Histoire de Laure

Cahier 8
mardi 14 décembre 2021
par  Christine Arven
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19 votes

Lorsque Laure arriva au restaurant, elle parcourut du regard la terrasse ombragée à la recherche de Catherine. Elle la découvrit, déjà installée, dans un coin reculé lui faisant de grands signes de la main pour attirer son attention. Elle se glissa entre les tables où des convives attablés discutaient dans un joyeux brouhaha et se dirigea vers elle d’un pas qu’elle s’évertua à rendre assuré tout en affichant un grand sourire. Surtout ne pas montrer l’anxiété qui l’étreignait à la perspective de la conversation qu’elle allait avoir avec son amie. Pour l’occasion, elle avait revêtu une longue jupe plissée verte en voile assortie d’un léger corsage grège qui mettait en valeur le hâle doré de sa peau et s’était chaussée de sandales plates à fines lanières. Elle s’était soigneusement maquillée tentant de cacher les cernes qui bordaient ses yeux et avait laissé ses cheveux crouler librement autour de son visage dans le vain espoir de dissimuler un tant soit peu ses traits tirés. Elle savait toutefois que le regard perspicace de Catherine ne serait pas dupe à ces piètres subterfuges.
D’un air dubitatif, Catherine regarda son amie s’approcher de la table. En dépit des efforts déployés par cette dernière pour donner le change et paraître décontractée, elle voyait bien, sous le maquillage, sa mine fatiguée et devinait sous le sourire factice la crispation de ses lèvres. Son impression fut confirmée quand ses yeux rencontrèrent ceux de Laure et qu’elle y lut une fièvre inhabituelle. Décidément, Laure n’allait pas bien et Catherine se demanda, avec inquiétude, ce qui avait bien pu se passer pour la déstabiliser à ce point. Elle songea qu’elle ne devait surtout pas la brusquer, cela n’aurait d’autre effet que de la braquer, et elle décida de se conduire comme si de rien n’était.
—  Bonjour, ma belle, l’accueillit-elle d’une voix enjouée.
—  Bonjour ma Cathy. Ça va ?
—  Oui, super. Dis-moi, c’est une nouvelle jupe, non ?
—  Non. Mais ça fait un moment que je ne l’avais pas mise.
—  En tout cas, elle te va bien. Tu es magnifique.
—  Merci. C’est gentil.
—  Allez, installe-toi.
Laure, quelque peu fébrile, prit place en face de Catherine. Durant quelques minutes, les deux amies s’observèrent en silence. Un peu gênées.
—  Si l’on commençait par passer notre commande, lança enfin Catherine. Comme ça après, on sera tranquille et tu me raconteras ce qui te tracasse, d’accord ?
—  Tu as raison. Faisons comme ça.
D’un petit geste, Catherine attira l’attention du serveur qui s’approcha de leur table et leur tendit la carte des menus. Rapidement, elles passèrent leur commande, salade de crudités pour toutes les deux et eau pétillante.
—  Désirez-vous un petit apéritif ? leur demanda-t-il
—  Pourquoi pas ? Je prendrais bien un mojito bien frais. Et toi, ma Laure ?
—  La même chose. Ce sera parfait.
—  Très bien. Je vous apporte vos verres tout de suite.
—  Merci, lui répondit Catherine avant de continuer en direction de Laure après que le serveur se fut éloigné. Alors, ma Laure qu’est-ce qui t’arrive ? C’est si grave ?
—  Non. Je suis juste un peu déboussolée et je ne sais plus quoi faire.
—  Tu as donc besoin de mes conseils éclairés !
—  Voilà, tu as tout compris, déclara Laure en souriant.
—  Alors je suis tout ouïe !
—  Eh bien… j’ai un amant !
—  Un amant, s’exclama Catherine, mais c’est super ! Où est le problème ?
—  C’est-à-dire que les choses sont… disons… un peu particulières.
—  Comment ça ?
—  Je… je… ne l’ai jamais vu.
—  Tu veux dire que c’est une relation virtuelle ?
—  Ben non… je ne l’ai jamais vu, mais… nous nous sommes rencontrés. Je… J’ai… j’ai passé l’après-midi d’hier avec lui.
Interloquée, Catherine regarda Laure. Que voulait-elle dire ? Elle ne comprenait pas.
—  Attends, là il faut que tu sois plus claire et que tu m’expliques.
Laure était au supplice. Comment formuler ce qu’elle vivait ? Par où commencer ? Le retour du serveur avec leurs mojitos lui laissa quelques minutes de répit. Elle prit entre ses mains son verre et but une gorgée du frais breuvage. Elle poussa un long soupir et, après que le garçon se fut éloigné, comme on jette à l’eau, elle se lança. LIRE LA SUITE


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Commentaires

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samedi 18 décembre 2021 à 15h50 - par  kingliart

Le rôle de Catherine est essentiel dans cette histoire : on y sent l’écart v-a-v de la norme sociale. Tout ce qui excite Laure est interdit ou décrié : la peur, le viol, l’abus... Magistral retournement en faveur de cet inconnu qui asservit Laure autant pas le plaisir physique mais la force émotionnelle. Je suis admiratif !

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mercredi 15 décembre 2021 à 14h44 - par  de Perry

MERVEILLEUSE suite. Aucune déception, que du bonheur de lecture. Même si la partie du dialogue entre Catherine et Laure est légèrement redondante, le lecteur ne peut qu’apprécier l’excitation que lui procure la séquence entre M et Laure chez elle de surcroit. Par son inimitable style narratif, Christine sait mieux que quiconque relater cet épisode érotique. Au moins, je n’ai pas, comme tout autre lecteur, attendu pour rien. A noter la très belle photo qui orne le cahier 8. Vivement le cahier 9 ! Sylvain.

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mardi 14 décembre 2021 à 21h12 - par  Henic

Chère Christine,
ce huitième cahier est fort riche : entre le dîner avec Catherine et la soirée avec son Maître, il y a moult situations agréables - voire excitantes - à suivre. Certes, Catherine a raison : comment peut-on s’offrir ainsi à un inconnu qui vient chez soi sans aucune restriction ? Mais Laure est faible... même si elle manifeste une capacité de résistance à la douleur toute féminine. Sa confiance est complètement folle ! Par chance, il ne semble pas que M soit un psychopathe (mais c’eût été pareil, malheureusement...).
En tout cas, nous avons bien fait de patienter avant la publication de cette quarantaine de pages (le moyen de faire autrement, de toute façon ?) : comme dans la situation de Laure, l’attente exacerbe le désir !
Évidemment, le lecteur attend maintenant le cahier 9 avec une impatience exacerbée par l’érotisme du cahier 8...