WEAR, CARE AND CARESS 3/3

lundi 19 septembre 2011
par  Germain Dumas
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— On m’a dit que pour lui, c’est tant pis ou tant mieux, c’est à lui de gérer l’état de son corps ; en plus de ça, on a démontré qu’un homme en érection est beaucoup plus résistant que s’il est au repos ; donc, pourquoi ne pas en profiter…
— Ah… Donc, il vaut mieux les exciter avant de les fouetter !
— Ça, pour moi, c’est certain. Mais pour d’autres spécialistes, les couilles sont trop fragiles pour qu’on prenne le moindre risque ; d’après eux, pour être correctement fouettés, les hommes doivent porter une protection ; s’ils sont en érection, on peut leur suspendre une petite bavette en cuir devant les couilles ; mais … ni trop longue ni trop large !
— Oh, la, la… Ça doit paraître impudique, non ?
— Oui, et c’est sûrement adorable… Mais Maurice disait que le mieux, c’est quand même une petite bourse en cuir avec son lacet ou son élastique ; ils appellent ça une aumônière.
— Ah, oui…
— On en fait même en peau de chèvre, avec les poils !
— Super… Donc, sur un homme nu, avec une bourse par précaution, ou même sans rien du tout si on est très adroit, on peut y aller à plein bras au fouet ou à la cravache ? Même en sachant qu’il souffrira encore plus qu’une femme ?
— Voilà, tu as tout compris.
— Hm… Ça donne envie, je t’assure…
— Et attends… Tout cet enseignement, c’est aussi valable pour ceux qui préfèrent subir le fouet plutôt que de le donner.
— Parce qu’ils bénéficient de tous ces conseils, bien sûr…
— Bien sûr ; d’ailleurs, à eux aussi, il y a des tas de choses à leur enseigner : les bonnes positions, la souplesse du corps et des muscles, la maîtrise du souffle, les façons de bouger, de frétiller ou de gigoter, d’offrir franchement tout son corps ou se refuser, de se montrer obéissant et soumis, ou au contraire violent et combatif, de danser gracieusement sous le fouet pour exciter l’autre, de maîtriser sa respiration, de manifester sa douleur ou au contraire de la cacher, de supplier ou de gémir… Et avant tout, il faut connaître l’usage des mots de passe, parce que c’est leur dernier refuge…
— Ah, oui… Et le choix des ustensiles ?
— Ah, oui… c’est très important ! Selon la silhouette, on ne peut pas envisager de fouetter de la même façon quelqu’un de longiligne ou quelqu’un de bien en chair… En plus, il y a l’éternelle question de peau…
— C’est—à—dire ?
— Eh bien… en gros, on ne doit pas fouetter de la même façon une peau fragile et une peau solide !
— Ça, c’est évident, c’est une question de bon sens…
— Oui, mais il faut connaître les peaux, justement ; en plus, il faut tenir compte de la cellulite ou de la graisse…
— Ah, oui ?
— Bien sûr ; ça amortit les coups, ça protège les terminaisons nerveuses profondes. Et puis, la sensibilité au fouet dépend de l’état musculaire, le corps réagit différemment selon que les muscles sont en contraction ou qu’ils sont relâchés ; donc, il faut choisir ses instruments en conséquence.
— Oui, pourquoi pas ; et toi, qu’est—ce que tu en penses ?
— Moi ? Je suis à la recherche de la variété et de l’inconnu. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi la façon d’attacher ou de suspendre le sujet…
— Qu’est—ce que c’est, le sujet ?
— C’est comme ça que l’on nomme celui ou celles qui sera fouetté… Oui, selon la façon dont le sujet sera attaché, ça lui offrira des sensations différentes, bien sûr… Et puis il y a les accessoires, les calmants ou les excitants…
— Ah, bon ? Vraiment, les excitants, ça existe ?
— Bien sûr ! En plus de l’alcool, il y a les orties, la glycérine, le piment ; et de l’autre côté, il y a les crèmes adoucissantes, à l’arnica ou à l’huile de lavande.
— Ah, oui…
— Et il y bien d’autres connaissances à maîtriser : les bâillons, les signaux de détresse, et même jusqu’aux contrats de séance ! Ils maîtrisent tout ça, eux, et s’ils m’en ont parlé, c’était pour me mettre en confiance, tu vois…
— Oui, enfin… même si ce ne sont que des paroles, ça donne confiance !
— Oh, mais attends, que je te raconte ça, aussi… Dans la grande salle, il y avait un appareil ancien… tu sais, pour visionner des photos en stéréo…
— Ah, oui… Quand j’étais petite fille, j’étais en visite chez mon grand—père et j’ai regardé des photos cochonnes dans ce genre d’appareil…
— Oui, eh bien… celui—là a été modernisé et il accepte les CD, alors tu vois…
— Ah, oui… le cinéma pour soi—même, quoi… Et alors ?
— Eh bien Vincent m’a montré un film, et… Écoute, je peux te le dire, il a duré seulement quelques minutes, mais pour moi, ça a été des minutes… vraiment très intenses…
— C’est—à—dire ?
— Eh bien… voilà, je te raconte ce que j’ai pu voir : d’abord, un beau garçon suspendu par les bras sous la corde, reposant à peine sur le sol du bout de ses pointes de pieds ; il était nu, costaud et bien fessu, et il était bien viril, il bandait haut et ferme, au moins jusqu’à son nombril…
— Ah, oui…
— Ensuite, on voit apparaître une belle brune en chemisette translucide, et qui tenait cette longue cravache que j’avais encore en main, justement… À peine arrivée, elle s’est mise nue pour qu’il puisse contempler ses seins dressés, ses fesses bien cambrées et sa large toison d’un noir profond et soigneusement tondue à un centimètre, tu vois un peu… Une silhouette irrésistible, quoi…
— Hm… Oui, je vois, je vois…
— Alors elle lui a fait face, et sans attendre, elle a commencé à le fouetter à larges gestes… Comme le garçon était déjà très excité, elle a commencé par le mettre en transe par quelques coups moyens mais assez rapides, un peu partout, au début, sur tout son corps puissant et musclé ; mais ensuite, le vent s’est levé, c’est à plein bras qu’elle le faisait bondir, piaffer, trépigner… C’était magnifique, ça sifflait, ça se débattait, ça claquait, ça caracolait… enfin je t’assure, c’était magique !
— À ce point—là ?
— Oh, la, la… Le plaisir qu’ils y prenaient tous les deux, ça se voyait clairement ! Une véritable cérémonie en l’honneur de la cravache !
— Oh, vraiment ?
— Je t’assure, un vrai poème ! Elle le cravachait à plein bras, on aurait dit qu’elle l’enlaçait… et lui, il se débattait à pleines jambes, on aurait dit qu’il dansait sur de l’air… Il gémissait à pleine voix, comme s’il chantait pour elle, et elle, son coup de cravache partait chaque fois pour marquer la cadence… Entre chaque coup, il la contemplait avec émerveillement, on voyait combien il la désirait, alors qu’elle, on comprenait parfaitement qu’elle l’aimait, elle le buvait des yeux …
— Oh, écoute, Carla… Quand tu racontes comme ça… c’est autre chose que de regarder du porno, je t’assure… Et alors, pour finir ? Tu en as eu envie ?
— De la fille ? Euh… oui, bien sûr, mais pas seulement : j’avais surtout envie de sa cravache !
— Pour fouetter, ou pour être fouettée ?
— Eh bien… les deux… Si tu avais vu, elle était heureuse, fière de sa nudité, fière de manier la cravache avec une telle maîtrise… Peu à peu, elle fouettait de plus en plus vite, et elle a continué à le fouetter à plein bras, toujours sur les fesses et sur les cuisses malgré les gémissements et les trépignements du garçon… ou plutôt à cause du spectacle qu’il lui offrait ! Oh, elle savait ce qu’elle faisait, la belle : ce beau garçon si viril et si musclé qui se débattait devant elle, elle a réussi à le conduire jusqu’à l’orgasme, jusqu’à le faire exploser contre elle, comme dans un coup de folie ! C’était superbe, mon cœur battait… Je t’assure, j’en étais toute retournée …
— Là, j’imagine très bien…
— Tu sais, d’avoir assisté à l’extase de ce garçon… sur le moment, j’étais si émue que j’aurais donné n’importe quoi pour voir une suite… N’importe quoi, tu comprends… et voilà que Maurice me propose de voir le film au verso, si l’on peut dire, avec les mêmes personnages, en retour…
— Non…
— Si, si, et avec la même cravache, mais cette fois, c’était le même garçon qui fouettait la même fille ; tu imagines un peu ?
— Oui… Ça aussi, j’imagine ; et alors ?
— Eh bien… c’était superbe, là aussi… D’abord, parce qu’aussi bien l’un que l’autre, ils étaient jeunes, gracieux et nus… Mais aussi parce pour moi, c’est devenu évident qu’ils aiment le fouet, pour le donner comme pour le recevoir, et autant l’un que l’autre ; ça se voyait clairement : elle, avant chaque coup, elle lui tendait ses belles cuisses bombées, ou elle agitait sa belle poitrine, ou elle lui présentait ses fesses en forçant sa cambrure… Je t’assure, cette fille s’offrait à lui et à sa cravache, c’était clair ! Et lui, à chaque coup qu’il lui préparait, le désir se lisait nettement sur son visage ! En plus, il bandait vraiment très dur, sa bite était collée à son ventre pendant toute la séance, je te jure !
— Hm… C’est beau, ça, et c’est rare, paraît—il…
— Oui ; enfin… le film était plus court mais… de voir la jeune fille se débattre sous les claquements du cuir, tu n’imagines pas comme c’était prenant… Surtout que vers la fin, les cris qu’elle poussait pouvaient être de douleur aussi bien que de jouissance… Je t’assure, on aurait dit une danseuse prise au piège de la cravache, et pourtant, entre chaque coup, on la voyait sourire au garçon, et comme pour le prier, pour l’encourager à la fouetter sans faiblir, et… là aussi, jusqu’à ce que l’orgasme la terrasse à son tour, à bout de forces…
— Oh… Mais… là aussi, tu es sûre qu’il la fouettait pour de bon ? Que ce n’était pas du cinéma ?
— Alors là, tu as ma parole !
— Et… il la fouettait n’importe où ? Sur tout le corps ?
— Oui, presque, enfin… entre les aisselles et les genoux, ou plutôt, depuis les seins jusqu’aux cuisses… Oh, je la revois encore agiter violemment ses belles cuisses de femme, lui offrir son bas—ventre noir, comme si elle avait voulu l’appâter ! Et la cravache revenait tout le temps pour claquer aux meilleurs endroits, pour la faire gigoter encore, comme une folle… Je t’assure, c’était si beau que… que…
— Oui, que ça t’a confortée dans ton envie d’y passer, hein…
— Voilà ! C’est exactement ce que j’allais dire, parce que… après ce spectacle, intérieurement, ma décision était prise. Mais curieusement, à ce moment—là, personne n’a insisté pour me pousser sous la corde, alors que… Je t’assure, si on avait un peu insisté, je me serais laissée faire, tellement j’en avais envie ! Mais bon, heureusement que ça s’est passé autrement, ça aurait été au—dessus de mes forces… Donc, je suis allée me rasseoir, et… j’ai redemandé une coupe de champagne.
— Ah ; donc, tu es quand même restée sage ; et alors ?
— Eh bien… j’étais tellement émue et tellement excitée… que j’ai confirmé aux hommes qu’à ma prochaine venue, j’étais décidée à vivre une séance comme celle—là…
— Tu veux dire, la cravache à la main ?
— Non… d’abord comme sujet volontaire, mais à la condition d’être fouettée avec la même cravache que dans le film, et de la main de Vincent.
— Mais tu n’as pas peur de souffrir ?
— Non ; pas si c’est Vincent qui me fouette.
— Bon… je comprends que tu aies parfaitement confiance en lui, mais tu vas souffrir pour de bon, tu vas hurler !
— Oui, peut—être… et alors ? D’autres ont hurlé, aussi, et ils sont revenus ! Et ils en ont fait hurler d’autres ! Souffrir et hurler, ça fait partie du jeu quand la souffrance fait partie du plaisir !
— Oh, la, la… Tu vois, j’ai peur pour toi, et en même temps… si tu savais comme je t’envie !
— Je te comprends ; donc, pour me montrer qu’il avait bien compris et que c’était une affaire conclue, Vincent a saisi la cravache, et bandant comme un homme, il m’a fait face en déclarant doucement : « Donc, c’est bien entendu, Carla, vous avez ma parole, et j’ai la vôtre… ». Alors pour le provoquer, je lui ai fait face, moi aussi… Toute nue, je lui tendais mes seins pointés par le désir, et jambes ouvertes, je lui offrais ma vulve noire de son poil dur, comme la fille du film… et je lui ai dit, à pleine voix : « Si vous en doutez, Vincent, allez—y ! » Vincent m’a souri, il a d’abord fait quelques belles passes de cravache en l’air, puis il l’a fait claquer juste entre mes seins, puis entre mes cuisses… en ensuite, en la faisant hurler au ras de moi, au ras de mon ventre ; mais je me suis retournée, alors il l’a fait claquer au ras de mes fesses, et encore entre mes cuisses, devant moi… Mes dents claquaient de peur aussi bien que de désir, mais j’étais fière, je t’assure… Alors je suis revenue doucement vers lui pour lui dire que… bon, c’était vrai, j’avais parfaitement confiance en lui.
— Là, je reconnais que tu as été courageuse ; tu en avais tellement envie… Et pour finir ?
— Oh, mais attends, ce n’est pas fini ! Vincent a reposé sa cravache, et comme toi, il m’a dit qu’il me trouvait très courageuse ; alors, comme tout à l’heure, il m’a saisie sous les aisselles, il m’a dressée devant lui à bout de bras… Je pense qu’il a fait exprès de frotter tout mon corps contre le sien… Et moi, au bout de ses bras musclés, je me sentais à la fois très vulnérable et très puissante… j’ai même pu serrer sa grosse bite entre mes petits pieds, tu vois un peu jusqu’où il m’a soulevée… Là, de ses joues et ensuite du bout des lèvres, il a goûté la rudesse du poil sur mon petit ventre, et pour finir, il m’a fait un gros bisou… juste sur mon clito ; et en me reposant, il m’a fait encore un bisou sur le front…
— Ça devait être une jolie scène, en effet…
— Donc là, je crois que je leur ai parue à la fois calmée et déterminée ; alors… Maurice est allé décrocher un autre ustensile…
— Encore un fouet ?
— Oui, mais… celui—là, il était vraiment très spécial : c’était comme un gros ceinturon de cuir, large, lourd, très souple, solidement fixé au bout d’une grosse cravache ; ils appellent ça un rollstrap. Au début, j’ai cru que Maurice voulait me le mettre en main pour me donner envie de l’essayer… mais non, il tenait seulement à m’expliquer à quoi ça devait servir…
— Bah… comme le reste, non ?
— Eh bien non, justement. Bon, je t’explique ; tu vois… parmi les amateurs de fouets, il y a ceux qui aiment le donner, et ceux qui préfèrent le subir ; eh bien parmi ceux—là, il y a les adeptes de la toupie…
— La toupie ? Qu’est—ce que c’est que ça, encore ?
— La toupie, c’est… Bon, c’est vrai, c’est encore une séance de fouet, mais d’un genre tellement spécial… Écoute, rien qu’en y pensant, j’en ai encore la chair de poule !
— À ce point—là ? Ça doit être bigrement émoustillant…
— Oui, très… Voilà, je t’explique : quand un sujet veut subir une séance… Non : on dit « vivre une séance », hein… Alors on l’attache tout nu sous la corde, au—dessus du sol, comme j’étais attachée moi—même, mais sans pouvoir poser les pieds au sol ; et pour une toupie, avant de le suspendre, on intercale un tourillon sous la corde pour qu’il puisse tourner librement sur lui—même, virevolter sans faire vriller la corde ; et puis les pieds sont attachés l’un à l’autre pour empêcher les jambes de s’écarter pendant que ça tourne, à cause de la force centrifuge, tu vois…
— Ah, oui…
— Alors quelqu’un prend ce gros fouet, long et lourd, ce rollstrap, et à plein bras, il l’en fouette à plein corps pour le faire tourner comme une toupie, en tirant très fort à la fin du coup pour bien entraîner le corps en rotation.
— Non…
— Si, si… Et pour que ça tourne de plus en plus vite, il faut fouetter de plus en plus fort, toujours à plein bras…
— Mais… c’est incroyable !
— C’est exactement ce que disait Maurice ; il disait que… s’abandonner à un tel mélange de souffrance et d’excitation, ça donne une sensation d’ivresse incroyable ; Vincent disait que c’est si merveilleux… que c’est à ne pas rater.
— Hm… Mais pourquoi prendre un fouet aussi gros ?
— Parce que… quand un fouet claque sur la peau nue, plus il est large et moins il blesse, tu comprends. Un corps, c’est lourd, alors pour faire tourner quelqu’un en toupie, il faut fouetter de toutes ses forces, et un fouet ordinaire ou une longue cravache mince, ça ferait souffrir beaucoup trop, ça blesserait très vite, alors que blesser, ce n’est vraiment pas le but du jeu…
— Ah… oui, c’est vrai… Donc, utiliser un rollstrap, c’est une façon de se faire fouetter sans douleur…
— Oui, enfin… sans douleur excessive ; mais pas forcément : quand un sujet est soumis au rollstrap et qu’il tourne bien, il arrive que quelqu’un d’autre tienne à ajouter sa touche personnelle aux impressions du sujet ; alors il prend une bonne cravache ou un véritable fouet, et pendant un moment, il accompagne la toupie à son gré, en fouettant librement les zones que le rollstrap n’atteint pas…
— Oh, la, la…
— Oui… C’est un peu traître, mais c’est encore plus excitant, paraît—il, pour les uns comme pour les autres…
— Oui, peut—être…
— Oh, mais attends, ce n’est pas tout ! Il y a des amateurs qui tiennent à conserver au fouet tout le prestige de sa cruauté…
— Des amateurs de fouet… pour l’infliger, ou pour le subir ?
— Plutôt pour le subir ; on m’a montré des rollstraps plus ou moins larges, et donc plus ou moins douloureux… Il paraît même que certains originaux demandent à vivre, au moins une fois, une toupie avec un fouet véritable américain ; tu te rends compte !
— Non, pas bien… Qu’est—ce que c’est, un fouet américain ?
— Un fouet américain ; ça fait plus de trois mètres de long, c’est rond, c’est très lourd et ça claque en l’air avant de fouetter… C’est terrible, quoi…
— Ah oui… Si ça leur plaît, pourquoi pas… Et toi, qu’est—ce que tu en penses ? D’après toi, la toupie, comment ça se vit, en réalité ?
— Eh bien… Voilà, il faut que je te raconte la suite, justement. Maurice m’a proposé de revenir à la visionneuse pour voir un film sur la toupie, pour que je me fasse une idée. Tu penses bien, j’ai encore accepté !
— Ah… ça, j’imagine que tu n’allais pas le rater !
— Oui, enfin… Comme tout ça me faisait très envie, je voulais savoir où je risquais de m’engager, et… c’est vrai que ça en valait la peine ! Donc, j’ai vu un homme assez fort qui allait fouetter une belle femme… Elle était bien en chair, avec des seins puissants, des grosses fesses et des grosses cuisses… Oh, si tu avais vu, entre ses cuisses et son ventre, la superbe touffe de poil noir… Tu imagines le tableau ?
— Oui, oui, je vois à peu près, exactement ce que tu aimes !
— Tout juste… Donc, sous la corde et le tourillon, la femme était suspendue par un petit harnais de cuir qui lui entourait les bras, comme moi, ses pointes de pieds à une main au—dessus du sol. Pour commencer, l’homme a amorcé la rotation à la main, peut—être pour que le début ne soit pas trop cruel ; mais ensuite, il l’a fait tourner uniquement à coups de fouet, ou plutôt à coups de rollstrap… Il fouettait fort pour que ça tourne de plus en plus vite, et plus ça tournait vite, plus il fouettait fort, encore et encore, pour augmenter encore la vitesse…
— Oh… En effet, ça doit être impressionnant ; mais… tu es sûre qu’il fouettait pour de vrai ?
— Bien sûr ! Pourquoi ça ne serait pas pour de vrai ? Et il y allait à plein bras, cet homme, tu n’imagines pas comme ça claquait… À lui aussi, ça lui faisait de l’effet… plus gros que le manche de son rollstrap ! La fille tournait à toute vitesse, sa chevelure au vent, ses seins dressés, ses fesses bien offertes… En plus des claquements, on distinguait à peine ses gémissements… Mais… moi, franchement, je n’avais aucune envie de comprendre ce qu’elle avait à dire !
— Oui, j’imagine ; qu’est—ce que tu appelles "à toute vitesse" ?
— Je ne sais pas, moi… quatre ou cinq tours par seconde, tu vois… plus vite qu’une danseuse, plutôt comme une patineuse. L’homme la fouettait à plein corps et à plein bras, environ toutes les cinq secondes, et pendant de longues minutes ! Sur la fin, il était très excité, alors il fouettait presque à chaque seconde et à plein bras, et ça la faisait tourner encore plus vite !
— Oh… C’est vrai, ça doit être très impressionnant… Il la fouettait sur quelle partie de corps ?
— Comme dans le film avec la cravache, il fouettait sur le ventre, sur les fesses, sur les cuisses, mais pas sur les seins… J’ai remarqué qu’il s’efforçait de répartir sur tout le corps, et ça m’a rassurée.
— Pourquoi, rassurée ?
— Je pensais que si c’était toujours sur les mêmes parties, ça devrait brûler et abîmer la peau, tandis qu’en répartissant, c’est moins grave.
— Ah, oui… Et alors ?
— Eh bien… Moi, tu vois, je devais avoir l’air aussi sceptique que toi ; alors… figure—toi que Vincent a tenu à me convaincre : il m’a proposé de me suspendre quelques instants, et de me fouetter avec ce rollstrap, mais seulement trois coups ; Maurice et lui, ils m’ont garanti que je le supporterais sans aucun problème, même à plein bras… Ils ont même parié que j’en redemanderais, et ils m’ont assurée que je trouverais ça très excitant, et qu’une heure plus tard, les traces auraient complètement disparu. Tu te rends compte de la tentation ?
— Euh… oui, mais… les promesses…
— Eh bien moi, encore une fois, j’ai eu confiance en eux, et j’ai dit : d’accord.
— Non ?!!!
— Si, si ; tu vois, j’ai osé. C’est vrai que j’avais repris encore un peu de champagne, mais… voilà, j’ai osé.
— C’est bien… Tu vas jusqu’au bout de tes désirs, toi… Mais dis—moi, Carla… Il me semble que dans le passé, toi, tu as déjà été fouettée pour de bon, hein ? Et pas qu’une fois ?
— Oh, oui… Juste un peu, quand j’étais toute jeune… C’était mon cousin, il voulait me montrer l’effet que ça lui faisait, de fouetter une fille… et ça lui faisait de l’effet, c’était vrai.
— Oui, mais ça, c’était de la gaminerie… Il me semble que plus tard, tu t’y es remise, et assez sérieusement ? enfin, c’est bien ce que tu m’as raconté ?
— Oui, oui… C’est vrai, trois ans plus tard, c’était au tour de mon premier amant… Oui, il aimait bien me fouetter, et c’est vrai qu’il maniait assez bien la ceinture… Moi, ça me mettait dans tous mes états, je n’étais pas contre… Plus ça claquait et plus j’étais ardente avec lui ! Il disait que c’était la forme de mon corps qui le poussait à agir comme ça avec moi ; et je dois l’avouer, lui aussi, ça le mettait très en forme, si tu vois ce que je veux dire. Mais… bon, c’est du passé, et à côté de tout ce que j’ai découvert là—bas, aujourd’hui, je trouve que c’était assez rudimentaire…
— En tout cas, je vois que tu ne regrettes rien de ce temps—là !
— Non, rien de rien… Je dirais même que ce passé a joué un rôle positif : je n’étais pas du tout effrayée par le fouet, et au lieu de méfier de ces messieurs, j’avais plutôt envie de m’offrir à eux, tu vois… Donc, après le contrat de confiance qu’on venait de passer, l’offre de Vincent m’a réellement tentée… il a fallu que j’y passe pour de bon ! Tu comprends, non seulement j’avais terriblement envie de faire l’expérience, mais j’avais envie de m’offrir à eux ; et puis, comme d’après eux, la souffrance devait rester modérée, moi qui me sens un peu délicate, je voulais savoir comment j’y résisterais pour de vrai ; surtout avec un instrument de professionnel !
— Oui, je comprends ; et alors ?
— Eh bien… La tête me tournait un peu à cause de l’appréhension, et pas seulement à cause du champagne… Alors, pour me lancer dans la fête, j’ai dit : chiche…
— Ben dis donc…
— Et j’ai dit que j’étais prête. Alors Vincent m’a prise dans ses bras, comme pour me montrer que d’avoir pris ma décision, je lui faisait vraiment envie, tu vois…
— Non, je ne vois pas très bien, là…
— Enfin, les mains où il faut, dans ma fourche, quoi… et sans craindre de presser ma poitrine contre la sienne, alors qu’il était nu… Donc, il m’a portée comme ça jusque sous la grosse corde ; là, il a attaché mes bras avec des courroies larges et bien serrées, pendant que Maurice mettait le tourillon en place ; quand j’ai été attachée, le petit moteur a tendu la corde, et j’ai été suspendue au—dessus du sol, comme une heure plus tôt. Alors moi, quand je me suis sentie à nouveau comme ça… Oh, Vanessa j’étais bien, là, suspendue toute nue, à attendre la suite, tu n’imagines pas…
— Non, c’est vrai, là, je n’imagine pas… Alors, la suite ?
— Alors, il m’a lié les genoux et les chevilles, et il a même suspendu un sac de sable à mes chevilles …
— Tiens, pourquoi ?
— Pour que m’empêcher de relever les jambes ; elles doivent rester droites pendant la rotation, sinon ça la fait ralentir.
— Ah, bon…
— Eh bien… comme ça, toute nue, bien tendue et bien étirée, je t’assure, je me sentais parfaitement bien. Alors Maurice est venu vers moi en souriant ; avec ses grandes mains chaudes, il m’a immobilisé en me tenant par les seins et il m’a claqué plusieurs fois les fesses à plein bras, puis il m’a saisie par les hanches et il m’a lancée en rotation, avec une force… Vincent, lui, s’est déjà mis en place… Oh, si tu l’avais vu, lui, tout nu, tout bandant et tout souriant, lui aussi… Je t’assure, il était vraiment à croquer… Il a brandi son rollstrap… et il s’est arrêté net : figure—toi qu’il avait oublié de m’enduire avec de la crème protectrice !
— Ah… Ils en ont eu, des égards pour toi !
— Tu te rends compte ! Donc, pour m’arrêter de tourner, Vincent m’a encore prise dans ses bras…
— Alors qu’il était tout nu et tout bandant ?
— Eh… oui, que veux—tu… Dans ma position, je ne pouvais vraiment rien lui refuser, au contraire ! Donc, il a freiné ma rotation, et après m’avoir reposée au sol, il m’a enduite sur tout le corps d’une crème légèrement grasse, finement parfumée, en insistant bien sur les endroits où la peau est fragile, mes seins, mon ventre, le haut de mes cuisses, et tout ça avec gentillesse incroyable… Moi, tu me connais, je gémissais déjà de plaisir entre ses bras, j’en suis encore toute retournée…
— Tiens, tu m’étonnes… Là, je t’imagine parfaitement !
— Et pourquoi pas ! Moi, sous des caresses de ce genre—là, je ne sais plus très bien où j’en suis !
— Oui, je m’en doute…
— Il a même enduit la courroie de son rollstrap pour diminuer encore le risque de brûlures, tu vois un peu. Enfin, il s’est remis en position ; alors Maurice est revenu vers moi. Tu sais, lui aussi, il était très excité, ça déformait son pantalon de directeur ; enfin… Donc, de nouveau, il m’a gratifiée de plusieurs grandes claques sur les fesses, puis en tenant mes hanches à pleines mains, il m’a remise en rotation ; et ça filait, je te jure !
— Il devait avoir grande envie de te fouetter, lui aussi !
— Ça, c’est certain… Donc, je tournais tranquillement au bout de ma corde… et tout d’un coup, j’ai été surprise par un immense claquement… c’était la grosse courroie de cuir qui venait de me cingler depuis le ventre jusque sur les fesses… J’ai eu une terrible sensation de brûlure, mais j’ai trouvé le bruit si excitant que je n’ai rien dit… et subitement, j’ai été lancée en rotation pour de vrai, et je tournais déjà vite !
— Ça t’a fait mal ?
— La brûlure n’a duré qu’un instant, mais elle était quand même supportable ; et pour moi, me sentir tourner comme ça, c’était si merveilleux que je me suis mise à chanter, tu vois…
— Oui, je vois…
— Je regardais défiler les murs de la salle, les miroirs, les fouets, les miroirs, les cravaches… et aussi les regards affectueux des deux hommes, qui paraissaient heureux de me voir aussi heureuse… Et j’ai vu Vincent qui brandissait de nouveau son rollstrap, et de nouveau il m’a cinglée très fort, mais cette fois, la courroie s’est enroulée juste au—dessous de mes seins et jusque sur mon dos… Là, j’ai été surprise par la force du cuir qui m’accélérait et qui m’entraînait à tourner encore plus vite ; ça m’a brûlée un peu plus que la première fois, mais je tournais encore plus vite… alors j’ai chanté encore plus fort… Je distinguais à peine Vincent en train de préparer son troisième coup : il tenait son rollstrap loin derrière lui pour prendre beaucoup d’élan, et à toute volée, il m’a fouettée sur le haut des cuisses, en tirant très fort… Là, la sensation de brûlure était encore plus forte, mais j’ai cru m’envoler, tellement ça tournait vite ! J’étais fière, je te jure…
— Oui, je comprends ça… Ensuite, tu as ralenti peu à peu ?
— Euh… non, parce que là, tout de suite après ce troisième coup, Maurice m’a demandé à voix haute : "Alors, mademoiselle ? Ça va ? On arrête, ou on continue ?"… Moi, je sentais la douleur s’étendre un peu partout sur mon ventre et mes fesses, mais ça m’échauffait, et c’était si magique que… tu vois, j’ai eu une envie folle qu’on continue ; alors j’ai crié : "Encore, je vous en prie ! Encore trois coups !"… Et tous les deux, ils m’ont répondu "Ah, c’est bien, mademoiselle, bravo !"
— Eh ben, dis donc… T’en as eu, du courage…
— …Et pour ne pas me laisser ralentir, j’ai tout de suite reçu mon prochain coup sur les fesses, à plein bras, et ensuite les deux autres coups, aux mêmes endroits, toujours plus forts, toujours pour m’accélérer encore ; Oh, la, la… ça tournait tellement vite que… Je t’assure, j’étais folle de joie !
— Donc… au total, tu n’as pas trop souffert ?
— Eh bien… C’est vrai que pendant les quelques secondes où le cuir claque sur la peau… Oui, ça fait très mal, mais… Pour moi, la douleur se diluait dans tout mon corps alors que je tournais à toute vitesse, mon excitation montait, j’étais comme ivre ! Peut—être un peu ivre de champagne, mais surtout, ivre de toupie ! Je ne sais plus si je chantais ou si je gémissais, parce que… ce que j’espérais, c’était de parvenir à la jouissance, mais ça ne venait pas et j’en étais enragée… Donc, j’ai commencé à les invectiver… Et là, figure—toi, alors que je tournais encore à toute vitesse, un grand coup de cravache m’a cinglé le haut des fesses…
— Oh, les traîtres…
— J’ai hurlé, mais juste un cri de surprise, parce que… si tu savais… Ce coup de fouet, quel délice dans mon délire !
— Tu me donnes le vertige, ma chérie…
— Mais attends… Je tournais, je virais en attendant la fin… et voilà que, je suis de nouveau cinglée par le gros cuir, toujours à plein bras, pour accélérer encore ma rotation ! Trois nouveaux coups à plein bras sur mes cuisses… et par chance, c’était ce que je préférais, justement ! Là, je tournais à toute vitesse en hurlant, et voilà qu’un dernier coup me cingle au bas—ventre, juste au bon endroit… et ça déclenche mon orgasme… Là, j’ai hurlé à pleins poumons, et j’étais enfin délivrée !
— Non !
— Si, si… Je t’assure, j’ai hurlé comme jamais… Tiens, comme si j’étais folle ! Là, j’avais le feu au ventre, mais… Oh, si tu savais… Tellement plus fort que quand je me caresse !
— Super ! Oh, ma belle, je suis heureuse pour toi… Et puis ?
— Eh bien… j’étais si affolée par le plaisir que… Tiens, je crois que j’ai continué à gémir jusqu’à ce que j’arrête de tourner ! Quand Vincent m’a détachée, j’étais quasiment inconsciente, et c’est dans ses bras que j’ai commencé à me réveiller, en sanglotant… Je venais de si loin… Heureusement qu’il m’a tenue bien serrée…
— Heureusement qu’il a été au—delà de ce qui était convenu !
— Eh oui… Heureusement qu’il m’a rendu ma politesse, c’est grâce à ces dépassements que j’ai pu prendre mon pied… Donc, je suis restée un long moment à gémir dans ses bras, serrée contre son corps… J’étais heureuse de sentir sa grosse bite contre mon ventre, je sentais y battre son sang…
— Ah… tu as pris ton temps, c’est bien ; et après ton orgasme, tu t’es laissée vivre ?
— Euh… plutôt revivre, tu vois, parce que mes petites mains féminines, je sais m’en servir, moi… De l’une, j’ai commencé à caresser ses grosses fesses poilues, mes petits doigts fourrageaient dans sa raie des fesses… et ensuite, de l’autre, je lui caressais la bite et les couilles… Oh, très, très doucement… et tout ça, en fixant Maurice dans le fond des yeux, lui qui n’en pouvait plus, le pauvre… Tu imagines un peu le tableau ?
— Oui, je vois ça… À peu près…
— J’étais bien, dans les bras de Vincent… Mes mains n’arrêtaient pas, c’est lui qui gémissait à ma place pendant que je reprenais mes esprits, tu vois un peu… Mais quand je me suis sentie mieux, j’ai voulu le remercier ; alors j’ai escaladé son grand corps, et j’ai noué mes jambes sur sa taille ; je sentais bien sa bite toute raide qui pointait sur mon abricot derrière moi, mais j’ai dit "tant pis", alors j’ai serré son torse à pleins bras, avec mes seins tout durs contre sa belle poitrine velue… et je lui ai fait un gros bisou dans le cou ; c’était normal, non ?
— Bien sûr, ma chérie ! Ça t’arrive rarement de jouir comme ça, je le sais ! Mais… maintenant que c’est fini, tu peux l’avouer : est—ce que tu as vraiment souffert ?
— Euh… à chaque coup, oui, sur le moment, mais… ça se diffusait dans tout mon corps, et… sur mes fesses, franchement, j’ai trouvé que c’était délicieux ; et dès que j’ai cessé d’être fouettée, j’ai oublié ; enfin, presque : j’en aurais voulu encore !
— Mais… à chaque coup, ça doit être affreux, non ?
— Eh bien… c’est sûr qu’à chaque claquement, la brûlure est bien réelle ; mais elle n’est pas si cruelle qu’on l’imagine, elle est passagère. Et puis… cette souffrance est très bien masquée par l’excitation, par le désir d’offrir son corps à celui qui fouette, de lui plaire, et de se dépasser soi—même… Et surtout, on est pris par l’ivresse de la rotation, tu vois…
— Ah, oui… Et les traces, sur ton corps ?
— Les traces ? Oh, envolées depuis longtemps ! Après la douche que nous avons prise ensemble, on ne voyait déjà plus grand’ chose. Écoute, c’est facile, ça fait seulement deux jours, mais… à part la trace du coup de fouet sur le haut de mes fesses, je suis sûre qu’on ne voit plus rien du tout. Regarde !
— Attends, relève ta jupe un peu plus… Oui, je vois la trace du coup de fouet, mais à par ça… rien, c’est vrai… sauf que là, tu sors sans culotte…
— Oh, toi, alors !…
— Et qu’en effet, ta toison a poussé… elle est terriblement drue ! Si on n’était pas au café, j’y mettrais bien mes lèvres…
— Oh, ce serait volontiers…
— Écoute… Avec tout ce que tu me racontes !
— Au fait, je repense à ce que me disait Maurice… Il disait que… ce qui leur a tellement donné envie de me fouetter, c’était la forme de mon corps…
— Oui… et alors ?
— Eh bien… mon premier amant, c’est exactement ce qu’il me disait, lui aussi !
— Qu’est—ce qu’elle a de particulier, la forme de ton corps ?
— Eh bien… D’après eux, c’est le fait d’avoir des beaux seins bien durs avec des grosses pointes ; d’avoir la taille mince et très cambrées ; comme moi, justement… et ce qui est plus rare avec ça, d’avoir des fesses bien hautes et bien développées, mais sans trop de graisse, de les porter sans en avoir honte… et aussi, d’avoir osé me présenter à eux avec du poil !
— Ah, oui… là, c’est tout à fait toi, je ne dirai pas le contraire.
— Eh bien, d’après eux, un corps comme ça, ça appelle le fouet impérativement, au point que c’en est irrésistible !
— Eh… que veux—tu, Carla, il faut croire que c’était vrai !
— Peut—être, mais… ce que je trouve incroyable, c’est que moi aussi, maintenant, dès que je me vois nue dans un miroir, j’ai une envie folle d’être fouettée !
— Eh bien… patiente, ça reviendra ! Mais pour en revenir à ta peau… tout à l’heure, tu disais qu’on fouette différemment quelqu’un selon le genre de sa peau ; c’est vrai ?
— Oui… c’est vrai… Oui, on en a beaucoup parlé, mais… Tu vois, même à toi, je me sens un peu gênée d’en parler…
— Oh… pourquoi ?
— Parce que… la peau, je trouve que c’est très personnel.
— Oh, c’est dommage… j’aurais bien voulu savoir…
— Enfin, je vais quand même te dire ce que j’ai appris : dès le début, ils m’ont dit que les peaux très bronzées, aussi bien que les peaux traitées à la crème vitalisante, aux hormones, ou enrichies aux oligo—machins—trucs, eh bien… ils en avaient plus que marre.
— Tiens, pourquoi ?
— Parce qu’ils ne voient pas le résultat de ce qu’ils font ! Les traces, ça donne n’importe quoi, trop fortes ou trop faibles, et elles apparaissent tardivement, alors pour eux, elles ne signifient rien !
— Ah tiens…
— Ce qu’il préfèrent, eux, c’est les peaux marbrées sur fond clair ; tiens, comme la tienne, ma chère Vanessa !…
— Tiens, tiens…
— Oui ; ils disent que ce sont des peaux très irriguées ; elles marquent vite, elles se régénèrent très vite, et elles sont extrêmement sensibles à la caresse, mais aussi au fouet…
— Et alors ? C’est bien, d’être très sensible au fouet ?
— Oui… Je pense que oui… En tout cas, j’ai compris que l’un des plaisirs du fouet, c’est de faire réagir l’autre ; c’est d’être absolument sûr que l’autre ne fait pas la comédie, et que c’est bien la violence du fouet qui le met dans tous ses états…
— Ah, oui, pourquoi pas… Et après ? Quel genre de peau préfèrent—ils, après la mienne ?
— Eh bien… j’avais de la chance : aussi bien Maurice que Vincent, ils adoraient le genre de ma peau, une peau très fine et uniformément rosée, sauf qu’il faut la ménager parce qu’elle craint les brûlures superficielles. D’après eux, elle est encore très sensible au fouet ou à la caresse, mais sa particularité, c’est que… Voilà, c’est elle qui laisse les coups de cravache pénétrer le plus profondément dans la chair…
— Et alors ?
— Eh bien… Moi, si je suis fouettée à la cravache, la douleur est non seulement superficielle, mais profonde !
— Oh, la, la… Tu as dû déguster, alors…
— Pourquoi ? Je n’ai pas subi le moindre coup de cravache !
— Ah… oui, c’est vrai…
— Alors que si j’avais été fouettée à la cravache, j’aurais dégusté, comme tu dis : une vraie cravache produit une douleur qui vient de l’intérieur de la chair, qui dure plus longtemps que la douleur superficielle, et qui s’y ajoute…
— Oh, la, la…
— Il paraît que certaines filles à la peau toute rose, eh bien… la cravache, ça les rend comme folles…
— Oh, la…
— … et que pour les hommes, c’est encore pire !
— C’est vrai ?
— Oui, parce que… Écoute bien, Viviane, il paraît qu’en moyenne, les hommes sont encore plus sensibles que les filles !
— Oh, la, la… Écoute, Carla… avec tout ce que tu me racontes… là, j’ai vraiment hâte de devenir cliente !
— Oui, pourquoi pas…
— J’ai une envie folle de fouetter un homme à la cravache, à plein bras, pendant un bon quart d’heure, jusqu’à ce qu’il soit comme fou, comme tu dis… Maintenant, je vais en rêver…
— Eh bien… je te souhaite de faire des beaux rêves…
— Von ; et… sur les autres types de peaux ?
— Eh bien… j’ai compris qu’après ces deux genres—là, il y a les peaux des noirs, très fines, trop fines et trop fragiles. Ah oui, il y a aussi les peaux blanches ou crémeuses, comme ils disent, souvent assez épaisses ; d’après eux, elles sont bien moins fragiles et moins sensibles que les premières, mais on peut les fouetter plus longtemps sans les blesser, malgré les plaintes que ça provoque, et d’après eux, c’est ce qui fait leur intérêt.
— Ah oui…
— Et pour finir, il y a les peaux bronzées, sophistiquées, comme ils disent, on ne peut rien en dire parce que ce ne sont même plus des peaux : ils disent qu’elles sont dégénérées, comme si elles étaient revêtues d’une peau externe. Donc, pour eux, c’est dangereux et sans aucun intérêt…
— Oui, évidemment…
— Donc, ces messieurs disaient que c’est en tenant compte de ces particularités qu’ils choisissent leurs instruments, et qu’ils décident des programmes appliquer à leurs clients ; et en général, leurs clients sont satisfaits, puisqu’ils reviennent !
— Ah, oui… Mais dis—moi : toi, je te vois complètement envahie par le virus du fouet, aujourd’hui !
— Oui, je l’avoue : depuis cette visite, j’ai une envie folle de manier une cravache véritable ou un vrai fouet, mince et souple, qui pénètre la chair, qui fasse très mal et qui affole vraiment ; j’ai envie d’obtenir au moins le même résultat qu’avec cette cravache ronde, que je n’ai pas encore sentie moi—même et que j’ai tout juste essayée sur Vincent.
— Eh bien, fais—le !
— Ah oui ? Et sur qui ? Tu vois le problème ?
— Oui, c’est vrai…
— Bon, je ne sais pas encore sur qui, mais… peu importe, je veux le faire. Peut—être qu’après avoir été fouettée moi—même, je trouverai plus facilement un sujet… Ah, oui, c’est comme ça qu’on nomme celui ou celle qui se fait fouetter : un sujet. Moi, je veux pouvoir fouetter un beau sujet pour de bon, avec cette grande cravache si belle et si excitante ; aussi fort et aussi longtemps que j’en aurai envie ; et je le ferai.
— C’est bien, persiste ; quand on a une idée, il faut s’y tenir…
— Oui, mais avant de me servir d’un tel ustensile, je suis quand même décidée à le subir moi—même ; cette petite séance de toupie, je l’ai vécue pour me rendre compte, et pour ressentir à l’avance ce que j’ai envie d’infliger à l’autre. Dis, Vanessa, maintenant que tu connais les détails… C’est vrai, ça te donne envie, ce que je viens de te raconter ?
— Oh, c’est sûr… et même une furieuse envie…
— Parce que… si tu acceptais de m’accompagner, je pourrai me lancer là—dedans avec plus d’assurance ; alors… la prochaine fois, est—ce que tu accepterais de m’accompagner ?
— Eh bien… Oui, pourquoi pas… Tu me connais, moi, c’est la curiosité qui me fait vivre !
— Bon, alors voyons… Mardi prochain, ça t’irait ?
— Euh… mardi… Oui, je pense que oui…
— Super ; alors, mardi prochain, vers onze heures… Dis—moi, Carla… Tu vas en parler à Lisbeth ?
— Tu es folle, non ?… Tu imagines la tourlousine que je prendrais ? Parce que… elle, pour me corriger, pas besoin de cravache, ses mains lui suffisent !
— Oui, c’est vrai…
— En tout cas, pour le moment, c’est non ; plus tard, peut—être, et pas avant d’être sûre qu’elle m’accompagne.
— Oui, mais… un jour ou l’autre, les fouets laisseront des traces sur ton corps ! Elle le verra, elle posera des questions ! Qu’est—ce que tu lui répondras ?
— Écoute… Pour l’instant, je préfère ne pas y penser ; je veux tracer ma route toute seule. Ou plutôt… avec toi, puisque tu veux bien. Mais toi, tu vas tout raconter à Jacques, je parie ?
— Hm… non, je vais attendre d’y être allée au moins une fois avec toi ; il y aura plus à lui raconter.
— Tu as raison ; allez, pour nous, l’important, c’est de rester des filles audacieuses, gourmandes et libres !




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Commentaires

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jeudi 22 septembre 2011 à 10h11 - par  Le Mentor

Un bien beau récit plein de vie et d’émotions très particulières ;-)

Il est annoncé comme étant la première partie d’un ensemble, je suppose que j’aurai bientôt la joie de lire la suite.

Bravo encore et persévérez !

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