’ami, de bienfaiteur de cette charmante personne.

J’aidais de mon mieux Norma, qui apprit le français très rapidement. Comme elle était étrangère, elle ne pouvait pas travailler, et nous vécûmes ensemble comme deux amoureux sans souci.

En effet, depuis le mois d’avril 1987, j’avais un nouvel emploi, grâce auquel je gagnais largement de quoi faire vivre Norma, et moi. C’est à croire qu’elle me portait chance.

Elle fut étonnée de voir que ses films se vendaient encore librement en France, alors que dans son pays natal, elle était "interdite de séjour".

Elle me fit découvrir des plaisirs insoupçonnés, car les dix—huit mois qu’elle avait passé à tourner des films pour adultes, lui avaient donné une expérience et un style inégalé dans les jolies choses du sexe et de l’amour. Mirabelle et moi n’avions fait que de découvrir un monde, que Norma me montra dans sa plénitude. Je n’ai pas connu, pas même Agnès, une maîtresse aussi douée pour ces choses—là. J’avoue que j’étais très impressionné.

Durant la période où elle vécut chez moi, c’est—à—dire, entre 1987 et 1989, soit deux ans et trois mois, puisqu’elle est rentrée aux USA le 1er juillet 1989, nous fîmes l’amour environ huit cent vingt—deux fois ; et à chaque fois ce fut merveilleux.

Quelques fois elle était câline et féline, et parfois, elle dirigeait le jeu, et j’adorais me faire déguster par cet être sensible et tellement doux. On dit parfois que ces filles qui ont des expériences différentes par dizaines, qu’elles sont des putes, de simples prostituées. J’en ai connu quelques—unes depuis Norma, et je peux garantir qu’elles sont très sensibles, moins farouches que d’autres, c’est sûr, mais elles ont un cœur qui bat au fond de leurs superbes poitrines, et, je suis un ingrat si je ne dis pas que Norma a un cœur d’or immense. Et je l’ai aimé, et je l’ai adorée cette femme.

J’avais très envie d’elle, et, je ne serais pas ingrat en la laissant de côté. Non, je raconte cette première fois, le 1er avril, quand je la reçus chez moi.

Après ses confidences et son café, je lui préparais un copieux repas ; le vol de New York à Paris avait été long et elle se sentait si seule qu’elle fit honneur à mon dîner. J’avais peur de lui faire de la peine, car aux USA, à l’époque de sa "gloire", elle ingurgitait des repas rapides et sans jamais faire la moindre attention à cela : je lui fis donc de bons et succulents ragoûts, et nous fîmes des repas très copieux.

Donc, après ce repas, elle voulut s’assoupir. Je lui avais montré son lit, un grand lit bien large, que je venais d’acheter, et je lui laissais deux couvertures ; car ce printemps s’annonçait frisquet.

Après m’avoir donné une bise, je la laissais, perplexe. Elle prit une douche, et je pensais qu’elle allait dormir, mais je la vis surgir en petite tenue, je veux dire en nuisette très jolie, et très sexy. "Allez ! Come on !" avait—elle dit.

Que pouvais—je répondre à cette invitation. C’est là, que je vis qu’elle était infatigable.

Alors, je lui fis l’amour du mieux que su, et du mieux que je pus. Mais j’avais trouvé en elle une autre complice, complaisante, et je n’avais plus qu’à me laisser aller.

Elle me déshabilla, et, pendant que je la laissais faire, elle fit une moue admirative devant mon sexe qui était, il est vrai, plus grand et plus épais que celui de la moyenne des autres hommes. Je ne me flatte pas, car cela a été vérifié plusieurs fois. Et puis, l’époque de mes treize ans était déjà loin, et au lieu de s’amoindrir, ma verge avait grandi et avait pris quelques bons centimètres.

Alors sa moue admirative m’encouragea, et devant son sourire aux dents nacrées d’une blancheur impeccable, je n’avais pas le choix. Mais j’étais intimidé. Elle prit ma verge de sa main droite et y appliqua une fellation magique. C’est vrai que sa technique était déjà légendaire ; et elle l’était déjà avant qu’elle eut dix—huit ans.

Elle avait une façon de faire extraordinaire : elle léchait et suçait, tout en aspirant, et tout en massant et en tournant le poignet, dans un ample mouvement de haut en bas, de bas en haut.

Son massage dura un quart d’heure environ. Mais a—t—on vraiment la notion du temps dans ces moments ? C’est alors que j’éclatais dans une vision de rêve et de millions de couleurs. Je m’affalais tout contre elle, sur son côté, et elle n’arrêtait pas de me becquoter.

Puis, dans un français maladroit, elle me demanda de lui faire un cunilingus. Elle avait compris que mes forces ayant déclinés, j’avais besoin de me reposer un peu.

Je le pratiquais, et fidèle à sa légende, elle se trémoussait et poussait des cris de jouissance aussi longs qu’aigus. Elle ne pouvait plus se retenir, et dès qu’elle fut suffisamment humide, elle me demanda de la prendre : "I want it noooooow !" avait—elle dit dans un moment de pure euphorie.

Elle se laissa faire, et pendant qu’elle se mettait dans la position de la levrette, je lui caressais ses merveilleux seins. Alors ma dague de 21 cm la pénétra jusqu’à la garde, et je crois que les voisins ont pu penser que Mirabelle était de retour à la maison. Mais non, mon épouse était, je ne sais où, tandis que celle qui allait devenir ma douce amie était dans mes bras, ou plutôt devant moi, telle un félin en chaleur. Son vagin était assez étroit, mais il était profond et chaud, et elle avait les reins solides. Mon engin entrait et sortait sans arrêt durant près d’une heure et demie, et nous changeâmes de positions plusieurs fois avant que l’éjaculation n’ait lieu, dans un éclatement de mon cerveau. Jamais encore je n’avais ressenti cela. Elle était si douée, que je n’ai pas fait défaut une seule fois avec elle.

Si elle la trouvait un peu mollassonne, elle lui rendait une santé : en deux trois mouvements ! Elle savait vraiment y faire avec les hommes. De toute façon, elle aimait ce qu’elle faisait, et c’est elle qui m’a donné ce courage et cette détermination de connaître des femmes différentes ; et aussi celle de surmonter le départ de Mirabelle.

Je ne suis pas un coureur de jupons, et même, je peux dire que je suis timide, et elle m’a donné cette force, cette puissance de l’étalon en rut. Elle m’apprit beaucoup, et dans sa générosité, elle ne prenait pas uniquement, elle donnait de son fluide intime, de sa personne, sans compter. Elle était patiente avec moi, et acceptait mes maladresses sans rechigner, ni même être de mauvaise humeur.

Donc, après cette première fois, nous le refîmes huit cent vingt—deux fois, et j’en fus très heureux. J’avoue que j’aurais aimé qu’elle puisse rester en France, mais déjà le destin, si cruel puisqu’il m’avait enlevé à l’affection de Mirabelle, devait aussi m’enlever Norma.

J’étais très amoureux d’elle, et malgré cela, je ne pouvais pas m’empêcher d’aimer encore et toujours Mirabelle. Parallèlement !

Norma s’était attachée à moi autant qu’elle le pouvait, car nous étions ensemble corps et âmes.

CHAPITRE II.

Le temps passant, Norma et moi, réussîmes le pari le plus fou et le plus impossible (!) de rester ensemble si longtemps, alors qu’elle non plus n’avait pas été préparée à ce qui l’attendait, ou plutôt, à ce qui nous attendait !

En effet, quatre mois après, en juillet 1987, Norma m’annonça qu’elle était enceinte depuis le mois de mai 1987, mais elle n’avait pas la certitude de garder cet enfant.

Mais, à force de douceur, de tendresse, de cajolerie et d’amour persuasif, nous décidâmes de le garder, et durant sa première année, cette petite fille, car s’en fût une, fut amoureusement cajolée par ses deux parents.

En effet, le 6 février 1988, nous est née une fille : Muriel, Tanya, Ariana, Traci, Angelica, Nikki Sabatier. Et je la reconnus immédiatement comme étant ma fille, car Norma n’avait que moi.

Puis l’appel de l’Amérique se fit entendre.

En effet, elle qui n’avait pas perdu tout espoir de devenir actrice à Hollywood, elle apprit par une de ses sœurs qu’il y avait un grand casting pour un film en juillet 1989, et que si elle voulait le rôle, elle n’avait qu’à s’y présenter. Nous achetâmes donc deux billets d’avion pour Los Angeles, mais ce n’est pas ici qu’il faut en parler. Non !

Nous nous occupions de notre petite Muriel, qui n’avait aucun problème, et maintenant c’est une petite adolescente de 13 ans, le portrait de sa mère.

Nous la dorlotions, et nous nous jurions d’être toujours présente pour elle.

Quand Muriel eut 16 mois, nous achetâmes deux billets d’avions, donc, un au nom de Norma, et un autre à mon nom. Nous dûmes confier la pitchounette à mes parents, et lorsque nous la quittâmes, cela nous brisa le cœur à tous les deux.

En Amérique, à Los Angeles plus précisément, nous eûmes la chance de voir le rêve de Norma devenir réalité, et je rentrais en France au bout de deux semaines, car mon travail, et notre petite Muriel appelaient mes soins paternels.

Je quittais Norma à regret, et j’espérais qu’elle allait revenir très vite. Mais après ce premier film, elle allait en tourner d’autres, et je ne la revis que lorsqu’elle vint pour l’anniversaire de notre fille, le 6 février 1990 ; et là elle resta onze mois près de nous, encore plus belle, vraiment divine.

J’étais encore plus amoureux. J’avais vu un grand nombre de femmes, mais Norma avait vraiment quelque chose de spécial.

J’étais heureux entre ma fille et sa mère, car Norma et moi étions ensemble, amis, amants, mais pas mariés pour la bonne raison que Mirabelle n’a jamais daigné me donner signe de vie.

Mais à l’époque, j’étais heureux entre ma fille et sa mère, et je n’avais pas de temps à moi.

J’avais trouvé une compagne plus sensuelle et aussi plus amoureuse que Mirabelle.

Mais les gens changent...

CHAPITRE III.

Norma nous quitta, et cette fois définitivement, lorsque j’étais en train de faire une formation pour améliorer mon travail, et lorsque notre petite Muriel atteint l’âge de trois ans. Celle—ci ayant été acceptée en maternelle.

Norma avait plusieurs contrats à Hollywood, entre des séries télés, des téléfilms et quelques films de cinéma. Pourtant je ne me doutais pas qu’elle ne reverrais pas son enfant avant longtemps.

Malgré tout, Norma envoyait toujours un mandat ou un chèque de la moitié de ses gains. Elle voulait participer à l’éducation de notre fille. Ce que j’ai fais (j’ai pensé à son avenir avant tout), j’ai donc ouvert un compte à son nom, qu’elle n’aura le droit d’utiliser qu’à l’âge de 21 ans, ou bien si l’un de ses parents serait dans l’incapacité de subvenir à ses besoins. Je crois qu’elle m’en remerciera un jour.

Elle a déjà la modique somme de 2 250 878 francs français (soit 343 145 Euros) sur ce compte, dont l’intitulé et la titulaire, est bien Muriel Sabatier.

J’ai eu de la chance avec Norma, et, légalement, Muriel est ma fille, autant que biologiquement. Et puisqu’elle est la copie conforme, l’image vivante de sa mère, je ne me sens jamais seul avec cette gamine qui occupe beaucoup de mon temps.

Aujourd’hui, Seana qui partage notre vie, m’aide du mieux qu’elle peut, et je peux dire aussi qu’elle est merveilleuse, même si son expérience est des plus limité, je lui tire mon chapeau !

Ma vie n’a pas toujours été rose, du moins beaucoup moins euphorique depuis que Mirabelle m’a quitté, et je n’ai eu de vrai bonheur qu’en ma petite Muriel aux yeux d’émeraude.

Elle est la copie conforme de sa mère et je n’ai jamais pu en revenir moi—même. La ressemblance est extraordinaire. Et je crois que si elle grandit encore un peu, si elle fait un mètre soixante—dix, elle sera une pure merveille.

J’avoue que j’adorais la regarder s’amuser avec ses jouets, et puis moi en papa gâteau, et papa poule, qui l’eut cru ?

Eh bien, lorsque Norma, trop prise par ses obligations professionnelles, quitta définitivement, à notre grand regret, et nous et la France, je ne connus plus, jusqu’aux 7 ans de la pitchounette, de femmes, et j’étais très pris, pour elle justement, et par mes obligations professionnelles.

CHAPITRE IV.

La pitchounette grandissait et plus je la regardais, et plus je croyais voir sa mère.

J’étais fou de cette gosse (et je le suis encore puisque c’est ma fille), et lorsqu’elle eut 7 ans, sa mère lui envoya des cadeaux et de l’argent. Mais elle ne pouvait toujours pas revenir. Je décidais donc que nous irions la voir sur son tournage en août 1995, lorsque je serai en vacances.

Et c’est ce que nous fîmes.

Les retrouvailles furent très émouvantes, et j’ai cru que Norma n’arrêterait plus de pleurer. Trois ans et demi qu’elle n’avait pas revu sa fille. Norma était maintenant mariée avec un producteur d’Hollywood, mais n’avait pas d’autre enfant ; et son amour maternel, elle le reportait exclusivement sur notre pitchounette.

J’avais pris une chambre à l’hôtel, mais Norma insista pour qu’on aille chez elle. Sa générosité n’était jamais prise en défaut, et je passais trois semaines heureuses, sans accroc, durant lesquelles Norma resta très amicale, très courtoise, très gentille avec moi. Mais mariée, elle s’était assagie et ne pensait plus à ses libertinages de l’adolescence. Elle était devenue une épouse modèle. Mais elle fut déçue que Muriel ne sache pas l’anglais. Elle était obligée de ne lui parler qu’en français qu’elle n’avait pas vraiment pratiqué depuis trois ans.

Lorsque j’étais en Amérique, j’étais heureux, car Norma était retrouvée, et j’avais eu peur de l’avoir perdue.

"Tu sais André, je t’aime. Mais j’aime aussi mon mari. Il est bon et aimant. Mais je ne t’oublie jamais, car tu fus le seul à m’aider et à me tendre la main lorsque j’en ai besoin."

Nous avons passé un accord à propos de Muriel, et celle—ci pourrait aller voir sa mère quand elle serait majeure, autant de fois qu’elle le voudra, mais avant ce serait impossible, sans moi.

Nous en fîmes une règle invariable, et Norma nous a promis qu’elle essaiera de se libérer pour toutes les grandes vacances de 1996.

Je profitais de ce voyage à Los Angeles, pour contacter Tanya Roberts, qui fut mon actrice préférée, et qui avait donné "lettre patente" pour la création de son fan—club dix ans auparavant à Richard Tuil. Sacré Richard ! Lui aussi n’a connu que des déboires amoureux. Lui aussi a été très déçu. C’est pourtant un amoureux de LA femme, et de la beauté en général.

Mais revenons à nos moutons : je rencontrais Tanya Roberts cet été—là, et je me présentais comme l’un de ses plus grands admirateurs, du moins en France. Mais je l’avais trouvé vieillie, les cheveux courts, malgré ses 41 ans. Elle était encore pleine de charmes, et l’on peut encore envier Barry Roberts, son scénariste de mari.

Muriel et moi nous quittâmes Los Angeles et regagnâmes Paris, où je déménageais cet été—là.

Puisque nous n’avions eu aucune nouvelle de Mirabelle depuis 16 mars 1987, je n’avais plus besoin de l’attendre.

Quant à Muriel, qui avait huit ans et demi, elle grandissait à vue d’œil et était entrée en CM1, cette rentrée scolaire. Elle était une petite fille agréable, adorable, sociable, qui avait plein d’amis dans sa classe et parmi nos petits voisins. Elle travaillait bien à l’école, et sa mère et moi—même étions très fiers d’elle. En effet, chaque semaine, j’envoyais une photo et une lettre à Norma, qui était si loin de nous.

CHAPITRE V.

C’est à cette époque que je rencontrais des personnes qui me présentèrent à d’autres...

À la charnière des années 1996—1997, je connus (au sens biblique du terme) quelques filles (ou femmes devrais—je dire), plutôt délurées ; et la plupart avaient déjà posées nues devant des photographes ou avaient tournés dans des films pour adultes. Ce ne furent que des personnes de passages, avec qui j’ai eu quelques aventures sans lendemain, et parmi lesquelles, il y avait : Laurence Sainclaire, O. Del Rio, T. Russof, et d’autres starlettes qui étaient moins connues.

Je les avais rencontrées lors de l’anniversaire de Marc Dorcel, producteur de films pour adultes, et en 1997, je connus d’autres personnes, tout aussi délurées.

Je montrais à Muriel, un visage de moi—même qu’elle ne connaissait pas, et j’ai donc eu une relation suivie avec Tiffany T., une comédienne qui dura cinq mois. C’était une femme superbe.

Après, j’ai passé trois mois de rêve avec S. Saint, une collègue de travail de l’ex "sex goddess". Mais depuis, elle a elle—même convolé en justes noces, et s’est mariée avec un homme d’affaires Tchèque.

C’était une très belle femme, et douée pour les choses de l’amour, les jeux de Cupidon et de Vénus.

J’ai beaucoup aimé celle—ci, mais Muriel qui grandissait, me la fit chasser de ma vie, en disant que depuis que j’étais avec elle, je "faisais moins attention à la pitchounette", pour reprendre son expression

En effet, elle avait maintenant neuf ans, et, elle comprenait certaines choses, et je lui promis que nous irions pour les vacances de février 1998 à Los Angeles, voir sa mère, notre chère Norma. Elle en fut très heureuse, car cela correspondait à ses 10 ans, et donc, c’est ce que nous fîmes.

Je confiais très rarement Muriel à une personne étrangère, et je préférais la confier à ma mère qui l’adorait, bien que, je précise, elle n’avait pratiquement jamais vu Norma, la mère de Muriel. Mais à même elle, j’évitais, autant que possible, de la confier.

Mais après S. Saint, j’ai fréquenté une écossaise adorable, brune, au tempérament de feu, et aux attraits immenses ! Pensez donc, plus de 100 cm de poitrine !

J’étais heureux avec cette fille, car malgré son tempérament, elle était très douce, et très calme. Quand je parle de tempérament, c’est évidemment sexuel. Mais j’ai oublié de la nommer : Linsey Dawn McKenzie.

Muriel aimait beaucoup cette jeune personne. Mais moi, je ne pouvais la suivre en Angleterre, où elle travaillait. Alors, je n’ai pas eu d’autres choix que de l’abandonner. Malheureusement.

CHAPITRE VI.

C’est donc après les vacances scolaires de fin d’année 1997 que je réservais et prenais deux billets d’avion pour Los Angeles.

En février, j’ai pris ma fille dans mes bras, et j’ai pris l’avion avec elle.

Nous avons passé deux semaines fantastiques en compagnie de Norma et de son mari, qui, il faut bien le reconnaître, est plutôt sympathique.

Norma, qui avait les yeux émeraude, comme sa fille (ou est—ce l’inverse ?), nous reçut avec empressement, et, Muriel fut très heureuse de la revoir, tout comme moi. Plus, elle prenait de l’âge (29 ans à l’époque), et plus je la trouvais jolie... mais sa carrière passait avant le reste. C’est pourquoi elle n’était pas restée avec moi, et c’est pourquoi, elle ne garda pas Muriel auprès d’elle.

Un soir de février 1998, je croisais, tout à fait par hasard, la merveilleuse sirène de la série télé "Alerte à Malibu" : Carmen Electra.

Comme je l’avais fait avec Valérie D., je suis allé la voir, et je lui ai demandé un autographe, qu’elle me signa avec plaisir et en souriant. Alors, dans un anglais des plus "français" ! je l’invitais au restaurant. Elle accepta, et j’en fus étonné. Muriel était avec Norma, et j’avais quartier libre. En effet, elles étaient parties en Floride, trois jours à Disney World ou Disneyland, je ne sais plus lequel des deux est en Floride.

Et, comme je n’avais pas pu aller avec elles, je me promenais dans les Hollywood et Sunset Boulevard, et c’est là que j’ai croisé Carmen.

Alors, elle vit bien que j’étais étranger, et elle accepta mon invitation. Du moins c’est la raison qu’elle a elle—même donnée.

Nous mangeâmes assez rapidement, et, après le repas, elle m’invita chez elle. J’étais agréablement surpris. L’une des actrices que je trouvais vraiment sublime était avec moi, souriante, et j’estimais qu’il valait la peine de la suivre.

Je ne sais pas ce que faisait son petit ami en titre, mais je n’y ai même pas fais allusion. Et puis je n’en avais rien à faire !

Je la suivais donc, dans son appartement, celui de son ami, m’a—t—elle précisé, et elle m’a offert un scotch whisky que je bus avec un coca et deux glaçons. Puis nous discutions, avec mon anglais passable, mais bon, l’anglais est tout de même l’une des seules matières où j’ai eu plus de dix sur vingt au BAC. Enfin !

J’étais aux anges, et, elle alla se mettre à l’aise.

Moi—même, durant son passage à la salle de bains, je m’endormais sur le sofa.

Lorsqu’elle revint dans une nuisette (eh oui !), de couleur bleue, je la vis s’approcher de moi à pas feutrés. Je m’endormais réellement, et elle me demanda de me lever. Ce que je fis, un peu machinalement.

Elle me prit par la main, et m’entraîna dans la chambre à coucher.

Il y avait là un lit immense, et, par jeu, elle me poussa dessus. Ce qui finit de me réveiller, et je compris ce dont elle avait envie un peu tard !

Elle me déshabilla, et me caressant, elle me couvrait littéralement de baisers. Je me laissais faire, mais mon pénis était en train de durcir et de s’allonger.

Elle était émerveillée (c’est elle qui l’a dit).

J’en profitais alors, et puisqu’elle était sur moi, je nous retournais, et je commençais à lui sortir le grand jeu. Ma léthargie avait disparu. Je commençais par lui caresser les seins, qu’elle avait fait gonfler au silicone, et puis, je lui pressais les tétons entre le pouce et l’index, je les lui caressais longuement. Ensuite, je descendais vers le nombril, que je léchais, puis ce fut les poils pubiens. Je mis un doigt sur son clitoris, et je le lui caressais. Elle sursauta, et commença de gémir.

Parallèlement, avec sa main gauche, elle caressait mon glaive de chair de haut en bas, et celui—ci ne voulait pas redescendre, ne serait—ce qu’un peu.

Et après de longs et langoureux baisers, je lui enfonçais mon glaive jusqu’à la garde.

Puis, durant près de deux heures je partis à l’assaut de ce corps magnifique, magnifié par un amour très grand. Moi, je la trouvais très jolie, et elle, elle aimait ce que nous faisions, à n’en pas douter.

Après l’évacuation de nos semences mâle et femelle, simultanément, je m’affalais près d’elle, épuisé. Mais elle, elle m’offrit son corps nu à nouveau ; et cette nuit entière, nous avons continué les jeux de Vénus.

C’est au bord de l’aube que nous nous séparâmes pour prendre une douche, mais pendant que j’y étais, elle vint m’y rejoindre, me faisant une surprise ! Et parallèlement à cette douche matinale, nous nous embrassions. Plusieurs fois, dans la nuit, et durant la matinée de ce jour, elle me dit "I love you Andrééé " !

J’étais content, euphorique même, mais une actrice, je n’en voulais pas, car elles ne sont jamais disponibles.

Je lui dis donc que même si je n’avais personne dans ma vie, en ce moment, je ne pensais pas vivre avec elle, quoiqu’elle est magnifique, et je lui dis aussi que j’étais papa d’une fille de 10 ans, et vivre avec moi, cela voulait dire, vivre avec la pitchounette !

Elle me caressa le visage, et, elle sourit.

"Je suis contente que tu m’aies dit ça. J’avais envie de faire ma vie avec un homme charmant, qui sache vivre." Et c’est alors qu’elle me raconta ses déboires avec son ami du moment ! Il la battait de temps à autre. Le monstre !

Quoique nous nous quittâmes ce matin—là, nous sommes restés en très bons termes.

En effet, je lui présentais Muriel deux jours plus tard, la veille de notre retour en France, et je dus me résoudre à laisser là tous mes rêves "Carmen".

CHAPITRE VII.

À peine rentré à Paris, en cette fin février 1998, je fis la connaissance de trois personnes différentes, mais... tellement charmantes !

La première, Nathalie N’Guyen, était une jolie métisse, son père étant vietnamien. Elle avait tout juste 28 ans et je la présentais à Muriel. Mais ma fille fut jalouse de Nathalie, et je décidais de couper court à toute relation.

Les deux autres furent littéralement chassés par Muriel qui ne voulait me voir avec personne. Sa mère lui manquait déjà, alors qu’on venait de la quitter. Mais Los Angeles, c’est loin !

C’était donc comme cela : je n’eus plus d’aventure, ni même un flirt jusqu’à l’été.

En effet, une société irlandaise fit appel à mes services, et je voyageais dans l’île verte. Ma collaboratrice Irlandaise était Seana Ryan.

C’est étrange, car Mirabelle m’avait dit un jour de penser avec ma tête, et non avec mon cœur, et cette fois, c’est ce que je fis.

En juillet, Muriel et moi partîmes pour Londres, et de là, à Dublin. Et ce n’est qu’à l’aéroport de cette Irlande indépendante, toujours en guerre de religions, que je fus accueilli par Seana. Elle était jolie, certes, mais c’est Muriel qui me poussa dans ses jolis bras !

Muriel était bizarre. Elle ne voulait pas lâcher Seana d’un pouce. Elles parlaient ensemble durant des heures ; Seana ayant apprit le français durant ses études scolaires et universitaires.

Elle avait de longs cheveux noirs, avec des reflets auburn, de grands yeux bleus. Elle souriait tout le temps, et était d’un caractère enjoué.

Muriel eut le coup de foudre. Tout de suite, elles s’entendirent comme deux larrons en foire. Elles s’amusaient très souvent ensembles. Je ne cache pas que cela me reposait un peu, surtout que depuis que nous avions quitté Los Angeles et Norma, Muriel ne tenait plus en place ; faisait des cauchemars la nuit, et me réveillait par la même occasion. Elle avait dix ans, mais, elle venait avec sa couverture, ses cheveux dans toutes les directions, et dans ma chambre, elle grognait, me réveillait, et je la prenais dans mes bras, la berçais, et lui racontais des histoires.

Un soir, elle me posa la question : "Papa, dis—moi, pourquoi maman et toi, vous n’êtes pas mariés ?"

Que répondre à une enfant de dix ans qui pose cette question, d’autant que j’étais déjà, et encore, marié avec Mirabelle. Je lui ai donc raconté mon histoire avec Mirabelle.

"Je t’aime papa. Est—ce que je peux faire quelque chose pour toi ?"

Quelle gosse adorable !

Ce qui est étrange, vraiment, c’est que Muriel a adopté Seana tout de suite. Je n’ai jamais compris pourquoi.

Lorsque nous fûmes en Irlande, Seana donc, nous accueillit avec empressement. Elle travaillait pour la société Bradford Ltd. Nous étions chargés, elle et moi, d’étudier une éventuelle ouverture de la société sur la France, et aux pays membres de l’Union Européenne, ou vers l’Europe centrale : Autriche, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie.

Nous fîmes notre travail avec brio, et nous eûmes droit à une prime en Livres Sterling assez conséquente : 15 000 livres chacun.

Ensuite, Seana vint s’installer à Paris, comme sociétaire associée de Bradford France Ltd, et, je la rencontrais souvent.

Et tous les soirs, quand je rentrais, Muriel me posait l’éternel question : "As—tu vu Seana aujourd’hui ?"

C’est en décembre 1998 que Seana vint s’installer chez moi. Notre appartement étant suffisamment grand, et ce jour—là, Seana me dit qu’elle m’aimait, et que depuis l’été, elle était amoureuse de moi.

Je fus surpris de cette déclaration, mais je l’acceptais ; car moi—même j’éprouvais des sentiments similaires pour elle. Mais je ne me souviens pas si c’était vraiment de l’amour, ou plus simplement du désir.

J’accordais toute l’attention que je pouvais à Seana avec qui je vis depuis décembre 1998 ; et Muriel en fut heureuse dès le premier instant. Je ne sais pas encore par quelle magie ces deux—là arrivent à s’entendre si bien.

Un jour Muriel m’a demandé, dans l’innocence de son âge : "Tu ne trouves pas que Seana est jolie ?" Bien sûr qu’elle est jolie, belle, sexy, et depuis décembre 1998, je vis une relation amoureuse des plus tranquilles. Je suis fidèle, je suis calme, et je pense que je me suis bien assagi. Nous prenons des bains ensembles, nous faisons l’amour de façon satisfaisante.

Mais si j’aime Seana, Mirabelle n’a jamais été aussi présente dans mon esprit.

CHAPITRE VIII.

Pendant que je revenais du travail, le soir du 8 mars 2001, je croisais Frédéric, le frère aîné de Mirabelle, rue Auber, près de la gare St Lazare.

Il fut agréablement surpris de me voir, et nous nous assîmes à la terrasse d’un café, et je le laissais parler, car voici ce qu’il m’apprit sur Mirabelle :

— Mirabelle qui t’a quitté il y a quatorze ans a eu deux enfants : Roger en 1994 et Lucille en 1999. Mais Denis, au début de leur relation était doux et tendre avec elle. Ensuite, quand ils vécurent ensemble durant deux ans, il a commencé de changer.

En effet, c’est à ce moment qu’il a fréquenté une autre femme. Puis Mirabelle qui est jalouse, comme tu le sais déjà, puisque tu en as fait l’expérience, a deviné le pot aux roses, et lui a fait une scène. Elle est venue chez nos parents durant deux semaines, "pour se calmer" avait—elle dit.

Denis y est venu s’excuser, et ils sont repartis ensemble.

Mirabelle a connu des hauts et des bas avec Denis, mais qui n’en a pas ?

— Oui, mais lui, il est spécialement mauvais, dis—je alors, indigné par ce que j’entendais.

— Nous ne savons pas tout, mais je crois qu’il l’a déjà battu.

— C’est pas vrai ! criais—je presque.

— D’après ce que j’en sais, elle voudrait le quitter maintenant, parce qu’elle en a marre de lui. Il paraît que tout récemment encore, il l’aurait trompé avec une autre, et que cette fois, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Elle veut prendre ses affaires, et surtout, ses enfants, et partir définitivement.

— Eh bien, cela fait déjà quatorze ans que cela aurait dû arriver !" dis—je rouge de rage.

Je n’avais jamais été en colère, mais entendre le nom de "Denis" me mettait hors de moi.

— Pourquoi, dans ce cas, et puisqu’il est comme ça avoir voulu et avoir eu des enfants ? demandais—je.

— Je ne sais pas, m’avoua Frédéric.

— Mais c’est idiot.

— Oui, mais c’est ainsi.

— Alors, elle va faire quoi, car moi je ne sais pas quoi te conseiller. Je n’ai jamais eu de ses nouvelles depuis son départ. J’avais même cru qu’elle était morte ; mais Mirabelle et moi sommes toujours mariés, légalement, je veux dire. J’ai, moi aussi, changé de vie, j’ai une fille, Muriel, que j’adore. Même si sa mère vit aux États—Unis. En ce moment, et depuis plus de deux ans, je vis avec une femme adorable. Alors, que puis—je faire pour Mirabelle ?

— Tu l’aimes encore malgré son abandon ?

— Oui, je l’aime encore. Et au lieu de s’amoindrir et de s’effacer, cet amour a grandi, mûrit ! Je l’aime différemment, et non plus comme l’adolescent que j’étais.

— Dans ce cas, tu as peut—être encore une chance.

— Oh, je ne sais pas si je veux. Je suis assez heureux dans ma vie actuelle. Ma fille qui a déjà 13 ans, me rend heureux. Seana, l’amie avec qui je vis est adorable, douce et aimante. Je ne suis pas sûr que je veuille en changer. Par contre, je veux bien être l’ami de Mirabelle, et, si elle a besoin de moi, elle peut faire appel à moi sans aucun problème, et ce, conformément à la promesse que je lui avais faite il y a près de vingt—trois ans, le jour où elle est tombée amoureuse de moi ; le 8 octobre 1978.

— Je ne sais pas quoi te dire de plus. Car Mirabelle n’arrive pas à prendre de décision. Elle se dit qu’elle va vivre ainsi toute sa vie. C’est idiot !

— Je sais, mais je ne peux pas l’aider de cette façon, alors que je ne demanderai pas mieux.

— Ecoutes André. J’avoues que je ne comprends pas que tu l’aimes encore. Mais c’est ton problème. Cependant, tu fais peut—être une bêtise. Mais si je te donnes son n° de téléphone, je crois qu’elle peut effectivement compter sur toi.

— Alors, le n° de son portable ?

— 06 00 77 88 55.

— Je peux la joindre quand Denis n’est pas là.

— C’est mieux je crois. Mirabelle, contrairement à ce que tu crois, porte toujours ton alliance. Et puis, Denis a toujours été jaloux de toi.

— Jaloux ?

— Oui. Parce qu’il sait à quel point elle t’a aimé.

— Et tu crois qu’elle ne m’aime plus ?

— Je ne sais pas. Seule elle peut te répondre.

— Et tu crois que l’amitié que j’aimerais retrouver avec elle, celles des années 1977—78 peut vivre encore dans son cœur ?

— Il faut lui parler. Vas—y franchement. C’est après que tu seras fixé.

Après cette discussion, Frédéric et moi nous nous séparâmes, et depuis, je restais perplexe. Jusqu’au jour, où je reçus un petit mot de Mirabelle, chez moi. Apparemment, comme j’avais laissé mon adresse à Frédéric, il la lui avait fait parvenir.

Le mot était très court, mais je fus très heureux de le recevoir, ce jeudi 26 avril 2001 : "Après tant d’années d’absence, je vous passe un grand bonjour et à bientôt. Mirabelle."

Seana qui avait vu ce mot, me demanda ce qu’il signifiait. "Je n’en sais rien !" ai—je répondu.

J’appelais Frédéric pour lui demander des nouvelles de Mirabelle, et lui dire que j’avais bien reçu ce petit mot, et lui poser la question qui me brûlait la langue :

— Qu’est—ce qu’elle a voulu dire par "à bientôt !" ?

— Alors là, je suis étonné, m’a—t—il répondu.

— Quoi ? Ne m’as—tu pas dit que j’avais peut—être une chance de la récupérer le 8 mars, il y a un mois et demi à peine ?

— Oui, mais elle s’est déjà brouillée avec Denis deux fois depuis. Donc, ses brouilles ne vont pas bien loin, et lui ne fait aucun effort pour s’améliorer.

— C’est incompréhensible. Moi, j’étais bien heureux avec Mirabelle, car elle savait comment me rendre heureux. Et, lorsque je ne l’avais pas sous les yeux, ou que je ne pouvais pas lui parler, je m’ennuyais, elle me manquait déjà. J’avais tout fait pour rester auprès d’elle. Enfin, je pense que tu sais déjà tout ça, non ?

— Oui André, je le sais. Et je sais aussi à quel point tu as souffert.

— Alors, "à bientôt", ça veut dire quoi ?

— Peut—être qu’elle prépare un départ, ou plutôt, un retour !

— Mais je t’ai dit que je ne suis pas sûr de le vouloir. J’aimerais autant qu’on soit amis.

— Je ne sais pas. Pourquoi tu m’appelles, dans ce cas ? Et elle, l’as—tu appelé ?

— Non, pas encore. Mais je vais le faire, vu son petit mot.

Et c’est ce que je fis.

CHAPITRE IX.

Je composais le n° du téléphone cellulaire de Mirabelle, alors que Seana était dans la pièce.

Je n’avais aucun tact.

— Allô ! Mirabelle...

Silence à l’autre bout. Puis :

— André ! C’est toi ? demanda—t—elle.

— Oui, c’est moi. Tu m’as reconnu ?

— Bien sûr. Je t’ai quitté André, mais je ne t’ai jamais oublié.

— Excuse—moi Mirabelle, mais je vais aller droit au but, comme tu l’as été ce 16 mars 1987 fatidique : pourquoi m’as—tu écri ? Pourquoi ce "à bientôt" ?

— Tu ne veux pas savoir si je vais bien ?

— Non, c’est superflu.

— Tu m’en veux encore ?

— Non, sincèrement, je ne t’en veux plus. Mais tout comme toi, j’ai refais ma vie. Tu as deux enfants, et j’en ai un, enfin... plutôt une.

— Je sais, Frédéric me l’a dit. Il m’a dit aussi que tu ne vis pas avec sa mère, mais avec une autre femme.

— C’est exact. Seana est ma compagne actuellement, mais...

— Je t’en prie André, ne m’en veux pas, mais je voudrai qu’on se voie. Seuls.

— Pourquoi ?

— Je veux te voir.

— Eh bien, tu as mon adresse, puisque tu m’as écrit. Viens !

— J’arrive. À tout de suite.

Et la sonnerie retentit à la porte d’entrée... C’était Mirabelle !

CHAPITRE X.

Quand elle entra dans la pièce où je l’attendais, je fus ébloui, comme ce lointain jour du 2 mai 1977, où je tombais amoureux d’elle.

Elle avait changé malgré tout. Plus vieille de quatorze ans depuis que je ne l’avais vu, elle était encore plus belle, si c’était possible.

À peine entrée qu’elle se jeta dans mes bras, et avec des larmes remplies de souvenirs, elle m’embrassa.

Seana et Muriel étaient dans la pièce, et ce baiser ne pouvait pas passer inaperçu. Mais Seana avait compris, et elle était partie pleurer dans la chambre. Quant à Muriel, elle ne comprenait pas pourquoi cette jolie inconnue embrassait son père de cette façon.

"Et papa !" avait—elle dit pour nous séparer. Mirabelle eut comme un choc en la voyant.

— C’est ta fille, je suppose.

— Oui.

— Oui je suis sa fille, et je m’appelle Muriel, avait—elle dit de façon fière et impertinente comme savent si bien le faire les filles de 13 ans.

— Enchantée Muriel, avait dit Mirabelle. Je suis Mirabelle, la femme de ton père !

À ces mots, on entendit renifler dans la chambre. Alors, je partis chercher Seana, et je la présentais à Mirabelle.

— Voici Seana qui partage ma vie depuis décembre 1998. Seana, je te présente Mirabelle, mon épouse OFFICIELLE, mais au fait Mirabelle, qu’es—tu venue faire ?

— Je veux un conseil André.

— Un conseil à propos de quoi ?

— Dois—je oui ou non quitter Denis ?

— Pourquoi veux—tu le quitter ?

— Il m’exaspère. Je suis insatisfaite sur tous les plans. Il est méchant, nul, égoïste, c’est un pauvre type.

— Donc, si je comprends bien, tu ne l’aimes plus. Ne t’avais—je...

Je gardais la suite de la phrase pour plus tard. Il était inutile de lui répéter que son coup de foudre ne tiendrait pas !

— Je ne sais pas. Il est le père de mes deux enfants : Roger et Lucille. Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment intéressant pour eux qu’on se sépare, leur père et moi. Cela va les perturber. Alors que faire ?

— Moi non plus ; je ne sais pas. Pense d’abord à toi. Au fait, est—ce qu’il te bat ?

Mirabelle rougit comme le premier jour où nous avons essayé de faire l’amour !

— C’est déjà arrivé.

— Et depuis la naissance des enfants, est—ce qu’il t’a battue ?

— Oui, et il a déjà dragué d’autres femmes depuis que nous sommes ensemble.

— C’est trop fort ! Il a la plus merveilleuse jeune femme pour lui ; et cet idiot ne connaît pas le trésor qu’il possède.

— J’aimerais le quitter André. Mais je ne veux pas faire de peine aux enfants, qui n’y sont pour rien.

— Oui, lors d’une séparation c’est toujours les enfants qui trinquent. Mais toi et moi nous n’avons jamais eu d’enfant ; donc notre séparation s’est bien passée, si l’on peut dire...

— Ta fille a treize ans, n’est—ce pas ?

— Oui pourquoi ?

— Cela veut dire que tu m’as remplacé rapidement.

— Je n’ai pas eu le choix. Enfin, je te raconterai. Apparemment, tel était notre destin.

Seana, douce et gentille, et qui avait absolument peur de me perdre, apporta des biscuits et du café, que nous bûmes alors que Muriel buvait les paroles qui sortaient de nos bouches. Alors, je racontais ce que j’avais fait à Mirabelle, depuis son départ avec Denis.

"Je comprends mieux !" avait—elle dit. Puis elle embrassa Muriel et Seana.

Ensuite... Mais cela est une autre histoire !

Cergy, le Vendredi 27 avril 2001.

POSTFACE

J’ai été intimidé en relisant mes souvenirs, mis en forme pour publication dans les Cahiers de la BRT par Richard TUIL, mon plus vieil ami, et Eric Cassar, qui a retranscrit mes scènes érotiques.

J’avais peur que mes fantasmes érotiques ne soient dignes d’être couchés sur le papier ; et le scribe, le DUBSAR, comme il voudrait qu’on le surnomme, en d’autres termes : Richard, a fait de son mieux pour que tout soit bien ordonné, et malgré ses imperfections, ce texte relate plutôt bien mes idées, et il a le mérite d’être court, direct, et sans ambages.

Je le remercie donc de m’avoir fait ce cadeau, et moi, je fais donc cadeau du manuscrit original à la BRT, car membre, et aussi membre du Conseil de cette association durant de nombreuses années, je suis fier de ce don.
Il faut savoir qu’il existe un autre don, double cette fois, que j’ai fait à la BRT : c’est un album de photos contenant des clichés de Mirabelle à l’époque où l’on s’est connu, de ma fille Muriel, et de toutes les amies que j’ai eues, dont Norma, la mère de Muriel. Mais il n’existe que deux exemplaires de cet album qui accompagne le dactyloscript de ce texte : un est déposé à la BRT, l’autre exemplaire, est déposé à Prague, auprès de la BVB, cette Bibliothèque de Veronika Bilkova, Membre, amie et vice—présidente de la BRT.

L’intégralité de ce récit est disponible en téléchargement dans la zone abonnés de RdF



ZONE ABONNES L’abonnement vous permet :

  • d’enregistrer et d’imprimer les textes publiés,
  • d’avoir accès à certains récits dont la teneur ne permet pas une large publication,
  • d’accéder à la galerie photos privée de RdF.
    Entrez votre pass abonné

Commentaires

Sites favoris


2 sites référencés dans ce secteur