Le hasard

vendredi 18 avril 2003
par  Christine Arven
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Je sens sur moi ces regards, ton regard qui me suit alors que je déambule à travers la ville. Ma robe, au tissu léger et translucide, dessine les courbes de mon corps et, la brise, ma complice, la fait virevolter autour des mes jambes découvrant mes chevilles. Tu avances vers moi, dans la rue venant à ma rencontre. Nous ne nous connaissons pas.... deux inconnus qui vont se croiser....par hasard.

ELLE

Je sens ton regard sur moi qui apprécie le galbe de mes seins que l’on peut deviner sous le corsage ajusté, la rondeur de mes hanches qui se balancent à chacun de mes pas... Je perçois le désir fugitif qui t’habite soudain, la tentation de ce geste qui te plairait tant mais que tu n’oses esquisser. Tes yeux s’attardent sur mes chevilles, remontent le long de mes jambes...

Sous ton regard, je redresse davantage les épaules pour, déjà, m’offrir à toi.... Je te regarde aussi et, je sais que tu peux lire dans mes yeux combien tu me plais... Pourquoi, le cacher ? Nos yeux se croisent, s’accrochent l’un à l’autre et nous y discernons le même désir de nous séduire mutuellement. Je sens un émoi diffus me parcourir, et mes sens s’éveiller soudain me faisant frissonner....

Mais tu me croises et déjà tu t’éloignes. Resteras-tu ce délicieux souvenir d’un homme qui, l’espace de quelques secondes, a traversé ma vie et a su, par la seule puissance de son regard , faire vibrer mon corps ?

Je m’éloigne souriant de cet affolement éphémère..………

LUI

.……………. Comme j’aimerais faire partie de tous ces yeux, pour admirer ces jambes qui déambulent et arpentent la terre avec, à chacun de tes pas une irrésistible envie de devenir fou et de commettre l’irréparable, ce geste qui me plairait tant, mais qui me perdrait certainement, mais tant pis, je ne puis tenir un instant de plus, je poserais mes mains sur ces chevilles, les remontant lentement le long de ces jambes qui se découvrent au regard. Que les autres yeux se mettent aux abris, et puis tant pis, je ne peux me retenir d’être cet homme redevenu animal, te désirant à un point tel, que tous les yeux de la terre ne sauraient m’arrêter.…………..

ELLE

………………… Mais soudain, des pas derrière moi.... Une main se pose sur mon épaule m’arrachant brusquement à ma douce rêverie. Je me retourne. Surprise. Pas vraiment. Tu es là. Un peu intimidé, ne sachant quoi dire.... Je te souris et toi aussi. Une étrange allégresse m’emplit soudain.... Nous restons un moment immobile face à face, nous détaillant avidement. Nos corps sont tout proches séparés seulement de quelques cm mais, imperceptiblement, ils se rapprochent encore comme mus par une étrange volonté qui échappe à notre contrôle et contre laquelle ni toi, ni moi n’avons envie de lutter. A quoi bon lutter contre ce que nous savons tous deux inévitable....

Tu es tout près de moi, maintenant.....

Je peux ressentir ta chaleur, respirer ton parfum qui m’enivre déjà. Avons-nous réellement besoin de mots pour exprimer notre désir ? Aucun ne me semble approprié et ils ne feraient, me semble-t-il, que détruire le charme qui nous unit en cet instant magique où nos deux corps se reconnaissent, s’accordent et se désirent.

Je sais que je vais te suivre sans poser la moindre question. Une évidence qui s’impose à moi. Je sais que je vais m’offrir à toi et que toi, en retour, tu te donneras à moi. Je connais déjà au fond de moi, la délicatesse de tes caresses, la douceur suave de tes lèvres, la chaleur de tes mains qui vont, bientôt, embraser mon corps et l’emporter dans un troublant délire.

Tes lèvres s’approchent des miennes, s’y posent et mes dernières résistances s’évanouissent Je suis à toi déjà.. Tes bras se resserrent autour de moi, m’attirent et je me laisse glisser contre toi.... Conquise. Séduite. A ta merci.....

Emporte- moi bel inconnu..……………..

LUI

.……………………. Je t’emporte avec moi, te prenant par la main, je t’emmène avec moi, toi que je ne connaissais même pas il y a seulement un an, un mois, un jour, une heure et qui me fait pourtant un tel effet, ne sachant pas moi-même très bien pourquoi. De cette ville, nous sommes assez proches de la plage, une plage de sable fin et chaud, un endroit désert à cette heure. Je t’y emmène sans échanger un mot comme si nous voulions, dans un accord tacite et informulé, préserver notre mystère. Là, nous nous couchons à même le sol, près de l’eau. Nous nous embrassons encore et encore, et commençons à nous déshabiller l’un l’autre. Nous gardons cependant nos sous-vêtements, moi un peu par gêne, toi pour ne pas être seule entièrement dévêtue, et nous allons nous baigner nous amusant dans l’eau, nous embrassant également à en perdre haleine.

Je vois au loin une barque retournée sur la plage... Je sais l’endroit romantique et sais aussi qu’il te plaira, nous nageons jusque là... Arrivés sur place, nous nous couchons à l’abri de la barque. Nous nous embrassons encore et toujours n’arrivant pas à nous rassasier de nos lèvres, nous roulant sur le sable nos corps collés l’un à l’autre. J’ôte ton soutien-gorge, ta magnifique poitrine est maintenant dévoilée. Tu as une belle peau bronzée dont la douce texture m’affole. Je saisis, caresse, embrasse tes seins dont je sens les pointes durcir sous ma langue... Puis je pose mes mains sur ces chevilles qui tout à l’heure m’ont si fort tentées. Mes grandes mains les enserrent délicatement avant de remonter lentement plus haut le long de tes jambes gorgées de soleil.

Arrivé au point culminant, au refuge secret de tous les plaisirs, je t’enlève, non, je l’arrache cette culotte, seule barrière qui me sépare encore de ton triangle d’or, porte fermée du paradis dont je détiens la clef.……………………

ELLE

....…………….. Je presse mon corps nu contre le tien et te déshabille à mon tour faisant rapidement voler la mince barrière qui te recouvre et te sépare encore de moi. Je veux sentir ta peau nue contre la mienne. Tu m’allonges sur le sable chaud et tu viens sur moi. Mes mains parcourent fiévreusement ton corps, s’agrippent à toi, te reconnaissent. Je peux sentir contre mon ventre ton désir qui se lève, impérieux, inexorable. Nos bouches sont soudées l’une à l’autre dans un baiser qui n’en finit plus et me fait fondre entre tes bras. Tu écartes mes cuisses et je m’ouvre à toi... à ton désir...

D’une seule poussée des reins, tu t’enfonces en moi qui t’attend depuis si longtemps. Une heure, un jour, un mois, un an.... Je sens ton sexe gorgé de désir m’envahir, me posséder...entièrement...au plus profond de moi qui me donne à toi. Je te demande de venir plus loin encore, j’écarte largement mes jambes que je remonte haut et je m’agrippe à tes hanches pour que tu me pénètres davantage encore. Je te sens aller et venir en moi en moi, m’enflammant de plaisir, me faisant perdre toute retenue. Tout mon corps s’enflamme, se tend vers toi, t’appelle, te réclame.... Des ondes de plaisir me transpercent, me transportent. Je suis à toi complètement. Tu peux tout faire....Je gémis sous tes coups de reins qui me transpercent. Je retiens mes cris de jouissance. Tes lèvres sont sur mes lèvres pour m’empêcher de crier mon plaisir. Mon corps tremble sous la puissance de tes coups de plus en plus rapides, profonds. Nos corps frémissent à l’unisson. Je sens ton sexe palpiter en moi, dur, raide, prêt à éclater. Un spasme soudain et incontrôlable tend ton corps et tu jouis, tu coules en moi, m’entraînant dans la même jouissance, le même délire des sens. Nos corps soudés un à l’autre, nous jouissons ensemble. Je t’aime si fort à cet instant.... mon bel inconnu dont je ne connais même pas le nom…………….

LUI

..…………….Ton corps est comme une source intarissable dans lequel je me noie. Ton sexe est un étau de soie brûlante qui m’enserre, m’aspire. Je sombre au fond de ton corps, m’y perds. Mon sexe profondément planté en toi. Te possédant de toute sa vigueur. Mes reins s’embrasent. Tes seins se pressent contre mon torse. Tu gémis. Me murmure des mots d’amour. Un feu intense irradie mon ventre, se propage le long de mon sexe et se déverse en toi en un flot intarissable. Nous jouissons à l’unisson, nos lèvres collées, nos langues emmêlées.

Nous retournons nous baigner un peu, nous embrassant comme des enfants amoureux. Tu sais que je dois repartir, retourner vers cet horizon gris et lointain, je le sais aussi. Nous nous promettons de nous revoir et, à cet instant, nous y croyons tous les deux. Nous allons nous rhabiller, je te raccompagnes un bout de chemin, je n’ai pas envie de te quitter, toi non plus, mais il le faut pourtant...Nous nous embrassons longuement, mais nous devons nous séparer. Nous sommes tristes. Je m’éloigne. Mais me retourne et ne peux résister à l’envie de revenir vers toi pour t’embrasser encore et te consoler. Il nous faut nous quitter, nous décoller l’un de l’autre avec beaucoup de peine...Déjà je disparais au loin…………………….

ELLE

………………… Nous nous séparons oui....difficilement.....douloureusement....mais le cœur et le corps emplis de soleil.

Sans que tu t’en aperçoives, alors que tu me serrais une dernière fois contre toi, j’ai glissé dans ta poche un minuscule bout de papier avec mon N° de téléphone inscrit dessus....Le trouveras-tu ? Il est si petit... Je ne sais pas mais déjà j’attends ton appel.....

Et......peut-être.....un jour....

Mais peut-être c’est déjà beaucoup.....peut-être c’est tout un monde de possible....

Fin de l’histoire ??????

Tu t’éloignes. Ta main se glisse machinalement dans ta poche et se saisit de ce petit bout de papier qui reste notre seul lien. Tout à tes pensées, d’un geste négligeant, tu le froisses entre tes doigts ignorant ce qu’il contient et, sans mesurer la gravité de ton geste, sans même penser à y jeter un regard, tu le jettes. Tu le regardes s’envoler dans le vent, tourbillonner loin de toi et disparaître.....

Longtemps j’attendrai, en vain, ton appel, sursautant à la sonnerie du téléphone, me disant c’est lui enfin, cet inconnu qui a traversé un si bref instant ma vie.

Et puis les jours passant ...... et je me résignerai à enfouir dans le secret de mon cœur le souvenir précieux de ce bonheur à peine entrevu, de ces heures de lumière et de plénitude où tout semblait alors possible même l’impossible.

Je sais que souvent je repenserai avec nostalgie à notre rencontre née du hasard et mes yeux s’illumineront alors de larmes retenues. Je sourirai alors chérissant ce doux souvenir.........Et je me dirai qu’un jour, peut-être, tu reviendras te promener au bord de cette plage de sable fin et chaud et que le hasard nous réunira une nouvelle fois..........

Au revoir mon amour




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