Hélène

Chapitres 15 et 16
vendredi 18 mars 2022
par  lahoule
popularité : 1%
35 votes

Hélène était assise dans le grand fauteuil de sa suite, prostrée, une lettre dans les mains. Son contenu la révoltait. Non seulement Nasaki s’arrogeait le droit de la convoquer, mais en plus il émettait des exigences outrageuses.
—  Pour qui se prend-il celui-là ? S’il croit qu’il peut décider de moi à sa guise, il se trompe.
On frappa à la porte.
—  Entrez, c’est ouvert !
Arturo pénétra dans le salon et s’arrêta et contempla son étrange amante et patronne.
Dans son fauteuil, celle-ci n’avait pas pris garde à sa position. Sa jupe noire fendue était remontée largement au-dessus de ses bas et laissait apercevoir une fine dentelle noire du plus bel effet.
—  Puis-je entrer, patronne ?
—  Évidemment, quelle question !
—  C’est que…
—  Oh, pardon, fit immédiatement Hélène, je ne m’étais pas aperçue…
—  Pas de problème, le spectacle en valait la peine, vous êtes très sexy, ainsi.
—  Excusez-moi, mais je n’ai vraiment pas l’envie de plaisanter !
—  Que se passe-t-il ?
Pour toute réponse, elle lui tendit le papier qu’elle tenait depuis un long moment et qu’elle connaissait par cœur, à force de relectures.

« Vous tenez entre vos mains une part de votre destin.
Ou vous déchirez cette lettre et vous oubliez le futur de votre entreprise au Japon ;
Ou, vous la lisez jusqu’au bout et le destin de votre entreprise est en vos mains.
Comme je vous l’ai fait comprendre sans détour, je vous veux à moi
Comme condition à la poursuite de nos affaires.
Je n’attends rien d’autre de vous que votre soumission totale pour une nuit.
Cette condition incontournable de ma part vous laisse votre entière liberté.
Mais ce contrat accepté, vous ne pourrez plus vous dérober.
Je ne connais pas le lien qui vous unit à votre collaborateur, peu m’importe, il s’agit de vous et de moi.
Vous avez largement eu l’occasion de connaître l’univers qui me sied, donc vous savez vers quoi vous pousse votre décision.
Si vous acceptez et que vous restez en pleine connaissance de cause, vous vous conformerez aux ordres suivants :
Vous revêtirez ce qui vous sera apporté et uniquement cela ;
Vous vous maquillerez avec les produits qui vous seront donnés
Vous passerez les bijoux présents dans le coffret ;
Vous attendrez dans le hall d’entrée jusqu’à ce que l’on vienne vous chercher.
Votre collègue pourra vous accompagner, mais ne pourra intervenir.

Ces conditions ne sont pas discutables.
Vous avez le choix de les accepter ou de les refuser ; votre présence sera la signature de votre acceptation inconditionnelle.
Nasaki »

—  Vous ne dites rien ?
—  …
—  Mais parlez, je vous en prie, Arturo !
Arturo posa la lettre sur la table, s’approcha d’Hélène, de l’index il lui souleva le menton pour qu’elle capte ses yeux. Elle fut obligée d’écarter les jambes pour lui faire la place. Il baissa les yeux sur elle et la scruta pendant une longue minute pour lui faire comprendre tout le lien qui l’unissait dorénavant à elle. Lentement, il baissa sa pression sans la quitter des yeux et disposa son doigt à l’entrée de ses lèvres. Les larmes aux yeux, elle suivit le doigt et il la prit dans ses bras.
—  Je….. vous… Je ferai tout ce que vous me….. demanderez, dit-elle en gardant son maître entre ses dents. Je…. suis à…. vous. Je… vous obéirai, mais…… Et elle maintint un long silence avant d’achever……seulement à vous !
Il essuya ses larmes, l’embrassa sur les lèvres doucement, longuement, comme il ne l’avait jamais fait jusqu’à ce jour.
Ils venaient de se donner mutuellement l’un à l’autre.

Hélène était restée étendue dans le sofa après le départ d’Arturo qui devait régler certains détails concernant le dossier secret. Incapable de bouger, elle se vivait en elle, comme elle le découvrait depuis quelque temps. Nouvel aspect de sa personne, elle était capable d’une introspection qui, tout en se projetant au plus profond de son être, opérait une distanciation et ouvrait ainsi un nouvel horizon de ses connaissances. Elle était capable de s’observer vivre, tout en en ressentant les émotions. Les vertiges étaient au rendez-vous, les abîmes se laissaient vivre, non comme des dangers, mais comme des possibilités de mieux appréhender les instants, les rêves et… les fantasmes. Ceux-ci, depuis quelque temps, étaient au rendez-vous ! Surtout dans sa relation avec Arturo. Progressivement celle-ci lui devenait exigeante dans son cœur comme dans son corps. Elle se révélait comme un besoin, une impérative nécessité. Face à lui, elle avait envie de se perdre et de se laisser conduire. Qu’il n’ait pas réagi autrement face aux exigences de Nasaki lui paraissait subitement normal. Il attendait d’elle qu’elle sache faire face aux nécessités, mais se doutait également qu’il réagirait le moment venu. D’avance elle en eut peur, mais également en ressentit du trouble.
Elle fut réveillée de sa méditation par les coups à la porte. Un peu somnambule, elle alla ouvrir et se trouva face à Kato qui lui tendit une missive.
—  Je vous remercie !
—  Attendez, Madame, on m’a dit d’attendre votre réponse !
Hélène prit le pli, l’ouvrit.

« Ainsi que convenu, vous êtes à moi, si vous renvoyez ce mot signé de votre part :
Je reconnais à M. Nasaki le droit d’agir vis-à-vis de moi comme bon lui semblera pour la durée de 24 heures.
Ensuite nous serons libérés de toutes contraintes mutuelles et les affaires conclues pourront aller de l’avant. »

—  Mais pour qui se prend-il celui-là ! lâcha-t-elle dans un dernier accès de colère, bien vain hélas.
Elle saisit son stylo et la main tremblante de rage, comme d’émotion, elle parafa le mot qu’elle aurait voulu détruire.
—  Voilà ! lança-t-elle avec brusquerie.
Le réceptionniste avait à peine quitté le palier de la chambre que l’on frappait à nouveau.
—  J’arrive !
—  Bonsoir, Madame Hélène !
—  Bonsoir Tsunamis ! Qu’y a-t-il que je puisse faire pour vous ?
—  Excusez-moi, Madame, je suis à votre service et j’ai reçu l’ordre de vous préparer !
—  Pour quel événement ? fit-elle en tentant de garder une vaine innocence.
—  J’apporte vos effets pour aller chez Monsieur Nasaki !
—  Ah ! Vous êtes donc au courant de cet odieux chantage !
—  Hélène, soyez assurée de mon amitié et je serai sans doute à vos côtés. Voici de quoi vous vêtir. Elle déposa un grand carton sur le sofa. Venez, je vais vous aider. Passons à la salle de bain.
Une autre Tsunami se révélait à Hélène, beaucoup plus sûre d’elle, entreprenante et pour une fois dans une tenue tout à fait conventionnelle. Hélène la suivit sans plus de commentaires. Tout naturellement elle se déshabilla devant la jeune japonaise qui, à la grande surprise d’Hélène, en fit de même. LIRE LA SUITE

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Commentaires

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dimanche 20 mars 2022 à 23h14 - par  de Perry

L’histoire avance. Elle plaît surtout à celle ou celui qui aime de longues tirades de dialogue avec un tout petit peu d’action. C’est bien écrit dans le style régulier, sans sentiment, très froid lors des actions chaudes. Une agréable lecture. Sylvain.

Logo de Henic
vendredi 18 mars 2022 à 16h52 - par  Henic

Les personnages sont vraiment très typés : de plus en plus sympathiques pour les uns, de plus en plus antipathiques pour les autres (il n’y a que Kato dans ces deux chapitres, mais cela englobe ceux de son « parti »).
Les plaisirs ressentis par ces dames sont-ils réalistes ou pure vue de l’esprit de l’auteur ? En tout, cas, elles sont nettement plus capables de profiter à répétition que leurs Maîtres, et n’en sont semble-t-il pas privées !
Pour parvenir à leur fin, nos amis Européens devront certainement veiller à ce que leur adversaire ne perde pas la face : ce serait le meilleur moyen de tout flanquer par terre, et il ne semble pas que Nasaki soit du genre à se faire seppuku... Cela étant, comme il a déjà récupéré des documents compromettants, cela limite les risques.
Vraiment, cette histoire est bien menée et fort agréable à lire, avec un emploi de l’imparfait du subjonctif qui ravit l’amateur.