Les derniers feux d’un été 2

vendredi 27 octobre 2006
par  Perpol
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Deuxième partie

La seconde fois, c’est une coïncidence

Elle est rentrée chez elle et s’en est allée dormir, à moitié repue, décidée de remettre cela à la première occasion, troublée également par sa curieuse rencontre, mais pas décidée pour autant de retourner sur les lieux de ses exploits pour tenter d’y retrouver son protagoniste d’un soir.

Les jours qui suivent, elle prend l’habitude de sortir son chien la nuit tombée, quand les rues sont quasi désertes dans son coin de ville.

Elle s’habille toujours de sa courte jupette et de son chemisier et veille à ne s’encombrer de rien d’autre : ni sous-vêtements, ni bas, ni souliers.

Elle prend également l’excitante habitude de pisser tout en marchant, laissant le flot d’urine cascader le long de ses jambes. Elle a même, à plusieurs reprises, chié en marchant, s’essuyant les traces que sa merde lui laisse sur les jambes au moyen de feuilles ou de papiers trouvés en cours de route. Et cela l’excite énormément.

***

Lui, n’a pu l’oublier aussi facilement. Il l’a vu partir, et est resté là « comme un rond de flan ». Il est sorti en rue cinq minutes plus tard pour voir si elle s’y trouvait, mais elle avait disparu.

Il a appelé le patron, a commandé une bouteille de vin et s’est mis à réfléchir profondément, passant sa vie en revue. Il en a conclu qu’il s’emmerdait profondément, qu’il ne pouvait continuer de la mener ainsi et qu’il lui fallait « tout » changer.

C’est ainsi que, quelques jours plus tard, il s’est mis à errer en ville sous la pluie, promenant son blues au gré de ses pas, plongé dans de profondes et sombres méditations.

Il ne sait pas exactement ce qui lui arrive, mais il sait que ce qu’il ressent est la conclusion d’un très vieux malaise, et que la seule chose sensée qu’il peut faire est ce qu’il fait là, à savoir : ne plus rien vouloir et abandonner au destin la charge de le guider.

Il porte un jeans, une chemise en jeans, de solides godillots sur des chaussettes trempées, et c’est tout. Il erre ainsi depuis une bonne quinzaine et ne s’est pas lavé ni n’a consommé un vrai repas depuis lors : il se nourrit de restes trouvés de-ci, de-là, fait la manche comme un clochard et écluse au moins un littron de vin par jour.

Avant de tout quitter, il a pris soin d’avertir ses clients qu’il se mettait au vert, qu’il prenait une pause/carrière en quelque sorte, puis il a transféré son maigre avoir sur sa carte visa qu’il garde précieusement cousue dans un repli discret de son jeans.

Il ne faut pas lui demander pourquoi il fait cela : il n’en sait foutrement rien et son état n’améliore pas les choses. Si seulement, se dit-il, il pourrait trouver quelque chose qui vaille la peine de s’arrêter, il le ferait. Mais, jusque-là, rien ne l’a « botté » comme il faut ni où il faut.

Fatigué d’avoir trimballé sa carcasse sous les pluies torrentielles de la journée, il s’est assis sur le pas de porte d’un immeuble, à l’abri des intempéries. Il est assis là et regarde fixement devant lui, en tâchant de ne penser à rien.

***

Quelqu’un vient de le frôler pour entrer dans l’immeuble dont il obstrue la porte. Il ne l’a pas vu venir. Au passage, il remarque distraitement que la personne a les pieds nus, ce qui ne l’impressionne absolument pas. Au point où il en est, il en faudrait bien plus pour qu’il s’étonne.

Puis, il entend à nouveau un bruit de pas dans son dos et les pieds nus réapparaissent dans son champ de vision. Il lève la tête et vois le joli visage d’une femme d’âge moyen encadré de cheveux trempés. Elle porte une jupette et un chemisier pour tout vêtement. Elle lui sourit.

Il croit reconnaître la femme de l’autre jour mais n’en est pas certain. Il détourne la tête, ne sachant pas s’il faut lui répondre ou non. Depuis quinze jours il n’a pas ouvert la bouche et s’en est trouvé très bien ainsi. Il décide de rester plongé dans son marasme et d’en exclure les femmes souriantes.

Il ne peut s’empêcher, cependant, de voir la femme traverser la rue devant lui. Elle s’est assise là, sur un banc, a replié ses jambes vers elle et les a écartées, retroussant une courte jupe qui lui ceint les reins.

Il fait presque noir et s’il ne l’avait pas vu faire, il n’aurait pas fait autrement attention à elle. Mais voilà, elle se trouve là, offerte, le sexe à l’air – il est certain qu’elle est nue sous sa jupe, sans pouvoir le jurer pour autant –, et ce spectacle lui est apparemment destiné, car il n’y a pas âme qui vive en rue ce soir.

Il a maintenant la quasi certitude que cette dame est sa complice de l’autre soir mais, abasourdi et à moitié saoul, il reste sans réaction aucune. Aussi, il la regarde un instant, puis replonge son regard vers le sol et retombe dans sa méditation.

Quelques instants plus tard, il surprend un nouveau mouvement sur le banc qui ne se trouve éloigné de lui que d’une dizaine de mètres. Elle s’est levée, a carrément retroussé sa jupette, et se masturbe franchement en le regardant.

Il la regarde fixement un long moment, puis détourne à nouveau le regard. Il s’est demandé ce que ce spectacle lui faisait et s’est mis à l’écoute de son corps. C’est vrai qu’il a senti quelque chose au niveau du bas-ventre, mais il ne s’est pas mis à bander pour autant. L’alcool sans doute. Cela l’apaise.

Perdu dans ses pensées, il ne l’a pas vu s’approcher de lui. Soudain, il revoit ses pieds nus à quelques décimètres devant lui. Il lève la tête et se trouve face à face avec son sexe nu qu’elle tient au niveau de son visage. Elle est debout devant lui, tout près de lui et lui pousse le sexe dans la gueule.

Il recule d’abord, puis, devant son insistance, il saisit des deux mains ses jambes, qu’elle a largement écartées, au niveau des chevilles, fourre son visage dans sa toison pubienne, et lui lèche et suçotte les lèvres du sexe. Elle se trémousse au-dessus de lui, lui pousse sa chatte au visage à chaque fois qu’il fait mine d’arrêter. Et cela dure ainsi un long moment.

Il apprécie l’odeur de pisse et de foutre qui se dégage de son sexe, et il se dit qu’il y a longtemps qu’elle s’est lavée la dernière fois. Comme il apprécie les odeurs fortes, il aime ça, d’autant qu’il croit se souvenir qu’il a en horreur les femmes qui se lavent tout de suite après avoir baisé.

Il ne bande toujours pas, bien qu’il soit émoustillé et, lorsque enfin elle se recule de quelques pas comme pour s’en aller, il baisse à nouveau la tête vers le sol, sans lui accorder le moindre regard.

Apparemment fâchée de son indifférence manifeste, elle se rapproche de lui à nouveau et lui pousse, cette fois-ci, son derrière au visage : elle s’écarte les fesses des deux mains et lui pousse l’anus dans la face.

Il redresse à nouveau la tête et se met à lui lécher la raie du cul, lui pénétrant le fion du bout de sa langue. Il constate qu’elle a du chier sans se nettoyer par après, ce qui le remplit d’aise. Lui aussi doit sentir la merde et la pisse à force de ne pas se laver.

Il prend donc son pied à jouer “monsieur caca” et cela dure longuement pour se terminer de la même manière qu’auparavant : elle fait quelques pas en avant tandis qu’il baisse la tête pour s’abattre dans ses méditations.

Mais il constate qu’elle ne désarme pas pour autant. Elle s’est, à nouveau, approchée de lui, le sexe à hauteur du visage qu’il a levé pour la troisième fois.

C’est alors qu’il reçoit en pleine gueule une giclée ambrée de pisse. Elle se soulage dans sa face et il ne détourne pas le visage. Il entre ouvre même la bouche pour goûter son jet saumâtre, approche ses lèvres de sa fente pendant qu’elle urine et absorbe les quelques gouttelettes ruisselantes alors qu’elle finit de se soulager.

Elle le regarde faire et grogne d’aise. Ayant arrêté de pisser, elle frotte son sexe poilu contre son visage barbu, puis se retourne, s’écarte les fesses une nouvelle fois et lui pète au visage qu’il n’a pas eu le temps d’abaisser. Sur quoi, elle le contourne et franchit le seuil de son immeuble, sans prononcer le moindre mot.

Il la laisse aller sans la suivre du regard et abaisse sa tête vers le sol, comme à son habitude.

***

Ayant enfin eu l’occasion de bien le dévisager, elle a ressenti un choc, l’ayant reconnu. Elle s’est rendue compte qu’il s’agissait de l’homme du bar, la nuit inaugurale de ses ébats de grande perversité sexuelle.

Elle en reste pensive, émue aussi, à la fois elle est émerveillée par ce curieux concours de circonstances.

L’aurait-il suivie ? Elle ne le croit pas. S’agit-il d’un vrai clochard ? Elle ne le croit pas non plus. Mais qui peut donc bien être cet étrange homme qui l’attire bien plus qu’il est raisonnable d’être attiré ? Qui peut être ce monsieur qui la magnétise sexuellement à ce point ?

Dans le hall de son immeuble, tout en étant absorbée dans ses méditations, et comme elle le fait depuis une quinzaine de jours, elle enlève sa jupe et son chemisier, et, nue comme un ver, emprunte l’escalier menant à son appartement.

Elle se sent profondément soulagée de ce qui vient de se passer avec ce clochard qui a su la faire jouir comme personne auparavant.

Personne ne l’a, jusqu’à lors, surprise en tenue d’Eve dans la cage d’escalier menant du rez-de-chaussée vers le premier étage.

Enhardie par ce constat, elle décide d’emprunter le lift pour monter jusqu’au deuxième étage, ce qu’elle fait, toute frissonnante. Mais personne n’emploie le lift à cette heure tardive et elle ne se fait pas surprendre.

***

Pour sa part, il a accueilli sa pisse et son pet avec bonheur et il n’en revient pas. Il prend conscience, tout en restant assis là, la tête pointée vers le sol, qu’il se sent profondément heureux pour la première fois depuis de nombreuses années. Peut-être bien depuis toujours.

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