Le donjon

mardi 25 novembre 2008
par  Christine Arven
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— 1 —

Quand Laura franchit le seuil de ce qu’il était convenu d’appeler un donjon, elle sentit son cœur se serrer d’une angoisse diffuse qui lui coupa un bref instant le souffle. Si souvent elle était allée dans des clubs libertins et s’était offerte sans gêne particulière et même, il fallait bien le reconnaître, avec délectation à de parfaits inconnus, c’était la première fois qu’elle franchissait le seuil d’un tel lieu. Elle essaya de se raisonner. Après tout, personne ne l’avait obligée à venir ou à faire quoi que ce soit qu’elle ne désire pas. C’est en toute connaissance de cause et après en avoir longuement discuté entre eux, qu’elle avait accepté d’accompagner Pascal. Mais là soudain, elle sentait sa détermination flancher… Fantasmer sur une chose et la vivre réellement, il y a souvent entre les deux un pas énorme qu’il est parfois difficile de franchir...

Pascal parut ressentir l’appréhension de sa compagne. Il se colla dans son dos lui insufflant sa chaleur et lui souffla doucement dans le creux de l’oreille :

— Si tu préfères, on peut partir. C’est toi qui décides ma douce brune….

Laura tourna légèrement son visage et plongea ses yeux dans ceux de son Maître. Ce qu’elle y lut, mélange d’autorité et de tendresse, la raffermit dans sa décision. Non, vraiment elle ne pouvait pas reculer. Pour lui, comme pour elle, impossible de faire marche arrière, de ne pas affronter et surmonter ce nouveau défi. Aussi, elle lui répondit en souriant :

— Non, ça ira. On y va…

— Sûre ?

— Certaine, affirma—t—elle d’une voix qu’elle fit en sorte de rendre assurée.

— Tu n’es obligée à rien tu le sais, lui. Je veux dire qu’on peut simplement être spectateurs. Ne rien faire...

— Je sais…. Mais ça m’étonnerait qu’on ne fasse rien…, lui rétorqua—t—elle avec dans les yeux cette lueur, annonciatrice d’abandon à venir, qu’il connaissait bien mais qui, à chaque fois qu’elle s’allumait, l’électrisait.

Laura était ainsi faite. A la fois pétrie d’incertitudes et de craintes mais aussi de détermination et, surtout, d’une volonté farouche de se dépasser, et, si ce n’est atteindre, au moins frôler ses limites, voulant savoir jusqu’où elle pourrait aller. C’est cela, qui leur ouvrait un éventail de possibilités quasi infinies et qu’il n’avait trouvé dans aucune autre femme avant elle, qui lui plaisait tant en Laura.

— D’accord alors on y va. Mais n’oublie pas le mot, lui rappela—t—il cependant.

— Non, promis je me rappellerai… Mais toi non plus ne l’oublie pas… Tu sais bien que…..

Elle s’interrompit soudain apeurée par la force du désir qu’elle sentait brusquement gronder en elle à la seule évocation de ce qui pouvait se passer et qui, comme son angoisse déjà passée, lui coupa le souffle alors que son cœur se mettait soudain à battre plus fort.

— Je n’oublierai pas, la rassura Pascal. Allez, ma chienne. En avant...

Un moment ils déambulèrent dans ce lieu étrange, parcimonieusement éclairé par quelques appliques judicieusement disposées sur les murs sombres, dédié à des plaisirs non moins étranges mais oh ! combien troublants et envoûtants. L’ambiance feutrée qui y régnait, baignée d’une discrète musique au rythme syncopé, était seulement troublée par des gémissements, le claquement sec de lanières frappant la chair ou encore par des ordres brefs mais sans ambiguïtés lancés par une voix autoritaire qui faisaient tressaillir Laura.

Si Pascal avait conservé son pantalon de lin noir ainsi que sa chemise tout aussi noire, Laura, en revanche, s’était défait de ses vêtements. Elle était maintenant seulement revêtue d’une simple lanière de cuir rouge qui s’entremêlait en méandres savants sur son corps mettant en valeur ses formes pleines et épanouies, et encerclait ses seins opulents les faisant s’ériger fièrement. Ses tétons ainsi que ses lèvres vaginales étaient ornés d’anneaux auxquels Pascal avait suspendu, comme il aimait le faire, des poids. A peine 30 g. Laura qui était habituée à beaucoup plus lourd (Pascal n’avait—il pas suspendu un jour à chacune de ses lèvres 400g les distendant impitoyablement pendant de longues minutes) trouvait la charge légère certes mais étonnamment présente. Pascal avait enserré son cou d’un large collier de cuir également rouge et il tenait fermement dans sa main droite la laisse qu’il y avait accrochée. Ils allèrent ainsi d’une pièce à l’autre, lui devant, elle le suivant, observant en silence les ébats qui s’y pratiquaient.

Ils restèrent un long moment fascinés par le spectacle d’une soumise que son Maître avait suspendue dans les airs par de larges courroies solidement fixées au plafond et dont le corps ballottait au rythme des coups de fouet dont il la cinglait durement sans que le moindre cri n’échappe de ses lèvres resserrées. Un projecteur était braqué sur la soumise l’enveloppant d’une lumière crue qui donnait à la scène un aspect irréel et, surtout, ne cachait rien des stries pourpres qui zébraient uniformément son corps en un treillage de plus en plus serré. Plus loin, c’était un soumis qui avait été disposé poignets et tête emprisonnés dans un pilori en bois et les chevilles, largement écartées l’une de l’autre, immobilisées par des bracelets d’aciers reliés à des crochets scellés au sol. Alors qu’une Dominatrice besognait durement son cul d’un god d’un diamètre épouvantablement épais sembla—t—il à Laura, qu’elle avait accroché autour de sa taille, un homme avait enfoncé son sexe dans la bouche du soumis maintenue grande ouverte par un mors et se branlait vigoureusement entre ses lèvres. A peine eut—il déchargé son foutre dans la bouche offerte et s’était—il éloigné, que la Dominatrice d’un signe de tête marqua son accord pour qu’un autre vienne le remplacer. Laura frémit en voyant l’homme engouffrer son sexe déjà tendu par une belle érection dans la bouche, encore dégoulinante du sperme de son précédent occupant, du soumis qui n’émit pourtant aucun signe de refus. Au contraire, il sembla à Laura, que le soumis amplifiait à dessein le balancement d’avant en arrière de son bassin comme s’il voulait que la Dominatrice qui le sodomisait s’enfonce encore plus loin dans ses entrailles. Ailleurs, une autre soumise pieds et mains liés sur une table gynécologique un double god enfoncé dans son cul et dans son vagin, voyait son corps se couvrir de cire chaude. Déjà, ses mamelons disparaissaient sous une couche épaisse de cire solidifiée. Un cri déchirant, qui vrilla les oreilles de Laura, lui échappa quand son Maître entreprit de faire couler la cire brûlante entre ses lèvres et, qu’à son tour, le clitoris commença à disparaître sous une gangue ardente. Plus loin encore, une soumise et un soumis, tous deux intégralement nus, étaient agenouillés à quatre pattes face contre face et reliés entre eux par un double god enfoncé dans leur bouche, devant un canapé où s’étaient installés pour deviser, tout en sirotant un verre, un Maître et une Maîtresse. La soumise avait également un god profondément enfoncé dans le cul qui la distendait outrageusement. En s’approchant Laura vit que celui—ci était relié par un fil à un boîtier que la Maîtresse tenait en main. Aux yeux exorbités de la soumise, Laura comprit que la Maîtresse prenait un malin plaisir à actionner à intervalle régulier le god vibrant afin de maintenir sa soumise dans un état d’excitation permanente mais aussi dans l’impossibilité totale, quel que soit son désir, de jouir sauf à faire voler en l’air les verres et bouteilles que les deux convives avaient disposés sur son dos. Quant au soumis, une tige épaisse, dont l’extrémité extérieure servait de cendrier au Maître, était enfoncée entre ses fesses.

Laura était à la fois horrifiée et subjuguée par le spectacle qui s’offrait à elle qui était bien tel qu’elle l’avait imaginé dans ses fantasmes mais dont la réalité brutale l’agressait plus qu’elle n’aurait pensé. Elle aurait voulu pouvoir échapper à ces visions à la fois choquantes et captivantes et, en même temps, malgré son trouble, elle sentait monter en elle une excitation sans ambiguïté. Non, songea—t—elle, non jamais elle ne pourrait supporter cela. S’exhiber de la sorte. Etre traitée de la sorte. Subir sous le regard impavide des Maîtres et Maîtresses présents une telle humiliation. Non jamais ! Pascal sentit, la tension qui l’habitait soudain. Tendrement, il l’entraîna en direction du bar où il la fit s’asseoir sur un pouf avant de prendre place, lui, dans un profond fauteuil. Un moment, ils gardèrent le silence.

— Ca va ? finit par lui demander Pascal.

— Oui… ça va… lui répondit—elle d’une voix dont elle ne put malgré tous ses efforts réprimer le tremblement.

— Tu veux boire quelque chose ?

— Oui, je veux bien…. Un petit whisky ne serait pas superflu

— C’est vrai.

D’un geste, il fit signe à un serveur qui leur servit prestement les verres réclamés.

— Alors on continue ??? reprit Pascal d’une voix douce

— Et bien….

Laura eut un moment d’hésitation et s’interrompit faisant tourner entre ses mains tremblantes son verre qu’elle fixa d’un regard absent. Une part d’elle—même lui disait qu’il aurait mieux valu qu’ils partent, mais une part, et non la moindre, lui disait au contraire que oui elle avait aimé cela et qu’il était hors de question qu’ils s’arrêtent là, juste au seuil. Pascal comprit le sens son hésitation, il la connaissait si bien et savait si bien jouer sur les ressorts qui la ferait réagir. Aussi, sans préambule, il lui assena d’une voix soudain dure et froide d’où toute tendresse avait disparu :

— J’espère que tu ne va pas me décevoir sale chienne…

— Non, bien sûr, mon Maître… mais…, lui répondit Laura tout en lui jetant un regard éploré.

— Mais tu ne t’en sens pas capable, la coupa—t—il brutalement. C’est ça ? Tu me déçois beaucoup…

— Non... c’est pas ça mon maître... tu sais bien. Mais... c’est... tellement...

— Tellement quoi...... Dégradant ? Pas digne de toi ? Tu te prends pour quoi ?

— Maître, je t’en prie…, lança—t—elle d’une voix suppliante

— Tu me pries de quoi… de te dire que tu n’es qu’une sale chienne désobéissante incapable de satisfaire son Maître ? lui rétorqua—t—il.

— Non… je… c’est pas ça…

— C’est quoi alors… tu as peur ?

— Non….

— Alors quoi ?....

— Je sais pas…. Je.. ne peux pas....

— Ecarte tes cuisses !, lui ordonna—t—il brutalement, que je me rende compte de ton état

De nouveau Laura le regarda suppliante, les joues rougies d’émotions contradictoires.

— Ecarte !, j’ai dit, réitéra –t—il d’un ton sans réplique.

Subjuguée, Laura écarta docilement ses jambes et laissa son Maître tâter sans ménagement son entre—jambes

— C’est bien ce que je pensais... tu coules comme une chienne en chaleur, souffla—t—il d’un ton méprisant... et tu oses jouer les mijaurées.

— Mon Maître, je t’en prie....

— Ose me dire que ce que tu viens de voir ne t’a pas excitée...

— C’est pas ça... c’est seulement que... tenta—t—elle de se justifier

— Avoue que ça t’a excitée ? la coupa—t—il. Je veux te l’entendre dire !

— Oui mon Maître, ça m’a plu bien sûr... tu le sais bien...

— Oui je sais que tu n’es qu’une chienne en chaleur qui a envie d’être prise

— Oui mon maître, j’ai envie oui, finit par avouer Laura dans un soupir accablé devant l’évidence de son désir.

— Tu as envie de quoi exactement ? Je veux que tu me le dises.

— Que tu me prennes ... que tu m’encules... que tu me fouettes....et........ qu’on me regarde...

— Bien... je préfère ça

— Tu le savais mon Maître...

— Oui je le savais mais ça me plaît de te l’entendre dire. Alors on reste et on continue ?

C’était plus une affirmation qu’une véritable question mais Laura se sentit obligée de répondre :

— On reste…. oui

— Tu sais ce que ça signifie... ce qu’on a décidé...

— Oui mon Maître mais c’est ce que je veux. A toi, de décider.

— Bien. Je suis fier de toi ma chienne. Debout et suis—moi. On va leur montrer de quoi tu es capable...

— Oui mon Maître, on va leur montrer.... LIRE LA SUITE

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