2 - Bénédicte

Chapitre 2 Début de soirée
mardi 27 novembre 2007
par  Ali
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La fin de la semaine semble particulièrement longue à Aurélien qui voit se traîner les heures tant son impatience est grande d’être enfin au samedi. Il est aussi, au fond de lui, un peu inquiet. Il a remis le déroulement de cette soirée entièrement entre les mains de Bénédicte. Que va-t-elle faire ? Jusqu’où est-elle prête à aller ? Et quelles en seront les conséquences pour leur couple ? Mais il se sent néanmoins prêt à aller jusqu’au bout, à assumer les risques pour que son fantasme se réalise.

Bénédicte, quant à elle, une fois sa décision prise, semble avoir retrouvé toute sa sérénité et paraît rayonnante, ce qui ne manque pas de laisser Aurélien perplexe.

Le matin du jour tant attendu, elle part, joyeuse et enjouée, chez la coiffeuse faire rafraîchir sa coupe qu’elle ne jugeait plus assez nette. Puis, en fin d’après-midi, n’ayant pu avoir de rendez-vous de dernière minute chez l’esthéticienne, elle s’enferme dans la salle de bains pour, après un long bain, se maquiller avec soin et épiler les quelques poils qui pourraient déparer, ses aisselles et les bords de sa toison toujours taillée avec grand soin. Contrairement à d’habitude, elle refuse énergiquement, cette fois-ci, la proposition d’Aurélien de l’y aider.

— Bon, d’accord, dit-il à regret, mais alors c’est moi qui choisis ta tenue pour ce soir !

— Hou là là ! s’écrie-t-elle, je crains le pire ! N’aggrave pas mon stress en me mettant mal à l’aise : je veux bien que tu choisisses, mais ne me déguise surtout pas en pute, hein ?

— Non, n’aies pas peur. Je vais te choisir une tenue sexy, mais convenable. Fais-moi confiance !

Dans la penderie, il choisit une jupe portefeuille évasée et assez courte que Bénédicte ne porte pas très souvent, trouvant qu’elle s’ouvre trop facilement à chacun de ses mouvements. Aurélien, lui par contre l’adore, allez donc savoir pourquoi ? Il pose aussi sur le lit un chemisier légèrement diaphane qui subit illico l’ablation de ses deux premiers boutons près du col grâce à des ciseaux bienveillants. Il ajoute un string de dentelle minimaliste et la paire d’escarpins qui accentuent si joliment la cambrure des reins de Bénédicte. Puis, satisfait de son œuvre, il attend son arrivée.

Quand celle-ci sort, drapée dans une serviette de bain, elle jette un rapide coup d’œil à la tenue proposée. Aurélien, en valet de chambre zélé, demande servilement si cela convient à Madame. Bénédicte doit convenir qu’elle n’aurait pas choisi ces habits-là, mais que, ma foi, les différents éléments en étaient bien assortis et que la tenue lui paraissait être tout à la fois sexy et convenable.

— Et puis, je la porterai avec plaisir, puisque tu l’as choisie et qu’elle te plaît. Il me semble pourtant que tu as oublié quelque chose, remarque-t-elle.

— Non, je ne crois pas, dit Aurélien avec un grand sourire.

— Et le soutien-gorge ?

— Ce soir, tu n’en porteras pas, décrète-t-il. Ce ne sera pas la première fois que tu t’en passes, n’est-ce pas ? Tes seins ont suffisamment de tenue et n’ont aucunement besoin de prison.

— Mais on va les voir à travers ce chemisier...

— Et alors ? Ils sont suffisamment beaux pour que tu en soies fière ! D’ailleurs, le chemisier n’est pas vraiment transparent, juste assez pour les laisser deviner. Ce qui me plaît.

Le traiteur, apportant le repas commandé, met fin à la discussion. Aurélien réceptionne les plats et règle pendant que Bénédicte s’habille. Quand il revient dans la chambre, elle est prête. Tournant devant lui sur elle-même et faisant virevolter sa jupe, elle lui demande ironiquement :

— Ma tenue convient-elle à Monsieur ? Est-elle assez provocante ?

— Oh oui ! Tu es vraiment magnifique.

— Surtout ma poitrine, n’est-ce pas ? Avec ce corsage, revu et corrigé par tes soins, si on ne voit pas assez mes seins par transparence, on peut y remédier sans peine par le décolleté.

Effectivement, l’échancrure découvre largement la poitrine de Bénédicte. Le décolleté est étourdissant. Il s’allonge jusqu’au milieu de ses seins magnifiques. Fermes et fièrement dressés, ils encadrent le médaillon qui, niché dans le creux de leur sillon, attire irrésistiblement le regard sur eux. Et, au centre des brunes aréoles, les tétons, impudiques, dardent fièrement et semblent vouloir percer le léger voile qui les couvre. Bénédicte, sous l’air impassible qu’elle arbore, n’est donc pas si insensible que cela. Et cette tenue provocante la trouble. Même si elle ne le reconnaît pas - et peut-être ne se l’avoue-t-elle pas à elle-même -, son corps, lui, la trahit et révèle son excitation.

— Je t’ai gardé les boutons, réplique Aurélien, d’un air faussement contrit.

— Tu es vraiment incorrigible, dit-elle en souriant. Heureusement que ton regard sur moi me fait me sentir belle et désirable dans cette tenue sexy. Sentir mes seins bouger librement à chacun de mes mouvements ne me déplait pas. Les sensations en sont agréables. Mais par contre, les montrer ainsi me gêne bien plus...

— Ne t’inquiète pas, tu es gênée car tu y penses. Oublie-les et tu verras, tout ira bien !

— J’espère bien. Mais c’est ta dernière invention et ta dernière intervention de la soirée ! N’oublie pas que ce soir, c’est à moi de décider de ce qui se passera ou ne se passera pas ! Quoi que je décide, tu l’accepteras. Nous sommes bien d’accord là-dessus ?

— Oui, c’est toi la maîtresse du jeu. Je me contenterai de regarder et de t’admirer...

*****

Bien qu’il s’y attende, Aurélien sursaute lorsque la sonnerie du digicode retentit. Il a l’impression que son cœur manque un battement. Il sent une boule se nouer au creux de son estomac. Bénédicte se tourne vers lui et lui demande :

— Tu es toujours d’accord ? On y va ?

— ... Oui, ... oui, on y va...

— A mes conditions ?

— Oui, comme tu voudras...

Bénédicte se dirige vers l’entrée de l’appartement et déclenche l’ouverture de la porte de l’immeuble. Le sort en est jeté. Il n’est plus possible pour lui de reculer et seule Bénédicte ...

*****

L’ascenseur s’arrête à l’étage. Bénédicte ouvre aussitôt la porte et Eric entre. Il lui fait deux bises comme d’habitude, puis lui tend une magnifique orchidée :

— Oh ! Elle est magnifique ! Mais j’avais dit pas de cadeau, lui reproche-t-elle.

— Ce n’est pas un cadeau, ce n’est qu’un modeste hommage. J’ai trouvé qu’elle te ressemblait. Et si tu la trouves magnifique, moi je te trouve sublime ! dit-il en la détaillant en souriant.

— Merci. Elle est vraiment belle. Ce présent me touche beaucoup. Que je t’embrasse !

Bénédicte pose la fleur, prend le visage d’Eric entre ses mains et pose ses lèvres douces sur les siennes en un rapide baiser. Surpris par ce geste inattendu, Eric n’a ni le temps ni la présence d’esprit de réagir que déjà elle l’entraîne dans la salle de séjour où Aurélien est resté et à qui elle fait admirer la fleur. Les deux hommes se saluent cordialement. Aurélien invite Eric à s’installer sur le canapé et lui propose de sabler le champagne en l’honneur de Bénédicte.

Bénédicte, elle, s’assoit dans un fauteuil bas, face de son invité, de l’autre côté de la table basse. Sa jupe s’entrouvre aussitôt, découvrant le haut ses cuisses. Négligemment, elle prend tout son temps pour remettre soigneusement sa jupe en place, avec une petite moue ambiguë à l’adresse de son invité. Eric, tout comme Aurélien, a tout loisir d’admirer ses jambes et peut même profiter de la vision fugitive de son string, avant qu’elle ne croise ses jambes et ne les recouvre.

Tous trois, coupe en main, trinquent joyeusement à l’anniversaire de la belle Bénédicte.

Celle-ci saisit alors une des coupelles d’amuse-gueules sur la table et, se penchant vers Eric l’invite à se servir. Sa position dévoile largement ses seins, dans l’échancrure du corsage. Eric a tout loisir de les contempler, se servant au jugé dans le bol, puis, comme un adolescent pris en faute, il relève précipitamment les yeux vers le visage penché vers lui. Bénédicte lui sourit, les yeux brillants. Puis elle tend la coupelle à Aurélien qui ne perd pas une miette du spectacle.

*****

Un peu plus tard, ils passent à table gaîment. A mesure que le repas, excellent, avance et que le champagne coule, l’atmosphère devient de plus en plus détendue et joyeuse. Comme à l’ordinaire, Eric se montre un convive agréable et enjoué, capable de captiver son auditoire avec ses anecdotes, tout en sachant ne pas se prendre au sérieux et se moquant parfois de lui-même avec humour.

Bénédicte, assise près de lui, se rend cependant parfaitement compte qu’il est surtout fasciné par son décolleté ensorcelant, par sa poitrine se balançant à chacun de ses gestes et qu’elle montre avec de moins en moins de gêne. Fasciné aussi par la vision de ses cuisses que sa jupe découvre haut à chaque mouvement et qu’elle ne prend même plus la peine de replacer maintenant.

Aurélien est ahuri par l’aisance de Bénédicte : dès l’arrivée d’Eric, toute la gêne qu’elle manifestait en l’attendant, quant à sa tenue, a disparu dans son attitude. Elle est maintenant parfaitement à l’aise, laissant les deux hommes admirer son corps à loisir. Elle semble même provoquer les occasions de le mettre en valeur, en scène presque.

Il se demande un instant, avec une petite pointe d’inquiétude, si ce n’est pas elle qui a finement manœuvré pour l’amener où elle voulait : lui faire endosser la responsabilité de ce dont elle avait envie et ainsi, éventuellement, se déculpabiliser. Mais il chasse bien vite cette idée incongrue : une telle attitude n’est vraiment pas dans la nature de Bénédicte, bien trop franche et directe pour concevoir un tel dessein. Non, elle a tout simplement surmonté ses réticences et ses scrupules. Elle a manifestement décidé de s’affranchir des règles de bienséance trop strictes. Elle est elle-même, assumant ses désirs. Aurélien se demande jusqu’où elle sera capable d’aller dans cette voie.

*****

Le repas achevé, Bénédicte sert le café qu’elle a souhaité qu’ils prennent au salon. Confortablement installés dans leur fauteuil, les deux mâles suivent tous ses gestes avec attention. Le service sur la table basse lui permet d’offrir à nouveau à leurs regards attentifs le spectacle de son corps évoluant sans contrainte. Les deux hommes semblent apprécier la situation et ne la quittent pas des yeux. Amusée, elle prend même quelques attitudes plus provocantes, leur permettant de contempler sa plastique tout à loisir.

Puis, quand elle a servi les deux hommes, sa tasse à la main, elle va s’asseoir sur l’accoudoir du canapé pour déguster son café, dévoilant largement ses longues cuisses fuselées. Elle ne prend pas la peine de les recouvrir et les laisse offertes à leur admiration muette. Les yeux scrutateurs des deux hommes, fixés sur elles, espèrent en entrevoir davantage. Vainement. Parfaitement consciente de leur attente, elle les laisse languir, souriant de leur impatience. Elle sent monter en elle un trouble délicieux qui l’envahit peu à peu. Le trouble de l’attente, de l’impatience. Le trouble du désir qui croît et vous submerge peu à peu. Que l’on espère assouvir sans savoir quand ...

Quand ils ont terminé leur café, la conversation se fait languissante. Eric attend une initiative de l’un de ses hôtes. Aurélien semble se perdre dans un monde intérieur et se tait. Enfin, Bénédicte, sourire aux lèvres, décide de provoquer Eric :

— Alors que penses-tu de ton début de soirée ?

— Formidable ! Mais j’ai comme l’impression d’être tombé dans un guet-apens...

— C’est un peu cela en effet, dit Bénédicte. J’espère que tu ne regrettes pas...

— Non, bien sûr ! Mais dis-moi, quel est le programme à venir ?

— Il dépendra uniquement de mon inspiration, de mes envies et de mes sensations.

— Et Aurélien ?

— Aurélien m’a donné carte blanche pour mon anniversaire. N’est-ce pas Aurélien ?

— Oui, c’est vrai. C’est la soirée de Bénédicte. C’est elle, elle seule qui décide de son déroulement. Je ne connais pas ses intentions. Ce sera la surprise. Ce soir, je ne suis que simple spectateur... et je ne peux, ni ne veux m’opposer à rien !

— C’est cela même ! Je suis la maîtresse du jeu ! C’est moi qui décide ! Et ma première décision est que le spectateur ne puisse rester que spectateur. Ou plutôt simple voyeur, serait plus juste. Je ne veux pas, mon chéri, que tu sois tenté au cours de la soirée, de devenir acteur. Ou de t’opposer à ma volonté et à mes désirs. Je vais donc te réduire à l’immobilité !

Bénédicte va prendre une des chaises à haut dossier dans la salle à manger et vient la poser à côté du fauteuil d’Aurélien. Elle l’invite à changer de siège, et lorsqu’il est assis, sans qu’ébahi, il n’ait le temps de faire un geste, elle saisit trois foulards dissimulés derrière l’un des coussins du canapé. Avec l’un d’eux, elle attache les poignets de son mari derrière le dossier. Puis elle lie chacune de ses chevilles à l’un des pieds avant du siège. Aurélien, stupéfait, se retrouve totalement ligoté, immobilisé sur la lourde chaise.

— Ainsi donc, tu avais préparé ton coup, tu avais tout prévu, tout manigancé à l’avance, dit-il enfin, revenant de sa surprise.

— Oh oui, j’y ai pensé avec fièvre durant tous ces derniers jours. Si tu savais comme cela m’a excitée ! Et je suis sûre que toi, te sentir dans l’incapacité de pouvoir intervenir te rendra la soirée encore plus intense, que cela va décupler tes sensations.

Puis se tournant vers Eric, médusé, elle ajoute avec un sourire charmeur :

— Ce soir, Aurélien me fait un cadeau, celui que je veux... Et le cadeau que j’ai choisi, c’est toi... Si tu veux bien accepter de l’être, mon cadeau... Oui ? Alors, maintenant dansons ! dit Bénédicte.

Aussitôt, elle se lève, pousse la table basse, met un disque de musique latino sur la chaîne et commence à onduler langoureusement, aussitôt rejointe par Eric. Bénédicte danse, virevoltant, se déhanchant avec fougue, tournoyant autour de son partenaire, plus avare qu’elle de ses gestes. Bientôt, elle se débarrasse de ses chaussures pour être plus à l’aise sur le tapis et invite son cavalier à faire de même. Les rythmes endiablés succèdent aux rythmes endiablés, les laissant tous les deux à bout de souffle.

— Ah ! Tu vois, mon chéri, voilà un homme résistant et endurant ! Comme je les aime ! dit-elle en souriant, parfaitement consciente du double sens de sa remarque. Mais cette danse m’a vraiment donné trop chaud !

Et sans cesser de se déhancher, les yeux dans les yeux d’Eric, en souriant, elle entreprend de déboutonner entièrement son chemisier dont les pans, en s’écartant, découvrent tout son buste. La pointe érigée de ses bruns tétons, offerts à la vue des deux hommes, trahit l’excitation qui l’habite. La musique continue, leur danse aussi. Mais Eric ne détache son regard des superbes seins qui se balancent en cadence sous ses yeux que lorsque sa partenaire lui tourne le dos, pour se déhancher, bras levés, face à Aurélien. Quand la musique s’arrête enfin, elle demande, mutine :

— Alors, Messieurs, cette soirée vous plait-elle ?

— Oh oui ! s’écrie Eric avec enthousiasme, pendant qu’Aurélien se contente simplement de hocher la tête en signe d’approbation.

— Eh bien, alors, je vais mettre une musique différente...

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