Les abandons de Geneviève

jeudi 24 février 2011
par  Georgen d’Oronte
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En un long soupir de demi-satisfaction Geneviève repose son stylo-plume sur son secrétaire. Elle vient de finir un article destiné à une publication historique après quelques semaines de recherche. Demi-satisfaction car si cet article lui paraît bon, son corps lui rappelle qu’elle n’a pas fait l’amour depuis plus de trois semaines. Son mari, Georges, semble gaspiller sa vie à arpenter le monde à la recherche d’éventuels contrats de construction sans trop daigner baisser les yeux sur sa jeune épouse esseulée. Elle songe que le Paris du mois d’août est bien morne sans le piment de l’émoi sexuel.

Geneviève se coule dans un fauteuil, s’étire avec langueur en soupirant et allonge ses longues jambes nues et déchaussées. Sa main droite remonte sa jupe en jean à mi-jambe et doucement caresse l’intérieur de ses cuisses en de lents cercles pour remonter vers son slip blanc. A l’instant où la paume de sa main va se mouler sur son pubis en attente, le téléphone se met à sonner, impératif. Geneviève étend le bras droit pour se saisir de l’appareil.

— Bonjour chère amie. Cela fait un certain temps…

Tout de suite, Geneviève reconnaît la voix de Francis Saint-Horbert, chaude, impérieuse, précise et évocatrice de délices passées et…à venir. Après les échanges d’usage, Francis lui demande son accord pour être présentée à un magnat russe d’une société de nickel. Il a deviné que sa torpeur sexuelle à Paris ne convient pas à une jeune femme de son tempérament. Si elle consent à ce contact, elle devra écrire une supplique pour demander sa prise en main. Selon Francis, il s’agit d’une étape essentielle dans sa vie qu’elle ne peut éviter. Son nom ? Victor Tchamyl Irskowitch. Il réside dans la banlieue parisienne pour le mois présent.

— Je vous mènerai à son domicile avec votre consentement. Que diriez-vous de ce samedi à 15:00 ? Je passe vous prendre…

Francis l’entend accepter d’une voix étouffée mais dénotant une certaine fébrilité.

— N’hésitez pas à rédiger cette lettre séance tenante. Le plus tôt sera le mieux. Au revoir, chère amie…

Songeuse, elle suspend son geste pour raccrocher. Puis décidée, coupe la communication, repose le portable et se rend sur le net pour creuser le sens du mot « supplique », si intriguant : une requête pour demander humblement une grâce. Geneviève comprend de suite quel sens elle doit accorder à cette lettre. Elle se saisit d’un bloc de papier à lettre et de son stylo-plume et d’une écriture sans hésitation :

" Cher Monsieur.

Merci de m’avoir choisie comme partenaire de vos fantasmes. Notre ami commun Francis Saint-Horbert a suscité mon désir de faire votre connaissance. Lui-même m’a permis, au sein de son cercle d’amis libertins de mettre à jour mes pulsions de docilité et d’exhibitionnisme. Je suis donc prête à vous servir. Je suis disponible en ce moment. Il va de soi que vous pourrez compter sur mon obéissance totale et l’accomplissement absolu et sans limites de vos désirs et volontés.

Votre déjà dévouée, Geneviève R…"

La réponse tant attendue lui parvient par retour du courrier.

" Madame.

Je suis l’intendante de Viktor Tchamyl Irskowitch qui se réjouit de votre réponse positive et à cet effet vous donne rendez-vous ce samedi à 16:00 au 15 rue des Arpents à Marnes la Coquette. Vous serez habillée à votre gré mais il exige que vous portiez des sous- vêtements blancs. Avant tout, vous devrez faire preuve de docilité et le silence vous sera imposé de suite.

Bien à vous Olga"

Le samedi matin, Geneviève sait par avance que son nu sera sollicité et qu’aucun de ses orifices ne sera épargné. Aussi prend-t-elle une bonne heure pour se préparer dans sa salle de bain.

Quelques heures plus tard, ponctualité oblige, Francis est à la porte de Geneviève. Il la complimente sur sa tenue choisie : un petit tailleur d’été gris perle et un chemisier rose pâle, des chaussures légères en cuir noir à talons hauts. Elle ne peut s’empêcher de fixer son regard sur Francis pendant qu’il conduit, d’admirer son visage sombre d’indien, de s’imprégner de la force de ses yeux de braise et de contempler ses mains de chirurgien finement ciselées et musclées. Elle sait que sa puissance psychologique le fait lire à travers elle comme à livre ouvert. Ils n’ont jamais fait l’amour. Non par manque de désir, loin sans faut. Mais le déclic mental d’abandon n’est pas encore en eux. De suite, il lui fournit les renseignements dont elle a besoin.

— Ce russe s’appelle couramment Tchamyl. Richissime propriétaire de mines de nickel dans la région du Caucase russe dont il est lui-même issu. De type eurasien, il réside soit à Moscou soit dans la banlieue de Kislovodsk. Il a rejoint notre petit groupe il y environ 10 mois mais n’a pu participer à ses activités faute de temps. Vous pouvez avoir confiance en lui car il tient beaucoup à demeurer membre de notre cercle et surtout à faire votre connaissance.

De fil en aiguille, ils parviennent devant la demeure de Tchamyl, un grand pavillon de Marnes la Coquette. D’un ton badin, il précise

— Je vous rappelle les consignes, chère Geneviève, obéir sans réfléchir et… jouir.

Il lui souhaite l’au revoir en un chaste et long baiser dans le creux de la main et laisse Geneviève seule devant la grille d’un luxueux pavillon de style Second empire. Elle sonne et peu de temps après, un femme blonde d’entre deux âges, au maintien très strict vient lui ouvrir. Une femme dont dont les hommes disent qu’elle est encore très attirante.

— Bonjour madame. Je suis Olga, l’intendante de M.Tchamyl, celle qui a répondu à votre courrier. Veuillez vous donner la peine d’entrer.

Son français est presque sans trace d’accent.

Après une centaine de mètres au travers un épais jardin, Geneviève se tient sur une terrasse qui laisse deviner dans le fond, en contre -bas un petit lac, le tout évoquant une ambiance impressionniste . Elle fait pénétrer Geneviève dans une entrée puis dans une pièce d’un total contraste avec l’extérieur ; un salon à la décoration typique d’une riche datcha caucasienne ; peaux de yaks au mur, lambris en rondins de bouleau et une grande cheminée. Un mobilier rustique en pin blond complète le décor très chaleureux.

Elle indique un fauteuil de cuir à Geneviève. A peine a-t-elle le temps de s’asseoir qu’un homme entre. De grande taille, portant une barbe de trois jours et vêtu à la manière d’un garde chasse, il se place au milieu de la pièce après avoir échangé un regard complice avec Olga.

— Je vous présente Vassili, il assume de nombreuses fonctions auprès de M. Tchamyl dont celle de s’occuper de vous aujourd’hui en ma compagnie. Veuillez l’excuser : il ne parle pas français. Nous sommes chargé de votre accueil, chère Geneviève, c’est à dire vous préparer à être présentée à M. Chamyl dès aujourd’hui et à devenir sa chose érotique. Laissez-vous faire, respectez le silence le plus absolu et coopérez à notre plaisir.

D’un signe, Vassili désigne à Geneviève le centre de la pièce.

— Cet homme va vous déshabiller. Vous serez totalement nue mais garderez la protection de votre slip.

Avec des gestes précis, il déboutonne lentement la veste du tailleur. Sa haute taille lui fait dominer Geneviève de plus d’une tête. La jeune femme aime ce rapport de force qui émane de la situation. Ses mains puissantes qui lui ôtent ses vêtements sont les prémices de jouissances à venir sans qu’elle puisse en contrôler l’ascension.

Son chemisier est déboutonné avec soin : elle se rend compte qu’il aurait très bien pu le déchirer facilement sur le devant. Elle ferme les yeux à cette pensée et se rend compte qu’à présent, elle est devenue la proie consentante de cette homme qui lui impose sa volonté. Sa jupe est facilement dégrafée et va rejoindre le reste de vêtements soigneusement pliés sur le dossier du fauteuil. A présent, elle se tient en slip et soutien-gorge et continue de se laisser faire, demi-rêveuse. Elle sent ses seins prendre du volume, ses aréoles se froisser un peu plus et ses tétons durcir. Signe d’attente érotique intense.

Olga intervient durement :

— Je vois que vous ne savez pas quoi faire de vos mains. Croisez les derrière votre nuque et tenez vous droite.

En slip et soutien-gorge, Geneviève ressent une nouvelle fois ce sale petit réflexe d’humiliation et de honte contre lequel elle n’a jamais pu lutter. Présenter son corps même en sous-vêtements, c’est être plus nue que nue. Et puis, être à la disposition du regard d’une femme.. ! Les yeux des femmes sont maintes fois plus critiques que ceux des hommes. Le port d’un soutien-gorge et d’un slip allié à la cambrure des reins due aux chaussures renforce le sentiment de fragilité et d’érotisme chez la jeune femme.

Vassili saisit à pleines mains les bonnets du soutien-gorge par le dessus, contemple longuement l’entre deux seins de Geneviève et d’un coup sec, craque le sous vêtement en tirant de chaque côté, dénudant brusquement sa poitrine jaillissante. Geneviève pousse un petit cri de surprise à la vue des lambeaux de satin entre les mains de Vassili. Olga d’ajouter :

— Bien, chère Geneviève ! Vous êtes parfaite ainsi, les seins à l’air. Laissez-moi aussi vous féliciter pour votre épilation . Pas un poil ne dépasse de votre slip.

De l’index de la main droite elle parcourt la zone entre l’aine et la couture de la culotte, introduisant le bout du doigt entre le tissu et l’amorce du pubis. Geneviève frémit sous cette inspection.

— Bravo pour votre tenue de corps. M. Tchamyl appréciera et il tient beaucoup à votre tanga blanc. Que voulez-vous, certains hommes ont leurs manies !

Vassili se place derrière elle et lui enfonce sans douceur son poing au creux des reins. Elle est contrainte de tirer ses bras vers l’arrière, de projeter ses seins vers l’avant et de se cambrer.

Geneviève sent que l’homme se délecte du spectacle proposé par cette situation d’exhibition, par la poitrine libérée. C’est une femme de toute beauté, pense-t-il. Si prête à s’abandonner ! Puis sans un mot, il lui saisit les seins à pleines mains. Geneviève sursaute, surprise par cette caresse mais s’y abandonne malgré tout. Lentement, il prend plaisir à les malaxer, avant de saisir les tétons entre le pouce et l’index. Il les fait rouler entre ses doigts, les titille et les étire. Il revient au globe des seins, les flatte de la paume des mains, du bout du doigt parcourant le cercle des aréoles. Ses caresses sont appuyées de plus en plus fort en intensité jusqu’à provoquer un petit gémissement que Vassili interprète comme un premier signe de douleur mêlée au plaisir. Sans hâte, il poursuit son travail mammaire jusqu’à ce que Geneviève ne puisse plus retenir sa respiration haletante, qu’elle lâche une série de râles. Comme mue par une houle exigeante, elle roule sa poitrine vers l’avant impuissante à y résister.

Quand Vassili ressent l’abandon total de la jeune femme, il la lâche, vient se placer en face d’elle et la contemple d’un air narquois et émet un ricanement. Geneviève baisse les yeux, elle rougit même, toute à la honte de ne pouvoir dissimuler l’excitation et l’émoi produits par cette manipulation virile.

Vaassili et Olga sont autour d’elle et l’obligent, de la voix, à demeurer immobile sous leur regard. Ils la font se retourner pour qu’elle montre ce qu’elle cache au profane : son ventre, ses cuisses, ses seins en état d’excitation, ses jambes. Ils exigent cependant qu’elle garde son slip car son sexe doit demeurer de droit à M.Tchamyl.

D’un geste de la main, l’homme lui désigne un petit tabouret qu’Olga vient de placer au centre de la pièce. Il lui fait signe de s’asseoir et Olga l’oblige à se renverser en arrière jusqu’à ce que ses mains touchent le tapis. Une fois trouvé son équilibre, elle doit écarter largement les jambes. Geneviève est vraiment livrée aux yeux de l’homme et la femme et sent la moiteur de son entre-cuisses s’intensifier.

Ainsi disposée et arquée, elle voit Vassili ôter son pantalon puis son slip et apparaître le bas-ventre nu, en érection évidente. Il vient se placer à califourchon au dessus de son visage lui présentant son périnée, ses lourds testicules, son anus et la longueur de son sexe en érection à quelques centimètres de son visage et de sa bouche. Olga de son côté vient prendre place au dessus de son pubis pour dominer son ventre offert, le dos tourné à son partenaire.

De la paume de la main, Vassili entreprend le claquement de ses seins gonflés, d’abord doucement puis de manière plus de plus en plus appuyée tandis que le femme commence une masturbation de son sexe par dessus le slip. Jamais encore une femme ne l’avait caressée à cet endroit. Aucun contact direct avec sa peau, des passages frustrants des doigts sur le clitoris apparent sous le tissu, de longues caresses depuis l’anus jusqu’au pubis, un doigt prêt à s’introduire au travers de la barrière frustrante du slip…Les femmes savent mieux que les hommes faire monter le désir en masturbant ! L’adroite alchimie de la douleur mammaire et du clitoris savamment caressé la fait monter d’un cran dans son excitation. Vassili sait rythmer et doser ses caresses ou ses claques. Parfois un frôlement puis une rafale d’aller et retours à lui couper le souffle ou même des coups comme pour arracher le sein. Ils ont l’habitude de manipuler à deux ces petites bourgeoises en quête de dépaysement sexuel. Mais celle-ci fait exception car elle semble jouir de sa honte et de livrer sa féminité à l’humiliation. Ils l’amènent maintes et maintes fois au bord de l’orgasme et suspendent le crescendo au dernier moment, la frustrant de l’orgasme libérateur, ravageant son système nerveux.

Au bout d’un temps inappréciable pour Geneviève, le duo s’arrête, l’aide à se remettre sur pieds avec difficulté. D’un ton sévère, la femme lui ordonne :

— Cela suffit pour le moment ! M. Tchamyl va s’occuper de vous à présent. Allez dans la pièce à côté pour changer de slip. Celui-ci est dégoutant ! Nous vous donnerons les dernières instructions avant d’être présentée à M. Tchamyl.

L’esprit égaré par ces manipulations dont elle n’avait pas soupçonné l’effet dévastateur, Geneviève pénètre dans un petit salon, vraisemblablement un fumoir à en juger par les nombreuses pipes et pots de tabacs décorant les étagères en bois des murs.

Pendant une bonne heure, Geneviève, résignée et intriguée, se prête aux exigences de conduite qui lui sont imposées lors de sa première entrevue avec Tchamyl. Entre autres consignes, elle acceptera d’être liée sans usage de la parole et de respecter strictement la nudité imposée en public.

La salle dans laquelle Geneviève doit faire son apparition est spacieuse : une vingtaine de mètres de long, ses murs sont en briques de verre légèrement argenté dispensant une lumière à la fois intense et tamisée, propice au recueillement. Une longue allée centrale est pratiquée entre deux rangées de sièges en bois clair, menant de la porte d’entrée jusqu’au grand fauteuil dans lequel trône Tchamyl Viktor Irskowitch Au paravent, ses amis s’introduisent dans la salle et prennent place. Ils sont vêtus de vestes de cuir brun et chaussés de bottes à la manière des cavaliers de leur pays.

Viktor Tchamyl Irskowitch est un homme d’une quarantaine d’années, de type eurasien, habillé lui aussi, d’un costume en peau noire, d’une chemise de lin blanc, sans cravate. La beauté de ses traits est rehaussée par la sensation de maitrise de soi qui se dégage de sa personne. Il semble que rien ne peut lui résister. Ses yeux dardent l’expression d’une passion intense de la vie. Sa passion, outre les belles femmes, les chevaux. Il dresse lui-même ses bêtes soit pour la course soit pour le Buzkashi, ce polo qui se joue avec le corps d’une chèvre.

Les spectateurs parlent à voix haute et gutturale, prêt à recevoir cette jeune française qui pourrait participer à leur joutes équestres un prochain jour. Tous se délectent à la pensée du spectacle qui va leur être offert. Viktor Tchamyl Irskowitch tape deux fois dans ses mains et la porte en bois noir s’ouvre à deux battants. Encadrée de près par deux gardes en costume de cavalier, de haute taille et l’air impassible, Geneviève demeure sur le seuil, offerte aux regards des hommes et en particulier à celui de Viktor Tchamil Irskowitch qui lui fait face dans le fond de la salle. On a exigé qu’elle se tienne debout jusqu’à nouvel ordre du maitre de céans. Elle est toute nue, sa pudeur revêtue d’un simple tanga de soie blanche immaculée. L’extrême simplicité de sa tenue est mise en valeur par l’éclat de sa peau qui dégage une légère irisation due aux briques de verre. Elle baisse les yeux vers le sol comme exigé, la nuque ployée en signe de soumission et d’humilité. Ses poignets sont liés dans le dos croisés presque à la hauteur des coudes ce qui lui fait assumer l’aspect d’un insecte capturé. Autour de son cou, un simple anneau de corde terminé par un pendentif en argent portant les lettres BY en cyrillique. Geneviève est dorénavant porteuse du chiffre de Viktor Tchamyl. Elle sait que son appartenance doit totale et sans conditions, qu’elle est réduite au mutisme. Faute d’exécuter les moindres désirs du maitre, elle sait qu’elle sera rejetée à la rue comme une vulgaire servante pour regagner son foyer. LIRE LA SUITE

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Commentaires

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samedi 26 février 2011 à 15h09 - par  Henic

Je partage votre avis : ce texte présente à la fois un style qui paraît connu et la découverte d’une sexualité admirablement débridée, si j’ose dire...

jeudi 24 février 2011 à 14h34

De par le titre, les prénoms de certains personnages, la qualité d’écriture et même la puissance érotique, ce texte montre une généreuse similitude avec les présentations de Geneviève.
Est-ce là un faisceau d’indices pour la rupture de l’anonymat ( volontaire ?) de l’auteur.
Quoi qu’il en soit, bravo

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