Rendez-vous manqué

vendredi 30 juin 2006
par  Elphie
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Avertissement :

Le texte qui suit parle, en mots crus, de pratiques sexuelles "hors norme" (hard) . Mais le contexte fait que le lecteur doit pouvoir se rendre compte qu’il s’agit de fantasmes. Néanmoins, pour ma "défense" et en "libertaire", je souligne, à l’intention des éventuels censeurs en pensée qu’il ne faut pas trop qu’ils se "voilent la face" ; être un adulte signifiant, entre autres choses, savoir démêler ce qui est permis de ce qui ne l’est pas. Qu’il soit clair aussi que je suis un ennemi de la violence imposée. Dans le vie courante, je suis un “non-violent”. Mais la violence accouplée à la plus extrême tendresse, n’est-ce pas “autre chose” ? Un art ?

***

Après une aventure sentimentale qui n’avait pas eu d’aboutissement sexuel, je me décidais un jour à "prendre le taureau par les cornes". Les prises de contact par minitel s’étant soldées par une perte de temps, je pensais qu’un des moyens pour rencontrer une partenaire qui comme moi voulait du sexe pour le sexe, était de prendre contact par le moyen d’un magazine d’annonces spécialisées. J’estimais que l’ordre logique des choses ‑ admis presque universellement ‑ les sentiments puis le sexuel, pouvait être inversé.

J’achetais le dernier numéro d’une revue d’annonces bien connue qui n’est pas musique.... Je m’étonnais du nombre considérable de gens qui employait ce détour pour trouver un ou une partenaire. Les annonces étaient plus ou moins classées et ce qui sautait aux yeux était le plus grand nombre d’hommes. Mais néanmoins, beaucoup d’annonces de femmes. Il y avait aussi bien sûr des couples, mais ils cherchaient presque tous d’autres couples ou des jeunes femmes. Lire toutes ces annonces était déjà un plaisir et comme souvent elles étaient accompagnées de photos, on pouvait se régaler d’avance. Je me branlais une ou deux fois en bâtissant un scénario à partir d’une photo ou du texte d’une annonce.

Mais ce que je voulais c’était une vraie rencontre. Il fallait faire un choix. Je cochais celles qui retenaient mon attention et qui indiquaient que la personne était dans la région parisienne, là où j’étais à ce moment.

Il est difficile à travers quelques phrases de deviner à qui l’on a affaire. J’écartais celles qui m’apparaissaient trop mièvres ou trop stéréotypées. Il ne m’en resta que très peu. Il y avait dans ce magazine quelques pages consacrées à la rubrique SM mais ne voulant pas m’avouer à moi‑même que c’est exactement ce que je voulais essayer à ce moment, je l’avais survolé. Je finis tout de même par lire une courte rubrique.

Mon oeil fut attiré par une photo dans un cadre rouge sur fond noir. On y voyait la partie basse d’une femme mince. Elle se tenait les cuisses écartées, la partie ventrale du slip en dentelle noire était repoussée par l’index gauche et avec les mains à plat sur la partie interne haute des cuisses, elle présentait sa vulve ouverte et humide. Tronquées par le cadrage de la photo, on pouvait tout de même voir une partie des cuisses recouverte d’un bas de résille noir. La photo s’arrêtait, dans sa partie haute, juste en dessous du niveau des seins. La femme portait un tee-shirt noir, elle était vraisemblablement assise sur un lit. On voyait un drap blanc au‑dessous. Je restais plusieurs minutes à contempler cette merveilleuse photo avec la chaude érection que vous imaginez.

La légende disait : "Pénétrations tous orifices. Femme, 38 ans, recherche homme ou femme très exigeants. Au programme : langage cru, exhibitions, bondage, sadomasochisme hard des seins, du sexe et du cul, pénétrations tous orifices. Le mari voyeur est aussi photographe amateur. Propriétaire de chiens très apprécié. Scénario raffiné et détaillé". Suivait les références.

La photo, le style, les mots employés, les allusions tout me plaisait. C’était l’annonce que je cherchais. J’écrivis une lettre que je voulais très persuasive. Je n’ai hélas pas garder le modèle mais me rappelle en gros sinon les termes, la substance.

Quand on écrit une lettre sans savoir à qui, sans connaître déjà la personne à qui l’on s’adresse, les difficultés s’accumulent très vite. Ecrire de façon trop précise ou détaillée peut être ressenti comme une agression par le destinataire. Ecrire trop brièvement risque de désintéresser la personne qui va lire, de ne pas la motiver. J’adoptais donc un style prudent. Je me présentais par une description physique et indiquait mes goûts sans entrer dans le détail. Ensuite je décrivais notre future rencontre telle que l’imaginais. Ce que j’essayais surtout, c’était de me mettre dans la peau de ma lectrice. Il s’avéra que ce fut une bonne idée puisqu’elle m’avoua, par la suite, qu’elle avait apprécié que je "comprenne la psychologie féminine"(sic !). Je lui disais ainsi qu’elle devait avoir une certaine jouissance quand dans sa vie quotidienne elle entendait les fanfaronnades des hommes alors que dans l’intimité, elle savait qu’une femme comme elle dominait et savait faire monter en intensité et canaliser les pulsions de ces fiers à bras, ces fiers à sexe.

Cela me paraissait une banalité puisqu’il est évident que l’apparente soumission qu’il y dans ce type de rapport n’est pas là où on le croit mais plutôt chez celui qui "domine" et qui ne fait qu’obéir au désir de l’autre. Je lui proposais que dans un premier temps nous échangions un courrier pour apprendre à mieux se connaître. Je l’interrogeais aussi sur cette expression qui m’avait immédiatement fait bander : "sadomasochisme hard des seins". Comme chez beaucoup d’hommes sans doute, les seins représentent dans mon imaginaire, la partie la plus douce, la plus chaude, celle contre laquelle, on voudrait se pelotonner. Comme tout sentiment, celui‑ci est ambivalent et cette extrême attirance nous incite aussi à vouloir maltraiter de façon fantasmatique ces objets de notre passion. Ce qui consiste dans la majorité des cas à simplement les malaxer.

Qu’une femme annonce qu’elle désirait les voir "torturer" et ce par une formule presque redondante "sadomasochisme hard" me mettait dans un état de désir inassouvi extrêmement puissant ! J’attendis sa réponse avec l’impatience que vous imaginez.

Une lettre/réponse arriva enfin. Le coeur battant, et repoussant pendant quelques instants ce moment divin, j’ouvris l’enveloppe. Il y avait cinq pages d’une écriture équilibrée et sans fautes :

"Bonjour Alex

Ta lettre me plaît énormément surtout page 2 quand je découvre à quel point tu connais les subtilités du cerveau de la femme...Tu as compris que tout était possible après mise en condition...Tu veux voir mon visage ? (Une photo était jointe) Le voici, dans un moment qui va être chaud !

Mon mari, vicieux, bien monté manque terriblement d’imagination pour me parler et me traiter de tous les noms ce qui m’excite énormément et me permet petit à petit de me comporter en petit groupe (pas plus de deux hommes) comme une chienne en chaleur ou comme une foutue salope ; pour le plus grand bonheur de celui (sic) de mon mari. Il trouve que je ne jouis pas assez bruyamment quand je baise avec lui, alors que lorsqu’on m’a bien traitée par le langage, on va tellement loin dans le physique que je HURLE de plaisir même lorsqu’il s’y mêle un peu (parfois beaucoup) de douleur.

Oui, j’AIME qu’on me lie les loches pour en faire ressortir les rondeurs, gonfler les bouts et les rendre plus sensibles avec ou sans poids...qu’on referme mon sexe avec des pinces après y avoir introduit...ce que l’imagination du MAÎTRE a décidé...

Début janvier un homme dont je n’ai pas vu le visage car il m’avait bandé les yeux (mon mari) avant son arrivée m’a fait jouir comme jamais je n’avais joui...Nous avions suivi ses propositions. Je te cite textuellement ce qu’il avait proposé ; "La salope étant sur le dos, par terre je m’assoies sur son visage pour qu’elle me lèche les couilles et le cul, je ramène ses jambes vers moi, ce qui me donne accès à son cul, que je lui chauffe en lui administrant une fessée énergique. Puis je lui arrache les poils de sa chatte et de son cul (aie ! Note du lecteur), je change de position, j’oblige cette traînée à me sucer la bite, en lui pinçant durement les tétons. J’éjacule sur le sol et la putain est obligée de tout nettoyer avec sa langue, jusqu’à la dernière goutte. Ensuite cette connasse, étant à quatre pattes, je la force à se mettre des doigts dans le cul en faisant des commentaires salaces. Puis j’entoure chacun les nichons de cette truie par une corde, je serre pour leur donner des couleurs. Je lui attache les bras dans le dos.

Je remplis son cul par un plug, son vagin avec des boules de geisha, je lui mets une grande cape et l’emmène faire un tour..."

Ce qui s’est fait. J’ai été exhibée dans une boîte (je ne sais où) où, bien sûr, on a enlevé la cape et où on a palpé tout mon corps en laissant les cordes et en vidant mes orifices...Je sais que plusieurs hommes différents m’ont "mise" en levrette avec préservatif et que trois ont éjaculé dans ma bouche... (J’ai avalé avec passion).

Mais je ne cherche pas le grand nombre mais l’intensité du plaisir par la domination.

J’ai mis deux jours avant d’émerger de l’état où ils m’avaient mise. Mais je recommencerai sûrement bientôt. Pour Pâques peut‑être ?

En tous cas écris moi vite en utilisant plein de MOTS CRUS et écris moi tout ce que tu voudras me faire avec plein de détails...N’oublies pas de bien lire ma lettre et les photocopies

Sophie

Bisous mouillés et pensées torrides ‑ pour la discrétion, utilise s’il te plaît le numéro d’annonce. J’espère te lire bientôt ! P. S. : les photocopies, c’est mes fantasmes préférés en ce moment, sauf que je ne cherche pas une maîtresse mais un maître pour la cravache et aussi pour la dilatation vaginale. "

Elle me joignait donc une photo d’elle où elle était penchée vers un homme (son mari ?) à genoux. On pouvait voir son visage de profil, les yeux presque clos, la langue sortie touchant le bout du gland complètement décalotté. Ces traits étaient fins et son visage angélique dans cette position rendaient encore plus féroce le désir que j’avais de la dominer plus tard. Combien de fois me suis‑je masturbé grâce à cette simple photo ? Elle joignait aussi trois textes photocopiés et proprement découpés dont elle avait surligné en jaune les passages qui l’excitaient le plus. LIRE LA SUITE

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