Le Chemin de l’enfer 10 et 11

jeudi 24 mars 2011
par  Claire Valmont
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Chapitre 10 : Chez Johanna

Paris, Quartier du Temple ; Samedi : 20h00.

Johanna vient nous ouvrir la porte. Elle a choisi une longue tunique qui la couvre de la tête aux pieds, certainement motivée par le fait de dissimuler à ses invités les traces de la veille. Elle me saute au coup, exaltée par la joie de me revoir. A peine les présentations d’Hélène et Sébastien faites, elle me tire à l’écart pour m’avertir que Jean est ici. Son annonce me fait l’effet d’une douche froide. Je retourne auprès de mes nouveaux amis pendant que Johanna va occuper de mon ex-fiancé. Immédiatement, je remarque qu’Eric a invité Hélène pour un slow, alors que Sébastien me convie également à danser et j’accepte avec plaisir. Du coin de l’œil, je surveille les deux tourtereaux qui s’éloignent discrètement vers le couloir opposé. Sébastien a littéralement les yeux dans mon décolleté et je l’entraîne vers le balcon, prétextant le besoin de fumer une cigarette. La fraîcheur du soir me saisit et je frémis légèrement. Voyant cela, Sébastien me prend dans ses bras et je m’y réfugie avec bonheur. Une douce tiédeur m’envahit tout le corps en me blottissant contre sa poitrine. Sentant mon alanguissement, il me serre d’avantage et m’embrasse langoureusement. Son baiser est plein de retenue, comme si il avait peur de moi. J’y réponds avec une fougue contenue pour l’inciter à s’engager d’avantage. Il réagit immédiatement et sa main s’approprie mes seins. Un peu préoccupée des couples qui nous entourent, je me recule dans un coin de la terrasse pour me laisser caresser plus intimement. Son autre main progresse le long de ma cuisse et remonte le bas de la robe pour englober la rondeur de ma fesse. Je reste là, adossée, impudique, à demi troussée, subissant ses cajoleries sous l’œil amusé des autres invités réfugiés sur le balcon pour y prendre un peu de fraîcheur. Une douce chaleur intime monte au creux de mon ventre et un besoin irrésistible me parcourt le corps. Mon galant l’a bien compris et s’en donne à cœur joie en me voyant suffoquer. Il pourrait bien me prendre ici, sur le balcon, devant tous ces spectateurs innocents, que je me laisserai faire. Il se joue de moi et prolonge ses caresses encore un moment. Par un effort surhumain, je me dégage et retourne progressivement à la réalité, tout en pensant qu’Hélène et Eric en ont peut-être fini, eux aussi. A regret, je m’échappe des mains par trop envahissantes pour retourner au salon, suivie de près par mon prétendant. Jean et Johanna viennent à notre rencontre. Je ne sais pas trop quoi lui dire. Jo me sort de l’embarras et fait les présentations en indiquant que Sébastien est le petit ami d’Hélène, qui comme par enchantement refait son apparition. Eric a disparu près du bar et est déjà en discussion avec une de nos anciennes camarades d’université dont j’ai oublié le nom. C’est à ce moment que Jean me prend par le bras et m’attire à l’écart.

— Tu ne m’as pas donné de tes nouvelles, se plaint-il.

— J’étais en Angleterre pour affaire, et je n’ai guerre eu de temps à moi.

— Et ce soir ? fait-il en me prenant par la taille.

Encore toute chaude du moment passé en compagnie de Sébastien, je lui accorde l’autorisation d’une danse.

— Ta robe est superbe, et tu la porte merveilleusement, me complimente t-il.

— Tu aimes ?

— J’adore, et dessous ?

Je soupire et lui avoue :

— Devines…

— Pour le haut, pas de problème, dit-il en jetant un œil connaisseur dans le profond décolleté, pour le bas, je suis tenté d’aller voir…

— Chiche !

Tout en me serrant, sa main descend le long de ma hanche. L’éclairage est faible, mais nous sommes nombreux sur la piste. Je suis un peu gênée de sentir le latex remonter derrière moi. Je me colle à lui, l’encourageant ainsi dans son exploration.

— Hum, pas grand chose à enlever…Murmure mon cavalier dans mon oreille.

Je suis littéralement liquéfiée, il n’en faut pas beaucoup plus pour que je succombe à la tentation. Ma respiration s’accélère, saccadée, mes yeux humides de plaisir l’implorent en silence de m’emmener.

— Viens, partons d’ici, allons chez moi, si tu veux, me propose t-il.

— Non, attends, on va trouver un endroit, suis moi !

J’essaie de me rappeler les méandres de l’appartement pour retrouver la chambre de Jo. Sûre de moi, j’ouvre une porte… Deux couples sont déjà sur le lit, entièrement nus et emmêlés, ils ne nous ont même pas remarqué. Je m’adosse à la cloison et attire Jean contre moi en lui défaisant sa ceinture fébrilement. Je prends sa virilité en main pour la caresser. Je la guide, elle s’enfonce en moi sans difficulté. Je subis son assaut, rapide, torride. Un coït bestial, sans préliminaire, violent, comme si l’instant présent était le dernier. Nous restons debout, l’un contre l’autre à nous observer. Les deux autres couples ne se sont même pas rendus compte de notre présence et continuent leurs caresses érotiques. Je les soupçonne de ne pas être dans leur état normal, vu l’odeur qui règne dans la pièce. Nous sortons enfin, rassasiés et heureux du moment. La fête bat son plein, mais je tombe de fatigue. Mes journées sont harassantes, aussi j’abandonne à regret mes amis pour rentrer chez moi.

Dans mon courrier, une lettre d’Angleterre. L’enveloppe bleue ciel en papier martelé porte les armoiries du comte Ferring. Une fine odeur de parfum masculin s’en dégage et je la presse contre mon cœur n’osant l’ouvrir. Je la pose sur la table basse du salon et je prends un bain avant de me couvrir de mon kimono favori. Je me blottis dans le canapé, jambes repliées sous moi pour ouvrir sentencieusement la lettre :

Chère amie,

C’est avec émotion et grand plaisir que je vous convie à assister à la partie de chasse à cour donnée ce week-end en la propriété de Lord Kingsley. Je vous sais bonne cavalière et j’espère sincèrement vous revoir à cette occasion. Vous pourrez prendre contact avec mon majordome pour qu’il puisse venir vous chercher à la gare.

Amitiés, Le comte Edouard Ferring.

Suivent les indications pour le voyage.

Je reste de longues minutes, incapable de penser, contemplant sans vraiment y croire ce bout de papier bleu clair, où une partie de ma vie peut basculer. Suis-je dans un rêve ? Je relis encore une fois les lettres qui palpitent devant mes yeux : Il m’invite pour une partie de chasse à courre ! J’ai déjà hâte d’y être. Je me couche avec la lettre serrée contre ma poitrine.

Chapitre 11 : La Chasse de Lord Kingsley.

Paris, Jeudi : 19h00

Hélène m’a donné une adresse du spécialiste de l’équipement d’équitation aussi, je me rends Boulevard Haussmann, pour y trouver les vêtements de cavalière dont je pense avoir besoin. Après quelques essayages, je suis très contente de mes achats : Une très belle veste cintrée au col montant, doté d’une fermeture à glissière double sens et deux poches extérieures, une culotte en fibres naturelles couleur caramel, une chemise « Donna » sans manche et une paire de gants en agneau, très fins. En rentrant chez moi, je retrouve mon casque et mes bottes que je rassemble avec mes nouvelles affaires.

Propriété de Lord Kingsley, Samedi : 10h00

Habillée en cavalière, je descends l’escalier de la cour pour rejoindre les autres participants de la chasse. Je me sens un peu gourde parmi tous ces gens de la haute société. Un laquais en livrée rouge me tend les rennes d’une magnifique jument. Dès qu’il m’aperçoit, le comte s’approche et dirige son cheval pour me saluer, je lui souris, trop ravie de le revoir.

— Merci d’être venue, votre présence illumine cette matinée, me flatte t-il.

— Cher comte, je ne sais pas si mes talents de chasseresse vous seront très utiles aujourd’hui.

— Nous verrons cela tout à l’heure, mais je suis sûr que vous ferez merveille…

Brusquement, une vingtaine de jeunes gens font leur apparition dans la cour. Je reste un moment à les contempler, interloquée devant ce spectacle. Il y a là une douzaine d’hommes et autant de femmes entièrement nus, juste chaussés d’espadrilles. Les laquais s’approchent et nous distribuent de longs pistolets à peinture comme ceux que l’on utilise dans les jeux de paint-ball.

— Quelle est cette comédie ?

— Lord Kingsley a décrété la chasse à cour trop cruelle, pour la remplacer, il nous a proposé cet autre divertissement.

— Il est hors de question que je participe à cette mascarade ! C’est humiliant et dégradant !

Me fixant droit dans les yeux, sourire aux lèvres, le comte me propose :

— Vous préférez peut-être faire partie du gibier ?

Relevant le défi et pour le narguer je pavoise en le dévisageant :

— Et pourquoi pas ?

Le comte me fixe quelques instants d’un regard qui me glace jusqu’au sang, puis dit :

— Et bien soit : Allez-y, descendez de cheval et rejoignez les, nous vous attendons, laissez moi prévenir Lord Kingsley qu’il y aura une « biche » de plus !

— Attendez, j’y mets une condition…

— Si elle est acceptable, je vous l’accorde ! Me coupe le comte.

Je me rapproche de lui, guidant ma jument au pas, les chevaux se touchent, nos jambes sont l’une contre l’autre. Je me penche un peu pour lui murmurer en le fixant dans les yeux :

— Comte, si c’est vous qui m’attrapez, vous pourrez faire de moi ce que vous voudrez, je serais votre esclave.

A cette époque, je ne pensais pas que cette petite phrase allait faire basculer ma vie.

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Commentaires

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mercredi 22 juin 2011 à 07h34 - par  Bizber

L’attente exacerbe le plaisir quand il arrive. Est ce pour cela que vous nous faites languir en attendant la suite de votre histoire ?
Tous vos récits sont d’un érotisme extraordinaire. J’ai adoré leur lecture, je devrais dire leurs lectures car je les ai lus plusieurs fois. Quand allez vous nous régaler de la suite ? Je suis en tout cas impatient.
Bravo et merci
Bizber

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