L’oeuvre de chair

mercredi 7 avril 2004
par  Dyonis
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A Elora, Ma petite pute Adorée, A tout ce que ce texte évoque pour elle...

Le jour où Sylvain croisa son chemin, Diane eu l’intuition d’être happée par un gouffre, un trou noir qui s’ouvrait dans sa vie et dont elle ne ressortirait pas indemne.

Elle avait fini tard ce jour là, occupée par les responsabilités qu’elle avait au sein de sa société. Il n’y avait plus personne quand elle tenta en vain de démarrer sa voiture. Plus tard elle avait interprété l’incident comme un arrêt symbolique de la vie qu’elle menait jusque là. Diane s’épanouissait dans son travail de cadre, la boite était sa seule famille A 33 ans elle était entièrement disponible, son mariage comme son divorce faisaient déjà partie d’un passé révolu sans regret, d’autant plus qu’elle n’avait pas d’enfant.

Ses amis s’étaient dispersés sans qu’elle ne cherche à les retenir, dans son appétit de réussite professionnelle. Elle aimait se définir comme une battante qui aimait les défis, les performances, plus que tout autre forme de satisfaction. Qu’étaient ses quelques aventures à coté, sinon des récréations qu’elles se permettait avec des hommes si possibles mariés, qui ne cherchaient pas plus qu’une escapade. Surtout personne de la boite.

Ce soir-là, alors qu’elle s’échinait à faire démarrer son véhicule, l’homme sortit de la galerie d’art toute proche. Il devait approcher la quarantaine et ses yeux étaient aussi noirs que ses cheveux. Il avait réparé son démarreur et lui avait soutiré, en guise de remerciement, qu’elle vienne boire un verre à sa galerie, le lendemain.

Sylvain était peintre, tant de fois Diane était passée devant sa vitrine sans y prêter attention. Lorsqu’elle entra dans son repaire, elle dépassa rapidement les tableaux les plus en vue pour se trouver au milieu d’un série de nus plutôt provocants. C’est là qu’il l’attendait, devant un petit bar roulant.

Elle n’avait jamais côtoyé d’artiste et se disait que c’était là l’occasion d’en observer un de prés. Pourtant dans cette galerie à l’ambiance si différente du bureau, elle se sentit mal à l’aise. Elle qui savait si bien parler avait l’impression d’aligner des phrases creuses :

— Vos peintures sortent de l’ordinaire…dans la façon dont le thème est traité, en tout cas…

— Le thème est éternel…

— Oui, les femmes !

— En fait, chaque femme est une œuvre d’art…j’essaie de saisir l’essence de la féminité…

Elle sourit férocement, se sentant cette fois d’attaque à répondre :

— Seriez-vous un peu macho ? Les femmes ne sont pour vous que de belles choses décoratives ? J’aurais du mal à supporter de n’être là que pour faire joli. Je suis responsable marketing dans ma société et je ne me sens pas « œuvre d’art ». Pour la décoration il y a des affiches et des plantes. Moi je suis là pour être performante, autant qu’un homme. Ca ne vous déranges pas si je fume ?

Avec un geste de deni de la tête il sortit un briquet doré de sa poche et alluma sa cigarette. Ses yeux noirs se plantèrent dans les yeux verts de Diane.

— Je ne remet pas en question vos compétences. Mais il ne s’agit que de l’aspect social. Je parle de l’œuvre d’art enfouie en votre être. Le rôle de l’artiste est de la libérer, en fait de vous épanouir en vous faisant trouver à quoi tend votre vrai désir.

Sa voix était chaude et posée. Sa main si prés de la sienne…

— Vous êtes belle, Diane, vous seriez un merveilleux modèle…

Brusquement Diane sentit son sexe s’inonder, d’une façon complètement inattendue. Elle était saisie d’un trouble qu’elle avait oubliée depuis l’adolescence. Son ventre était de feu et d’eau.

Moniale-guerrière, elle s’était forgée par le contrôle sur sa vie, qui commençait par la maîtrise de toute émotion autre que la joie de dominer. Et voilà qu’elle ne maîtrisait plus rien. Elle était maintenant gênée par la nudité des femmes peintes, comme si tous les modèles étaient là, posant lascivement autour d’elle. Son regard se porta sur un cadre à sa droite : une femme nue, les poignets attachés à un poteau, baissait la tête, soumise. Sa lourde chevelure noire masquait son visage.

Elle écourta la conversation.

— Vous reverrais-je ? Demanda-t-il en la raccompagnant.

— Ma foi ! je sais où vous trouver…répondit elle en s’enfuyant presque…

La douche qu’elle prit en rentrant ne pouvait éteindre l’incendie allumé. Malgré ses longues périodes de chasteté, elle se caressait rarement, elle investissait tout son désir dans la course à la réussite. Et ce soir là, ses mains se mirent à courir toutes seules au bas de son ventre, sur son clitoris qu’elles flattaient de plus en plus rudement, dans son vagin où deux doigts s’enfouissaient…puis le jet de la douche pris le relais sur son bouton, comme une langue chaude et mouillée. Apercevant la forme élancée et arrondie d’un flacon de shampoing pourtant bien familier, la folie l’emporta. Elle n’avais jamais pensé à l’utiliser ça. Elle le fit glisser d’un coup, sans effort, dans sa grotte inondée. Elle imaginait Sylvain, ses yeux dans les siens, son corps dans le sien. L’orgasme la prit par surprise, la faisant crier, seule, sous l’eau jaillissante.

*****

Dangereux…Elle se sentait en danger. Où plutôt étais ce le personnage qu’elle s’était bâti qui l’était ? Ce qu’elle pressentait au-delà de cette Diane qui vacillait la paniquait et irrésistiblement l’attirait, elle réputée pour garder la tête froide. Je ne retournerait plus dans cette galerie se dit elle. Et bien sur elle y retourna, après s’être fait violence une semaine pour ne pas s’y précipiter.

— Je passais par là, expliqua-t-elle en s’efforçant de garder sa façade, alors je suis passée vous saluer.

Bien sur que je passais par là, j’y passe tous les jours puisque je travaille à coté. Je me comporte comme une idiote…

C’était l’heure de la fermeture et il lui offrit à boire. Elle se laissa resservir deux whisky . Qu’est ce que je cherche ? à m’étourdir ?

Quand l’alcool lui fit paraître le monde plus léger, elle lui annonça qu’elle souhaitait poser pour lui.

Sans manifester de surprise, Sylvain l’amena à l’étage, où se trouvait son atelier. Diane se dévêtit , déjà jalouse des autres femmes qui exposaient leurs corps sur les toiles posées ça et là. Elle était maintenant nue, offerte aux yeux de Sylvain qui semblait ne la considérer qu’en professionnel.

— Comment dois-je me mettre ? demanda-t-elle. Elle ne reconnaissait pas sa voix.

— Essayons diverses attitudes. Levez les bras, rejoignez vos mains derrière la nuque. Bon, allongez-vous un peu sur le coté. Asseyez-vous…repliez une jambe.

Le mouvement fit bailler légèrement son sexe. Elle sentit ses lèvres se décoller, gluantes. Son clitoris s’érigeait comme un pénis.

A chaque changement de posture elle sentait sa température augmenter. Toute l’eau était concentrée en bas. La chaleur partait de ses entrailles, montait pour gonfler ses seins et en dresser les pointes, asséchait ses lèvres. Mais aucune rougeur ne lui venait au visage. Elle voulait s’exposer plus, jouir déjà du regard de l’homme dont la voix devenait fiévreuse aussi. Elle se retrouva dans un mouvement de reptation féline, la tension était aux confins du délicieux et de l’insupportable.

Sylvain peignait.

La séance n’aurait pas pu se terminer autrement. Il n’aurait pas pu lui dire comme à un autre modèle « Ca ira pour aujourd’hui, vous pouvez vous rhabiller » Elle savait pourquoi elle était là et il le savait aussi. Il était écrit qu’il poserai ses pinceaux, enlèverai sa blouse et vienne la saisir au hanches, maculant sa peau de peinture.

Il se posta derrière Diane, lui souleva le bassin et se pencha pour couvrir son dos de baisers. Elle sentit une main se poser sur son bouton, le manipuler avec la précision que donne l’expérience et un sexe qu’elle n’avait pas encore vu pris possession d’elle. C’était la première fois depuis au moins six mois qu’un homme la pénétrait et ça n’avait rien à voir avec ce qu’elle avait pu connaître jusque là. Il la ramona, longuement, en levrette, position qu’elle trouvait jusque là humiliante. Et c’est justement de se voir ainsi qui la fit jouir une première fois. Chaque coup de reins de Sylvain la dépouillait un peu plus de sa cuirasse, lui arrachant des larmes au milieu de ses cris.

Non ! il se retirait sans avoir craché son suc ! Elle poussa un cri de dépit.
Mais elle compris alors ; les doigts s’immisçaient dans son anus. Il était hors de question, avait elle souvent déclaré, qu’on la touche par là. Et tout homme qui s’y risquerait prendrait un aller-retour. Pourtant elle ne réagissait pas, au contraire elle creusait un peu plus les reins pour s’offrir à la sodomie. Le même sexe, graissé de sa cyprine, l’empala par son autre entrée, vierge, sans rencontrer de résistance. La main entre les cuisses elle se masturbait en laissant le membre se reculer pour revenir aussitôt cogner au plus profond de son ventre. De plus en plus vite.

Elle se dit que ça ne faisait pas si mal que ça. Elle se dit qu’elle était devenue folle. Elle se dit qu’elle s’en foutait. Elle eu un nouvel orgasme, encore plus puissant, son sphincter se contracta autour du manche qui la barattait.. Un flot brûlant se répandit en elle.

— Tu sera mon chef-d’œuvre, lui murmura-t-il pendant qu’elle s’endormait dans ses bras.

*****

Elle reprit le travail, avec la même conscience professionnelle, constata-t-elle, soulagée. Même si sylvain revenait régulièrement dans ses pensées, elle l’oubliait des qu’elle était en rendez-vous. Par contre, elle qui ne rechignait pas à rester tard le soir vivait comme un supplice le fait de reculer le moment de le rejoindre. Lorsqu’il se retrouvaient elle s’abandonnait dans une transe quasi-mystique.

Le rituel était le même à chaque fois : il lui faisait prendre une pose, selon une mise en scène raffinée. Au début ce n’était que des positions de soumission : à genoux, prosternée, a quatre pattes…Il prenait ses fusains et ses pinceaux et commençait le tableau. Les frissons parcouraient alors Diane, qui ne cessaient d’augmenter à attendre ce qui invariablement suivrait. Elle était un vide qui appelait à être comblé, rempli. A un moment qu’elle ignorait et qui variait selon les fois, il abandonnait le travail en cours pour la prendre, sans qu’elle quitta sa posture. Elle ne savait pas non plus par où il allait l’attaquer. Son ventre, ses reins, sa bouche. Peu importait, elle le recevait, elle le voulait plus fort, plus loin !

Elle ignorait que l’intensité de leurs étreintes pu augmenter encore, jusqu’à ce qu’il l’attache. Quelquefois juste les poignets. Quelquefois aussi les chevilles. Elle aimait particulièrement que ses poignets soient liés à ses chevilles, la maintenant immobilisée et ouverte. Ainsi entravée elle se livrait entièrement .Comme son travail était loin alors ! Il lui soulevait les jambes et de tout son poids et s’enfonçait profondément, la clouait comme un papillon, passant alternativement d’un orifice à l’autre. Elle jouissait plusieurs fois de cette façon.

D’autre fois elle se tenait à genoux, menottée dans le dos. Les mains du peintre se refermaient sur sa tête et avec une rude douceur lui introduisait sa verge entre ses lèvres. Elle le suçait , se régalait de son goût, de son parfum. Sylvain avançait alors une jambe entre les siennes où elle venait frotter sa vulve brûlante, son clitoris bandé. Comme une chienne en chaleur ! cette pensée la faisait exploser très vite. Elle recevait en bouche la giclée tiède et la dégustait comme un grand cru, jusqu’à la dernière goutte léchée sur le méat.

Il lui arrivait aussi de la peindre après l’amour, les cheveux défaits, le maquillage coulant sur son visage aux allures de martyre antique, les cuisses poisseuses.

*****

C’est alors qu’il organisa, dans une arrière-salle, une exposition consacrée à Diane. Il y mit tous les tableaux d’elle qu’il avait réalisé, avant l’acte, après…Elle en fut transportée de bonheur. Son amant la montrait à tous et elle le vivait comme un grand honneur.

Mais au travail les attitudes changèrent, les regards devenaient gênés. Elle compris lorsque son supérieur la convoqua. Le bruit s’était répandu qu’on la voyait représentée sur une série de tableaux érotiques, dans une galerie d’art voisine de la société.

— Vous êtes un excellent élément et votre vie privée ne regarde que vous, lui dit son chef. Cependant vous êtes en contact avec la clientèle et nous avons parmi eux des saoudiens, des iraniens et autres personnes plutôt puritaines…vous ne pouvez pas continuer à vous exposer ainsi, cela nuirait à nos affaires. Il y a des choix à faire, Diane.

Elle eu vite fait son choix. Désormais elle seconderait Sylvain à la galerie, s’occupant plus particulièrement de la salle qui lui était consacrée. Elle accueillait chaque visiteur, prenant plaisir à s’exhiber comme objet de fantasmes. Ils la détaillaient, confus et excités, vêtue de sa courte robe noire à coté des images de son corps nu. Elle répondait avec complaisance à leurs questions. Oui, ces tableaux la troublaient. Oui, elle aimait poser pour Sylvain.

— Je voudrais que tu remplisses encore plus la salle de ta présence, lui demanda-t-il. Toutes ces toiles ne renvoient qu’un aspect de toi, c’est toi l’œuvre d’art authentique…

Alors ce fut nue et hiératique qu’elle trôna dans un fauteuil, au milieu de ses représentations peintes. Elle ne parlait plus, ne bougeait presque pas. Chacun pouvait l’examiner à sa guise. Quelques-uns effleuraient du bout des doigts la douceur de sa peau, de ses lèvres. Les plus audacieux frôlaient sa poitrine. Une femme posa un léger baiser sur sa bouche. Sylvain se contentait par moment de glisser ses doigts dans son intimité huilée et de les lui faire sucer, tendrement, devant le public médusé. Après la fermeture seulement elle se relevait, puis s’agenouillait devant le fauteuil, se penchait et posait son visage sur le velours.

— Encule-moi ! suppliait-elle alors…

*****

— Cette salle portera ton nom, annonça Sylvain. Et il organisa une réception privée en son honneur.

Elle accueillit les invités, habillée d’une longue robe de soirée noire. A chacun elle servit une flutte de champagne, puis se posta face un chevalet vide au centre de la pièce. Sylvain vint l’embrasser.

— Acceptes-tu d’être mon chef-d’œuvre ?

— Je suis ton œuvre d’art. Modèle-moi.

— Toute œuvre a besoin d’être travaillée, murmura-t-il pendant qu’il nouait un bandeau sur les yeux de Diane.

Dans son dos, elle sentit qu’il descendait la fermeture éclair de sa robe. La bouche de son amant se posa sur son cou, dans un mélange de baiser et de morsure. Il fit glisser les fines bretelles sur les épaules. Le contact plus sauvage des ses dents sur leur arrondi lui fit serrer instinctivement les cuisses. Sa robe coula le long de ses formes et elle ne portait rien dessous. Comme une poupée, elle le laissa attacher ses poignets au chevalet.

Aveugle et ligotée, la croupe relevée par l’inclinaison de son buste en avant, celle qui avait été une « battante » n’était plus qu’attente, passivité…

— Le chef d’œuvre est enfin exposé, déclara calmement Sylvain.

Des glissements de semelles, tout prés, devinrent aussitôt glissement de mains et de bouches. L’invasion devint plus hardie. Dents la mordillaient, la marquaient sans doute en aspirant sa peau, les mains la pétrissaient. Suis-je peinture ou sculpture ? Un corps inconnu se tenait tout contre son dos, elle en sentait le souffle dans son cou et le parfum d’une eau de toilette pour homme. Vétiver…Pensa-t-elle. Elle hurla quand il la pénétra mais des mains fermes la firent se pencher un peu plus et un autre membre lui occupa la bouche. Elle dut se contenter de gémir, doublement labourée, jusqu’à ce que l’homme de derrière jouisse avec un long soupir. Le sperme de celui de devant se répandit ensuite sur sa langue. Cette odeur l’enivrait…

Des pressions sur sa taille lui fit fléchir les jambes jusqu’à rencontrer un engin sur lequel elle s’empala. Brusquement dilatée, son premier cri de surprise fut pour la grosseur inhabituelle, le deuxième d’avoir aussitôt son anus forcé, sans ménagement mais sans difficultés non plus . Le troisième cri fut étouffé par une nouvelle fellation.

Tous la prirent, elle était heureuse.

Elle était son chef- d’œuvre.



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Commentaires

Logo de AngeM78
mercredi 6 mars 2013 à 20h26 - par  AngeM78

Très beau texte érotique, complétement irréaliste.
Mais la réalité est-elle si importante, dans ce texte inspiré manifestement d’un fantasme devant un tableau (érotique ?).

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