Mémoires d’André Sabatier chap 1 à 4

vendredi 8 avril 2005
par  Richard Tuil
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À ma fille, ma Pitchounette.
Cergy, le 6 février 2001.

1ère PARTIE.

CHAPITRE I.

J’avais l’intention de rédiger et de décrire cette partie de ma vie très jeune déjà, car précoce j’étais dans mes sentiments et désirs amoureux et tout ce qui va avec. C’est pourquoi, je ne donnerai pas de détails sur ma tendre enfance, ni sur l’âge tendre en général. Qu’il suffise au lecteur de savoir que je suis né en juillet de l’année 1965, dans la ville portuaire de Toulon.

Quand j’ai eu dix ans, mes parents ont déménagé avec toute notre petite famille (c’est-à-dire ma sœur Karine, mes frères Gérard et Didier et moi-même). Nous nous sommes installés à Cergy-Pontoise, la ville “ nouvelle ”, dans le petit quartier de la Croix Petit, qui était une enclave entres les Jardins de la Préfecture et les quartiers plus résidentiels des Chênes et des Ponceaux, vers le village. Car il faut bien le dire, notre quartier a acquis très tôt une réputation de banditisme et de quartier chaud, où les flics ont peur d’entrer, dans le sens où il y avait énormément de gangsters !

Nous vivions simplement et tranquillement dans un cinq pièces avec balcon qui donnait plein est.

Mon père était travailleur indépendant, il fabriquait des fauteuils et des sièges, et les réparait aussi. Je crois que cela s’appelait être “ tapissier en meuble ”.

Ma mère, quant à elle, travaillait comme secrétaire dans une imprimerie de la zone industrielle des Béthunes à St Ouen-L’Aumône. Mes parents travaillant tous deux, nous laissaient une relative liberté dans tous les domaines.

Ma sœur était l’aînée et avait trois ans de plus que moi.

Mes frères Gérard et Didier avaient respectivement un et trois ans de moins que moi.

Nous nous entendions plutôt bien, tant qu’il n’y avait pas de fille entre nous…

J’avais dix ans donc, et… je détestais les filles ! En effet, on chantait, les copains et moi, et à tue-tête : “ do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, toutes les filles sont des idiotes ! ” J’étais misogyne, si l’on veut, et les seules filles que je supportais étaient ma sœur Karine et mes cousines Patricia et Sandy. Je n’avais pas, à l’époque, la moindre idée de ce qui différencie les garçons des filles. Je savais simplement qu’elles n’ont pas de pénis, mais je ne savais pas qu’elles ont cette grotte, source de tous les plaisirs et de toutes les voluptés. Je n’avais pas la moindre idée de comment arrivent les enfants. Je ne connaissais rien de l’amour physique. C’est très simple : je pensais simplement qu’on naissait grâce aux baisers amoureux qu’un homme et une femme se donnent. Cela dépendait simplement de l’intensité des sentiments, pensais-je dans ma naïveté enfantine.

À cette époque, je croyais que les filles étaient des idiotes, et je n’arrivais pas à penser autrement… jusqu’à ce jour où je suis allé avec mon père et ma sœur aux 3 Fontaines, le centre commercial qu’il y a derrière la préfecture ; c’était le 4 mai 1977.

Là, je vis pour la première fois, une fille d’environ mon âge. Je l’ai trouvé tout simplement magnifique. Mais aux 3 fontaines, il y avait foule, et je l’ai rapidement perdu de vue.

Ce n’est que le lendemain, le 5 mai que j’ai pu la revoir. C’était à l’école primaire de la Croix Petit.

Que le lecteur s’imagine mon émerveillement. J’étais subjugué par autant de beauté et de grâce. Elle n’était pas grande, mais fine. Elle avait les cheveux châtains et raides, mi-longs, les yeux noisette, deux fossettes adorables aux commissures des lèvres, et avait un corps svelte et souple, délié comme une liane. Il faut bien dire qu’elle était adorable !

C’était son premier jour d’école à Cergy, car elle venait d’emménager, la veille, à la Croix Petit.

Comme nous étions dans la même classe, nous avions M. Acariès pour instituteur, et sa famille et elle venaient de Béssancourt dans le Val d’Oise.

M. Acariès nous l’a présenté comme étant Mirabelle Girard. Je n’avais jamais entendu un prénom aussi joli. Il lui allait à ravir.

Comme nous étions par groupes de cinq ou six, et qu’il y avait justement une place de libre près de moi, M. Acariès l’a placé tout près de moi. Voilà qui faisait bien les choses. Dans mon groupe, il y avait Patrick Hadjadj, Farouk Elichri, Ali Bénaïni, Richard Tuil, Mirabelle Girard et moi-même.

J’étais aux anges ! Mirabelle était pour moi une source de joie continuelle. Placée entre Richard et moi, elle ne pouvait mieux tomber. Que je m’explique : Richard n’était pas dangereux, car timide et respectueux de certaines règles, il n’avait pas besoin de se retenir. Il ne tomberait pas amoureux de Mirabelle. Quant à moi, j’étais si timide, si naïf, si innocent et si candide, que Mirabelle me faisait rougir dès qu’elle me parlait ou bien me regardait.

Mes résultats de cette fin d’année subirent le contrecoup de mes pensées qui vagabondaient tout au long du jour, et la nuit aussi. Mes pensées et mes rêves ne pouvaient déjà plus être séparés de Mirabelle. Quelle fille merveilleuse !

J’avais envie de lui parler de ce que j’éprouvais pour elle. Mais ma timidité m’en empêchait. J’avais si peur de la brusquer, de lui faire du mal, de paraître si nul à ses yeux.

Mirabelle, c’était elle, qui m’adressa la parole en premier. Mon cœur battait à tout rompre. J’étais si heureux que j’en eu le vertige.

Je me souviendrai toujours de ses premières paroles :

“ — Bonjour ! Je suis Mirabelle !

— Je… le… sais ! ” finis-je par bégayer.

Puis elle s’est retournée vers Richard et s’est présentée à lui. “ Quelle chance il a… ” me disais-je. Et je connaissais pour la première fois les affres de la jalousie.

C’est pourquoi, à la récréation de 10 heures, j’avais dit à Richard d’éviter de lui parler, s’il ne voulait pas subir les foudres de ma colère.

“ Ne t’énerves pas, je n’ai rien fais de mal… ” m’avait-il répondu.

Il faut dire que Richard Tuil était un garçon maigre, qu’on avait surnommé : “Squelette ”, “ squelet’homme ” ou “ feuille d’érable ”. Il ne me faisait par conséquent, pas peur du tout ! Je lui ai alors dit que je lui tordrais le cou si nécessaire.

Les jours passant, je m’habituais à la présence de la belle Mirabelle, et j’ai eu la chance de devenir l’ami de ses deux frères, Frédéric et Franck.

Ses deux frères avaient un et deux de plus que nous, “ nous ” voulant dire Mirabelle et moi.

Arrivèrent les périodes de grandes vacances, et en juillet je partis en colonie de vacances, tandis que Mirabelle s’y rendit en août. Ce furent les deux mois les pires de mon enfance.

Mirabelle et moi, ainsi que tous ceux qui étaient dans notre classe allâmes en 6ème, au collège des Touleuses, à Cergy-Sud.

C’est à cette époque que j’ai commencé à tenir un journal intime et secret ; c’est d’ailleurs celui-ci qui me sert de base à mes souvenirs, parfois confus.

Deux mois de vacances, disais-je, oui, et ils furent atroces. Je m’y ennuyais tellement que cette fois j’en étais sûr : j’aimais Mirabelle. Mais j’étais si timide, si ingénu, que je pensais encore que les enfants venaient d’un baiser sur les lèvres, et qu’il suffisait de dormir avec son épouse.

Mirabelle me plaisait tellement, et je ne savais pas ce qu’elle en savait, qu’elle était pour moi comme une reine.

Le jour de la rentrée des classes, le jeudi 15 septembre 1977, Mirabelle était arrivée en retard de quelques minutes, c’est pourquoi devant la seule chaise vide qui restait dans la salle de cours, elle n’eut d’autre choix que de s’asseoir près de moi. J’avais vu la liste des élèves, et je savais donc qu’elle était dans notre classe. “ Notre ” ou “ nous ”, cela veut dire Richard Tuil, Patrick Hadjadj, Mirabelle et moi-même qui formions le groupe des anciens de la Croix Petit dans cette classe de 6ème I.

Alors je lui souris, sourire qu’elle me rendit. C’était la première fois que je la revoyais depuis la fin du CM2. Quel bonheur ! Quel sourire ! Ses fossettes étaient pures merveilles.

J’avais beau être amoureux de Mirabelle, je ne connaissais encore rien de ce qui se passait entre garçons et filles. D’ailleurs, je remarquais déjà quelques changements dans sa physionomie, puisqu’elle était âgée de douze ans et demi. Elle avait une poitrine qui poussait “ à vue d’œil ”. Ses seins étaient l’objet de ma passion et de tous mes fantasmes à l’époque. Ils devenaient de plus en plus gros, plus grands, plus larges, plus longs. C’était une femme qui “ poussait ” sous mes yeux. Pour tout dire, son tour de poitrine avait dû augmenter de quinze bons centimètres durant ces neuf mois passés ensemble au Collège des Touleuses.
Mais je reviens à cette année !

Comme j’étais le copain de ses deux frères, on peut dire qu’elle me connaissait mieux que quiconque dans cette classe.

Mes résultats scolaires furent passables, tout simplement parce que j’avais envie d’être, de rester et de parler avec Mirabelle. Je n’avais aucune autre envie.

Mon amour pour elle était platonique, bien que je la trouvais belle, et que j’avais envie de la serrer dans mes bras, et de lui faire un bébé en l’embrassant sur la bouche !

Moquez-vous, ô lecteurs ! Je sens votre sourire narquois se dessiner sur vos lèvres !

Devenant de plus en plus intime avec ses frères, je devenais un intime, un familier de la famille Girard, et donc de Mirabelle. En fait, c’était la seule chose qui comptait vraiment pour moi.

CHAPITRE II.

Le temps passait, et cette année scolaire s’est terminée comme elle avait commencé. J’étais toujours à côté de Mirabelle sans qu’aucune avance ne soit faite.

Il nous arrivait d’aller à la piscine ensemble, avec ses frères, mais c’était tout ! Nous jouions aussi très souvent à des jeux de société, que des jeux innocents !

Mon sexe ne me démangeait pas encore, et c’était mieux ainsi. J’ai aimé, adoré, adulé plusieurs femmes dans ma jeunesse, mais jamais comme Mirabelle. Elle fut pour moi le plus grand amour de ma vie, et le premier.

Avec les vacances, en juillet 1978, nous apprîmes notre transfert au nouveau Collège de la Justice, qui ouvrait ses portes en septembre, et le vendredi 15 septembre 1978, lors de la rentrée des classes, nous étions encore avec les mêmes : Mirabelle, Richard et Patrick. Mais cette année-là, Farouk El Hichri et Ali Bénaïni nous avaient rejoints… On se serait cru de nouveau au CM2 !

Ce jour-là, Richard qui était mon ami m’avoua qu’il était amoureux de Muriel G. depuis le 21 août 1978. Il n’était plus le même depuis cette époque, et j’étais content car cela me faisait des “ vacances ” ! Je n’avais plus à le surveiller. Il s’occupait de sa Muriel, et moi de ma Mirabelle, si chère à mon cœur.

Après les cours, Mirabelle et son frère Franck avaient rendez-vous chez le dentiste dans le Quartier de la Préfecture, au-dessus de la piscine. Je les y ai accompagnés et j’ai attendu dans la salle d’attente d’abord avec Franck et ensuite avec Mirabelle.

Elle me charmait par sa conversation anodine. Nous étions dans la même classe ! Et je la regardais avec tellement d’amour dans les yeux. Elle s’approcha de moi, et m’embrassa sur la joue gauche ! ! !

“ Tu sais André, me dit-elle, je sais ce que tu ressens. Et même si je ne crois pas, du moins pas encore, ressentir la même chose pour toi, je te suis redevable de tant d’égards envers moi. C’est pourquoi je voudrais essayer de t’aimer, et si ça marche entre nous, il ne sera pas dit que tu trouveras en moi une ingrate. Non… ne réponds pas s’il te plaît ! ”

C’était merveilleux ! Voilà seize mois que j’essayais en vain quelque chose !
Je n’avais plus qu’à me laisser porter par mon amour…

Franck, quand il est sorti du cabinet dentaire a tout de suite remarqué que quelque chose avait changé en moi. J’étais indéniablement plus souriant…

Mais comme un fait exprès, Mirabelle s’est dérobée à mes regards avides ! Elle avait dû aller passer son week-end chez sa tante Mireille, aux Linandes.

Le premier lundi de cours, j’ai dû aller chercher Franck son frère, et nous sommes allés aux 3 Fontaines faire les courses scolaires pour la rentrée. Mirabelle, quant à elle, est rentrée à la maison, une petite migraine l’ayant empêché d’aller en cours ce jour-là.

Mais le lendemain, mardi 19 septembre, elle ne m’a pas lâchée ! Comme nous sommes rentrés la veille, avec Franck des 3 Fontaines, elle m’avait demandé de venir la chercher pour aller en cours. C’est ce que j’ai fait.

Nous avons fait la route ensemble jusqu’au C.E.S., assis côte à côte en classe, inséparables comme la laque et la glu en récréation, ainsi nous fûmes le premier couple “ officiel ” du Collège de la Justice et de toute son histoire en septembre 1978. Mais nous ne nous embrassions jamais. J’étais trop timide et je n’osais pas encore : j’avais peur qu’elle ne soit enceinte !

Le mercredi 4 octobre, nous sommes allés à la piscine avec ses deux frères. Nous avons passé un après-midi des plus agréable. Surtout quand Frédéric lui détacha les lanières du haut de son Bikini !

Le dimanche qui suivait toute la journée je l’ai passée avec Mirabelle : nous avons d’abord été aux Jardins de la Préfecture puis nous sommes allés au cinéma voir le film qui rendit John Travolta célèbre, « Grease ».

C’est là, que prenant mon courage à deux mains, j’ai osé lui faire une bise sur la joue, du moins juste au moment où j’allais le faire, elle a fait faire un petit tour à sa tête et se tourna vers moi, de façon à ce que mes lèvres rencontrent les siennes ! Je n’ai jamais su si elle l’avait fait exprès, mais ce baiser m’électrisa, et notre baiser dura de longues minutes. Ma vie passa dans sa bouche adorable, et elle me rendit mon baiser de telle façon que nos souffles unis ne pouvaient se détacher l’un de l’autre.

Nous avons raté quelques minutes du film, mais ce n’était pas grave, car je suis retourné le voir en juillet 1998 pour ses 20 ans.

Quand nous sommes sortis des salles obscures, le soleil et le ciel bleu nous ont éblouis. Je lui ai dit alors, que si elle le voulait, j’étais prêt à faire n’importe quoi pour elle. Je portais une veste légère. Je lui ai dit : « Veux-tu que j’en déchire la manche ? » Elle m’a répondu sur le ton de la plaisanterie : « Chiche ! » C’était un défi. Je me devais de le relever. Alors, sans me démonter, j’ai tiré sur ma manche et je l’ai déchiré.

Mercredi, 11 octobre, nous sommes retournés à la piscine. A titre de parenthèse anecdotique, il y avait parmi nous la Muriel G. dont Richard Tuil était amoureux. Une fille très jolie.

Là-bas, nous nous sommes encore bien amusés. Le temps passait vite quand nous étions occupés ; et on arriva aux vacances de la Toussaint, en criant : « Vivent les vacances ! » à la sortie du collège, ce jeudi soir, 26 octobre.

Le surlendemain, Frédéric et moi avons décidé de faire une cabane dans les roseaux près des bassins des jardins de la Préfecture. Celle-ci devait être nôtre, d’après lui. Mais moi, j’avais l’espoir secret d’y être rejoint par Mirabelle, ma douce colombe.

Je n’étais pas content lorsqu’on essayait de m’éloigner de Mirabelle. Frédéric avait deux ans de plus que nous, et pourtant, contrairement à Franck, il n’avait pas encore deviné les sentiments qui nous liaient Mirabelle et moi.

J’étais fou de cette fille, mais je n’étais pas aussi romantique que l’étaient certains de nos amis ou camardes de classe (comme Richard qui n’avait que sa Muriel dans la bouche).

Je devais donc convaincre Frédéric de l’opportunité d’embaucher Mirabelle, et pour donner le change, Franck aussi.

J’argumentais, et il se laissa convaincre : plus on est de fous plus on rit !

Le lendemain donc, on a mis en chantier cette cabane, mais je ne suis plus sûr que ce fut une bonne idée. Franck et Frédéric n’arrêtaient pas de se disputer, tandis que Mirabelle, heureuse de faire quelque chose avec moi, tout comme moi d’ailleurs, nous rêvions de la maison que nous aurions plus tard.

J’étais content, mais le travail n’avançait pas. Mirabelle donnait les directives, tandis que Frédéric obéissait. Alors, Franck, jaloux, je suppose, cassa les branches du toit, tandis que nous autres nous fatiguions à essayer de les maintenir dans un ordre plus ou moins parfait. Franck avait exagéré et Mirabelle exigea son renvoi, et je disais la même chose qu’elle : « Normal ! tu es amoureux de Mirabelle, alors tu dis comme elle. » Telle fut sa réplique.

Alors Frédéric m’a demandé si c’était vrai, et je me souviens d’avoir rougis. Mirabelle qui n’avait pas sa langue dans la poche dit : « Oui ! C’est vrai ! Il m’aime, et alors ? »

Frédéric sourit à cette nouvelle, et moi je n’arrivais toujours pas à parler. Je n’étais pas trop romantique, mais j’étais un timide invétéré. Alors, ce qu’elle m’avait dit, même si c’était la vérité, n’était toujours pas bon à dire. On ne sait jamais, et il ne valait mieux ne pas tenter le destin.

La journée se passait bien, et Franck fut effectivement renvoyé de la cabane. Mais il restait tout près. Je pense qu’il fut vraiment déçu de mon attitude, il pensait que je prendrais sa défense devant son frère. Mais Mirabelle était pour moi plus importante, et c’est donc son avis que je prenais et que je faisais mien.

Après cette journée, on abandonna la cabane et on y fit simplement un pique-nique le lendemain. Mais même cela ne suffisait plus pour assouvir le désir que j’avais déjà de Mirabelle.

C’est en effet à l’occasion de cette cabane que je voyais Mirabelle comme un homme regarde une femme : du désir et de la passion dans le regard, et la fièvre qui l’accompagne.

C’est aussi à cette époque que j’avais remarqué que ma verge grandissait et grossissait lorsque je pensais à elle.

CHAPITRE III.

C’était le lundi 13 novembre 1978. Frédéric, Franck, Richard et moi-même étions aux Jardins de la Préfecture, à l’occasion de la Journée du Maire, qui nous permettait de ne pas avoir cours ce jour-là.

Il devait être environ deux heures de l’après-midi et nous allions vers les 3 Fontaines, le centre commercial.

Alors, apparue devant nous, une jeune femme, d’environ 22-25 ans (je n’ai jamais su son âge), et qui possédait tous les charmes de la féminité. Son corps sculptural qui était visible à travers l’ensemble qu’elle portait nous fit présager de ses atours.

« Bonjour ! Je ne suis pas d’ici. Vous pourriez me dire où se trouve la préfecture ? »

Je ne sais pas ce qui m’a pris, alors, j’ai crié : « J’y vais ! Je vous y accompagne ! »

Charmé, je l’étais, surtout à la perspective de passer quelques instants avec cette créature. Je me disais qu’elle était « de rêve », mais j’avais oublié, le temps d’un battement de cils ma timidité.

« Très bien, je te suis », avait-elle dit. « Je m’appelle Agnès ».

« Moi, c’est André » avais-je alors répondu.

J’étais un peu plus grand que ne le voulais mon âge, et c’est peut-être pour ça qu’elle n’avait pas hésité à me suivre.

Arrivée à la préfecture, ce bâtiment construit à la fin des années 60 en forme de pyramide à degrés à l’envers ; elle s’y était inscrite comme prostituée. J’étais étonné de savoir qu’elle exerçait ce métier très controversé.

Alors que j’allais m’éloigner et rejoindre mes amis, elle m’appela, et me demanda de la suivre. Je n’avais pas de raison de refuser, et c’est pourquoi je l’ai fait.

Nous sortîmes de la préfecture et nous allâmes vers les Plants, où nous prîmes les clés d’un petit deux pièces. « C’est là que je vais habiter à partir aujourd’hui », me dit-elle en ouvrant la porte.

« Entre ! »

Je la suivis à l’intérieur et je pus voir que c’était un appartement meublé, qu’elle louait pour 1200 francs. Alors, elle s’approcha de moi en souriant. « Tu as quel âge ? » me demanda-t-elle. Tu mérites une récompense », continua-t-elle. « J’ai 16 ans ! » mentis-je.

« N’aie pas peur ! » me dit-elle en m’embrassant sur la bouche et caressant mes parties génitales à travers le tissu de mon jean. Ce qu’elle me faisait ressentir un plaisir immense, et je sentais ma verge se gonfler d’une sève jeune et puissante.

Elle enleva ses vêtements, et resta simplement en soutien-gorge et culottes, rouges tous les deux, et en soie. Je n’avais jamais vu de femme en lingerie, de visu je veux dire. Et elle, elle me fit une impression si forte (elle avait une forte poitrine), qu’elle marqua ma vie à tout jamais.

Alors, elle me déshabilla. Et elle me dit qu’elle était étonnée de voir en moi un jeune homme « puissamment armé », pour reprendre son expression. Je ne m’étais jamais occupé de la taille ou de l’épaisseur de mon pénis, et je ne savais pas encore vraiment comment on pouvait s’en servir autrement que pour uriner. Alors elle prit dans la commode un double-décimètre, comme ceux dont on se servait à l’école. À mon grand étonnement, elle agita et caressa d’avant en arrière mon « truc », mon « machin », et je le vis encore grandir. Quand elle en atteint la taille maximale, et que je commençais à me sentir de moins en moins à l’aise, elle mesura et annonça : « 17,3 cm » !

« Tu es bien fait, me dit-elle. Apparemment ta croissance n’est pas finie, et tu vas encore grandir ».

J’étais de plus en plus effarouché. Je ne savais comment me comporter dans une situation comme celle-là. Alors voyant bien que j’étais un novice, elle me dit : « Viens, allons offrir ton pucelage à Aphrodite, déesse de l’Amour. Je suis fière d’être prêtresse d’Inanna, l’Etoile du Matin. Je suis fière de t’initier à ses rites immémoriaux ».

Elle me poussa sur le lit, à plat ventre. Puis elle me retourna, et se mit elle-même à plat ventre, et elle me demanda de la caresser. Alors, très gauche, je lui caressais le dos et les fesses, qu’elle avait petites et dures. Puis, elle enleva sa culotte et son soutien-gorge. J’avais devant moi une femme entièrement nue. Je fus étonné de voir qu’elle avait des poils doux et soyeux, châtains clairs, entre les cuisses, formant un triangle sur le bas-ventre. Mais comme je regardais cette petite motte de Vénus, que je la dévorais des yeux, elle se jeta littéralement sur moi, et couvrit mon corps de baisers. Quand elle posa le nez sur mon attribut viril, elle l’avala goulûment, et le suça et le lécha jusqu’à ce qu’il atteigne une taille qui n’était pas négligeable. Je continuais de la caresser de la tête aux pieds, et je l’embrassais, mais comme elle voyait que je n’osais pas toucher à son Mont de Vénus, elle mit alors ses fesses devant ma bouche, et me demanda de la lécher au niveau de sa fente. Tandis qu’elle se caressait ce qu’elle appelait le clitoris, je lui enfonçais ma langue dans sa petite fente chérie, et elle commença à glousser, soupirer, haleter. « Continues ! » me disait-elle.

Cela continuait un bon quart d’heure, je crois, quand j’ai reçu sur ma langue, la bouche et le menton un liquide blanchâtre, les grandes eaux ! Elle poussa un cri assourdissant.

C’est alors qu’elle s’allongea, et me demanda de me mettre sur elle. Elle attrapa ma tête et m’embrassait longuement, je lui prodiguais caresses et baisers, et elle me demanda de lui lécher les mamelons et de lui malaxer les doudounes, qui étaient dures, droites, élancées. Elle m’avoua ses mensurations 110 C-60-87.

Ensuite, elle me lécha et suça à nouveau le pénis jusqu’à ce que mon érection soit acceptable. Alors, elle me supplia presque de l’enfoncer dans sa fente. Mais comme elle voyait que je ne savais rien faire sans son aide, elle cria presque ces paroles ailées : « Ô Inanna-Ishtar, toi Aphrodite ! Toi Vénus chère à mon cœur, accepte le pucelage de jeune homme, André, que je t’offre ce 13 novembre 1978 », et en m’aidant de sa main, elle me mit la bitte en face de son trou adoré, puis elle me demanda de pousser fort et d’aller en avant, en arrière, dans un mouvement de va et vient. Ce que je fis.

Elle me dit alors d’aller vite, et le plus loin possible. Alors, comme si je faisais des pompes entre ses cuisses largement écartées et soulevées, je la pénétrais et je fis ce mouvement de lime avec ma bitte, durant de longues minutes. J’allais en avant et en arrière jusqu’à l’éjaculation. Je m’écoulais en elle, tandis qu’elle me prodiguait caresses et chaleur humaine. J’étais épuisé, il faut bien le dire.

Après quelques minutes de repos, durant lesquelles nous bûmes deux ou trois verres de Coca-Cola, elle voulu recommencer ce jeu de l’amour.

J’avais éprouvé un incommensurable plaisir en la foutant et en éjaculant ; alors, je ne me fis pas prier.

Mais cette fois, elle voulu aller plus vite, alors, elle s’agenouilla tandis que j’étais debout, et elle me fit une fellation (c’est ainsi qu’elle appelait la succion et le léchage de mon pénis). Ma verge retrouva ses dix-sept centimètres et quelques en quelques instants. Alors, elle se mit à genoux sur le lit cette fois, me présentant ses belles fesses que je trouvais vraiment charmantes. Elle me dit « viens, reviens en moi ! »

J’étais étonné par sa position qui me faisait penser à celle des chiens quand ils s’accouplent ; mais je lui obéis, et la foutu en levrette (c’est comme ça qu’elle appela cette position).

Le plaisir qu’elle me donna fut étrange. Cette fois je voyais sa petite rondelle juste au-dessus de mon sexe érigé tel un obélisque. Elle se caressait d’une main le clitoris, tandis qu’elle me demanda de lui mettre un ou deux doigts dans son cul. J’avais peur soudainement. « N’aie pas peur. Cela ne me fera pas mal, et c’est même le contraire ! »

Alors, je fis ce qu’elle demandait, et avec mon index et majeur de la main droite, je limais son joli petit cul. Elle tremblait de plaisir tandis qu’avec ma verge, et mes doigts, je lui donnais autant de plaisir. C’est une bonne demi-heure après que je sentis ses liquides intimes inonder ma verge, tandis que j’éjaculais et ressentais mon propre plaisir. J’avais joui en même temps qu’elle, et elle ne put s’empêcher de m’embrasser fougueusement avant de nous reposer sur le lit. Elle me demanda alors, si j’avais une copine. Alors, je lui répondis que oui, j’en avais une.

« — Et je devine que tu n’as jamais rien fait avec elle. Pourtant tu as un tel potentiel que tu la rendras heureuse, c’est sûr, dès que vous aurez goûté aux plaisirs charnels. Tu pourras revenir me voir quand tu veux. Tu es un amant novice c’est vrai, mais tu as les qualités d’un amant sans égal. Apprends beaucoup de ces plaisirs et jeux d’amour, et tu trouveras toujours une femme qui prendra soin de toi. Alors ? Comment s’appelle l’heureuse élue de ton cœur ?

— Mirabelle.

— C’est un très joli prénom. Mirabelle comment ?

— Mirabelle Girard.

— Eh bien André, je te souhaite d’être heureux avec elle. Mais si un jour tu te sens seul, si tu as besoin de parler à quelqu’un, ou bien, si tu as envie de jouer à nouveau avec moi, ma porte te sera toujours ouverte. Tu n’es pas majeur, mais cela on ne peut pas te le reprocher, et pourtant tu es le plus formidable des amants. Je suis jalouse de ta Mirabelle. En tout cas, rends-moi visite autant que tu voudras. Je te le répète, ma porte t’est toujours ouverte. »

Et après quelques remerciements, et quelques baisers, Agnès me laissa partir. Il faisait déjà presque nuit. En effet, je venais de passer près de quatre à cinq heures à ses côtés.

CHAPITRE IV.

L’aventure de ce 13 novembre fut pour moi une rencontre providentielle. Je venais de découvrir mon corps ; et c’était quelque chose d’important. Maintenant, j’avais un gros problème. Mirabelle et moi ne sortions ensemble que depuis deux mois, et je n’avais jamais osé penser aux plaisirs que donnait l’Amour Physique. Jusqu’à présent je ne l’avais aimé que platoniquement. Mais grâce à Agnès j’avais découvert un monde complètement nouveau pour moi, et j’appréhendais le moment où il faudrait en parler à Mirabelle.

Mais je décidais d’attendre un peu, « quelques semaines » m’étais-je dis. Mais c’était sans compter sur la bêtise de Franck et Frédéric.

Le lendemain, j’allais chercher Mirabelle afin de faire une promenade réconfortante.

Quel ne fut pas mon étonnement lorsqu’elle me demanda qui était cette jeune femme avec qui j’avais été à la préfecture ?

« Elle s’appelle Agnès, et je l’ai juste accompagné ».

Je n’avais aucune envie qu’elle connaisse la vérité au sujet d’Agnès. J’étais encore timide, et j’avais envie de faire l’amour à Mirabelle. Maintenant, je n’étais plus tout à fait le même.

« — Dans ce cas, pourquoi n’as-tu pas rejoins Richard, Franck et Frédéric aux 3 Fontaines ? - J’ai préféré faire une promenade aux Bois de Cergy. - Sans moi ? - Exceptionnellement, j’avais envie d’être seul. - Je ne te crois pas. Tu mens André. - Pourquoi mentirais-je ? »

Bien que je sentais mes défenses faiblir, je ne savais toujours pas quoi lui répondre. Apparemment, j’avais un pouvoir physique sur certaines filles, mais avec Mirabelle, j’étais plus faible qu’un enfant de deux ou trois ans.
Finalement elle me sourit, puis m’embrassant, elle me reposa la question ; et je n’avais plus qu’à lui dire ce qui s’était réellement passé la veille. Alors, je me mis à table, sans pour autant lui donner tous les détails que je trouvais finalement assez vulgaire. Mais sa réaction fut instantanée !

« — Tu as fini ? me demanda-t-elle. - Oui, c’est tout ! »

Elle me gifla violemment ! Je suis tombé sur le cul ! Je ne pensais pas qu’elle réagirait aussi violemment. Je me sentais pitoyable.

« Je croyais que tu m’aimais. Mais je ne veux plus te revoir. Tu peux aller rejoindre ta pute ! »

Elle se retourna sans un regard, et elle prit le chemin de l’immeuble. Je restai coi.

Cette aventure du 13 novembre m’avait coûté l’amour de Mirabelle, et je croyais ne pas pouvoir le supporter. Mais j’ai eu une réaction des plus idiotes et au lieu d’aller me jeter à ses pieds et la supplier immédiatement de me pardonner, je rentrais chez moi le regard bas, les mains dans les poches, et les pensées complètement hagardes et folles.
J’étais désespéré, tandis que sur mes joues coulaient des larmes amères.

SUITE

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