Tendre douceur

mercredi 5 mars 2003
par  Christine Arven
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C’était il y a maintenant pas mal d’années. Je devais avoir environ 23/24 ans, c’est dire...

J’étais partie rejoindre à Toulouse un groupe d’ami(e)s pour passer quelques jours avec eux.........

Je me rappelle la maison. Une vieille bicoque complètement délabrée dans un petit village à quelques km de Toulouse. Une grande maison, pleine de couloirs, de recoins. Il y faisait froid, humide malgré les énormes feux de cheminée que nous faisions brûler pour nous réchauffer. Je nous revois tous assis devant cette cheminée, buvant de la bière pour certains, de la tequila pour d’autres et discutant pendant des heures, des nuits entières, refaisant le monde à notre guise, selon notre plaisir tout en écoutant de la musique.

A l’issue d’une de ces soirées alors que tout le monde était finalement monté aller se coucher et s’enfouir sous les lourds édredons de plumes, je me suis retrouvée seule avec Marie.

Nous étions assises côte à côte les yeux perdus dans les flammes qui seules éclairaient la pièce la parant d’une lumière chatoyante. Marie, c’était ma meilleure amie, celle à qui je pouvais tout dire, plus proche que ne l’ont jamais été mes sœurs. Marie c’était mon autre moi-même, mon reflet. Elle connaissait tout de moi et je connaissais tout d’elle.

Ce soir-là, Marie était triste et je partageais son chagrin. Pour la consoler, je l’avais prise dans mes bras et la berçais doucement comme on fait à un enfant. Jusqu’à ce soir-là, malgré notre complicité il ne s’était jamais rien passé de physique entre nous et cela ne nous avait jamais traversé l’esprit du moins pas consciemment même si nous avions une envers l’autre une grande liberté de faire, sans fausse pudeur.

Marie avait posé sa tête dans le creux de mon cou et, doucement, j’ai passé ma main sur son visage pour essuyer ses larmes lui murmurant des mots d’apaisement. Tendrement, j’ai posé sur sa joue de petits baisers. Je ne sais plus si c’est elle qui a insensiblement relevé son visage vers moi ou bien si c’est moi qui ai fait glisser mes lèvres mais soudain nos bouches se sont jointes et nous nous sommes embrassées. Un véritable baiser comme nous ne nous en étions encore jamais données.

Je crois que nous avons été aussi surprises une que l’autre de ce qui venait de se passer et surtout de l’émoi que ce baiser avait suscité en nous. Nous sommes restées ainsi un moment, immobiles, silencieuses, intimidées par ce désir si imprévisible. Mais nous n’arrivions pas, non plus, à nous détacher une de l’autre.

Au bout d’un long moment, j’ai senti les mains de Marie glisser le long mon dos dans un lent mouvement très doux. Puis ses mains se sont posées sur mes épaules, ont forcé légèrement sur elles pour me faire me retourner. Nous étions face à face, nous dévisageant et alors j’ai su, comme elle le savait aussi, qu’il était inutile de résister à cet élan que rien ne nous avait laissé prévoir jusqu’alors, du moins pas consciemment.

Nous nous sommes souri, unies dans une même connivence. Lentement nous nous sommes mutuellement déshabillées sans nous lâcher des yeux. Jamais encore, je n’avais connu une telle tension érotique. Un désir à la fois doux et violent. Et je savais qu’elle éprouvait les mêmes sensations que moi, le même élan.

Nous nous sommes alors allongées devant la cheminée, nos corps nus baignés par les flammes de l’âtre et nous nous sommes aimés, longtemps. C’était la première fois que je caressais un corps de femme et la douceur que j’y découvrais, les senteurs exquises qui s’en dégageaient m’ont emplie d’une émotion que je crois n’avoir plus jamais connue depuis et qui a fait couler mes larmes de bonheur.

C’était la première fois qu’une femme me caressait ainsi et immédiatement ses doigts ont su trouver la source de mon bonheur, de mon plaisir. Nulle recherche, comme si tout était déjà découvert et pourtant à découvrir, comme si nos corps se reconnaissaient eux qui s’imbriquaient si parfaitement un à l’autre, qui s’accordaient si harmonieusement.

Nous nous sommes endormies dans les bras une de l’autre une couverture hâtivement tirée sur nous pour nous recouvrir.

Nous nous sommes réveillées au petit matin. Le feu dans la cheminée était éteint et nous étions transies de froid. Nous avons alors rejoint silencieusement nos compagnons respectifs sans échanger le moindre mot comme si nous voulions à toute force préserver la magie sensuelle de cette nuit secrète.

Je ne sais si autour de nous quelqu’un s’est douté de ce qui s’était passé entre nous cette nuit là. Nous n’en avons jamais parlé. Cette nuit, j’ose l’espérer, est resté notre secret à Marie et à moi jusqu’à aujourd’hui où j’en parle.... mais c’était il y si longtemps.
Les circonstances ont fait que depuis des années je n’ai pas revu Marie. Je ne sais même plus où elle habite mais qu’importe, je garde de cette unique nuit, un souvenir magique et lumineux. Et Marie, malgré les années qui ont passé, est toujours dans mon cœur, un souvenir précieux que je chéris....




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