1- Plume d’Ange

Chapitre 1
mardi 27 janvier 2009
par  Angélique
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Je m’appelle Nadège, et je suis comptable au service clientèle d’une petite société de composants électroniques. De petite normale et de corpulence moyenne, on me dit jolie. J’ai les Cheveux noirs que je porte long, un visage ovale et les yeux de couleur noisette. Voilà pour l’essentiel de ma personnalité. Cela fait 3 ans que je vis en couple avec Marc ; un électricien qui travaille souvent en déplacement, pour des contrats de longues durées, dans les métiers de la construction. Invitée au domicile d’une employée pour l’anniversaire de Marc ; je ne pouvais ignorer sa présence. Dès le premier regard échangé, nous nous sommes plu tout de suite. Joli garçon de grande taille aux cheveux châtains et aux yeux bleus, il fait tourner la tête à beaucoup de femmes. Il en a pleinement conscience, mais cela ne l’intéresse pas ; je suis son unique amour et cela lui suffit amplement.
Quelques semaines après notre première rencontre, l’échange de nombreux textos et une ou deux invitations à flâner au hasard des chemins de la ville. Marc emménageait dans mon appartement situé à C… une ville petite provinciale, à proximité de l’entreprise qui m’emploie. Marc, c’est le compagnon rêvé. Attentionné, tendre et courageux. L’humour à fleur de lèvres en plus.
Il ne me reste plus qu’à vous présenter Carine, une esthéticienne indépendante. Les cheveux châtains mi-longs, les yeux bleus. Plutôt grande et mince. Elle est coquette et toujours habillée à la dernière mode. Ma seule et unique amie. Je dirai même, ma confidente lors des longues absences de Marc. Carine est la seule personne à m’avoir offert de l’aide lorsque je suis venue m’installer dans mon nouveau logement. Depuis ce jour, nous sommes devenues les meilleures amies du monde.

***

Un oubli est souvent anodin. Il s’inscrit dans la courbe de la vie sans en modifier le parcourt. Parfois, c’est tout le contraire, il fait basculer jusque nos plus intimes certitudes. Qui sommes-nous vraiment ? Sans un oubli, je n’aurai pas vécu l’aventure que je vais vous raconter par le menu.

***

Vendredi 16 heures dernier jour de la semaine. Je prévois un week-end end en amoureux avec Marc. Cela sera possible après la vérification de la comptabilité trimestrielle de la société. D’habitude je ne prends jamais de travail à domicile. L’insistance de mon chef de service et un joli chèque libellé, oublié dans les livres de comptes, ont vaincu ma résistance. D’après lui, le travail devrait prendre une ou deux heures, pas plus ! Me voilà donc avec un week-end partiellement amputé par l’entreprise. Marc va encore râler que je travaille trop.
Sur le chemin du retour, je fais quelques achats pour le repas du soir. Pour gagner du temps, j’achète une grande pizza aux olives et une bouteille de vin. Quelques snacks viennent compléter mes achats. Il est 17 heures 30, j’ai juste le temps de rentrer et de me rafraîchir avant le retour de Marc.
Arrivée devant chez moi, je glisse la clé dans la serrure de la porte d’entrée ; heureuse de retrouver mon intérieur. La porte à peine ouverte, je suis accueillie par une odeur qui m’est à la fois inconnue et pénétrante. Un visiteur s’est introduit dans mon appartement. La peur au ventre, j’entre doucement et referme la porte derrière moi.
C’est avec étonnement que je vois sur la table de la cuisine les restes d’un petit déjeuner composé de cornes flakes et de lait. Une veste défraîchie est posée à même le dossier d’une chaise. À côté du frigo, une paire de chaussures, et un sac de toile usagé attendent leur propriétaire. Toutes les portes des armoires sont grandes ouvertes…
Une personne est entrée chez moi pendant mon absence ? Comment ? Pourquoi ? Perdue dans ces questions. La peur au ventre. Je continue à avancer dans mon univers, que je sens habiter par un autre.
Cette odeur m’accompagne où que j’aille dans mon appartement. Rendant invivable mon espace de vie. Dans la salle de bain, un bref regard circulaire des lieux m’indique que mon visiteur a utilisé les lieux. Essuies mouillés boulés, flacons de shampoing et de bain mousse renversés dans le fond de la baignoire. L’eau du robinet de la baignoire coule tout doucement. Comme dans la cuisine, la porte de la pharmacie est ouverte.
Poursuivant mon inspection du regard. Un tas de chiffons sous l’évier m’interpelle et me renseigne sur l’origine des odeurs, qui ont envahi l’appartement. C’est du bout du pied que j’étale le tas de vêtements sur le carrelage. La composition de ceux-ci ne laisse aucun doute sur son propriétaire ; mon visiteur est une visiteuse… c’est une femme !
Et quelle femme !? D’après l’état des vêtements, ce doit être une déshéritée sociale chronique. Rien n’est propre, rien n’est en bon état. Tout est usé jusqu’à la trame. Et encore et toujours cette odeur tenace qui me soulève le cœur et me fait vomir dans la cuvette des toilettes.
Me voici devant la porte de ma chambre à coucher. Laissée entre ouverte, je la pousse de la main…. Et je la découvre enfin ! En même temps que ma sortie de bain abandonnée sur le sol.
Installée dans mon lit, elle dort du sommeil du juste. Je suis soufflée par le culot de cette fille ! Elle s’est lavée chez moi, a enfilé mon peignoir et s’est installée dans mon lit.
Persuadée de ne pas être dérangée de toute la journée. Profondément endormie, impudique et totalement découverte. Elle est installée sur le ventre au milieu de mon lit, une main sous la joue. Les jambes écartées dans un total abandon. Le peu que je vois de son anatomie me permet de dire que c’est une vraie rousse ; écartelée ma visiteuse montre plus qu’elle ne cache.
Juvénile, potelée sans être grosse, elle me paraît grande. Son visage est tatoué d’un masque de taches de son clairsemées. Les lèvres sont pulpeuses et bien dessinées. La tête est entourée par une abondante chevelure rousse qui s’étale éparse sur son dos, parsemé de taches de rousseurs. Les reins creusés de la dormeuse mettent en valeur des fesses rondes et rebondies qui doivent être fermes.
Écrasée par le sommeil, elle dort la bouche grande ouverte. Marquant la taie d’oreiller d’une auréole de salive. Malgré le bain que la visiteuse a pris, la même odeur écœurante suinte tout son corps.

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