Rendez-vous insolite

mercredi 5 juillet 2006
par  Christine Arven
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En ce chaud après-midi de juin, Laura marchait d’un pas pressé un léger sourire aux lèvres sur l’avenue ensoleillée. Les gens qui la croisait n’aurait pu s’imaginer que cette femme au visage serein et d’allure très sage dans sa légère robe blanche allait dans quelques minutes se soumettre à son Maître qui pourrait l’utiliser comme bon lui semblerait.

Laura se sentait bien, heureuse d’aller à ce rendez-vous que A. et elle avaient programmé quelques jours auparavant. Depuis, Laura avait lentement senti monter en elle cette chaude excitation qui étreignait parfois son ventre dans un tel étau de désir qu’involontairement elle se cambrait et haletait comme en manque d’air. La force de son désir pour A, chaque jour plus omniprésent en elle, ne laissait pas de l’étonner. Jamais encore elle n’avait ressenti de façon aussi impérieuse et comme un besoin vital une telle attirance pour un homme. C’était beaucoup plus que du désir d’ailleurs. De l’amour. C’était cela, l’irruption entre eux de l’amour, qui avait fait toute la différence. Cela avait agi sur elle comme un détonateur qui avait ouvert grand les vannes de ses émotions et lui avait permis de s’abandonner totalement à A. De lui laisser le total contrôle de son corps. Ne lui avait-elle pas promis avec une facilité déconcertante mais résultant d’une conviction qui ne laissait place à aucune autre alternative, elle qui jusqu’alors avait papillonné sans trop d’état d’âme d’un homme à l’autre, l’exclusivité de son corps ! Elle savait avec certitude au fond d’elle-même que si, une seule fois, elle faiblissait et se laissait tenter, c’en serait fini de sa relation avec A. Et cette éventualité la fit soudain, malgré le chaud soleil, frissonner d’angoisse. Comment concevoir la vie sans A. alors qu’elle lui avait tout donné d’elle, sans aucune restriction. Elle se dit que si A partait et la laissait, il ne lui resterait plus rien. C’était inquiétant cette dépendance qu’elle ressentait vis à vis de lui. Pourtant, pour rien au monde, elle n’aurait voulu s’en défaire et encore moins s’en libérer.

Pourtant, Laura sentait au fond d’elle cette appréhension habituelle qui l’étreignait à chaque fois. Non qu’elle craigne ce qu’elle aurait à subir, au contraire cela la remplissait d’impatience, mais elle appréhendait toujours de ne pas arriver à donner entièrement satisfaction à A. et de ne pas être à la hauteur de son attente. De faiblir. A était en dépit de la tendresse dont il l’entourait et qui la faisait fondre, un maître exigeant. Bien sûr, il lui pardonnerait ses faiblesses mais, elle, elle saurait sa déception. Et c’est cela, plus que tout, qu’elle craignait. Le décevoir. Ne pas être capable de répondre à son attente. Jusqu’à maintenant, quoiqu’il ait pu lui en coûter parfois, Laura avait toujours su retenir au bord de ses lèvres le mot fatidique dont ils étaient convenus pour que tout s’arrête immédiatement. Sauf une fois, se rappela-t-elle avec dépit, où complètement affolée, plus par l’intensité de ce qu’elle ressentait que par réelle douleur, le mot lui avait échappé sans qu’elle puisse le retenir. Comme elle l’avait regretté après... Pas cette fois, se jura-t-elle. Cette fois, elle ne faillirait pas.

Elle accéléra le pas. Pressée d’arriver et d’échapper à ces pensées. D’un geste qui lui était au fil des jours devenu machinal elle saisit entre son pouce et son index, la médaille que lui avait offerte pour son plus grand bonheur A qui y avait fait graver "Nickie, propriété de A" Nickie c’était son nom de chienne. Depuis, elle la gardait continuellement accrochée à son soutien-gorge. Impossible pour elle de s’en défaire. Elle fit aller et venir lentement ses doigts sur la médaille se rassurant à son contact. Tout à l’heure, songea-t-elle en souriant d’aise, A l’accrocherait au collier dont il aurait ceint son cou et elle deviendrait Nickie, sa chienne, sa dalmatienne.

***

L’appartement de A. était comme à l’accoutumée plongé dans une douce pénombre et il y régnait une agréable fraîcheur. Il l’a fit entrer dans la cuisine qui donnait par une large porte-fenêtre ouverte, sur un jardin luxuriant de fleurs. Ils s’assirent face à face et, tout en buvant un verre de limonade bien fraîche, devisèrent un moment de choses et d’autres comme deux amis qui se retrouvent. Laura aimait bien ces instants de douce complicité qui précédaient toujours leurs jeux et qui lui permettaient de se détendre. De se mettre en condition…. Parfois Laura se disait qu’un jour peut-être A lui demanderait de ne plus repartir. Au bout de quelques minutes, A se redressa et, tout en commençant à ranger les verres sur l’évier, lui indiqua qu’elle pouvait maintenant monter à l’étage et se mettre en tenue.

Elle opina de la tête et, sans ajouter un mot, monta lentement l’escalier. Comme si elle montait au supplice, songea-t-elle avec un frisson. Mais un supplice ô combien agréable…. La preuve à chaque fois, elle revenait… Arrivée sur le palier, elle se dirigea vers la petite pièce qui s’ouvrait au fond du palier dédiée toute entière à leurs jeux. Elle se déshabilla sans se presser et disposa soigneusement ses vêtements sur un cintre. Avec un plaisir non dissimulé, elle attacha autour de son cou son collier de chienne et y accrocha sa médaille non sans jeter un bref coup d’œil à l’inscription qui y était gravée. Chaque fois, qu’elle lisait ces mots d’appartenance, elle ressentait toujours cette même crispation au fond de son ventre. Elle était donc devenue cela. La propriété de A. Sa chose. Son animal. Et elle adorait ça ! Cette possession qu’elle ressentait au plus profond d’elle même comme une évidence incontournable était source pour elle d’un bonheur infini. Le cœur pétri d’émotion, elle s’entendit murmurer : "mon Maître à moi, mon amour". C’était pour elle comme pour lui, la plus belle des déclarations.

Elle se positionna entièrement nue, avec pour seul ornement son collier, au centre de la pièce, les bras croisés dans son dos et attendit que A vienne la rejoindre. Elle était reconnaissante à A de ne pas lui imposer cet uniforme, guêpière, porte-jarretelles, bas... si communément de mise entre un Maître et sa soumise. Non pas qu’ils s’y refusent, loin de là, mais cela n’était pas pour A une condition nécessaire même s’il aimait parfois enserrer son torse d’un corset si étroitement serré qu’elle en perdait le souffle. En fait, A préférait la voir ainsi, nue et désarmée, vulnérable, offrant sans aucun artifice les courbes de son corps à son regard. Au début, elle avait ressentie un peu de honte à lui dévoiler ainsi son corps aux formes qu’elle trouvait trop opulentes mais qui justement le ravissaient lui. Maintenant, elle n’éprouvait plus aucune pudeur à exhiber devant lui, ses hanches larges, son ventre rebondi, ses seins lourds. L’oreille aux aguets, elle l’entendait aller et venir à l’étage inférieur. Qu’attendait-il se demanda-t-elle étreinte d’une impatience de plus en plus grande. Elle entendit la sonnerie du téléphone retentir et A qui répondait. Mais il lui fut impossible de saisir un mot de la conversation qui ne dura que quelques brèves minutes. Un moment, elle crut entendre la porte d’entrée s’ouvrir mais se dit-elle, elle avait du se tromper. Qui aurait pu venir ? De toute façon, elle était persuadée que A ne tolèrerait pas d’être dérangé dans ces moments qu’il lui consacrait. Elle sourit en songeant qu’il aimait la faire attendre ainsi. S’il avait su combien elle aussi aimait cette attente qui mettait ses nerfs à vif. Enfin elle entendit les marches de l’escalier grincer sous son pas. Lorsqu’il entra dans la pièce, elle baissa humblement les yeux à terre.

A s’approcha lentement d’elle. Laura retint son souffle. D’un mouvement à la fois tendre et brutal, il saisit entre ses doigts les mamelons transpercés par deux anneaux et les pinça tout en les étirant et les tordant. Laura exhala un soupir sous la douleur brutale qui tarauda brusquement ses seins mais ne fit rien pour se soustraire aux doigts de A. Au contraire, elle tendit imperceptiblement le buste en avant s’offrant davantage à son étreinte. Elle ne put toutefois retenir un léger cri et se mordit les lèvres quand elle sentit la main droite de A agripper soudain son pubis et l’étirer violemment vers le haut lui donnant l’impression qu’il voulait l’arracher. Laura sentit une brusque chaleur se déverser dans ses veines alors qu’une douleur quasiment insoutenable irradiait en elle en vagues successives.

Un long moment, ils restèrent ainsi. Lui, les doigts arrimés à ses seins et à son pubis. Elle, les yeux baissés sentant la douleur se propager en elle et se transformer en plaisir. Elle était toujours étonnée par cette alchimie qui s’opérait dans son corps qui transmutait une sensation dans une autre. Incroyable. Au plus, elle avait mal, au plus elle sentait son sexe couler.

Enfin il la lâcha. Fugitivement, elle regretta que ses seins, son sexe soient si vite délaissés. Mais déjà, A lui saisissait la main et d’un geste à la fois autoritaire et tendre, l’amena sous l’épaisse poutre de bois sombre qui traversait de part en part le plafond et à laquelle était suspendues deux épaisses chaînes terminées par deux solides crochets. Laura sentit son cœur se serrer. Ainsi A avait l’intention de la suspendre.

— Tourne-toi vers la fenêtre, lui ordonna-t-il tout en se saisissant d’une paire de larges bracelets taillés dans un épais cuir, et tend tes bras.

Elle obtempéra sans un mot tout en se demandant, surprise, pourquoi il lui demandait de se disposer ainsi. D’habitude, il préférait qu’elle soit face au grand miroir qui tapissait tout un pan de mur. Ainsi, elle n’avait aucune chance d’échapper au spectacle de son corps se balançant au bout des chaînes au rythme des coups de fouet. C’était pour elle, une torture à chaque fois recommencé que de voir le fouet s’élever et la flageller. Elle avait mal, anticipant la brûlure à venir, avant même que la lanière ne la cingle. Torture subtile à laquelle A pour rien au monde n’aurait voulu la soustraire. Puis elle n’y pensa plus toute à la sensation de sentir les mains de A sur elle l’attacher solidement.

Une fois les menottes étroitement fermées autour de ses poignets, A les fixa par une chaîne aux crochets et actionna une petite poulie. Laura sentit ses bras lentement étirés vers le haut, puis son corps suivi le mouvement. Si ses pieds reposaient encore sur le carrelage, sa position était maintenant quelque peu instable et elle devait faire des efforts pour maintenir son équilibre. Dans un moment, elle le savait, elle sentirait les muscles de ses épaules se nouer sous la tension. Mais alors, songea-t-elle en posant ses yeux sur la table disposée sous la fenêtre en face d’elle sur laquelle était posé tout un assortiment de martinet, cravache, pinces, god..., elle aurait autre chose pour l’occuper. Et la douleur dans ses épaules lui semblerait somme toute anodine.

D’un léger coup de pied sur ses cheville, il lui fit écarter davantage les jambes rendant sa position encore plus instable. Puis, il positionna entre ses jambes une barre d’acier qu’il fixa à l’aide d’épais bracelets de cuir à ses chevilles. La position était éminemment inconfortable. Laura sentit les muscles de ses jambes se tendre dans l’effort qu’elle faisait pour ne perdre son équilibre. Un nouveau tour de la poulie et Laura s’éleva de quelques cm supplémentaires. Ses pieds quittèrent le sol et elle se mit à se balancer suspendue dans les airs. A la contourna et vint se positionner devant elle.

Avec un frisson, elle vit qu’il tenait dans ses mains quatre petits poids qu’il accrocha sans plus attendre deux à chacun des anneaux qui paraient ses grandes lèvres vaginales et les deux autres aux anneaux de ses seins. Les poids avaient beau être légers, à peine 100 g chacun, Laura savait par expérience que dans un moment elle sentirait son sexe et ses seins douloureusement étirés.

— Bien, lui dit-il, tu restes ainsi. Je reviens dans un instant.

Elle l’entendit sortir et descendre les escaliers. Qu’avait-il donc en tête ? Elle espérait qu’il n’allait pas la laisser ainsi trop longtemps. Déjà, elle sentait le poids de son corps étirer douloureusement les muscles de ses bras. Elle se cambra un peu pour essayer d’atténuer la sensation d’étirement mais cela la fit osciller d’avant en arrière accroissant encore davantage la tension. Elle ferma les yeux, s’exhortant à se détendre et à respirer calmement. A ne plus penser à la douleur qui irradiait dans ses épaules et descendait le long de sa colonne vertébrale. De plus en plus brûlante au fur et à mesure que les minutes passaient. Interminables. Enfin, elle entendit les pas de A qui remontant l’escalier. Au bruit, elle sursauta et tendit l’oreille. Il lui semblait entendre le bruit d’une conversation. A qui disait "suivez-moi… par ici… au fond du couloir… elle est prête..." " Laura se sentit tétanisé en entendant la porte s’ouvrir.

— Je vous en prie entrez…entendit-elle A. dire à un inconnu que dans sa position, suspendue comme elle l’était, le dos à la porte, il lui était impossible de voir. Désespérément, elle se tortilla essayant en vain de tourner un peu la tête. Le mouvement la fit se balancer et elle retint un gémissement en sentant ses muscles se tendre.

— Prenez donc place sur cette chaise, reprit A. sans se soucier du trouble de Laura.

Il continua en s’adressant cette fois à Laura :

— Laura, cet après-midi tu vas avoir un spectateur. Je pense que tu n’y vois aucun inconvénient.

C’était plus une affirmation qu’une véritable interrogation. Aussi s’abstint-t-elle de répondre. Qu’aurait-elle pu dire, de toute façon ? Qu’elle avait honte qu’un étranger la voit dans cette position ? Quelle sentait une rage sourde l’envahir à être ainsi exhibée sans que A ait jugé bon de l’en informer ? Qu’il aurait pu au moins la prévenir ? A quoi bon ? Avait-elle de toute façon le choix ? N’avait-elle pas abdiquer toute volonté en franchissant le seuil de l’appartement de son maître ?

— Je compte sur toi pour offrir à notre visiteur une prestation sans défaut, reprit-il puis s’adressant de nouveau à l’inconnu, comme vous pouvez le constater, j’ai préparé cette femelle de façon qu’il soit aisé de la manipuler. Son corps est juste à bonne hauteur pour qu’on puisse la fouetter aisément et que les lanières du fouet retombent sur la totalité de son corps et ce avec un minimum de fatigue pour moi. Vous devez toujours penser à cela avant une séance de fouet si vous ne voulez pas sentir votre bras s’ankyloser et donc être contraint de mettre un terme à la séance plus tôt que vous ne l’auriez souhaité. J’ai également suspendu cette femelle de telle sorte que ses pieds ne touchent plus le sol. Cela à l’avantage d’accroître outre de façon sensible les sensations occasionnées par le fouet qui se superpose à la douleur des bras ainsi étirés mais aussi de permettre de la faire pivoter facilement et donc de pouvoir fouetter alternativement son dos ou son ventre. Si vous le voulez bien, je vais débuter par ce martinet. Puis j’appliquerai sur sa croupe quelques coups de cravache, une vingtaine devrait amplement suffire, avant de terminer par le fouet. Ainsi vous aurez un aperçu assez exhaustif de ses différentes réactions à ces instruments de base

En entendant A. parler d’elle en ses termes comme si elle n’était plus qu’un simple objet dénué d’ouies, Laura sentit sa rage se transformer en colère froide. Elle aurait voulu clamer haut et fort son indignation. Mais impossible pour elle de formuler le moindre son. Comme si les mots étaient bloqués au fond de sa gorge.

— Avez-vous des questions avant que je ne commence, demanda A à l’inconnu

— Oui, cette femelle éprouve-elle véritablement du plaisir ou au contraire se laisse-t-elle faire uniquement pour vous plaire.

— Venez donc constater par vous-même. Placez-vous dans son dos…. Voilà comme cela ainsi elle ne vous verra pas… Tâtez donc sa chatte afin de vous rendre compte par vous-même et dites-moi ce que vous en pensez.

Mortifiée de honte, Laura sentit une main sèche et froide s’immiscer entre ses jambes écartées et des doigts sans douceur glisser entre ses lèvres. Elle sentit ses joues s’empourprer en entendant le clapotis que les doigts qui la trifouillaient impudemment faisait naître et qui ne laissait aucune équivoque sur ce que son corps ressentait.

— Effectivement…. Cette femelle est trempée. Vous aviez raison le fait d’être fouetter semble vraiment l’exciter. Je suis surpris… Jamais je n’aurai pensé que…

— Et encore, nous n’avons pas vraiment commencé, le coupa A. Je vous la ferai de nouveau tâter à l’issue de la première séance de martinet.

— Combien de coups de martinet comptez-vous lui infliger ?

— Une trentaine seulement mais uniquement sur son dos et ses fesses. Je veux qu’elle demeure réceptive pour la suite du traitement. Mais elle est capable d’endurer beaucoup plus que cela… N’est-ce pas Nickie ?

— Oui, mon Maître, s’entendit-elle répondre d’une voix enrouée

— Nickie dis au monsieur ce que tu éprouves quand je te fouette.

— Du plaisir mon Maître bien sûr et de la reconnaissance

— Pourquoi Nickie ?

— Parce que je t’aime mon Maître et que je suis à toi et aussi..... parce que j’aime cela

— Vous voyez, reprit A, il n’y a aucune contrainte véritable

Laura, en pleine confusion d’entendre ainsi parler d’elle comme si elle avait été dénuée de toute conscience, entendit l’inconnu reprendre sa place initiale. Mais était-ce vraiment un inconnu. Il lui semblait reconnaître cette voix un peu rugueuse aux intonations doctorales.

— Me sera-t-il possible de lui assener quelques coups de fouet, demanda l’inconnu. J’aimerais assez voir l’effet que cela fait de fouetter une femelle.

Laura frémit en entendant la demande formulée par l’inconnu. "Tout mais pas ça", songea-t-elle. Eperdue, elle regarda les yeux écarquillés d’émotion A qui l’observa un moment en silence, comme s’il pesait le pour et le contre.

— Je crains, l’entendit-elle enfin dire, que je ne puisse vous accorder cette faveur. J’ai en effet pour principe de réserver cette femelle à mon usage exclusif

Laura eut un regard reconnaissant vers A qui pourtant, elle le savait, mentait. En d’autres circonstances, il n’avait pas hésité à la partager avec d’autres mais c’est vrai, constata-t-elle étonnée de ne pas s’en être rendus compte plus haut, personne d’autre que lui ne l’avait fouettée.

— C’est fort dommage, reprit l’inconnu. Avant de m’occuper ainsi de mon épouse, j’aurais bien aimé m’exercer sur votre femelle... Je suis prêt à vous rémunérer si cela peut vous faire changer d’avis.

Laura eut une soudaine bouffée de haine vis-à-vis de cet homme qui, visiblement n’avait rien compris et parlait d’elle comme il l’aurait fait d’une pute.

— Je ne pense pas que cela soit à même de me faire changer d’avis, rétorqua d’une voix froide et tranchante A. Sachez Monsieur, que cette soumise est là de son plein gré et non pour une sordide question d’argent. Vous l’insultez et vous m’insultez gravement en parlant d’elle ainsi et je ne saurais le tolérer. Si vous deviez continuer dans cette voie, je me verrai obligé d’en rester là et de vous demandez de partir.

— Excusez-moi, je ne voulais pas vous froisser, répondit l’inconnu

Décidément, Laura connaissait cette voix. Elle en était sûre. Où l’avait-elle entendue ? Dans quelle circonstances ? Elle fouilla dans sa mémoire, essayant en vain de mettre un visage sur la voix. Le premier coup la surprit dans ses pensées et elle ne put retenir un cri de douleur déchirant quand les lanières du martinet lacérèrent le haut de son dos.

— Va-t-elle ainsi crier à chaque coup. Je trouve cela assez perturbant et pour tout dire désagréable.

Laura sentit une haine farouche l’envahir en entendant les mots que l’inconnu venait de prononcer. Mais pour qui se prenait-il pour faire ce genre de remarque. Elle aurait bien aimé le voir à sa place…

— Non, rassurez-vous. Laura tu as entendu ce que vient de dire notre visiteur. Fais donc en sorte de ne plus nous déranger par tes cris. A moins que tu ne veuilles de nouveau goûter du mors….

Laura frémit en entendant A parler du mors. Elle se souvenait avec effroi de la fois ou A avait enfoncé dans sa bouche, pour la punir d’une parole de rebellion, une énorme boule en cuir qu’il avait solidement fixée à l’arrière de sa nuque par d’épaisses courroies. Elle avait dû rester ainsi la bouche distendue par le mord pendant une heure sentant sa salive dégouliner le long de son menton

A reprit sans attendre la réponse de Laura sa flagellation. Alternativement, les coups retombaient sur son dos, ses fesses, le creux de ses reins allumant sur son corps une troublante sensation de brûlure.. Toutefois, Laura avait la sensation que A retenait la violence de ses coups. Elle lui en fut reconnaissante mais en même temps ressentit une espèce de frustration. Elle aimait tellement sentir les lanières lacérer sa chair. Au bout de 30 coups, comme convenu, A cessa. Sans attendre, Laura le vit alors se saisir de la cravache et, sans lui octroyer le moindre répit, flagella de 20 coups rapides ses fesses. Là aussi, Laura sentit qu’il retenait son bras. Malgré tout, la douleur était maintenant bien réelle et Laura ne put retenir ses plaintes alors même, malgré la situation humiliante de se sentir observée par un inconnu, qu’elle sentait un plaisir diffus mais vivace germer et croître au fond de son corps. Toujours, elle serait étonnée de cette alchimie qui à un moment donné s’opérait en elle qui transformait, sans qu’elle en ait réellement conscience et encore moins le moindre contrôle, sa souffrance en plaisir.

A s’approcha d’elle et lui flatta les hanches tout en lui murmurant de façon à ce que l’inconnu ne l’entende pas :

— Courage ma belle. Fais-moi honneur, Puis il continua à voix haute. Je vais maintenant, pour terminer, passer au fouet qui est de loin l’instrument le plus douloureux et aussi le plus difficile à manier. Mais le dos de cette femelle a été suffisamment sollicité. Voyez ces belles marbrures qui le strient. Nous allons maintenant nous occuper de son ventre et de ses seins.

— Mais si vous la faites se retourner, cette femelle va me voir, objecta l’inconnu.

— Ne vous inquiétez pas ; je vais bien évidemment lui couvrir les yeux. Cela aura un avantage supplémentaire pour elle d’ailleurs puisque ainsi plongée dans l’obscurité, elle ne sera distraite par rien et pourra en toute quiétude jouir des sensations que va lui procurez le fouet, lui répondit A en s’approchant de la table.

Laura eut un gémissement d’appréhension en le voyant saisir, après une brève hésitation, celui terminé par une boucle dont la lacération était elle le savait bien particulièrement douloureuse surtout quand le coup venait mourir sur son sexe. Elle retint toutefois sa protestation de toute façon inutile.

— Cette femelle apprécie tout particulièrement celui-ci, ajouta-t-il tout en faisant glisser le bout de la lanière entre les seins de Laura qui frémit au contact du cuir froid, dont l’extrémité comme vous pouvez le voir se termine par un nœud. Très efficace ! Mais extrêmement douloureux. Je ne vous le conseille donc pas dans la phase d’initiation de votre épouse. Vous risqueriez de la décourager d’aller plus loin. Les sensations sont très dures. Je me contenterai donc de 10 coups. Deux sur chaque seins, quatre sur le ventre et le deux derniers sur le sexe. Approchez-vous donc...

A pouvait maintenant lui bander les yeux, et la faire se retourner. Il savait que Laura avait imprégné dans son cerveau l’image de son prochain instrument de torture. Elle attendrait, impatiente et inquiète, la morsure du fouet. S’abattrait-il d’abord sur son ventre ou sur ses seins ? À moins que A ne décide, comme il l’avait déjà fait, de s’attaquer directement au sexe !

— Mais, elle coule comme une fontaine, s’étonna l’inconnu qui s’était empressé d’observer l’entrecuisse de Laura dès qu’elle avait été retournée.

— L’effet du bandeau qui amplifie son ignorance des prochains coups, expliqua A. Ne pas savoir où et quand le cuir s’abattra, lui provoque toujours une excitation phénoménale.

A attendit près d’une minute, laissant Laura dans l’expectative. Le plaisir montait en elle. L’angoisse aussi. L’oreille aux aguets tous ses sens en alerte, Laura se tendit dans l’attente du premier coup. Pourtant, il ne se passait rien. Mais Laura anticipait les prochains coups se crispant au moindre bruit. Cette fois, elle en était sûre, le cuir frapperait directement son sexe. Elle connaissait tellement A. Et elle avait raison. Comme elle s’y attendait, A mit fin à cette attente sans aucun détour. Pas de démarrage progressif. Le ventre et la poitrine seraient épargnés. A impulsa à l’instrument un mouvement du bas vers le haut. Le fouet se déroula tel un serpentin. Il rencontra la vulve grasse et termina sa course, derrière, entre la raie des fesses. Ce premier coup était assené sans aucune retenue. Ceux qui suivirent aussi. Durant la série qui devait terminer la séance, A, tel un formateur avisé, commenta ses gestes à l’inconnu :

— N’oubliez pas de toujours anticiper votre cible. Soignez la précision ! Dans notre cas, je vise les parties les plus sensibles. Regardez, avec quelle précision le fouet peut s’insinuer entre les lèvres !

L’inconnu observait attentif et ébahi. Pour Laura, c’était une autre histoire. La souffrance était telle, son sexe la brûlait tellement, que dès le quatrième coup, elle avait abandonné toute volonté de retenir ses hurlements. Ils étaient rauques, désespérés. Elle crut qu’elle allait s’évanouir, mais A maîtrisait parfaitement les limites de sa soumise. Il arrêta le supplice juste au bon moment pour éviter que Laura ne perde connaissance.

— Magnifique ! Vraiment sublime ! complimenta l’inconnu. Je me régale autant de ce que vous faites endurer à cette femelle que de la formation que vous m’avez dispensée. Je regrette toujours que vous ne m’autorisiez pas à la fouetter, mais puis-je au moins la toucher ?

— Je ne peux pas vous le refuser, répondit A en souriant.

À demi consciente, Laura perçut la réponse de son Maître comme une pique qui la transperçait. Non ! Il n’avait pas le droit de laisser cet inconnu toucher son corps. Pas maintenant ! Surtout qu’elle était certaine des endroits qu’il allait privilégier. Effectivement, les mains se posèrent sur ses seins qu’elles se mirent à palper avec rudesse. Un sentiment de répulsion parcourut Laura tout entière. L’homme malaxa les gros obus, puis tira sur les poids suspendus aux mamelons jusqu’à arracher une grimace à sa proie. Ensuite les mains descendirent et tiraillèrent la vulve. Inqualifiable douleur à cause des chairs intimes encore sous la souffrance du supplice précédent. À chaque signe de douleur de Laura, l’homme souriait un peu plus.

— Me permettez-vous aussi de l’insulter ? s’enhardit l’inconnu.

— Vous me semblez prendre plaisir à la situation, répondit A. Mais n’abusez pas de ma bonne volonté. Je vous l’accorde, mais c’est ma dernière faveur.

— Merci, merci beaucoup !

Sans lâcher la vulve, l’homme saisit de sa main libre une touffe de cheveux de Laura. Il tira pour entraîner la tête en arrière, approcha sa bouche du visage de la soumise, puis déclama un flot d’insultes :

— Salope ! Grosse pute ! Tu es une grosse pute à ma merci. Tu n’es rien qu’un cul, qu’un trou à bitte, un gros tas de viande ! Une grosse salope de pute !

Laura écoutait. Ah, si ces insultes étaient proférées par A, ce serait merveilleux. Mais par cet infâme individu, c’était insupportable ! Elle n’en pouvait plus. Au bord de la rupture. L’inconnu poursuivait inlassablement. Etrangement, il paraissait se libérer de quelque chose. Les invectives durèrent quelques minutes pendant que Laura reprenait lentement conscience. A observait et surveillait pour éviter tout dérapage. Quand Laura comprendrait-elle qui était cet homme ? Il n’allait tout de même pas lui retirer son bandeau. Aveugle, l’effet serait amplifié. Il fallait qu’elle devine plutôt qu’elle voit.

Laura sentit les mains lâcher ses cheveux et son sexe. Le souffle de l’homme sur son visage se fit moins fort, signe que l’individu s’éloignait enfin. Elle redressa la tête. Cette voix… Ah, cette voix… Elle devait trouver. Elle allait trouver, elle en était certaine.

— C’est sûr qu’elle est moins fière, maintenant cette salope, déclama l’inconnu en accompagnant ses paroles d’un rire gras. Outre la démonstration de flagellation, vous ne pouvez pas savoir le plaisir que vous m’avez fait en m’accordant la faveur de pouvoir humilier cette femelle. Juste retour des choses. Ha !Ha !Ha !Ha !Ha !

Laura faillit perdre le souffle qu’elle venait de retrouver. Ces dernières paroles, ce rire… Non ! Pas lui ! Pourtant, plus aucun doute n’était permis : l’inconnu n’était autre que Jean Martin. Un ancien collègue de travail qu’elle détestait. Il avait quitté la société depuis longtemps, mais l’image de ce petit homme timide, prétentieux, antipathique était toujours restée imprégnée dans la tête de Laura comme l’exemple du genre d’individu qu’elle détestait le plus. Souvent elle avait expliqué à A que rencontrer de nouveau un tel homme la rendrait très mal à l’aise.

Aujourd’hui, non seulement, elle se trouvait de nouveau face à Jean Martin, mais elle lui était exhibée, exposée comme un objet, impudique. L’homme avait tout loisir de l’observer, il s’était repu de la séance de flagellation. Il l’avait copieusement insultée. L’avait touchée. Laura se sentit tout à coup doublement honteuse. Pourtant, en se rappelant que A était l’instigateur de cette mise en scène, sa honte se transforma rapidement en excitation. Elle rejeta sa tête en arrière, et se laissa porter par le nouveau plaisir qui l’envahissait.

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