Le fût

vendredi 29 avril 2016
par  Anonyme
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Les pneus de la voiture faisaient craquer les graviers couleur marron de la cour. La rouille de la ferraille de l’usine avait fini par colorier le sol années après années, et maintenant que ce site industriel était à l’abandon, les choses ne faisaient que s’accélérer.

La berline de grande marque lentement s’immobilise, une porte s’ouvre, une chaussure vernie pose pied au sol suivie de l’autre, le jeune homme qui la conduit se redresse et ajuste ses lunettes de marque, jette un regard propriétaire sur sa nouvelle acquisition. Il s’appelle Mikael Shepard et acheter des vieilles entreprises en faillite est son gagne pain, bientôt une équipe d’ouvriers charognards viendra sur place découper et démanteler tout ce qui est revendable, fer, cuivre, acier, en moins d’un mois de travail, les gains de la revente rapporteront jusqu’à six fois le prix d’achat.

Appareil photo en main, il commence une visite des lieux, routine habituelle afin de repérer les zones d’intérêt.

L’ancienne usine de laminage est vide, chacun de ses pas fait écho dans l’immense hangar peuplé de monstres rouillés et les couloirs déserts, les piliers d’acier projettent des ombres menaçantes et quelques rongeurs s’enfuient à son approche.

Une bonne trentaine de photos faites, il se prépare à partir lorsqu’il voit dans un monte-charge, ce qui lui semble être un voyant allumé. Effet d’optique ? Cela attise sa curiosité, il s’approche donc de ce vieux plateau poussiéreux mais assez grand pour y loger une voiture, et regarde de plus près en couvrant le bouton de sa main pour masquer d’éventuel rayon de soleil qui pourrait l’abuser. Non, le voyant est bien alimenté électriquement.

Mikael essaye de comprendre, de rationaliser, l’usine est fermée depuis plus de huit ans. En outre, baissant son regard il peut voir aussi des traces de pas dans la poussière, elles lui semblent même assez récentes.

Il appuie le bouton poussoir et le plateau commence à se secouer en grinçant dans un vacarme métallique horrible, afin de lentement descendre vers un sous sol de stockage et d’entretien. L’arrêt est aussi bruyant que la descente et peu rassurant. Face à lui des couloirs sombres et de vielles canalisations gouttant par manque de maintenance. Cela lui suffit à lui donner un avis sur la salubrité des lieux, mais une faible lueur semble être émise par delà d’interminables rideaux en plastique, épais, qui furent transparents en leur temps. Chacun de ses pas résonne lentement, de ses avant bras il écarte les bout de rideaux et s’approche d’une lumière et du bruit assez caractéristique d’un générateur électrique. Il pense à quelques squatteurs ou clodos venus s’installer dans l’usine désaffectée. Sans vouloir chercher une confrontation directe, il était sage de leur dire que des ouvriers allaient venir pour tout démonter.

Le dernier rideau tiré, il accède à un local sombre mais occupé par un véritable capharnaüm d’objets, une vielle lampe d’époque éclaire une table en inox comme utilisée dans les morgues, dans un coin un chariot en vrac avec divers outils dessus, mais aucun ne semble rouillé. Dans l’autre coin, une lumière verte lui attire l’oeil, un petit écran carré dessine la ligne régulière d’un électro- cardiogramme. Tout cela devient de plus en plus étrange et inquiétant. Une légère panique commence à le saisir et il fait un bond lorsque d’un mouvement maladroit il fait rouler une canette de soda vide au sol.

Quel idiot s’écrie-t-il, il se faisait peur tout seul. Il se baisse pour ramasser la canette et c’est là qu’il voit un fût métallique de format classique, mais dont le couvercle laisse passer différents câbles, tuyaux, dont une dizaine de tuyaux venant de poches à sérum physiologique installées en batterie sur un distributeur automatique. L’électrocardiogramme... le sérum... quelque chose de vivant se trouve dans le fût !

Il prend son téléphone en main, désireux d’appeler la police, les secours, il tremble, pas de réseau... trop de métal autour de lui brouille les signaux. Il pose un regard autour de lui, fuir, partir, son instinct lui murmure d’être lâche. Ses yeux vont et viennent comme un gosse qui a cassé quelque chose et cherche un moyen pour le cacher à ses parents. D’autres détails lui apparaissent, un sac de linge contenant des habits de femme en vrac, de vieux cartons de pizza, une mallette de jouets sado- maso.

Il souffle un coup et tente de se calmer. Se rassure sur sa maîtrise des choses, rajuste sa veste et sa cravate. Un détail inutile mais un toc qui lui redonne confiance. Ainsi remotivé il fait un pas vers le fût, et le toque du doigt. Il semble plein, sans zone de creux, un robinet à sa base permet de le vidanger. Il s’assure d’un écoulement possible en suivant du regard une légère pente jusqu’à la grille centrale de la pièce.

Il tourne la vanne, un liquide jaune coule, l’odeur est forte et caractéristique, il pense la reconnaitre mais se refuse de le concevoir sachant qu’une chose vivante est dans le fût. Il cherche du regard dans l’atelier quelques chose d’utile, prend entre ses doigt une bande de linge qu’il trempe dans le liquide qui se déverse et l’hume... l’odeur lui confirme ses doutes, de la pisse.

Quelle créature vivante peut bien être enfermée dans un fût remplit de pisse ? De longues minutes passent et enfin l’immonde liquide cesse de couler. D’une main tremblante il en saisit le cerclage et fait sauter le couvercle.

Le regard hésitant, la crainte d’une chimère ou autre, il avance lentement le regard. L’odeur piquante est encore assez forte pour lui irriter les yeux, il se repend à deux fois avant de supporter l’odeur et de découvrir l’horreur.

Attachée dans un ensemble de latex et de sangle de cuir, une jeune femme nue par endroits est recroquevillée en fœtus par un ou des experts en bondage extrême. Elle porte une étrange culotte dotée d’un mini broyeur portatif, duquel part un tuyau qui remonte à un masque qui enveloppe sa bouche. Quelques gargouillis de bulle et de merde mixée remontent le long du tuyau qui lui gave la bouche. De ses narines deux tuyaux fins remontent au couvercle, seul entrée d’air pour la tenir en vie. Enfin divers capteurs placé çà et là, ainsi que des aiguilles sous sa peau, surveillent ses fonctions vitales et distribuent les doses de sérum par un réseau de tuyaux et de fils.

L’homme a un instant une réaction de dégoût, se recule et à juste le temps de se retourner pour vomir son repas au sol. Une sueur froide le tétanise sur place. En tremblant il reprend son téléphone, mais il lui échappe et glisse par petits rebonds jusqu’à la grille centrale sous la table. Pour finir par se coincer entre deux ouvertures. Il jure tous les saints et aussitôt et s’en veut d’avoir crié... et si les fous sont encore là ? Et qui est cette fille ? Sur quoi est-il tombé ?

Le téléphone en main il tremble encore pour composer le numéro de la police... enfin ça décroche, mais c’est pour être mis en attente. Un long soupir, il commence à réfléchir à ce qu’il va dire... bon sang, il est propriétaire des lieux, complice ? Les idées confuses il raccroche pour retrouver ses pensées claires.

De nouveau devant le fût de métal, l’angoisse au ventre, il le penche afin d’en extraire la fille. Il l’empoigne par une sangle et la glisse hors de sa prison de métal. Sur ses oreilles et ses yeux une cagoule de latex la protège du jus immonde qui la recouvre encore. Ses chevilles croisées sont attachées entre elle par des sangles en cuir épais tout comme ses poignets, ajoutées à ces attaches par des sangles à anneaux. Ses seins de très bonne taille sont découverts, et dans ses tétons sont placés de façon très sadique quatre petits écarteurs tendus par des chaînettes, accrochées à son corsage, pour ceux d’en bas et à sa minerve pour ceux d’en haut. Bien étrange collier en cuir renforcé qui lui garde la tête droite, doté lui aussi de quelques anneaux pour d’autre usages.

Ce système d’écarteurs lui ouvre les canaux mammaires de façon douloureuse et vulgaire en la dilatant. Dans les mamelons, plus profond dans la chair, passent des anneaux de quatre centimètres qui ont dû demander du travail pour être mis en place. En outre ceux-ci semble être d’une seule pièce. Mikael continue à explorer de son regard la pauvre soumise et commence à sentir naitre en lui un certain trouble.

Son ventre est couvert de fines sangle de cuir en travers, certaines servent à tenir l’infernale machinerie de recyclage qui renvoie en circuit fermé ses déjections dans sa bouche, d’autres ne doivent avoir d’autre usage qu’esthétique ou de compression abdominale. Et puis ses jambes, fines et lisses, parfaitement épilées, se terminant par ses pieds adorables glissés dans des escarpins noire dont les lacets remonte graduellement sur ses mollets et les serrent avec grâce.

Sa peau blanche couverte de pisse ruisselle doucement alors qu’elle sèche naturellement. Profitant de sa liberté relative la créature prend lentement ses aises, roule sur dos... et écarte les cuisses. Mikael la regarde, bouche bée, son érection se poursuit dans son pantalon. Une dualité s’installe dans son esprit, la moralité et l’humain contre son côté sombre et le fantasme de l’interdit. LIRE LA SUITE

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