Rendez-vous brûlant

samedi 5 avril 2003
par  Christine Arven
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J’ai rencontré Domi il y a maintenant environ 6 mois lorsque au mois de Juillet de l’année dernière, il m’avait envoyé un mail, quelque peu abrupt je dois dire, m’invitant à le contacter.

"Bonjour,

Je me présente, Dom, 44 ans, parisien, grand, mince, sensible, sensuel, dominateur.

Mes goûts : le bon vin, le golf, le sexe, les jolies femmes, la lingerie, l’art …

A la recherche de nouveaux contacts, pour dialogue avec ou sans webcam, échanges de mails, rencontres, voire plus.

Si vous êtes tentée, A vous lire

Dom"

...... Comment pouvais-je rester insensible à une invitation aussi cavalière certes mais si tentante par tout ce qu’elle sous-entendait....

Rencontrer n’est pas vraiment le terme exact en fait puisque, si D. et moi avons pas mal discuté via le net, nous ne nous étions encore jamais réellement vus sauf par l’intermédiaire de nos webcam respectives.

******

Je me souviens de la première fois où nous avons branché nos webcams. Il était allongé sur son lit dans une chambre d’hôtel, moi à la maison. Très vite, il m’a demandé de me déshabiller et, oh ! surprise, je l’ai fait sans opposer la moindre résistance et, quand il me l’a demandé, je me suis ouverte à lui, lui montrant, faisant fi de toute pudeur, mes recoins les plus secrets.

Au fil de nos conversations, une véritable complicité érotique s’est établie entre nous imprégnant nos échanges de sensualité et de désir. Nous avons en commun le même goût des belles choses, des tissus soyeux et doux au toucher, des plaisirs indicibles et des expériences insolites. Le même goût des mots.

A plusieurs reprises, au cours de l’automne, nous avons failli nous voir et je dois dire que nos rendez-vous manqués ont créé en moi une tension charnelle qui, bien que loin d’être désagréable, commence à sérieusement aiguiser mes sens. J’espère donc bien, au cours de cette semaine passée à Paris avoir, enfin, l’occasion de nous rencontrer.

******

Nous sommes maintenant en Janvier. Nous sommes convenus par les mails que nous avons échangés au cours de ces derniers jours, qu’il vienne un matin me rejoindre dans ma chambre d’hôtel. D. dans ses mails m’a très précisément décrit le scénario qu’il entendait que nous jouions pour notre plus grand plaisir...

Il m’a demandé de l’attendre assise le dos à la porte en train de prendre mon petit déjeuner. Je dois être nue, mes seins et mes lèvres seuls parés des bijoux qu’il m’a demandé de mettre. Je dois bien sûr porter mon plug afin qu’il me trouve ouverte et disponible à son arrivée. Après avoir disposé un bandeau sur mes yeux, il me regardera finir de déjeuner puis il lavera mon corps dans tous ses recoins et, ensuite, me rasera le sexe. Il me veut nue, complètement, sans aucune possibilité de me cacher ou de lui dissimuler quoique ce soit. Sans aucune possibilité de lui refuser quoi que ce soit.

Sans doute ce fantasme de soumission totale aux désirs d’un homme, moi qui suis dans la vie plutôt rebelle à toute forme d’autorité, me poursuit-il depuis longtemps, mais jamais encore je n’avais rencontré d’homme susceptible de le réaliser. Question de confiance peut-être, plus que d’occasion. L’idée de m’offrir ainsi au regard d’un homme que je ne verrai pas, me trouble profondément. Sentiment d’extrême vulnérabilité et de soumission qui me fait un peu peur mais auquel je ne peux résister. Toujours est-il que je suis très impatiente de rencontrer Dom. Sera-t-il à la hauteur des mes espérances et de mes désirs ? Qu’allait-il m’offrir cet amant inconnu venu par hasard ?

******

J’arrive donc ce soir dans ma chambre d’hôtel. Il est environ 17h30. Juste le temps de poser ma valise sur le lit, le téléphone sonne. Correspondant anonyme, cela ne peut être que lui. Il ne m’a en effet jamais donné son numéro de téléphone que je ne lui ai d’ailleurs jamais demandé. Cette impossibilité de lui téléphoner est pour moi, une tension supplémentaire qui ne me déplaît pas. C’est bien lui. Nous échangeons quelques mots mais je dois lui annoncer que le lendemain matin il ne me sera pas possible de l’attendre. Attendre le surlendemain ? Non, impossible.

— Pourquoi ne viens-tu pas ce soir ?.

— En coup de vent alors, me répond-il.

D’accord pour le coup de vent....

A peine raccroché, une soudaine inquiétude me saisit. Ca y est, il va venir. Impossible pour moi de reculer maintenant. En fait, je le connais si peu et je vais me remettre entre ses mains. Mais je verrai bien....

Je me rends compte que j’ai oublié de lui demander comment il souhaitait me trouver. J’ouvre ma valise. Fouille dedans et en profite pour suspendre mes vêtements dans l’armoire. Je suis nue devant l’amoncellement de mes sous-vêtements. Indécise. Que mettre ? Cet ensemble soutien gorge, string noir avec ce porte-jarretelles assorti, cet ensemble vert ou alors cette guêpière. Ou bien encore rester nue, ainsi qu’il le voulait. Je ne sais trop quoi faire. Le téléphone sonne me faisant sursauter. C’est de nouveau lui.

— Je te veux comme tu étais habillée dans la journée. Tu ne changes rien. Je veux te voir telle que tu étais au travail.

Je me rhabille donc et commence à l’attendre le cœur battant, un peu fébrile.
De nouveau le téléphone. Il est en bas.

— Lorsque je tape, tu entrouvres la porte et tu mets le bandeau que je vais te donner. Ensuite tu iras te placer au centre de la chambre, sans bouger.

Je suis maintenant ainsi qu’il le souhaite. Aveugle mais les sens aux aguets. Je l’entends pénétrer dans la chambre. Je le sens passer à côté de moi, poser ses affaires. Il ôte son manteau. S’approche enfin. Il est tout prêt. Je tends un bras essayant de le toucher, mais il m’évite.

— Laisse tes bras autour de ton corps.

L’ordre claque doux et autoritaire à la fois. Il tourne autour de moi. Je sens son regard qui me détaille. Je n’ose plus bouger et en même temps j’ai une terrible envie d’arracher ce masque et de me presser contre lui. Il s’immobilise dans mon dos. Doucement, sa main effleure ma nuque me faisant tressaillir. Déjà il s’éloigne. Je retiens mon souffle. Tends l’oreille. Que va-t-il faire ? Ses mains se posent sur mes seins. Les caressent doucement à travers le tissu de mon corsage. J’ai à peine le temps de goûter à sa caresse qu’il me quitte. Mon souffle s’accélère. Le désir diffuse en moi sa chaleur et l’attente exacerbe mes sens. Je le sais tout près de moi. Je sens son souffle sur ma joue. Ses mains qui virevoltent autour de moi en légers attouchements, me laissent sans force. M’effleurent à peine telle une brise légère. Doux supplice qu’il m’inflige. Qu’il est difficile de rester ainsi immobile, les bras le long du corps, alors que mon corps s’embrase et réclame ses doigts fouillant ma vulve ouverte, sa langue parcourant toutes mes lèvres, sa queue partout en moi. Alors que je veux être possédée et prise. Alors que je veux palper, toucher, humer son corps d’homme, goûter et me délecter de la suave douceur de sa virilité, m’y frotter et me caresser sur elle. Briser la barrière des corps et, avide, m’enivrer de sensations partagées.

La contrainte que je m’impose est terriblement délicieuse. Torture ineffable des sens que j’appelle de toute la force de mon désir soumis.
Lentement il remonte ma jupe sur mes jambes, caresse mes cuisses, mes fesses. Se recule. M’observe je le sais.

— Tu n’as pas de porte-jarretelles, me reproche-t-il un peu déçu.

— Je n’en avais pas aujourd’hui et tu m’as dit...

Il revient près de moi. Remonte plus haut ma jupe autour de mes reins dénudant le haut de mes cuisses. Ses doigts glissent entre la raie de mes fesses. S’arrête un moment sur le plug. Une légère poussée qui l’enfonce un peu plus. Je gémis doucement. Domi est maintenant derrière moi. Il me fait ôter ma jupe, mon corsage, dégrafe mon soutien-gorge, descend mon slip. Il me déshabille lentement, prenant son temps. Mon corps s’alanguit contre le sien. Je cherche, malgré tout, son contact qu’il me refuse bien sûr. Ma joue effleurant son menton. A peine. Si peu.... J’ai l’impression que chaque pore de ma peau, pour mieux ressentir sa présence, est en train de s’ouvrir, s’animant d’une vie propre. Si près et si inaccessible. Pulsation sourde du désir dans mon ventre que je sens gronder.

Je suis maintenant complètement nue. Sa bouche se pose sur mes seins. S’y attardent un moment. Je sens mes mamelons durcir sous l’effleurement de sa langue. Il recule de quelques pas, me regarde. Son regard sur moi est comme une caresse brûlante. Si attendue, si désirée. Je tremble de désir contrôlé, sublimé par l’attente et la frustration de ne pouvoir sinon le voir au moins le toucher. Immobile. Exposée. Offerte. Sans défense. Je l’entends farfouiller dans mes bijoux. Je sais ce qu’il recherche et je n’ai plus aucun doute lorsque je sens un clip se refermer soudain sur mon sein, puis sur l’autre. La pression est légère mais très présente. D’une main, il me fait écarter un peu les cuisses et de nouveau je sens un pincement mais cette fois sur mes lèvres.

Je suis figée, hypnotisée, fascinée par ce qui se passe et qui échappe complètement à mon contrôle. Moment de volupté intense que d’être ainsi soumise aux désirs de cet homme. Je reste plantée au milieu de la chambre, les seins et le sexe parés de bijoux, le plug toujours profondément enfoncé en moi. Domi m’observe attentivement je le sens, je le sais et je suis sûre qu’il sourit fier de son œuvre mais aussi amusé de mon émoi que je ne peux lui cacher. Il s’approche et ses doigts glissent entre mes lèvres, me fouillent tendrement, s’introduisent doucement en moi qui ruisselle de désir.

Il me fait reculer et m’allonger sur le lit. Il était temps, je me sentais flageoler sur mes jambes, sans force face à l’intensité des sensations que j’éprouve. Il écarte mes jambes, les relève. Je suis ouverte. Mais il s’éloigne de nouveau. Je gémis de dépit, de frustration. J’ai envie de lui hurler de pas faire cela, que j’ai envie de lui. Mais je sais qu’il ne faut rien dire. Juste savourer chacun de ces moments voluptueux et magiques.

Mais il veut encore davantage. Il me veut tout à lui, sans que je puisse lui opposer aucun secret aussi intime soit-il. Il ouvre ma valise, l’armoire où sont suspendues mes affaires, farfouille sans aucune gêne, dans mes vêtements. Il trouve bien sûr mes jouets, le vibro, les boules de geishas, l’œuf vibrant que j’ai pris soin d’emmener avec moi. Il revient. Ses mains parcourent mon corps. Il modifie la disposition des bijoux. Ecarte mes lèvres exposant mon sexe. J’essaie de deviner ses gestes. Je ne sais plus. Va-t-il me raser ainsi qu’il m’a dit vouloir le faire ? Une légère appréhension vite réprimée par le flot de sensations langoureuses et délicieuses que je ressens, m’étreint fugacement lorsque je l’entends de nouveau s’approcher ert sens sa présence toute proche.

Lentement il fait glisser sur mon clito l’œuf vibrant, l’introduit. Je m’ouvre à lui, toutes résistances définitivement rompues et oubliées. Le désir que je sens battre en moi, de plus en plus fort, de plus en plus violent mais aussi de plus en plus doux et tendre, est presque douloureux. Ses doigts furètent dans tous mes recoins. Vont, viennent, s’éloignent, reviennent, me griffent légèrement. Je sursaute sous la griffure à peine esquissée. Ses mains m’ouvrent, investissent mon intimité la plus secrète que je lui offre dans la plénitude de mon impudeur voulue et acceptée. Des éclairs de jouissance me transpercent le ventre me faisant haleter. Mais à chaque fois, il s’arrête juste avant que le plaisir n’éclate dans toute sa force et ne me transporte. Me maintient, à me faire hurler de dépit, à l’extrême limite du bonheur ultime.

Il a maintenant pris le vibro et il l’enfonce délicatement dans ma chatte trempée de désir. S’amuse un moment de mon émoi. Il se redresse. Crissement de tissu qui se froisse et tombe à terre. Bruit de papier qui se déchire. Chuintement du plastique dont il enveloppe son sexe. Je ne suis plus qu’attente. Qu’impatience. J’ai si longtemps attendu ce moment où enfin je vais le sentir venir en moi, investir mon corps qui ne demande qu’à être conquis. Il s’approche. Remonte haut mes jambes largement écartées. Enfonce le vibro dans mon vagin trempé de désir. Plus près. Son sexe tendu m’effleure. S’appuie sur mon anus largement ouvert par le plug que j’ai porté toute la journée, accueillant comme il aime. Il s’enfonce en moi, dans mon cul d’une légère poussée sans presque me toucher. La sensation est terrible. Mon corps s’affole. J’ai l’impression que toute mes sensations se sont concentrées entre mes cuisses et culminent à ce centre névralgique source des jouissances les plus fulgurantes. Une onde de plaisir comme une décharge brutale traverse mon corps à son contact et un long frisson me parcourt. A cet instant précis, il pourrait tout me demander et je ne lui refuserai rien.

Mais déjà il se retire. Je voudrais le supplier de revenir mais je me tais. Lui seul, ce soir, décide.

Je l’entends se rhabiller. Nous ne parlons pas. Ses mains se plaquent une dernière fois contre mes seins comme s’il voulait refouler au fond de moi les émotions ressenties pour que je les conserve précieusement. Il part. Bruit de la porte. Il est parti.

******

Comment endiguer le désir que cette rencontre furtive a fait naître ? Ce soir, le souvenir de ses caresses empreintes d’autorité et de douceur décuple les frissons qu’elles ont su me procurer. A l’évocation de notre prochain rendez-vous, mon sexe vibre et frissonne et je me prends à rêver de son sexe que je ne peux encore qu’imaginer mais qui seul saura apaiser cette envie brûlante de le sentir encore en moi.




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Commentaires

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lundi 27 octobre 2014 à 07h09 - par  Henic

Quelle audace !
S’offrir ainsi à un quasi inconnu...
Et lui ! Est-ce dédain que de ne vouloir aller plus loin ? Ou un érotique sadisme sûr de lui ?
Ce récit fait admirablement monter le désir, de la rédactrice, mais aussi du lecteur.

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