Le traineau de Noël

Alex Cordal
dimanche 7 janvier 2007
par  Alex Cordal
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La maison des Noël ressemblait à une tâche lumineuse perdue dans l’immensité neigeuse. A l’étage, Marie s’affairait à empaqueter les cadeaux en attendant le retour d’Albert son époux. Comme chaque 24 décembre, elle aidait Albert à préparer sa tournée. Il y avait énormément de sex-toys, cette année. Marie remarqua avec envie les nouveaux modèles de godes et autres plugs. Elle aurait bien aimé en essayer quelques uns, mais elle n’avait pas le temps, Albert Noël serait bientôt de retour, et il n’apprécierait pas que le chargement ne soit pas terminé. Marie imaginait déjà son mari conduisant le traîneau tiré par Couillu leur unique renne. Depuis quelques années, les gens croyaient de moins en moins à son mari. C’est pourquoi, il avait fallu restreindre le train de vie et licencier la plupart des lutins. Et Albert Noël avait été obligé de vendre les rennes et n’en conserver qu’un seul. Il avait décidé de garder Couillu, le plus robuste. Mais, fait exprès, ce matin, Couillu s’était senti mal, et Albert Noël avait dû l’emmener chez le vétérinaire. Il ne voulait pas prendre le moindre risque pour la tournée de ce soir.

Soudain, la sonnerie du téléphone sortit Marie de sa rêverie. C’était Albert :

– Allo, Marie. Y’a un problème. Couillu est vraiment pas bien. Je dois rester à son chevet chez le véto. J’ai téléphoné à Fouettard pour lui demander de me remplacer pour commencer la tournée. Il devrait arriver à la maison d’un instant à l’autre. Salut.

Marie eut un pincement au cœur en raccrochant. C’était le Père Fouettard qui allait faire la tournée de cette nuit. C’était insensé. À l’encontre de la tradition. Mais Marie était soumise, et Albert en avait décidé ainsi, alors tant pis, elle chargerait le traîneau pour Fouettard, et le guiderait pour sortir du hangar. Il était d’ailleurs temps d’y emmener les cadeaux. Elle appela Bacebit, le lutin d’astreinte pour l’aider.

En arrivant près du traîneau, les bras chargés des colis, Marie Noël réalisa soudain qu’il subsistait une lacune dans la solution de secours. Albert se faisait remplacer, certes. Mais le renne, qui allait remplacer le renne ?

– Mais c’est toi ma chère Marie. Ne t’en déplaise, Albert a pensé à tout.

Le Père Fouettard venait de faire irruption dans le hangar, et rappelait à Marie qu’il savait lire dans les pensées. Autant surprise par cette arrivée soudaine que par la réponse effrayante, Marie se retourna et observa l’homme pour qui elle n’avait jamais eu beaucoup de sympathie.

Fouettard était vêtu de cuir noir des pieds à la tête. Des clous brillants ornaient sa taille et ses poignets. Il tenait dans sa main droite le long fouet à l’origine de son nom. Il le leva et le fit claquer dans l’air.

– Déshabille-toi ! ordonna-t-il à Marie. Et ouvre le quatrième paquet, là-bas !

– Mais il fait froid ! rétorqua Marie. Et puis je ne suis pas équipée pour tirer le traîneau.

En disant cela, elle venait de réaliser qu’elle cautionnait malgré tout la demande de Fouettard. De toutes façons, par ses dons de télépathie, Fouettard devait déjà savoir qu’Albert l’avait déjà plusieurs fois attelée au traîneau à l’occasion de jeux BDSM. Le cuir s’enroula sur le bas des cuisses de Marie, juste en dessous de sa jupe, lui rappelant si besoin la dextérité de Fouettard dans le maniement du fouet. Il n’en fallut pas plus pour que Marie obtempère en s’empressant de quitter tous ses vêtements. Une fois intégralement nue, elle se saisit du colis indiqué. Elle lut l’étiquette qui portait le nom du destinataire : « Alex ». Et sur la ligne du dessous : « Kit d’attelage professionnel ». Pauvre Alex, pensa Marie, il n’aura pas de cadeau pour jouer les cochers cette année. La femme d’Albert Noël ouvrit le paquet et en sortit un magnifique harnais de cuir. Aidée de Bacebit, elle passa le harnais. Le lutin serra les courroies pour que les lanières plaquent bien le corps au niveau des épaules, de la taille et bien sûr dans l’entrejambe. À cet endroit, les deux bandes de cuir écrasaient la vulve et remontaient jusqu’à la taille en enserrant chacune une fesse. Bacebit glissa sa main entre les cuisses de Marie, et de ses doigts habiles, fit ressortir de part et d’autre du cuir les petites lèvres ornées de leurs jolis anneaux dorés car Marie était percée à cet endroit. Puis, sous l’œil attentif de Fouettard, il conduisit Marie entre les brancards du traîneau.

– Je t’autorise à enfiler des bottes et des gants, annonça Fouettard à Marie, car dehors il y a une bonne couche de neige.

Ça voulait tout dire. Soumise et docile, après avoir chaussé une paire de bottes noires et protégé ses mains avec des gants assortis, Marie se mit à quatre pattes. Bacebit fixa les gros mousquetons des brancards aux différents anneaux métalliques du harnais, jusqu’à ce que Marie fasse corps avec le traîneau.

À la demande du Père Fouettard, le lutin rajouta ce que l’homme en noir appelait la "sécurité" d’attelage. C’était un énorme plug relié au traîneau par une chaîne. Bacebit l’enfonça violemment dans l’anus de Marie, lui arrachant ainsi un cri, mélange de surprise et de douleur. Les rênes, habituellement fixées au mors de Couillu, furent attachées aux anneaux des petites lèvres vaginales. Marie comprit qu’elle allait devoir rapidement s’habituer à changer de direction chaque fois qu’elle sentirait une traction sur son sexe. À droite quand son cocher tirerait sur la lèvre droite, à gauche quand il s’activerait sur la lèvre gauche.

Fouettard vérifia le harnachement. Par simple plaisir charnel, il glissa sa main droite sous l’animal attelé pour palper les seins et le ventre. Puis il remonta vers les fesses et en malaxa les chairs.

– Je te sens en forme, conclut Fouettard. On peut commencer la tournée.

Il sauta sur le siège, se saisit des rênes et abattit son fouet sur la croupe qui s’offrait devant lui. Marie banda ses muscles et tira. L’attelage se mit en branle. Bacebit ouvrit la porte du hangar pour qu’il puisse sortir. Le froid extérieur glaça Marie. Mais elle n’eut pas trop le loisir d’y penser longuement. Déjà le fouet claquait une nouvelle fois. Puis le cuir lui cingla la croupe, encore et encore pour qu’elle accélère. Elle faisait ce qu’elle pouvait pour avancer plus vite, mais le chargement était si lourd ! Le fouet semblait pris dans une suite de mouvements ininterrompus. Soumise, résignée, docile et appliquée, Marie l’acceptait et mettait tout son cœur à tirer le traîneau pendant que le fouet poursuivait inlassablement son travail de stimulation. Le Père Fouettard n’avait vraiment pas volé son nom !



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