Annelage

La Dalmatienne
mardi 23 février 2021
par  Christine Arven
popularité : 2%
14 votes

Chapitre 1

Le dos ankylosé par une trop longue immobilité, Clara ou plutôt Nickie, son nom de chienne, se retourna cherchant vainement une position plus confortable. Le tapis avait beau être épais, elle se dit avec regret qu’il n’avait toutefois ni le confort et encore moins la douce chaleur du lit de son Maître dont elle avait été bannie pour la nuit. Mais bon, elle l’avait bien cherché !
Avec le recul, elle se demandait ce qu’il lui avait pris la veille au soir. Elle, d’habitude si docile et si empressée à satisfaire les désirs de son Maître adoré, avait fait preuve d’une indiscipline qui l’avait étonnée. C’est vrai que ce qu’il avait décidé pour elle lui avait paru, au premier abord, totalement inconcevable !
Ne lui avait-il pas fait part de son intention de l’emmener le lendemain matin chez un vétérinaire de ses amis (un vétérinaire !!! Elle en suffoqua encore d’indignation !) pour qu’il lui cèle son sexe par un anneau auquel serait suspendue une médaille portant la mention de son appartenance. « Ainsi, lui avait-il dit, nul autre que moi ne pourra te posséder sans mon approbation préalable. » Il lui avait même montré la petite plaque sur laquelle était gravée : « Nickie, propriété de A. » suivi de son numéro de téléphone ! Lui faire ça à elle, une Dalmatienne pure race totalement dévouée à son Maître bien-aimé ! Comme si elle était une vulgaire chienne bâtarde dénuée d’intelligence ! Pour qui la prenait-il ? Nul besoin, pour elle, de plaque pour savoir à qui elle appartenait et comment retrouver toute seule, dans l’hypothèse bien improbable qu’elle se perde, le chemin de la maison de son Maître ! Encore moins laisser quiconque la pénétrer sans son accord !
– Tu es MA chienne et j’exige que tu portes ma marque de propriétaire sur toi sans que tu puisses l’ôter, avait-il, pour une fois conciliant, tenté de la raisonner. Je veux que tout le monde sache que tu m’appartiens ! Tu devrais au contraire me remercier.
– Oui, mais moi je le sais bien mon Maître que je suis à toi. Je n’ai pas besoin d’une plaque pour me le rappeler ! lui avait-elle rétorqué boudeuse.
– Là n’est pas la question ! De toute façon, ma décision est prise ! Demain matin, nous irons voir Philippe que cela te plaise ou non ! Le chapitre est clos.
Ce n’était pas tant le fait de porter sur elle la marque de son appartenance qui l’avait contrariée. Bien au contraire, elle se sentait flattée et fière que son Maître veuille afficher à tous qu’elle n’était qu’à lui et que lui seul pouvait disposer de son corps. Mais elle avait ressenti une crainte instinctive à la pensée que des anneaux allaient transpercer la chair si délicate de son sexe ! En plus par un vétérinaire ! Mais comment avouer à son Maître cette inquiétude, somme toute si anodine, face à ce qu’il avait coutume de lui faire endurer et qu’elle acceptait sans rechigner ? Mais c’était ainsi ! Aussi irrationnel que cela soit, la seule idée de sentir ses lèvres intimes transpercées la terrorisait !

Cela faisait un moment qu’Arnaud caressait cette envie d’inscrire durablement sur le corps de sa soumise sa marque de propriétaire. Ne lui avait-il pas soufflé, ce qui avait fait frémir d’effroi Clara, qu’il songeait à une empreinte gravée à jamais dans sa chair ?
Au départ, il avait envisagé un simple tatouage apposé sur le haut de sa hanche. L’idée n’avait pas déplu à Clara qui avait frétillé d’aise à l’idée de ce nouvel ornement. Puis Arnaud avait décrété qu’un tatouage qu’il était toujours possible de faire disparaître au laser n’était pas suffisant. Il voulait sur elle une marque indélébile et définitive qu’il lui serait impossible d’effacer. Il lui avait alors expliqué que la seule solution envisageable était de la marquer au fer rouge.
– Comme on le faisait avant aux bagnards ou aux putains ? s’était-elle rebiffée d’une voix tremblante d’appréhension.
– Non, lui avait-il brutalement rétorqué, comme le fait un propriétaire qui marque ses animaux de son sceau !
– Mais mon Maître, avait-elle balbutié d’une petite voix, je ne suis pas du bétail.
– Tu es ma chienne, Nickie, ne l’oublie pas, donc un animal ! Je suis ton propriétaire, cette marque te le rappellera à chaque instant et pour toujours. N’es-tu pas d’accord ?
– Oui, bien sûr mon Maître, avait-elle répondu à moitié convaincue mais résignée.
Son Maître n’avait pas complètement tort. Elle était bien à lui quand Clara disparaissait pour laisser place à Nickie. Avec un pincement au cœur, Clara songea qu’au fil des jours, la femme libre et indépendante qu’elle était s’évanouissait au profit de la chienne docile que son Maître voulait qu’elle soit. Elle n’en éprouvait pourtant aucun regret et aucune tristesse. Au contraire, elle se complaisait chaque jour davantage dans cet état de soumission et de dépendance qui lui semblait être dans l’ordre des choses.
– Je préfère ! Mais tu viens de me donner une idée. Je pense que ce marquage ne doit pas être caché. Le haut de ton bras ou de ton épaule me semble donc être des endroits parfaits !
Puis Arnaud lui avait décrit dans le détail la forme que prendrait cette marque, la douleur qu’elle allait éprouver quand il appliquerait le fer rouge sur elle, le grésillement de sa peau, l’odeur de chair brûlée…
Elle avait, c’est vrai, en écoutant Arnaud, ressenti, faisant taire sa terreur bien légitime, un picotement de désir la transpercer comme chaque fois que son Maître l’entraînait à sa suite dans un délire sexuel dont elle était l’héroïne soumise et consentante. Clara n’avait pas réellement cru à cette intention d’Arnaud qui relevait davantage, à son avis, du fantasme que d’une réalité tangible. Mais comment savoir avec lui ? Toujours est-il qu’il y avait entre le fantasme et la réalité un énorme pas que Clara n’était pas sûre de vouloir et encore moins être capable de franchir.
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Commentaires

Logo de Henic
mardi 9 mars 2021 à 18h24 - par  Henic

J’aime bien ce texte qui, selon l’habitude de Christine, fait une bonne part aux pensées et sentiments, à la psychologie des personnages.
Clara, pardon, Nickie, est attendrissante dans son désir de plaire à tout prix à son Maître, et la dureté d’Arnaud est tempérée par le respect de sa soumise à qui il ne veut pas faire supporter des choses qu’elle n’aurait pas acceptées.
Cette manière d’écrire aide le lecteur à « entrer » dans l’histoire comme un participant, à s’identifier aux protagonistes, et pas seulement à les regarder de loin.