Le Harem-2

La punition de Circé
dimanche 15 janvier 2012
par  Arkann
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Les quatre apprenties avaient les yeux rivés sur lui. Deux d’entre elles, celles qui avaient le plus d’expérience, savaient déjà que l’arme était l’une de ses meilleures pièces.

L’épée était incomplète : la soie était nue, la garde pas encore posée, et les tranchants ne seraient pas effilés pour un temps, encore. Il restait le polissage à faire, ainsi que nombre de petites tâches routinières. Elle était incomplète, mais le travail était fondamentalement terminé.

Les runes finement inscrites dans la lame luisaient d’une lumière bleutée à peine visible et semblant provenir du cœur de l’arme. Ces runes n’étaient plus requises puisque les sortilèges de la lame étaient maintenant brûlés profondément dans l’alliage complexe qui fournirait pour l’éternité l’énergie requise pour maintenir les sortilèges en vie.

Sur la soie était sa marque, ainsi que l’année. La marque de chacune des apprenties, en ordre de séniorité, était aussi sur la pièce qui permettrait l’assemblage de la poigne : elles avaient contribuées par leur sueur, leur sang, et leur magie à l’âme de l’arme, et il considérait que la contribution de même une apprentie débutante devait être reconnue.

Il était fasciné par l’arme qu’il tenait entre les mains, ses yeux ne cherchant plus de défauts qu’il savait inexistants depuis maintenant de longues minutes. Elle était parfaite, l’une de ses meilleures créations. Il avait des siècles d’expérience comme forgeron. À ses sens, la lame vibrait de vie, d’une soif qui ne pouvait être assouvie que par le sang.

Elle était très longue, mais légère. Elle était rigide là ou il le fallait, et flexible ailleurs. Les alliages utilisés –les tranchants n’étaient pas du même alliage que le reste de l’arme- faisaient que l’épée était mince et étroite malgré ses dimensions, avec une seule arête pour fournir la rigidité voulue. C’était une arme brutale, faite pour être utilisée à deux mains. Sa légèreté, sa balance, ferait de cette épée une arme très rapide pour ses dimensions.

« Arkann… »

Il ignora la voix de Sélène, qui était apprentie senior. Presque. Ses doigts se fermèrent sur la lame pas encore affûtée, comme s’il craignait que quelqu’un puisse tenter de l’arracher de ses mains.

« Arkann tu as promis… »

Elle était belle cette lame. Elle vivait. Elle l’appelait. Trois mois de dur labeur. Des métaux rares. Des sortilèges complexes. Son sang avait coulé pour lui donner vie.

« Arkann. Elle est à l’une d’entre nous. Tu as promis… »

« Elle n’est pas terminée. Il y a beaucoup de travail à faire, encore. Elle a des défauts, » répondit-il, d’une voix distante, absorbé par l’admiration de cette œuvre magnifique. Si elle avait été femme, il l’aurait courtisé avec passion. Il était distrait comme un étalon avec une jument en chaleur sous son nez, et ne vit les mouvements de ses apprenties qu’une fois qu’elles lurent encerclé. Elles se collèrent contre lui, l’enlacèrent. Il se raidit de surprise, prêt à se battre.

« Arkann, tu as promis. Donne la nous. Donne la nous. Nous la prendrons de force s’il le faut. Nous sommes prêtes. Nous sommes quatre. Tu vas perdre. Donne la nous. S’il te plaît… »

Elles l’immobilisaient, il sentait leur magie, prête à le neutraliser. Il était furieux, il brûlait de rage à cette perfide trahison, à ce vol ignoble. Mais Sélène disait la vérité. Elles étaient prêtes, déterminées, et son moment de distraction total l’avait mis en position de faiblesse.

Lentement, Sélène mit une main sur la lame, ferma les doigts, jusqu’à ce qu’elle sente la résistance d’Arkann se dissiper. Il avait physiquement mal, comme toujours lorsqu’il devait se départir d’une telle pièce. Il avait un mur où il montait ses plus belles oeuvres, et il pouvait passer des heures, des jours à les admirer, à écouter leur chant. Cette lame ne ferait jamais partie de son trésor.

La fureur laissa place à la tristesse. Elles sentirent le changement, savaient qu’elles venaient de gagner. Arkann était toujours ainsi quand venait le temps de se départir d’une pièce maîtresse, et elles étaient excitées, car cela voulait dire que l’arme était exceptionnelle.

« Ça va. Vous pouvez me laisser tranquille, » il grommela, de fort mauvaise humeur. Sélène mena les autres, et elles le relâchèrent. D’un geste brusque, il tendit l’arme à Sélène.

Sélène caressa le métal, un grand sourire sur ses lèvres, ses yeux s’écarquillant quand elle perçut la grande perfection de l’arme, entendit pour la première fois le chant à peine audible de l’épée. Elle ferma les yeux, écouta… et comprit que l’arme n’était pas pour elle. Le choc se lisait sur son visage, et le choc laissa place à une très chaude colère, une jalousie sans fond, car l’arme était pour une autre. Une autre, alors qu’elle avait passé deux ans de sa vie en quête des métaux requis pour l’arme, qu’elle s’était échinée, avait travaillé sans compter.

Elle regarda Arkann avec des yeux mauvais, accusateurs, son langage corporel avertissant le forgeron d’une attaque imminente.

« Je t’aiderai avec ta propre épée. Ce sera ton projet final. Nous la ferons avec le métal que tu m’as volé, » lui dit-il, d’une voix dure et froide. Il la vit pâlir, sa colère oubliée et remplacée par une grande crainte, car elle avait encore beaucoup à apprendre de lui, et elle partageait son amour des métaux. Il n’était pas si cruel qu’il lui dénierait ce que son cœur voulait avec tant de passion, mais elle n’avait pas besoin de le savoir, et la laisser le ‘convaincre’ de lui donner une autre chance allait assurément avoir de bons cotés.

Elle était très intelligente, et ne dit rien, courba la tête. Il savait déjà qu’elle jouerait sur le temps, car celui-ci arrangeait souvent bien des choses. Une longue quête pour les métaux, une recherche désespérée pour lui ramener bien plus qu’il ne demandait. Pour la prochaine décennie, Sélène ne négligerait rien pouvant aider à effacer son crime. Il prit l’arme de ses mains, et la tendit à Miria, qui était la troisième en séniorité.

Elle échappa presque l’arme quand celle-ci la reconnut, s’empara d’elle, se força profondément dans sa conscience. Un petit cri s’échappa de sa bouche, la femme résistant instinctivement, mais son sang qui avait été copieusement versé était une faiblesse par lequel le sortilège passa. Deux secondes, et tout était terminé, quoiqu’il en prenne beaucoup plus pour que Miria récupère. L’expression de merveille sur son visage sale et marqué par des coulées de sueur était un baume sur les plaies encore béantes d’Arkann.

Shayan, qui était seconde, et qui s’était convaincue qu’elle recevrait l’épée lorsque Sélène fut passée, sortit de la forge avec un pas rageur. Nul doute allait elle disparaître pour quelques semaines afin de se trouver un ennemi et le mettre à mort après lui avoir infligé de terribles tourments.

La dernière apprentie, qui avait su qu’elle n’aurait rien, regardait l’épée avec avidité. Un jour… elle aussi aurait une telle arme.

« Bon. Nous avons du travail à faire, » Arkann dit, mettant la main sur la lame, amusé lorsque Miria bondit en arrière, agrippant l’arme de toutes ses forces, la serrant contre sa poitrine, et en proférant des menaces à Arkann.

« Nous avons du travail à faire, » il répéta, lorsqu’elle se calma. « Nous avons encore une semaine de travail pour la terminer. Pour le moment, nous avons du nettoyage à faire. Allez. »

C’est avec grande répugnance que Miria obéit aux règles de la forge, et plaça l’arme sur l’établi prévu pour les travaux en cours. À quatre, ils remirent la forge en ordre. Même les journées ou ils étaient exténués, cette routine était incontournable, et Arkann y participait toujours, même si de telles tâches étaient du domaine des apprenties.

Dans les jours qui suivirent, ils reçurent de Sefera le baudrier parfaitement ajusté pour Miria, ainsi que les fines lanières de peau de requin qui serviraient à recouvrir la fusée afin d’assurer une poigne sans pareille, même quand les mains suaient. Ils travaillèrent le fourreau et la garde, la finition de l’ensemble de l’épée, mais une grande question demeurait : la fusée et le pommeau étaient manquants. Il était aussi apparent qu’une partie des sortilèges de l’arme n’étaient pas encore scellés. Miria était inquiète, anxieuse. C’était son épée, et Arkann ne lui disait pas tout. La spéculation était vive.

Et puis vint le jour de l’assemblage final… et Sélène éclata de rire lorsqu’Arkann déposa fusée et pommeau sur la table. Les deux apprenties juniors ne comprenaient que partiellement.

Sifflant de manière amusée, Arkann sépara la fusée en deux, puis l’assembla avec la soie de l’épée au milieu. Arkann utilisait des rivets spéciaux, démontables, pour river cette pièce en place. Puis il fixa le pommeau. Subtilement, il activa les derniers sortilèges. Le travail de quelques minutes, et il donna l’arme à Miria, qui rougit d’embarras.

« Tu n’est pas sérieux ! »

« Oh, mais je le suis. Tu devras retirer les lanières de peau de requin –c’est un peu rugueux- mais pour le reste… ça devrait être très bien. Un peu gros, j’en conviens, mais tu voulais une épée à deux mains, et ça demande une certaine longueur. »

Le pommeau et la fusée formaient un tout, une verge de cheval en érection, aisément reconnaissable, vulgaire au plus haut point. Arkann pouvait imaginer la femme lors d’une quête dans une contrée lointaine, l’arme au dos, avec ce phallus prominent, hautement visible… Les dimensions n’étaient évidemment pas réelles, mais le tout était éminemment reconnaissable.

« Tu vas être seule, parfois pour des années… je ne voulais pas que tu te retrouves sans moyens. Je saurai quand tu l’utilises et, si je le désire, je sentirai ce que tu lui fais, comme si tu me le faisais à moi. »

Elle était bouche bée, toute rouge. Cette dernière facétie d’Arkann allait faire le tour du harem très rapidement. Il était bien connu que les cadeaux d’Arkann n’étaient pas toujours sans ficelles… Elle allait avoir toute une surprise, la première fois qu’elle utilisait l’épée pour son plaisir ; le tout dernier raffinement d’Arkann rendrait le membre de métal chaud et souple comme la chair au toucher.

La journée se termina tôt pour la première fois depuis des semaines et il en profita pour se reposer, lire un livre en sirotant un cidre frais dans le jardin, à l’ombre d’un arbre. Sélène vint le rejoindre en fin d’après-midi, portant bottes, pantalons de campagne, et une cuirasse presque neuve qui avait été l’un des ses projets d’apprentissage. Le heaume qu’elle portait sous son bras était aussi une de ses pièces, plus ancien, marqué par endroits. La cotte d’arme qu’elle portait sur son armure arborait le cheval de sable cabré sur champ d’argent qui était le blason d’Arkann. Le même blason se retrouvait sur son bouclier.

 « Je pars, » lui annonça-t-elle.

« C’est bien, » il répondit, d’une voix froide et distante, sans lever les yeux de son livre. Il n’était pas surpris. Plus vite elle partait, plus vite elle se ferait oublier, plus vite elle reviendrait avec le métal qui saurait l’amadouer. Elle partait pour au moins deux ans, et il ne leva même pas les yeux. Elle serait seule, elle ferait face à maints dangers, et elle allait être inquiète qu’il ne la rejette pour tout ce temps. Elle apprendrait à ne plus le voler. À tout le moins, à ne plus être attrapée. Elle était suffisamment forte pour faire face à ce que ce monde pouvait lui lancer, et si elle ne le pouvait, elle n’aurait qu’à appeler au secours et le harem entier chargerait à sa rescousse en passant par le monde des ombres. Humiliant pour elle, une brèche dans les termes d’exil d’Arkann, mais mieux que de mourir dans une jungle putride ou pendue à un arbre fourchu par une populace ignare.

Il sourit lorsqu’elle s’en fût allée, pensant à ces précieux métaux qu’elle rapporterait, ses doigts presque capables de sentir les lingots…

Ce soir la, comme toujours au sortir de son bureau, il fit face à son harem. Il était de relativement bonne humeur, et la courte journée lui avait permis de se changer les idées. Il avait faim. Ce n’était pas la faim de son corps d’humain, mais l’appétit de sa vraie forme, qui ne pouvait être assouvi que par le sang d’une proie, ou des fortes émotions générées par les rêves érotiques ou cauchemars d’une autre personne.

Faire un choix était fort simple : une des femmes du harem avait répandu des rumeurs désobligeantes sur lui parmi la populace il y avait de cela plusieurs années. Rien de trop sérieux, une petite vengeance pour ce qu’elle avait perçu comme une injustice de la part d’Arkann, et il trouvait que le temps était venu de lui laisser savoir qu’il savait, et de la punir en conséquence.

Elle ne se doutait de rien, des années après le méfait, et le visage de Circé s’illumina d’un grand sourire lorsqu’il la choisit, elle qui avait été négligée ces derniers temps. Les cheveux d’un blond presque platine, des yeux d’un bleu surprenant, et une face d’une très grande beauté. Entouré comme il l’était de femmes ravissantes, qui pouvaient changer d’apparence si elles le désiraient vraiment, Arkann portait plus attention à la personnalité qu’a la beauté physique. Grande, élancée, Circé l’attirait en même temps qu’elle éveillait une grande méfiance, car elle était sournoise et traître, et sa maîtrise des phylactères dépassait la sienne. Elle maîtrisait fort bien la magie telle qu’utilisée par les humains, et elle ne dépendait pas autant de lui pour apprendre.

Elle était un peu plus vieille que lui, et elle n’était plus vierge lorsqu’elle était entrée dans son harem, ayant fait partie d’un autre harem avant que son maître d’alors ne meure assassiné par un autre male de leur espèce. Une grande volonté couplée à ce qu’elle apportait à son harem l’avait mené à l’accepter malgré tout. Il ne laissa rien paraître de ses plans, l’entraîna dans ses quartiers.

Dans sa chambre, la porte fermée, et une fois les sortilèges activés contre l’espionnage des femmes du harem, il frappa, sourire aux lèvres, sans aucune forme d’avertissement, de toutes ses forces.

L’effet de surprise était grand, mais Circé était forte, et Arkann peut-être trop ambitieux. La résistance de Circé était comme un mur autour de son esprit, un mur de sable qui s’effritait, s’érodait, mais un mur qui refusait de s’effondrer trop rapidement. Elle lui donna un coup, au hasard, et il la para aisément, mais son visage trahissait l’effort presque physique requis pour surmonter la ténacité de Circé.

« Que veux-tu, Arkann ? » elle lui demanda d’une voix étranglée, résistant de toutes ses forces à l’invasion de son esprit.

Arkann dut abandonner après quelques instants de plus, lorsqu’il comprit qu’il n’arriverait pas à ses fins. Il était choqué de voir combien Circé était puissante, la seule du harem capable de résister une prise de contrôle de sa part. De son coté, Circé était encore plus secouée. Elle s’était crue complètement hors de portée d’Arkann, et avait presque perdu ce combat.

Puis elle se mit à rire en voyant la surprise toujours visible sur la face d’Arkann. C’était un rire mi-soulagé, mi-nerveux. « Il y longtemps que je ne suis plus une de ces petites jouvencelles, » dit-elle, faisant référence aux autres femmes du harem. « Je ne suis pas aussi vulnérable que tu le pensais. »

« Et pas aussi forte que tu ne le croyais, » lui répondit-il, sobrement. Il réalisait pour la première fois à quel point elle était dangereuse. Même quand il était encore jeune et sans expérience, il avait toujours réussi à s’imposer. C’était son premier échec de cette nature.

« C’est vrai, » elle dut admettre. Puis, « je suis la plus vieille du harem. Bien assez vieille pour être la grand-mère de chacune d’elle. Tu me dois un peu de respect. Nous avons presque le même age, après tout. Que cherchais-tu à faire ? » Elle n’était pas fâchée, bien sur, puisque s’imposer de cette manière était son droit, comme il était de son droit pour elle de résister.

« J’aurais pris le contrôle et je t’aurais concocté… un petit rêve savoureux, tout gentil, érotique à souhait, qui t’aurais laissé satisfaite. »

« Et affaiblie, » lui dit-elle de manière pointue. « Tu te serais nourri de moi, de mes forces. Siphonnée, des semaines à m’en remettre. Pourquoi moi, et pas une autre ? »

Il lui sourit. « Des rumeurs que tu as répandu parmi mes sujets. »

Elle roula les yeux, « c’est tout ? C’est de l’histoire ancienne tout ça, et j’étais justifiée. Si tu veux me punir, trouve une bonne raison. D’ailleurs, j’exige des excuses. Ou bien… »

Elle parlait d’une voix sérieuse, son expression un peu hautaine, mais Arkann savait qu’elle était en train de jouer. « Ou bien ? » Il répéta, s’avançant sur elle, mettant les mains sur les hanches de Circé, le bout des doigts caressant ses fesses au travers du tissu de sa robe.

Elle sourit, se laissa prendre et brossa l’arête de son nez contre une joue d’Arkann. « Je suis très bonne avec les rêves de mes proies. Je suis douce. Je ne cause pas de cauchemars. Je leur donne des rêves érotiques sans pareils. Ils se réveillent en éjaculant, pantois, et ils se souviennent de tout… »
Il lui mordilla le lobe d’une oreille. « Et puis tu les abandonnes de longs mois, jusqu’à ce qu’ils désespèrent de jamais connaître une si grande passion de nouveau. Tu reviens, éventuellement, tu les caresses plusieurs nuits de suite, et l’anticipation ne fait que décupler la qualité de ton repas, lorsque tu leur donnes ce qu’ils cherchent. N’y pense même pas. »

« C’est dommage, » dit-elle en un chuchotement, caressant son dos de ses doigts. « Tout ce que je pourrais te faire, ce que je pourrais te donner… des expériences magnifiques… N’aimerais tu pas être un dragon s’accouplant avec sa dragonne en plein vol ? L’étalon d’un troupeau de licornes ? Je pourrais te donner maintenant l’expérience que sera ton harem dans cinq siècles, quand tu auras une telle maîtrise de tes arts que toutes te seront soumises corps et âme, en demeurant les fières créatures que tu connais maintenant. » Elle rencontra ses yeux de son regard, jaugea le risque, et donna le coup de grâce. « Je peux te montrer le jour où tu vaincras Aramis. Jamais nous ne te laisserons le tuer… mais te laisser imposer ta volonté sur lui… le garder enchaîné… »

Il sentait sa caresse sur son esprit, les images à peine formées qu’elle lui donnait, la suggestion de ce qui était possible. Elle continuait. « Imagine, Arkann. Imagine un harem totalement uni, totalement loyal, sans guerre interne. Imagine un harem qui te sert sans penser à prendre ton contrôle, tout simplement parce que tu laisses le harem abuser de ton frère, de faire avec lui tout ce que nous aimerions faire avec toi. C’est la clef, Arkann. Tu pourrais même faire que le harem d’Aramis le trahisse, le livre à toi, si tu arrives à forger ton propre harem en arme redoutable, unie. »

« Donnes-nous ce pouvoir. Unis nous. Cesse de nous diviser. Je peux te montrer ce que sera. »

Il y avait cette vision… Arkann conquérant Aramis. Conquérant les autres males et les assujettissants à son règne, les femmes faisant partie de son harem original ses fidèles lieutenants, sa garde personnelle. Jamais, jamais dans toute l’histoire de leur espèce avait un male régné sur tous et toutes.

« Un beau rêve, » il dit, retombant sur terre.

« Temps et efforts seront nécessaires pour le mener à terme, » elle admit, aisément.

« Je ne suis pas certain de vouloir vous unir, » il répondit, un peu sèchement.

« C’est compréhensible. Si quelqu’un peut y arriver, et garder le contrôle, ce sera toi. Tu devras trouver comment faire pour que ton risque soit raisonnable. Nous pourrons en discuter. »

Il lui donna un sourire malin. « Même si ça marchait, vous ne vous contenteriez pas d’un seul male bien longtemps. Déjà que lorsque je vous donne un pouce, vous prenez le bras. Non. »

« Médisances… » Elle n’insista pas, mais le germe était semé. Elle lui prit les mains, et le tira vers le lit. « Tu viens ? Je sens ta faim, et je suis prête à te servir de proie, mais… tu devras me bâtir un beau rêve agréable, et il te faudra me donner de puissants incitatifs… »

Il se laissa entraîner vers le lit, résistant un tout petit peu. « Ton prix est probablement trop élevé, » il commenta.

« Non. Il est juste. Je ne vais tout de même pas passer les prochaines semaines à être affaiblie sans contrepartie. Viens… »

Elle était maintenant sur le lit et il se laissa tomber à ses cotés, puis s’étira paresseusement. « Nomme ton prix… »

« Il a deux parties, » elle lui dit, d’un ton enjoué.

« Ça commence mal, » il répondit, faisant mine de se lever pour partir, mais elle ria et lui agrippa le bras, le fit retomber à ses cotés. Elle nomma les connaissances qu’elle souhaitait acquérir. Un prix élevé, à la frontière de l’acceptable. Puis elle se colla contre lui, et lui mordilla l’oreille. « J’aimerais bien connaître Karann. Présente le moi, intègre le à mon rêve. »

Arkann se raidit, la regarda comme un humain aurait pu regarder un serpent se glissant hors des draps de son lit. « Comment as-tu appris au sujet de Karann ? » Sa voix était sèche et dure.

Elle ria. « C’est mon secret. Trouve le si tu le peux. Ce qui me manque en puissance je compense en subtilité. Mais je suis au courant de Karann, fait à ton image, mais de l’autre espèce. » Milikki, qui avait construit l’univers, avait créé leur espèce, sombre et mauvaise, pour l’espionnage et l’assassinat alors que les membres de l’autre espèce étaient des créatures de guerre et de bonté. Deux espèces se ressemblant, mais opposées, se complémentant bien. Ils avait été créés pour être alliés naturels en temps de crise, mais incapable d’être ensemble une fois la crise passée. Deux espèces qui existaient, pour protéger toutes les autres contre l’ennemi de la vie.

Arkann était fort mécontent. Circé rencontrait ses yeux, sans crainte. Il n’était pas fâché contre elle, mais contre lui-même. Karann était une autre de ses faiblesses, une drogue dangereuse dans laquelle il était trop facile de se perdre. Il caressa l’esprit de Circé, la tira doucement dans une réalité autre. Graduellement, il prit le contrôle des sens de la femme, jusqu’à ce qu’elle soit debout dans une clairière. Des fleurs au doux parfum poussaient à l’orée de la forêt, une forêt de très grands arbres. À ses oreilles parvenait le chant des oiseaux, le souffle du vent dans les cimes, et le claquement des bois de deux cerfs s’affrontant au loin.

Tout cela était secondaire à la créature se trouvant devant elle. Une licorne au pelage d’un blanc pur, d’une crinière soyeuse d’un argenté pâle. Il était magnifique, et s’approchait d’elle sans faire un bruit, la pointe létale de sa corne tenue bien haute. Il était énorme, la grosseur d’un cheval de trait, même si ses formes étaient de loin plus gracieuses. Il s’arrêta proche d’elle, une expression narquoise sur son museau, la laissa l’admirer quelques instants, puis se transforma, prit forme humaine.

« Bienvenue dans ma prison dorée, Circé, » il lui dit, d’une voix qui aurait pu être celle d’Arkann, une voix utilisée plus doucement, sans arrogance. Il portait pantalons et une tunique blanche, ses cheveux étaient argentés. Son apparence était proche de celle d’Arkann, mais pas du tout sévère ou austère, très détendue. Elle n’avait jamais vu Arkann vraiment détendu.

« Arkann, tu te dépasses, » elle dit, avec grand plaisir à celui qui manipulait ses perceptions.

L’autre fit la grimace. « Circé, tu ne sais pas, tu ne cherches pas à m’insulter, mais disons que je ne suis pas trop enchanté. Je suis, Circé, même si je n’existe que par la grâce des rêves d’Arkann. Je n’ai peut être pas de corps, je ne suis peut être qu’une expérience qui a pris vie et âme, mais j’existe réellement. »

Circé le crut presque, pour quelques instants. Puis elle s’esclaffa de rire, totalement séduite par le talent d’Arkann. « Arkann. Merci. Merci beaucoup. »

Karann soupira, l’air peiné. « Bon, je crois que ce n’est pas une si grande surprise. » Puis il sourit, « je m’appelle Karann. J’ai bien peur qu’Arkann n’ait manqué d’imagination quand vint le temps de me nommer. »

« Non, Karann, et tu le sais fort bien. » C’était Arkann, l’air désapprobateur, assit sur une grande roche couverte de mousse. Elle ne l’avait pas vu. Plus probablement, il venait tout juste de s’insérer dans le rêve. « Circé, Karann est ma création. J’ai tenté d’en faire une licorne. Il est aussi proche que je puis le rendre, sans jamais avoir conversé avec l’autre espèce. Je l’ai créé à partir de moi. Crois moi, il a une certaine bonté, mais il ment sans vergogne, il tentera de t’utiliser par tous les moyens. Il est un ennemi retors et subtil qui te fera de vagues promesses. Il veut la liberté, et cette liberté passe par la saisie de mon corps, la mise au rencart de ma personnalité. Ce n’est pas parce qu’il a l’apparence d’une licorne que tu peux lui faire quelque confiance que ce soit. »

« Tu me blesses, Arkann, » commença Karann d’une voix affligée, une main sur la poitrine, le revers de l’autre main couvrant ses yeux. « Honte à toi, O puissant Arkann, pour salir ainsi l’honneur de ton humble création. »

Circé se tourna vers Arkann, amusée. « Arkann, dis moi ton prix pour que tu me montres comment être si douée, et il sera le mien. » Il y avait une certaine avarice dans sa voix.

« Circé ! Je suis ! Écoute ce que dit notre valeureux maître, et tu comprendras qu’il admet implicitement ce fait ! »

« Ton prix, Arkann ? » Arkann sentait comment Circé testait ses sens, touchait au rêve pour tenter de voir comment il faisait. Karann la fascinait, mais elle l’ignorait pour le moment. Elle tentait de voir comment Arkann le manipulait.

« Tu ne veux pas de ceci, Circé, » Arkann répondit, l’air morose. « Je me suis trop dépassé, je l’ai trop raffiné. Karann est un danger public : je suis assez puissant pour le créer, mais ce lieu… c’est sa création. » Il fit un geste. « Je suis habituellement capable de le contrôler, mais il devient plus puissant à chaque année. Il m’espionne, il fouille mes pensées, il attend. Un jour, il frappera. »

Circé hésita de longs moments, puis secoua la tête. « Non, Arkann, tu ne m’auras pas ainsi. Ça n’est pas possible. Tu tentes de me faire croire que Karann existe réellement en tant que personne. »

Arkann ne répondit pas et laissa à Karann le soin de le faire. Ce qu’il fit, en enserrant Circé dans ses bras. « Circé, je ne puis te convaincre ainsi, et seul le temps passé avec moi te permettra de voir à quel point ma mentalité est différente de celle d’Arkann, au point où tu comprendras que ce n’est pas Arkann qui tire les ficelles de mes actions et pensées. Il va chercher à te confondre, à te garder dans l’inconnu. Il cherchera à te faire croire que je ne suis qu’un rêve magistralement créé pour toi. La vérité est autre. Arkann possède un tel talent qu’il m’a donné vie, presque par accident, sans savoir.”

Circé se laissa enlacer par Karann, décidant de se laisser faire, d’embarquer dans ce rêve exquis, même si elle savait qu’Arkann allait être en droit de demander beaucoup en retour. Elle le sentait, aux frontières du rêve, se préparant à se nourrir de ses forces.

« Tu sens si bon… » un murmure excité de la part de Karann, qui la caressait de son nez alors que ses mains assurées exploraient tendrement son corps au travers des vêtements, glissaient le long de sa colonne.

Elle le sentit frémir lorsqu’elle lui mordilla le lobe d’une oreille. Il se pressa contre elle, ses doigts se crispant, lorsqu’elle lui laissa sentir sa langue. Il était… surexcité, et elle pouvait sentir la puissante érection qui ne demandait rien de mieux que de s’enfoncer en elle…

Elle était surprise par l’intensité du désir de Karann. Arkann était un être sophistiqué, un peu blasé à l’occasion, et qui demandait parfois beaucoup de travail à celle qui voulait le faire réagir. Elle n’était pas habituée à un tel enthousiasme débridé. Il tentait de reprendre ses caresses, mais elles manquaient de coordination, de douceur… et elle pouvait le faire frémir à sa guise. Elle expérimenta, se frotta contre lui, lui laissa sentir ses seins, lui donna un soupir d’encouragement… la réaction fut plus intense que prévue. Il grogna, son étreinte devint presque douloureuse, et elle sentit comment il allait la pousser au sol et la prendre vitement.

« Doucement, Karann. Tu ne voudrais tout de même pas laisser une mauvaise impression à celle qui te permettra de te débarrasser de ton état de puceau… » Il y avait de la malice amusée dans la voix d’Arkann, et sa création se raidit, et s’il n’avait pas eu Circé dans ses bras, il aurait avancé sur Arkann avec le but de lui donner une raclée.

« Il ment. J’ai beaucoup d’expérience. Ignore le ! »

Le rire moqueur d’Arkann fusa avant que Circé ne puisse répondre. « Il se masturbe, oui, en se créant des rêves plaisants, ou ses compagnes sont désirables, réagissent au quart de tour, jouissent avec peu d’effort, et sont en extase devant ses supposés talents. Ce qu’il sait, ce sont les connaissances qu’il m’a volé. Théorique, sans le contrôle requis. Il sait sans savoir. À peine mieux que s’il avait lu un livre pour apprendre. »

Circé pouvait sentir l’humiliation de Karann, la honte qu’il ressentait à voir ce secret révélé. Il était au moins aussi orgueilleux qu’Arkann, ce qui n’était pas peu dire. Arkann se surpassait pour elle, lui donnait un rêve dont elle se souviendrait clairement dans deux siècles. Il lui donnait un rare cadeau : la chance de déflorer un male de l’autre espèce, même si seulement dans un rêve.

« Va t’en, Arkann. Nous n’avons plus besoin de toi. » Et dans l’oreille de Karann, « n’ait pas peur. Je vais prendre soin de toi. Je te donnerai toutes les armes dont tu as besoin pour faire fondre toute femme, pour gagner cette confiance en toi dont tu as tant besoin. Aucune ne saura jamais. »

Elle sentait comment la tension quittait Karann, sentait son soulagement. Il brûlait de connaître, de comprendre, de sentir le corps dénudé d’une femme contre le sien, de s’enfoncer dans les profondeurs brûlantes d’un fourreau réceptif. « Merci, » il lui murmura à l’oreille, tout simplement, mais elle sentait à quel point il pensait ce mot, combien sa gratitude était réelle. Sa rancune envers Arkann était oubliée. Il était rouge d’embarras, mais son sourire gamin rayonnait de chaleur. Était-ce ainsi, d’être avec l’autre espèce ? Pour la première fois de sa vie, elle se sentait totalement à l’aise, complètement en sécurité en la compagnie d’un male. Elle savait instinctivement qu’elle pouvait baisser sa garde, que Karann n’exploiterait pas cette brèche dans ses défenses…

Elle tourna des yeux mauvais vers Arkann, qui était toujours présent, silencieux, observant avec un air moqueur. Karann fit de même. Arkann soupira, se leva, et s’en alla avec une démarche nonchalante. Le dos à un autre mâle, un signal de dédain qui indiquait qu’Arkann ne le considérait pas comme un danger, et cela fit bouillir Karann à nouveau. Elle lui mit une main sur la poitrine, pour le calmer. Cela n’aurait jamais marché avec Arkann, mais Karann avait un tempérament à ce point différent qu’il ne prit aucune action.

Et puis, une fois Arkann hors de vue… elle prit les devants, le tira contre elle, le caressa de ses joues, de son nez.

« Laisse moi faire. Laisse toi faire, » elle lui murmura, alors qu’il tentait fébrilement de faire sa part. Il hocha de la tête, l’air embarrassé.

Elle était excitée, savourait le moment. Il était beau, il était tendre… mais elle était la créature qu’elle était. Elle ne pouvait résister. Elle le caressait, lui murmurait des mots doux, lui disait ce qu’elle ferait de lui. Elle se frottait contre lui. Elle lui laissait savoir combien elle le désirait.

Elle sentait à quel point il était excité, perdu dans ses sens, ces impressions qu’il découvrait vraiment pour la première fois. Un baiser, léger, lèvres contre lèvres. Un bras autour de sa taille, alors que la main libre descendait lentement le long de son flanc droit, imprévisible, variant la pression des doigts. Lentement, mais inexorablement, et elle pouvait lire ses pensées, ses désirs, jouait sur ceux-ci. Le baiser, plus intense, la langue de Circé se glissant le long des lèvres de Karann.

Karann, qui brûlait, qui frémissait, ses doigts crispés, agrippant Circé fermement. Le plaisir de Circé était intense, car elle sentait comment Karann lui appartenait, lui était vulnérable. Sa main, sur les fesses de Karann, puis le long d’une jambe, pour ensuite remonter le long d’une cuisse, vers l’entrejambe, alors qu’elle lui mordillait la lèvre inférieure, arrêtant parfois le baiser, pour lui murmurer combien elle le voulait.

Un moment de flottement, mais sa main n’alla pas droit au but, s’esquiva au dernier moment, et sa proie eut un mouvement vers l’avant, comme pour la pénétrer, et laissa échapper un gémissement. Elle le travailla, joua avec lui pendant de longs moments, et chaque fois qu’il pensait qu’elle allait finalement le toucher… sa main s’écartait, pour aller le caresser ailleurs. Puis vint le temps, lorsqu’elle sentait qu’il était mûr… et le toucha, au travers de ses pantalons, de bas en haut, en une longue et ferme caresse… alors que son autre main se faufilait par l’arrière, pour appliquer une ferme pression entre ses fesses, le point fermé, la jointure du pouce appliquée au travers du tissus contre l’anus de Karann. Des mouvements rythmés…

Les yeux de sa proie s’écarquillèrent, et il tenta de se glisser hors de son étreinte, de résister, mais il n’avait jamais senti ce genre de sensation, n’avait jamais eu dans les bras une femme qui savait manipuler, surprendre, toucher… surexcité, vierge, surprit… il n’arriva pas à se contrôler, et éjacula dans ses pantalons.

« Déjà ? » elle lui demanda, d’un ton espiègle, savourant ce moment, savourant cette vulnérabilité de son corps, de son esprit, alors que le tissu devenait humide sous ses doigts. Elle serra sa main autour de son pénis au travers du pantalon, appliqua une douce pression, alors que l’autre main continuait son œuvre.

Karann tentait toujours de résister, et elle sentait sa honte, son embarras, et un certain degré de mécontentement qui allait avec son plaisir intense. Il savait très bien ce qu’elle venait de faire. Il pouvait s’appeler Karann, mais Arkann tirait ses ficelles…

« Tu joues avec moi, Circé, » il lui dit, d’un ton faussement accusateur, sa bonne humeur reprenant le dessus.

Elle lui donna un sourire narquois, « et à quoi t’attendais-tu, Karann ? »

Il grogna, puis sourit. Il était plus grand, plus imposant, beaucoup plus fort qu’elle. Il la força à genoux. Força, alors qu’elle ne demandait qu’à le faire. Elle comprenait très bien ce qu’il voulait, et défit sa ceinture, l’avant de sa braguette. La tunique était encombrante, l’empêchait de bien voir, et il s’en débarrassa prestement. Il était… beau, musclé à souhait, sans excès. Ses mains dérivèrent vers le haut, pour caresser ces magnifiques abdominaux si proche, mais il voulait autre chose, attrapa ses poignets et guida ses mains jusqu’aux pantalons, et elle obéit à l’ordre implicite et fit lentement descendre ses pantalons, pour révéler son membre encore dur, visqueux de son essence virile, de longues lignes le liant au devant de ses pantalons.

« Nettoie ce dégât que tu as causé, » il lui ordonna, et elle sourit intérieurement. Il pensait donner les ordres, mais c’est elle qui le guidait, qui avait le contrôle.

Elle le surprit, commençant par sa verge, lui laissant sentir pour la première fois une langue chaude et humide, appliquée avec talent sur son membre. Son érection reprit rapidement vie. De petits lèchements, tel une chatte, utilisant le coté plus doux de la langue, et lui laissant sentir le coté plus rude par moments. Attentionnée, précautionneuse, ne laissant pas un morceau sans attention, revenant souvent sur ses pas, jouant de ses lèvres. Ses mains, placées sur les fesses de l’homme, l’agrippant, massant les puissants muscles.

Karann, quand à lui, avait placé ses mains sur la tête de Circé, ne lui faisant pas entièrement confiance, sachant qu’elle était du style à le mener presqu’au point de non retour, pour ensuite s’échapper en courant. Il la regardait. Il se découvrait un profond désir de se voir servi de cette manière. Il se découvrait ce désir d’éjaculer dans sa bouche, sur sa face. Il était… surpris. Il y avait trop d’Arkann en lui. Il n’était pas confortable avec ce désir, mais il était la, puissant. Et ce désir, il l’assouvirait, quitte à s’excuser plus tard.

Circé s’amusait, expérimentait, découvrait ce qui excitait Karann le plus. Il était beaucoup comme Arkann, mais avait beaucoup de petites particularités qui lui étaient siennes. Il ne semblait pas avoir la réticence d’Arkann, lorsqu’elle le caressait délicatement entre les fesses. La tête de son membre était particulièrement sensible, mais il ne réagissait pas autant lorsqu’elle lui caressait les couilles.

Et puis vint le temps ou elle décida que Karann était propre, que son érection était aussi puissante qu’elle puisse être. Fière, longue, épaisse. Il était prêt. Elle tourna son attention ailleurs, commença à lécher les devants de son pantalon, comme si le tissu était une chair sensible.

« Que fais-tu ? » Il demanda, d’une vois étranglée, tentant de manœuvrer la tête de Circé avec ses mains. Elle savait comment résister sans en avoir l’air.

« Mais j’obéis à tes souhaits, Karann. Je nettoie le dégât… » Un ton narquois, gentiment moqueur.

« Va plus vite ! » Malgré ces efforts, il ne pouvait empêcher un certain ton plaintif de poindre dans sa voix. Et il n’était pas Arkann, qui n’aurait jamais hésité à s’imposer. Arkann aurait déjà été en train de l’enculer pour la punir.

Elle prit son temps, s’assurant qu’une joue, que son nez, que ses cheveux se frottent contre l’impressionnante érection afin de bien la maintenir, de garder Karann dans son état d’excitation avancé.

« Assez ! » il s’exclama, après quelques minutes de plus, et elle ria, donna une longue et langoureuse lichée, directement sur son membre, et se leva malgré les mains de Karann qui s’y opposaient. Il avait beaucoup à apprendre, s’il comptait maîtriser une femme comme elle…

« Bon, je vais te montrer comment m’embrasser… » elle lui dit, sobrement, incapable de garder l’amusement hors de ses yeux.

Karann sourit. Un sourire dur. Il l’attrapa, la tira à lui. « Petit changement de plan, Circé. » Une main travaillait pour la libérer de ses vêtements.

Elle ria d’un ton enjoué, guida une main de Karann entre ses jambes après avoir fait une petite altération au rêve. Le sourire de Karann glissa lorsqu’il sentit sous ses doigts, au travers du tissu, la ceinture de chasteté qu’elle venait tout juste d’intégrer au rêve. Il tenta de modifier le rêve, de faire disparaître la ceinture… mais elle était plus forte, plus habile que ce puceau sans grande expérience.

« Je t’ai promis que je te donnerais les armes pour donner du plaisir à une femme, Karann. Il te faudra être convaincant, pour que je te donne plus… »

Elle savoura l’expression horrifiée de Karann, sa réalisation qu’il allait être tourmenté tout le long de ce rêve, qu’Arkann lui avait fait un cadeau empoisonné en lui laissant la connaître. Elle allait l’instruire, elle lui donnerait beaucoup de plaisir au cours de ce rêve qui allait durer des jours, mais il paierait chaque moment de plaisir, chaque éjaculation, et elle allait le plier à ses désirs, laisser sur lui une trace indélébile…

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