Préparatifs

mercredi 15 février 2006
par  Christine Arven
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Pour ceux... pour qui je me suis préparée...
et espère le faire encore et encore........

Ce matin, en se levant ce message de C. sur son téléphone. Un texto laconique comme il lui en adresse quelquefois. Trop rarement à son goût. Mais c’est ainsi...

"Vous êtes attendue cet am à 15 h précise afin de bénéficier de mes sévices... Tenue de rigueur obligatoire. Soyez exacte."
Comme à chaque fois qu’elle recevait un message de C, elle sentit son cœur se pincer. Angoisse, excitation. Plaisir de le revoir enfin. Elle ne sait pas vraiment. Par contre, ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne pourra se dérober à ce rendez-vous qu’il lui fixe de façon autoritaire sans se préoccuper le moins du monde de savoir si elle avait prévu autre chose. Ce qui est d’ailleurs le cas. Elle réfléchit un moment en se mordillant machinalement les ongles, sur ce qu’elle va bien pouvoir dire à Laura avec qui elle devait passer l’après-midi. Hors de question de lui avouer la véritable raison qui l’amenait à décliner leur rendez-vous. Non pas qu’elle ait honte de ce qu’elle allait faire mais Laura était incapable de comprendre les motifs qui la poussaient à aller voir C. sachant ce qui l’attendait et ce qu’elle allait, en toute connaissance de cause, subir qui, par bien des cotés, pouvait sembler humiliant et dégradant mais qui la remplissait, chaque fois davantage, d’aise et de contentement. Elle n’avait pas le temps de se lancer dans de longues explications et encore moins l’envie de se justifier. Pourquoi faire d’ailleurs ? Et puis, elle aimait cette bulle de secret qui enfermait cet aspect de sa vie inconnu de ceux qui la côtoyaient quotidiennement. Il lui semblait ainsi cultiver une part de mystère qui, elle devait bien se l’avouer, la valorisait et lui donnait la sensation d’être en marge. D’être différente. Donc l’évocation d’une fatigue passagère serait une explication tout à fait plausible et suffisante pour Laura. Inutile d’aller chercher plus loin.

Une fois cette corvée accomplie, elle se dirigea lentement vers la salle de bain.

Le moment était venu pour elle de se préparer. Se farder. Se parer selon les desiderata de C. Le moment était venu de s’effacer pour devenir une autre, celle que C voulait qu’elle soit. A mi chemin entre l’amante chérie et la soumise dont on peut user à sa guise. Un peu pute. Un peu salope. Un peu garce. Mais foncièrement femme charnelle. Au creux de sa poitrine, elle sentit un nœud d’impatience se nouer. Comme à chaque fois qu’elle s’apprêtait à disparaître pour mieux renaître à cette réalité que C. lui avait fait découvrir et qui la ravissait à chaque fois davantage. Etre elle en étant une autre. Etre elle en ne s’appartenant plus. Etre elle entre les mains de C. qui la façonnaient et la modelaient à leur gré. Et ne plus faire semblant. Enfin...

Un moment, elle se regarda dans le grand miroir qui tapissait tout un pan de mur de la salle de bain. Son corps nu aux formes épanouies et plantureuses encore intact de toutes marques. Terre vierge que C allait marquer de son empreinte. Sa main glissa le long de son ventre rebondi, de ses hanches larges. Remonta vers ses seins lourds qu’elle souleva entre ses mains en corolle et tendit vers le miroir. Puis sa main redescendit vers son pubis qu’elle effleura doucement. Sous ses doigts, elle sentit le léger duvet de sa toison en train de repousser. Elle se dit qu’elle devait commencer par cela. Il lui fallait s’épiler et faire disparaître impitoyablement toute trace de pilosité malgracieuse. C. ne lui pardonnerait pas la moindre négligence à cet égard. Encore que l’idée de devoir subir le courroux de C. et d’être punie par lui pour ce manquement aux règles strictes qu’il lui imposait quant à son aspect physique, la fasse frissonner d’émoi... et d’envie. Hmmm, sentir la cravache de C. flageller ses reins... Elle sentit une humidité soudaine et sans équivoque quant au plaisir qu’elle éprouvait à l’évocation de cette image d’elle en train de se faire fouetter, sourdre au creux de ses cuisses. Machinalement, ses doigts se posèrent sur son clitoris qu’elle commença à masser d’un lent mouvement tournant. Mais elle stoppa quoiqu’il lui en coûte ce début de masturbation voulant par dessus tout garder intact son désir. Non, elle ne souhaitait pas indisposer C.. Elle voulait être en tout point conforme à ses souhaits. Elle songea, en souriant nerveusement, que, de toute façon, C. trouverait bien tout seul matière à la punir. Avec lui, il y avait toujours une bonne raison...

Elle se dirigea vers la baignoire et mit l’eau à couler dans laquelle elle ajouta quelques gouttes d’essence de lavande. Puis, elle s’installa jambes largement écartées devant le miroir, dirigea la lumière d’une applique entre ses cuisses et, après avoir saisi l’épilateur, commença à s’épiler. Elle se mordit les lèvres quand le rouleau de l’épilateur se posa sur ses lèvres et commença à arracher impitoyablement les poils. Ceux-ci avaient beau être rares et courts, l’opération était toujours assez douloureuse. Surtout à cet endroit au creux de l’aine où la peau est la plus fine et la plus délicate. Au début, elle avait utilisé une crème dépilatoire. Celle-ci avait le mérite d’être moins douloureuse mais le résultat, avait-elle pu constater, était loin d’être parfait et les poils repoussaient de plus beaucoup trop vite et beaucoup trop drus. Quant au rasoir, c’était encore pire. Les poils repoussaient raides comme des couteaux. Aussi avait-elle rapidement utilisé l’épilateur dont elle se servait habituellement pour ses jambes et ses aisselles. Faisant fi de la douleur qu’elle s’infligeait, elle continua à faire aller et venir l’appareil, passant de temps en temps la paume de sa main sur son sexe afin d’y traquer les derniers poils qu’elle pouvait avoir oubliés, n’excluant pas dans son exploration méticuleuse le pourtour de son anus. Lui aussi se devait d’être parfait. Enfin satisfaite du résultat, elle se leva et se glissa avec délectation dans l’eau brûlante et odorante de son bain.

Un long moment, elle resta ainsi allongée, les yeux mi clos, dans l’eau chaude sentant ses muscles se dénouer et son esprit se calmer. Elle songea à se faire un shampoing. Puis, elle se dit que ce n’était pas vraiment indispensable. En général, quand elle revenait de chez C. sa longue chevelure était le plus souvent souillée de sperme. D’urine aussi. Donc, très certainement elle devrait se laver les cheveux à son retour. Elle laissa son esprit divaguer en toute liberté. Repassant dans sa tête le film de ses derniers rendez-vous avec C. En frissonnant, elle songea que chaque fois, ils étaient allés un peu plus loin dans l’exploration de cette sexualité hors norme. Peut-être aurait-il été plus sage d’y mettre un frein ? De poser des limites. Mais les limites ne s’imposeraient-elles pas d’elles-mêmes ? Elle faisait de toute façon confiance à C. pour cela. Souvent , elle se demandait ce qui la poussait à agir ainsi, à retourner encore et encore voir C. comme une nécessité à laquelle elle ne pouvait échapper et essayait de trouver un sens à cela. Cela paraissait si simple et si compliqué à la fois. Simple dans l’instant. C l’appelait. Elle obéissait. Une évidence. Et pourtant, si compliqué après quand elle y réfléchissait....

Ce n’est que lorsque elle sentit l’eau se refroidir qu’elle se redressa. Etait maintenant venu l’étape qu’elle aimait le moins mais qui était néanmoins absolument indispensable. D’un geste rapide elle dévissa le pommeau de la douche du tuyau, tourna le robinet, régla la température de l’eau et, d’un geste ferme, enfourna le mince embout dans son anus. Elle sentit l’eau tiède s’engouffrer dans son ventre et l’emplir. Elle resserra son sphincter autour du tuyau afin d’empêcher l’eau de ruisseler immédiatement le long de cuisses. Puis elle retira le tuyau de son cul et, avec une moue de dégoût, vit un filet brunâtre jaillir d’elle. Une fois vidée, elle recommença plusieurs fois l’opération jusqu’à ce que l’eau qui sorte de son ventre soit claire et limpide. Elle n’aimait pas vraiment cela. Mais, elle aimait encore moins le regard et les remarques acerbes et humiliantes de C. si, après l’avoir enculée, son sexe ressortait d’elle souillé de matière fécale. Elle se souvenait avec répulsion de la fois où il l’avait obligée, pour lui inculquer une bonne fois pour toute les bonnes manières, à lécher sur le carrelage les souillures brunes qui s’étaient échappées de son ventre pas suffisamment net. Ne lui avait-il pas promis, et C. avait pour habitude de tenir ses promesses, que la prochaine fois que cela se produirait c’est sa queue maculée de sa merde qu’elle devrait lécher. Et ça pour rien au monde, elle ne voulait avoir à la subir. Rien que d’y penser, elle en avait des hauts de cœur d’écœurement. Elle avait compris la leçon et s’était juré que C. ne la prendrait plus en défaut.

Elle sortit de la baignoire et enveloppa son corps humide dans une grande serviette éponge. De nouveau, elle s’installa devant le grand miroir et se maquilla soigneusement. Elle n’oublia pas d’utiliser un mascara waterproof. Ainsi, s’il prenait à C la lubie d’éjaculer sur son visage, voire d’y uriner ainsi que cela lui était arrivé quelquefois, ses yeux ne la piqueraient pas et elle pourrait tout à loisir jouir de ce qu’il lui imposait. Des petits détails certes mais qui avaient leur importance et auxquels elle avait appris, au fil du temps, à penser. Puis, elle enduisit soigneusement son corps d’une huile de massage parfumée qui avait le mérite de rendre sa peau douce et soyeuse. Là aussi, détail qui avait une importance cruciale, elle insista particulièrement sur son anus qu’elle huila largement, n’hésitant pas à enfoncer ses doigts en elle pour lubrifier également ses parois internes. Ainsi, lorsque C. l’enculerait ou introduirait en elle un quelconque objet... ou légume, l’intromission se ferait facilement et avec un minimum de douleur pour elle. Elle était certaine que C. apprécierait cette attention.

Restait maintenant, la dernière étape de sa préparation : la tenue vestimentaire. "Tenue obligatoire de rigueur" avait noté C. cela signifiait, elle le savait, une guêpière, des porte-jarretelles et des bas. Pas de slip. Où alors, si elle désirait en porter un, celui-ci se devrait d’être enfoncé dans sa chatte avant d’être rangé par C. tel un bâillon dans sa bouche. Elle n’y tenait pas plus que ça. Aussi replaça-t-elle dans le tiroir le slip qu’elle y avait pris machinalement. Un moment, elle resta indécise devant les guêpières soigneusement suspendues dans son armoire. Puis son choix se porta sur une guêpière en dentelle noire bordée d’un fin liseré rouge qui avait l’avantage de laisser entièrement libres ses seins. Elle se revêtit du fin vêtement ressentant un plaisir diffus la transpercer lorsque la matière soyeuse et douce enveloppa son corps. En fait, elle adorait porter ce type d’atours d’une sensuelle féminité. Lorsque elle referma les jarretelles à la lisière de ses fins bas noir, elle ressentit le même plaisir voluptueux. Elle se dit que même si C. n’avait pas exigé d’elle qu’elle se vête de cette façon, elle l’aurait fait tout de même. En fait cela répondait avant tout pour elle à un réel désir plus qu’à une obligation de lui obéir ou de devoir respecter un quelconque code vestimentaire strict. Elle songea avec pitié à toutes ces femmes qui s’affublaient de collants ignorant la liberté que procurait le port des bas et plus encore le fait de se promener cul nu sous ses jupes...

Elle se dirigea enfin vers sa commode et se saisit d’une petite boite à bijoux dans laquelle elle rangeait ses piercings. Elle trifouilla un moment les bijoux et choisit finalement un piercings formé d’un petit anneau accroché à une fibule qu’elle avait acheté récemment. Elle retourna dans la salle de bain devant le grand miroir. Délicatement elle prit entre ses doigts son téton droit qu’elle étira. Puis elle mit en place l’anneau avant de l’immobiliser avec la fibule qui transperça de part en part son téton et qu’elle fixa à l’aide d’une petite boule d’acier qu’elle vissa soigneusement. Elle renouvela la même opération avec le sein gauche. Se recula d’un pas et admira l’effet produit par les piercings qui maintenant ornaient ses seins. Parfait, jugea-t-elle. La fibule arrimait fermement le piercings à ses seins. L’anneau permettrait à C de les étirer à sa guise, d’y accrocher une chaîne voire d’y suspendre des petits poids. Il devrait apprécier, songea-t-elle.

Il ne lui restait plus qu’à enfiler une robe et à chausser ses escarpins. Une touche de parfum. Elle était fin prête. Elle jeta un coup d’œil à la pendule. 14h30. Juste le temps de fumer une cigarette. Et elle serait à l’heure au rendez-vous fixé par C et endurer, pour son plus grand plaisir, tous les sévices qu’il lui plairait de lui faire subir....

Retrouvez ce texte ainsi que de nombreux autres dans le livre (papier ou téléchargement) : Invitation chez Mr C.





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