Avant-scène

vendredi 24 février 2006
par  Christine Arven
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Elle est maintenant devant lui attachée nue à la poutre de bois du plafond. Les bras étirés haut au-dessus de sa tête. Les poignets étroitement liés par d’épaisses sangles. Il a également fixé à ses chevilles une barre en bois qui l’oblige à garder ses jambes largement ouvertes. Il se dit qu’à être ainsi étirée en équilibre précaire, ses pieds touchant à peine le sol, elle doit avoir mal aux épaules. De temps en temps, il voit son corps osciller d’avant en arrière. Il devine à la crispation de sa bouche toute la difficulté qu’elle a à ne pas s’avachir en avant. Et à reprendre la posture. Un moment un sentiment diffus de pitié le transperce à la faire ainsi souffrir. A être si dur avec elle alors que tout le pousse à la tendresse. Un regret vite oublié. Elle est si belle ainsi dans son abandon la tête légèrement inclinée en avant, paupières baissées sur son regard qu’il devine déjà voilé de désir. Ses yeux se posent sur ses seins étirés eux aussi vers le haut qui palpitent au rythme de sa respiration haletante. Puis son regard effleure le sillon de son sexe ouvert où apparaît, à peine dissimulé par ses lèvres, le bourgeon de son clitoris.

Elle a peur, il le sait.

Mais elle ne dira rien. Elle ne peut rien dire. Elle n’a plus assez de volonté en elle. Toute sa volonté, elle la lui a donnée quand elle a franchi le seuil de la chambre. Il en est maintenant le dépositaire.

Elle a peur. Et pourtant, elle est là. Silencieuse. Consentante.

Il s’avance vers elle qui tressaille à son approche. Comme une vague qui la parcourt de la tête au pieds. De la main, il explore son corps à la peau si douce. Tendrement. Avec une infinie douceur. Elle gémit doucement sous la caresse. Se tend imperceptiblement vers lui alors que son corps se détend. Un léger sourire sur ses lèvres.

Elle est si belle ainsi offerte. Elle est si belle avec sa peur à peine apprivoisée. Son désir qui grandit.

Le calme avant la tempête.

Elle le sait.

La tendresse avant la violence.

Il sait qu’elle aime cela. Cette alternance qui la rend si faible. Elle frémit quand il englobe dans la paume de ses mains ses seins lourds. Il les soulève et les soupèse avant d’en pincer délicatement les mamelons qui immédiatement durcissent sous ses doigts et s’érigent fièrement. Un geste doux mais annonciateur de la souffrance à venir.

Elle le sait.

Insensiblement, il affermit sa prise. Ses doigts se font étau. Il serre. De plus en plus fort. Il voit son visage se crisper et ses lèvres se pincer. Sa respiration s’accélère. Mais elle ne dit rien. Le laisse faire. Les yeux fermés, concentrée sur cette douleur qui irradie dans ses seins et se propage à la vitesse de la lumière le long de son ventre. Cette douleur qui allume un brasier au fond de son corps. De plus en plus fort. Il serre. Jusqu’à ce qu’enfin une plainte s’échappe de ses lèvres crispées. Alors seulement, il la lâche. Heureux de l’avoir entendue. Précipitamment, il pose ses lèvres sur les mamelons qu’il vient de si durement malmener. Il les saisit tendrement entre ses lèvres. Les apaise à petits coups de langue humide. Son gémissement est devenu ronronnement. Il tête ses seins. Les aspire entre ses lèvres bien resserrées. Les mordille doucement alors qu’une envie brutale d’y mordre à pleines dents l’envahit. Douce torture qu’il lui inflige à la faire ainsi languir. Douce torture qu’il s’inflige à refréner son envie de la mordre. Il sait le désir qu’ainsi il fait naître. Il sait qu’elle pourrait, s’il continuait, jouir de la seule caresse de ses lèvres sur ses seins. Pas encore. Il ne le veut pas encore. Il la veut ainsi à la crête du désir. Les sens exacerbés par l’attente. Il la veut suppliante. L’implorant de la délivrer de son désir. A se traîner à ses pieds pour enfin en être libérer. Il la veut chienne à ses ordres.

Il se recule.

Il sait sa frustration. Mais elle ne dit rien, bien sûr. Juste un petit cri de dépit qui le ravit.

Il lui ordonne d’ouvrir les yeux. Dans son regard, un éclat de peur quand elle le voit saisir la lourde chaîne double terminée à chaque extrémité par 4 pinces dont ils connaissent tous deux la dureté. Seul un soupir lui échappe. De résignation devant l’inévitable. Peut-être. De crainte. Sans doute. D’impatience. Sûrement. Tant de sensations mélangées. Elle-même ne sait plus très bien les différencier. De nouveau il saisit son téton entre son index et son pouce. Le droit pour commencer. "Regarde" lui ordonne-t-il de nouveau en tirant sur le mamelon. Les yeux brillants d’appréhension, elle voit la pince aux mâchoires ouvertes s’approcher. Elle ne peut retenir un petit jappement en sentant le métal froid toucher sa chair palpitante. Elle anticipe la douleur à venir. Cette douleur brûlante et brutale qui va lui tordre le ventre à lui donner envie de vomir. Elle sent l’affolement qui l’envahit. Comme à chaque fois. Juste avant. Elle doit se forcer pour rester immobile. Ne pas crier son refus. Lui dire de simplement la câliner et l’aimer. Qu’elle a soif aussi de sa tendresse. Qu’elle voudrait aussi être comme toutes ses femmes qui se contentent d’être caressées. Mais jamais elle ne sera comme elles. C’est ainsi. Alors elle ne dit rien. Et le laisse faire.

Sans plus attendre il referme la pince sur le fragile téton. Un cri quand la pince mord, impitoyable, la chair délicate. Le gauche ensuite. Sans attendre. Sans lui laisser le temps de reprendre son souffle. Un moment, il tient l’extrémité libre de la chaîne dans la paume de sa main. Hésite un instant. Puis la lâche brusquement. La chaîne pèse brutalement sur les seins et vient frapper la peau de ses cuisses. Un moment elle se balance allongeant cruellement les tétons. La bouche légèrement entrouverte sur un cri retenu, elle gémit doucement. De douleur. De plaisir. Difficile à dire. Ces deux sensations ravagent de manière identique son visage. Sur sa joue, deux larmes coulent. Lentement la chaîne se stabilise et s’immobilise. Il s’agenouille devant elle. Sa tête à la hauteur de son pubis d’où s’exhale une odeur musquée qui l’enivre. A leur tour, il ferme les pinces sur ses lèvres. Elle ne dit plus rien. Le souffle en suspend. Attentive. Concentrée. Les yeux grands ouverts voilés d’un nuage de désir brut. Un regard d’animal traqué. D’animal aux aguets. Il se relève et, les yeux plantés dans les siens, il commence à exercer une pression continue sur la chaîne. Il voit sa tête partir en arrière sous la douleur qui la ravage soudain. "Regarde-moi" lui ordonne-t-il. Et toujours il tire. Son regard rivé aux siens qui chavirent. Elle ne voit plus que le bleu devenu métallique de ses yeux d’où toute douceur a disparu. Il regarde les tétons démesurément étirés. La couleur rouge grenat des mamelons le fascine. Les tétons enserrés sont eux devenus pâles. Encore. Il veut son cri. Son hurlement. Il veut sa reddition totale. Pas seulement ses larmes qu’elle ne peut plus retenir et qui mouillent ses joues devenues livides. Encore. Une plainte continue. Comme un chant de victoire. La plainte qui monte. Qui s’amplifie. Prend son essor. Elle est si belle dans la douleur. Si belle dans l’abandon. Il sait le mot qu’elle a sur le bord des lèvres et que jamais encore elle n’a prononcé. Ce mot qui lui dirait de tout cesser immédiatement. Qu’il est allé trop loin. Qu’elle ne peut pas le suivre. Il se demande si un jour elle trouvera le courage de le prononcer. Il se demande si un jour il n’y ira pas trop loin dans l’incapacité où elle est de trouver en elle la force d’arrêter. Un cri déchirant qui l’embrase.

Quand enfin, au bout de longues minutes, il relâche la tension, il voit son corps se détendre. Comme un arc qui aurait été tendu à se briser. Sa main glisse entre ses cuisses et y trouve la chaude moiteur attendue. Un nouveau cri sauvage mais dans une autre gamme quand son doigt appuie sur son clitoris. Elle jouit sans retenue. Immédiatement. Donne libre cours aux sensations accumulées. Une jouissance formidable. Indécente. Impudique. Son corps s’arque sous le plaisir qu’il lui prodigue du bout de ses doigts agiles. Elle a oublié sa douleur. Elle a oublié la chaîne qui toujours lui distend les seins. Comme si tout son être s’était concentré autour de ses doigts qui la massent. Elle crie encore et encore. Lui dit qu’elle est à lui. Qu’il peut faire ce qu’il veut d’elle. Qu’elle est sa chienne et que s’il le souhaite, elle se traînera à ses pieds qu’elle viendra lécher. Avec dévotion. Qu’elle veut qu’il imprime dans sa chair sa marque. Qu’il faut qu’il la fouette maintenant. Qu’il l’encule. Que son cul est large et ouvert pour lui. Lui dit qu’elle veut sa bite dans sa bouche et s’en repaître à satiété. Qu’elle veut le boire. Son sperme bien sûr mais aussi, s’il le veut, son urine. Qu’il peut pisser sur elle, dans sa bouche. Sur son corps. Qu’elle ne peut rien lui refuser. Qu’elle veut tout venant de lui. Que rien n’est dégradant. Rien n’est humiliant. Qu’elle est une salope. Sa salope. Sa chienne. Qu’elle sera tout ce qu’il veut qu’elle soit.

Il aime tellement la voir ainsi. Hors d’elle-même. Sans plus aucune retenue. Prête à tout pour le satisfaire. Il aime l’entendre employer ces mots crus qui lorsqu’elle se souviendra les avoir prononcés lui fera venir le rouge aux joues. Elle est enfin comme il voulait qu’elle soit.

A lui !

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