La capacité de la vessie de ma chienne

samedi 8 juillet 2006
par  Christine Arven
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Sans vraiment y réfléchir, C. se saisit de la bassine qui était rangée dans le bac à douche de sa salle de bain et alla la poser, ainsi qu’elle en avait pris l’habitude, en plein milieu du salon face à la grande baie vitrée dont elle ouvrit en grand les rideaux. C’est ainsi, accroupie à quatre pattes au-dessus d’une bassine qu’elle se devait en effet de pisser, son Maître lui ayant ordonné d’oublier, au moins pour ses besoins urinaires, la cuvette des wc. « A-t-on jamais vu, lui avait-il dit un jour, une chienne se soulager dans un wc. Et tu es une chienne, mon amour. MA chienne ! Donc, dorénavant, c’est à quatre pattes, au milieu de ton salon, que tu pisseras. » Elle avait bien dû convenir que son Maître avait bien sûr raison. Elle s’en était finalement accommodée facilement comme elle s’était d’ailleurs accommodée de l’entendre l’appeler sa chienne, terme qui, dans sa bouche, résonnait comme une marque d’amour. Les premières fois, bien sûr, elle avait ressenti de l’humiliation à pisser ainsi surtout quand son Maître s’installait derrière elle et l’observait attentif tout en commentant la direction ou l’intensité du jet doré. Mais au fil des jours, la chose lui était devenue si habituelle, qu’elle n’y prêtait plus attention. Et même, elle devait bien se l’avouer, elle y prenait un plaisir certain. En fait, c’est se retrouver assise sur un wc qui lui semblait maintenant incongru. Mais bon, elle ne pouvait tout de même pas transporter sa bassine partout avec elle !

D’un regard machinal, elle parcourut l’alignement des fenêtres qui faisait face à son appartement songeant, avec un frisson d’excitation, que peut-être quelqu’un était embusqué derrière l’une d’elle l’observant dans ses préparatifs. Déjà, il y a quelques jours, quand elle s’était redressée, elle avait cru voir un rideau bouger à une des fenêtres. Quand elle lui en avait parlé, au lieu de s’offusquer à l’idée de la savoir observée, son Maître avait souri d’un air satisfait et lui avait enjoint de continuer à ouvrir les rideaux mais aussi avait-il rajouté « puisque la saison s’y prêtait, d’ouvrir dorénavant également en grand les deux battants de la baie pour que qui en avait envie puisse se repaître du spectacle de ma chienne en train de pisser ! Et puis, tu le sais, il faut que tu commences à t’habituer à être exhibée… » Elle l’avait regardé interdite n’osant le contredire. L’exhiber faisait, en effet, partie de la liste des projets de son Maître. Pour l’instant, ne voulant pas la brusquer, il n’avait pas encore mis ce projet à exécution mais elle savait, qu’à plus ou moins longue échéance, elle devrait se soumettre à cette épreuve. Elle en éprouvait à la fois de la fierté puisque son Maître la jugeait digne d’être montrée mais aussi une incommensurable inquiétude atténuée toutefois par une indéniable excitation qu’elle ne pouvait ignorer. Etre exhibée et vue par des inconnus, dans ces situations de vulnérabilité extrême où elle s’abandonnait si totalement à son Maître, la paniquait. Mais l’idée faisait lentement son chemin et d’inconcevable devenait, elle devait bien se l’avouer, de plus en plus troublante.

Souvent, elle se demandait si elle pourrait, un jour, refuser quelque chose à son Maître. Ce qu’il y avait d’extraordinaire, c’est que, quoiqu’il l’entraîne à faire dont le seul souvenir la remplissait de confusion, jamais elle ne s’était vraiment sentie contrainte ou obligée à quoi que ce soit par lui. En fait, la contrainte venait d’elle seule. Son Maître savait l’emmener et la guider, sans qu’elle en ait réellement conscience et sans jamais user d’une violence gratuite, là où il voulait qu’ils aillent et à faire ce qu’il avait décidé. Comme cette fois où il l’avait laissée une après-midi entière attachée par une chaîne à un radiateur de l’appartement. En refermant le cadenas qui bouclait la chaîne, il lui avait dit qu’il comptait bien la retrouver ainsi le soir. Puis il était parti en disposant à portée d’elle, dans deux écuelles de quoi lui permettre, de s’abreuver et de se nourrir et, suprême torture, la clef du cadenas. Bien sûr, elle aurait pu, sitôt la porte refermée, se libérer. Mais, bien évidemment, elle en avait totalement incapable et elle était donc restée ainsi toute la journée allongée sur la mince couverture qu’il avait étalée sur le carrelage à rêver de son Maître bien-aimé. Comment aurait-elle pu aller à l’encontre des ordres de son Maître et pire, lui mentir ! Même si c’était au prix d’un sentiment de honte.

Elle se dit que c’était en cela que résidait le véritable pouvoir de son Maître sur elle : Agir de telle façon que ce soit elle qui se soumette librement et abdique entre ses mains toute volonté. En lui laissant la liberté du choix, son Maître, en définitive, ne lui en laissait aucun si ce n’est celui d’accepter d’être à lui et à lui seulement.

C. ouvrit donc largement la baie vitrée.

Elle remonta soigneusement sa jupe autour de ses hanches puis, le cul tourné vers la fenêtre, faisant fi de toute pudeur, elle s’accroupit au-dessus de la cuvette, mains posées à plat sur le carrelage, cuisses largement écartées.

Elle ressentit un énorme soulagement quand elle sentit l’urine commencer à s’écouler en un jet de plus en plus puissant et dru qui lui éclaboussa le haut des cuisses. Depuis plus d’une heure, elle retenait son envie de pisser de plus en plus pressante et obsédante qu’avait amplifiée l’énorme quantité d’eau qu’elle s’était astreinte, sur les recommandations de son Maître, à ingurgiter et qui lui avait donné la sensation de se transformer en outre. Une énorme envie qui lui tordait le ventre et la faisait se dandiner grotesquement, fesses resserrées, quand elle marchait afin de retenir en elle le flux qui menaçait d’échapper à son contrôle. Mais son Maître avait été formel. Interdiction absolue de pisser avant qu’il ne le lui autorise expressément. Là aussi, elle aurait pu passer outre son interdiction. Comment l’aurait-il su ? Mais elle en était totalement incapable. Et, même si elle l’avait fait, elle aurait été dans l’incapacité de cacher sa faute à son Maître. C’est à ses petits détails anodins qu’elle mesurait toute la force de son appartenance à son Maître et l’emprise, qu’au fil des mois, il avait pris sur elle.

Aussi, elle avait patiemment attendu son appel. Et il l’avait fait attendre ! Elle doutait de pouvoir résister plus longtemps tant sa vessie lui semblait prête à éclater quand enfin la sonnerie du téléphone avait retenti. Déjà, quoiqu’elle y fasse, de petites giclées incontrôlables suintaient d’elle.

"Enfin !", avait-elle songé. Pourtant, loin de se précipiter ainsi qu’elle avait pensé le faire, elle avait pris tout son temps faisant durer le supplice qu’elle endurait mais qui rendait son maître si présent. Il lui semblait qu’une fois sa vessie vidée, son Maître s’éloignerait de nouveau d’elle. Alors que là, avec cette envie cruelle qui la tenaillait, c’était comme s’il avait été là réellement.

Les heures lui semblaient si longues quand il n’était pas là. Interminables. Son Maître lui manquait tant. Elle avait tellement besoin de le sentir à côté d’elle.

Alors que le flot doré de son urine s’écoulait en un jet qui lui semblait ne devoir jamais se tarir, C. ressentit une intense impression de bien-être qui la fit tressaillir d’émoi et qui n’était pas due au seul soulagement qu’elle éprouvait à pouvoir enfin vider sa vessie. Non, tout dans la situation lui plaisait d’une façon troublante. La position à quatre pattes, bien sûr, qui lui donnait véritablement la sentiment d’être une chienne, "la Chienne chérie de son Maître adoré", sensation qu’elle aimait par dessus tout. Mais aussi la possibilité que quelqu’un puisse l’observer à son insu dans cette attitude à priori avilissante mais qui, pour elle, était dans l’ordre normal des choses. Et, surtout, l’intense sensation d’appartenance à son Maître qu’elle éprouvait en étant tributaire, même pour les actes les plus triviaux de sa vie, de sa volonté. Quand, enfin, le jet se tarit , C. se demanda en frissonnant quelle punition son Maître lui aurait fait subir si elle avait flanché. "Au fait, j’oubliais, si tu n’arrivais pas à tenir (je n’ose l’imaginer), la punition que je t’ordonnerai serait terriblement humiliante. Je te conseille donc de réussir. " lui avait-il dit. Elle se demanda ce qui pouvait bien être plus humiliant que de pisser accroupie à quatre pattes sur une bassine à la vue de tous les voisins ?

Une fois qu’elle eut fini, C. se redressa laissant couler le long de ses cuisses un mince filet d’urine sans même songer à l’essuyer. Elle alla vider la bassine. La rinça. Puis, elle prit place devant son ordinateur et écrivit pour son Maître le compte-rendu de cette dernière épreuve.
Une fois fini, elle s’installa dans le canapé et se mit à attendre le retour de son Maître.

Retrouvez ce texte dans le livre (papier ou téléchargement) : A toi au jour le jour : Chronique d’une soumission





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