La débutante - 1

mercredi 25 février 2009
par  Claudia
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Ouverture

Je suis dans la voiture, Maître manœuvre pour la laisser à l’ombre. Il tourne la clé, arrête le moteur... et mon cœur se serre dans ma poitrine. Je sais ce qui m’attend. J’ai eu beau le supplier tout à l’heure, il n’a rien voulu entendre. Nous sommes maintenant là, sur ce parking bondé, à deux pas de la longue plage que nous connaissons bien. Malgré la mer qui a commencé à se retirer, le ruban de sable est couvert de touristes. Seuls, en couples, en familles, ils sont venus nombreux profiter du généreux soleil de ce samedi de juillet. Ils vont également profiter de moi, comme le veut mon Maître.

Il reste assis dans la voiture, le regard songeur. Je me demande ce que j’ai oublié. C’est au moment où deux couples ouvrent la voiture garée à côté de mon Maître que celui-ci prend la parole :

— Qu’est-ce que tu attends pour m’ouvrir la portière !

Vitre baissée, il dit cela assez fort pour intriguer les quatre jeunes à côté. Je me sens rougir quand j’ouvre précipitamment de mon côté, contourne la voiture et saisis la poignée de sa porte. Les quatre regards ne me quittent pas des yeux. Je baisse la tête devant mon Maître qui sort lentement de l’automobile. Son appareil photo en bandoulière, il me laisse prendre les affaires de plage, fermer la voiture et le rejoindre en direction du parapet. L’intermède avec les deux couples m’a quelque peu fait oublier ce qui m’attend. Mon cœur s’est calmé. Une nouvelle fois, j’ai apprécié la perversité de mon Maître. Il s’est arrangé pour me mettre mal à l’aise en public. Il sait que je n’aime pas cela et profite de toutes les occasions pour m’habituer à montrer ma condition de femme soumise et docile.
Sur le parapet, la plage s’étend devant nous. Deux kilomètres d’une des plus belles plages de Bretagne. Sans un mot, mon Maître s’accoude au muret de pierre et me montre un endroit à une vingtaine de mètres sur le sable. C’est là qu’il veut que j’aille, un petit carré occupé l’instant d’avant par une famille qui déjà remonte l’escalier à côté de moi. Je la laisse passer puis m’engage également sur les étroites marches que je descends lentement. À travers mes lunettes de soleil, j’observe les touristes tout en m’approchant du lieu imposé. Des couples, des célibataires, hommes et femmes, pas d’enfant. Maître a su choisir. Du coin de l’œil, je l’aperçois avec l’appareil photo à la main. Il est prêt. Il attend le spectacle, son spectacle.

J’y suis. Je pose lentement le sac de plage. Je ne dois pas l’ouvrir. Je vais me déshabiller dans l’ordre imposé. Je retire d’abord ma fine jupe et ma culotte. Je suis maintenant le cul à l’air. Je n’ai sur moi qu’un court tee-shirt, par-dessus mon soutien-gorge. Comme si je cherchais quelqu’un sur la plage, je fais un tour sur moi-même. Tous mes voisins peuvent ainsi apprécier mon con, épilé de près ce matin même. Maître veut que je fasse ainsi un deuxième tour d’horizon de la plage. Je sais qu’il m’observe et que tout manquement sera gravement puni. Je respire un grand coup et, tranquillement, j’obtempère. Les lunettes cachent mes yeux et je peux ainsi voir les nombreux regards qui me scrutent maintenant. Hommes et femmes, tous me matent sans retenue. Le pire, en tournant, je sais qu’après avoir vu mon sexe de soumise, ils verront mon cul marqué de quelques coups de cravache, cadeau de mon Maître, tout à l’heure, devant mes jérémiades :

— Tu ne veux pas montrer ta chatte rasée, et bien tu montreras aussi ton cul rougi ! Et arrête de pleurnicher ou je marque aussi tes mamelles !

Cette dernière menace m’a fait comprendre qu’il n’y avait pas d’échappatoire. Cette exhibition à laquelle il m’entraînait depuis le début des vacances allait avoir lieu.
Quelle était la suite déjà ? J’hésite puis me souviens que je dois enlever mes lunettes et les mettre dans la poche extérieure du sac. Je me redresse, évite de regarder les gens autour de moi et retire mon tee-shirt noir. Je le laisse tomber sur le sable. Le soutien-gorge suit le même chemin. Je suis maintenant intégralement nue sur cette plage, en plein milieu d’après-midi, un jour de foule importante. Enfin non, il me reste mes sandales que je dois enlever, mais selon les désirs de Maître. J’écarte un petit peu les pieds et me penche en gardant les jambes bien raides. Ainsi, j’offre à la vue mon cul, jusqu’à mon petit trou sombre. Maître s’est ingénié à bien nouer les lanières des sandales et les retirer me prend du temps. Les voyeurs en profitent surement. Cela fait plusieurs minutes que j’ai commencé ce spectacle et je n’ai entendu aucune protestation, aussi l’angoisse redescend un peu laissant place à l’excitation. Penchée sur mes chaussures, je sens mon con se mouiller. Je me tourne alors, le cul vers mon Maître. Avec son puissant télé objectif il verra peut-être perler mon sexe humide.

Enfin, les chaussures sont retirées. Je me redresse alors lentement. Je peux ouvrir le sac et y prendre mon maillot de bain. C’est un micromaillot brésilien, que mon Maître a acheté. Je le soupçonne de l’avoir pris une taille en dessous. Je me rends compte que je ne me suis pas trompée dès que j’essaie d’y emprisonner mes mamelles ! Je le ferme tant bien que mal, m’obligeant à des contorsions qui ravissent mon silencieux public. Je peux enfin enfiler le minuscule string. Ainsi équipée, je marche fièrement vers l’eau. La mer s’est encore retirée et j’ai bien une centaine de mètres à traverser, au milieu de tout ce monde. Je le fais crânement, sachant mon cul marqué de rouge. J’ai obéi à mon Maître et il doit être fier de moi. Je ne sais pas où il est maintenant, mais je doute que la journée soit finie pour moi. Il avait d’autres idées, d’autres plans à essayer pour éprouver ma docilité.

Je regarde l’eau lécher mes pieds. J’ai l’impression de sentir les multiples regards sur mon corps. Oui, vous pouvez regarder, mais stop : vous ne toucherez pas ! Seul mon Maître a ce pouvoir. Doucement, j’entre dans l’onde qui me caresse maintenant les chevilles, les genoux, les cuisses. Les premières gouttes mouillent mon string et je sens la fraicheur d’une langue humide sur mon con si doux,si lisse. Cette eau qui m’absorbe au rythme de mon déplacement vers elle me fait mouiller. Je suis excitée quand je m’élance pour nager un peu et je pense à mon Maître, qui a su me dresser, faire de moi son jouet et trouver dans cette humiliante posture un plaisir que je ne pensais pas vivre un jour. C’est le troisième été que nous passons ensemble, et chacune de ces vacances m’a toujours était présentée comme une nouvelle étape vers mon esclavage. « Esclavage »... Le mot roule sur ma langue et je songe à nos débuts, notre rencontre et le cheminement patient qu’a su me faire suivre celui qui est devenu mon Maître, mon propriétaire incontesté.

1

Quatre ans auparavant, début juillet.

Il fait beau et j’ai le cœur léger. Julien, mon Julien, vient de réussir son bac ! Bien sûr, sa mention « très bien » est le sésame qui va lui permettre d’entrer dans l’école qu’il désire, et de gagner son indépendance à plus de 800 km de sa maman. Mais tant pis, aujourd’hui c’est jour de fête. Ses amis, son amie, ses grands-parents vont arriver pour fêter sa réussite et je dois me dépêcher de préparer la sangria qui accompagnera le barbecue tout au long de la soirée. Même Gérard, son père, sera là. Depuis notre divorce, il y a 8 ans de cela nous nous sommes évités au maximum. Il réglait chaque mois la pension alimentaire, prenait Julien un weekend sur deux, quelques semaines de vacances, selon les disponibilités de sa nouvelle épouse et de leurs enfants.

Si aujourd’hui il m’était complètement indifférent, je dois avouer que j’avais eu besoin de temps pour l’oublier. Je me suis échouée dans de nombreux lits, dans l’espoir de perdre son image, en vain.

De toute façon, Julien et mon boulot accaparaient tout mon temps. Les hommes, c’était pour l’hygiène, en boite le samedi ou durant des déplacements professionnels. Je n’avais aucune envie de recommencer une vie à deux. J’en voulais à tous les hommes et je le leur faisais bien payer. Combien de ménages ai-je brisés ? Beaucoup. Trop. Mais sans regret. Sans remords. Je me savais belle, je jetais mon dévolu sur celui qui me tapait dans l’œil. Dans mes nuits de baises je savais me montrer garce, je jouissais plusieurs fois, mais ne donnais que le minimum à l’étalon que j’avais choisi. Je prenais plaisir sous les coups de langue, les coups de boutoir dans mon vagin avide. Mais je refusais pipe et sodomie. Les lendemains matins, en pleine forme et de fort bonne humeur, je m’en allais courir, prenais ensuite une douche et déjeunais. L’homme qui avait partagé ma couche n’était déjà plus qu’un vague souvenir. S’il m’arrivait de le croiser quelques semaines plus tard, dans un bar ou une réunion. Il avait beau se faire connaître, son visage n’éveillait aucun souvenir. Je le prenais de haut et il comprenait vite qu’il n’avait aucun espoir de remettre le couvert, tant que je ne l’aurais pas décidé.

C’est pourtant ce soir-là que tout a basculé.

Ce ne fut pas un coup de foudre, non, juste une pensée qui me traversa quand je découvris devant moi le père d’une copine de Julien. Divorcé, il accompagnait sa fille à cette fête. Grand, les épaules carrées, brun. Ses yeux marron semblaient s’amuser et rire de tout. Tout en pensant que je le mettrais bien dans mon lit, je m’empressais de lui proposer de passer la soirée avec nous.

La petite fête se poursuivait tard dans la nuit chaude. Gérard et le bel inconnu me prêtaient main-forte pour ravitailler le buffet, remplir les verres et jeter les assiettes en carton.

J’avais un peu bu et, sans être réellement grisée, des barrières s’étaient effondrées dans ma tête. L’araignée mangeuse d’homme qui sommeille toujours en moi se réveillait quand je sentais le regard de l’étranger suivre mes courbes. Je portais une robe légère, rouge, de petits escarpins de cuir me grandissaient et relevaient mes jambes. J’ai bientôt 40 ans, mais je sais que les hommes se retournent encore sur mon passage. Quand je pars en chasse, comme à ce moment, tous mes sens sont en éveil, mon cerveau fonctionne à 100 à l’heure et calcule les ombres, les lumières, les mouvements qui me mettent en valeur.
Peu après minuit, les trois adultes que nous sommes laissons la place à de jeunes couples qui se font et se défont, se bécotent gentiment, se font des promesses d’éternité. Nous les regardons avec envie et nous réfugions dans un coin du jardin, avec nos chaises, une flute de champagne à la main. Gérard a remarqué mon manège. Il me fait un clin d’œil et se déclare vite fatigué et désireux de prendre congé. L’inconnu se lève pour lui serrer la main, se rassoit et me laisse raccompagner mon ex.

Quand je reviens, il fume un petit cigare malodorant en me regardant avancer vers lui. Je vis des sentiments contradictoires. Je désire inscrire ce beau ténébreux à mon tableau de chasse. Mais, la chaleur que je ressens dans mon bas ventre me dit qu’il se joue autre chose à cet instant. Je suis debout devant lui, assis. Il me regarde négligemment et désire avant tout finir son cigare. Enfin, il l’écrase sous sa semelle et relève la tête. Je me penche alors vers lui et l’embrasse à pleine bouche. Dieu, que l’odeur du tabac est écœurante ! Sa main a saisi ma nuque et fait durer ce premier baiser. Son autre main part sous ma robe et tente d’écarter mes cuisses. Je suis surprise et, pour tout dire, peu habituée à ce traitement. Je me cabre et recule d’un pas. Il ne bouge pas et me regarde encore. Je lui prends la main, le force à se relever et l’attire dans la maison. Les enfants ne se rendront compte de rien. Il va monter dans la chambre. Je vais jouir avec lui dans mon ventre, puis je me dégagerai et nous redescendrons terminer la soirée. Mon plan, qui a réussi à maintes reprises, va se heurter à une nouvelle réalité. Dès que nous sommes dans la chambre, il arrache d’un geste sec ma robe, les boutons volent dans la pièce. Il glisse une main dans ma culotte, la fait descendre. Dans le même temps, il me pousse sur le lit où je m’écroule en finissant de glisser le tissu à mes chevilles. J’ai les cuisses écartées et je le regarde. Il défait sa ceinture, ouvre sa braguette, sors son membre bandé et tombe sur moi. D’un coup il me pénètre et commence à me besogner, avec de longs va-et-vient. Je n’ai jamais ressenti cela. Son sexe me transperce et me transporte. Rapidement, je jouis, mais je ne veux pas qu’il se retire, c’est trop bon et je sens déjà une deuxième vague qui va me submerger, qui me submerge ! Je suis dans un état quasi comateux. De mes jambes, j’enserre ses reins pour qu’il reste en moi. Mais, de ses mains puissantes, il m’attrape par la taille et se redresse. Je ne peux que le laisser s’échapper. Les yeux toujours fermés, je le sens s’installer à côté de moi. Sa main empoigne ma crinière et m’oblige à descendre vers son ventre. Je suis trop fatigué pour résister. J’ouvre la bouche et lui prodigue la caresse que j’ai refusée à tous mes amants de passage. Sa bite est trempe de ma liqueur. De sa main encore sur ma nuque, il m’oblige à l’accepter tout au fond de ma gorge. Je m’efforce maladroitement de suivre le rythme qu’il m’impose, mais je manque de pratique. Je sens les veines de son sexe battre plus vite. Il explose et je ne peux me reculer. Je suis obligé d’avaler son foutre abondant. Il me lâche alors et je remonte, reposer ma tête contre sa poitrine. À travers le tissu de sa chemise, je l’entends respirer. Je réalise alors la situation et tout ce qu’elle a d’inhabituel pour moi. Je suis nue et il est encore habillé. Seule sa queue est sortie. Il m’a prise comme il a voulu, a décidé de ma jouissance. Il s’est retiré à son gré et m’a forcé à lui prodiguer le plus monumental des pompiers, poussant le vice à me contraindre d’avaler sa semence.
Alors que d’habitude, je repousse rapidement mes amants pour m’habiller et leur faire comprendre qu’ils doivent s’en aller, c’est lui qui prend la direction des opérations. Fermement, il m’allonge à côté de lui, se relève, réajuste son pantalon, ferme sa ceinture.

— Il est tard maintenant, je vais partir avec Juliette, me dit-il.

Cette pensée me bouleverse et je me surprends à lui demander si on se reverra.

— Peut-être, mais il te faudra faire des progrès côté lit !

Je me sens rougir, il continue.

— Tu m’appelleras quand tu sauras tailler une pipe convenablement, et si je reviens, ce sera également pour profiter du dernier orifice que tu ne m’as pas donné ce soir.

Je reste paralysée par les paroles humiliantes qu’il vient de prononcer. Je ferme les yeux et l’entends ouvrir la porte de la chambre et s’éloigner. Encore quelques minutes et je perçois le démarrage de sa voiture dans la nuit calme. Un bruit de portière. Il est parti. La chambre baigne dans la pénombre. Un rayon de lune éclaire la carte qu’il a laissée sur l’oreiller. J’ai ainsi son numéro de portable.

Péniblement, je me relève. Je dois encore organiser la fin de cette soirée. Je passe un jean et un tee-shirt. Les deux heures suivantes, je range, je salue chaque départ. Une fois que le jardin et la maison ont retrouvé un semblant de rangement, Julien m’annonce qu’il part dormir cher son amie. Sur le pas de la porte, je les embrasse et les regarde s’éloigner. Le silence de la nuit m’envahit soudain. Tout me revient en mémoire. Je n’ai que le temps de gagner l’évier de la cuisine. Je vomis. Je vomis le champagne. Je vomis le sperme. Je vomis ma honte. Je vomis mon désir de honte.

2

Pendant les jours qui suivirent, je me refusais à revenir, ne serait-ce que par la pensée, à cet épisode traumatisant. Ce n’est que la semaine suivante, dans la solitude de mon lit, que j’acceptais ce retour en arrière. Alors que je revoyais l’homme sur moi (je ne connaissais même pas son prénom) il me semblait sentir encore sa force dans mon corps, sa façon de se frotter à mon clitoris. Je ne pus empêcher mes mains de courir vers mon bas ventre. Alors que l’une écartait ma toison et s’enfonçait dans mon con, l’autre caressait mon bouton. Les yeux clos, je sentais monter la jouissance. J’explosais et me cabrais sous le drap. Puis, je restais, inerte, reprenant mes esprits. Je devais me rendre à l’évidence, ce nouvel amant me manquait. Je décidai alors de le rappeler. Je lui organiserai une belle soirée en amoureux et le prendrai ainsi dans mes filets.

Mais, encore une fois je fus déstabilisée par ses premières paroles :

— Tu as appris à sucer ?

Je m’agrippais au téléphone, ne sachant que répondre.

— Tu as perdu la parole ?

— … …

— Écoute, je n’ai pas beaucoup de temps. Je garde un excellent souvenir de notre partie de jambes en l’air, même si tu manques singulièrement de talent et d’imagination. Tu possèdes tout de même du piquant et une fraicheur étonnante pour ton âge. Alors, si tu veux remettre ça, pas de problème, je suis même prêt à te donner des leçons particulières. Il suffit que tu demandes.

Quel cuistre ! J’en avais le souffle coupé. Dans ma tête, une voix me soufflait de raccrocher, je m’entendis pourtant lui répondre.

— J’aimerais bien vous revoir.

Le vouvoiement m’était venu spontanément et il ne releva pas, comme si cela était naturel.

— Bien, fit-il, je n’ai pas mon agenda là, je te rappelle.

Il raccrocha avant que je puisse placer un mot. Je restais bête, le combiné à la main, comme une petite fille qui prend son premier rendez-vous. C’était cela en fait. J’étais tombée amoureuse comme une ado. Cette pensée me faisait sourire. Pourquoi pas après tout ! C’est beau l’amour et je peux bien avoir encore une part au banquet des sentiments. Simplement, un malaise indéfinissable m’envahissait. Il ne s’agissait pas que d’amour. J’étais mal à l’aise sans savoir exactement pourquoi.

J’attendis patiemment son appel. Je savais confusément qu’il m’était interdit de rappeler. Il risquait de le prendre mal. Fin juillet, je croisai sa fille en ville. Après les banalités d’usage, je lui demandais si elle pensait partir en vacances avec son père. C’est alors qu’elle m’apprit qu’il était déjà parti, « avec une nouvelle conquête » me dit-elle gaiement.
Mes jambes flageolaient. Je pus tout de même lui demander, en feignant l’indifférence, s’il avait ainsi souvent de nouvelles conquêtes.

— Depuis que mes parents sont divorcés, j’ai toujours vu mon père avec des femmes différentes, plus jeunes que lui et très belles.

Cela en était trop. Je balbutiais un au revoir et m’engouffrais dans le premier magasin venu.

Mon malaise dura peu. Le soir même, je faisais ma valise, direction un centre de vacances au Maroc. J’avais décidé de me battre. Contre les ans, je ne pouvais pas grand chose, hormis de m’astreindre à un régime alimentaire et à des exercices physiques réguliers, choses que je pratiquais déjà. Il me suffisait de pousser mon entraînement un peu plus à fond. Par contre, j’étais consciente que je devais faire évoluer mes pratiques sexuelles. Jusqu’à présent, je n’avais pensé qu’à moi. J’avais utilisé mes hommes pour mon plaisir et les avais jetés ensuite. Là, je devais apprendre pour satisfaire ce nouvel amant. Pour cela, quoi de mieux qu’un rassemblement de touristes. Pendant ces deux semaines au soleil, je n’ai pas passé une nuit seule. J’ai gouté à des sexes plus ou moins salés. J’ai léché des queues en rêvant à celle de mon promis. Je me suis appliqué à écouter les recommandations et les gémissements de chacun. J’ai varié les positions, découvert la chaise, la javanaise, la brouette et bien d’autres. J’ai simplement refusé mon cul. Encore vierge de cet orifice, je l’ai gardé pour celui que j’aimais déjà plus que tout au monde.
Les vacances finirent, je rentrais en pleine forme à Paris, laissant beaucoup de regrets derrière moi. Et j’attendis. Je repris le travail. J’organisais le déménagement de Julien. Je me retrouvais seule dans une maison maintenant trop grande. Les jours passés et je n’avais aucune nouvelle. Je me décidais à l’appeler et laisser un message sur sa messagerie. Il ne rappela pas. Mon désir de lui ne passait pas, au contraire. Il me semblait le voir partout. Au bureau. Dans la rue. Il était présent chaque nuit dans mes rêves et je me réveillais le matin en chaleur et trempée.

Novembre arriva. J’avais repris quelques activités avec des amies. Ainsi le cinéma. C’est justement un soir où Carole et son mari étaient passés me prendre pour un film au centre-ville qu’il se manifesta. Nous prenions un apéritif quand le carillon de la porte d’entrée se fit entendre. Je crus à une visite de mes parents, comme cela arrivait régulièrement. J’ouvris et me trouvai nez à nez avec lui. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je rosis instantanément. Je m’effaçai pour le laisser entrer et le présentai à mes deux amis. J’avais déjà parlé de lui à Carole et elle se leva pour prendre congé. Mais il proposa que nous allions tous les quatre au cinéma :

— A la seule condition que tu enlèves ce pantalon qui masque tes jolies jambes, me dit-il.
Je me précipitais à l’étage, à la recherche d’une robe. J’en trouvais une de couleur foncée, mais qui avait l’avantage de se boutonner devant . Je redescendis et rougis quand il me complimenta pour ma tenue. J’étais une vraie gamine devant lui. La soirée fut agréable. Pendant le film, il mit une main sur mon genou et je sombrais instantanément dans une douce langueur. Mon chéri était là, à mes côtés. Je me soulevai légèrement quand il entreprit de remonter ma robe. Je compris qu’il voulait que mes fesses soient directement sur le siège et je me laissais faire. À ma droite, Carole semblait plus gênée et n’osait regarder. Je crois qu’il fit exprès de lui parler pendant les publicités pour l’obliger à se tourner vers nous et voir ma robe retroussée jusqu’à la taille, sa main disparaissant à hauteur de mon entrecuisse. Je me souviens m’être dit alors qu’il se comportait comme un propriétaire, mais je n’en tirais aucune conclusion.

— As-tu fait des progrès ?

Ce furent ses premiers mots. Nous étions dans la cage d’escalier de l’immeuble où logeait Carole. Nous venions de prendre congé d’eux et attendions l’ascenseur Sur le coup, je ne savais de quoi il parlait. Puis me revinrent en mémoire ses paroles si blessantes de l’été dernier. Je ne comprenais pas encore cette obstination et me contentais de rire bêtement. La porte de l’ascenseur s’ouvrit et nous nous y engouffrâmes.

— Enlève tes collants et ta culotte, dit-il.

— Comment ? Je n’en croyais pas mes oreilles— Tu as bien entendu : enlève tes collants et ta culotte, avant que nous arrivions au rez-de-chaussée.

Je le regardais dans les yeux. Il ne bronchait pas et attendait. J’eus le sentiment que si je n’obtempérais pas immédiatement il me laisserait définitivement, dès le seuil de l’immeuble franchi. Rapidement je retroussai ma robe et me déchaussai. Je descendis mon collant, ma culotte. Je remis mes chaussures et allai mettre mes sous-vêtements dans mon sac, quand :

— Non, donne-les-moi.

Je les lui tendis. Il mit le collant dans sa poche. Il roula en boule la culotte, s’approcha de moi, m’embrassa sur les lèvres, se recula et m’enfonça la culotte dans la bouche. Au même moment, les portes de l’ascenseur s’ouvrirent. Deux personnes attendaient. Elles me virent sortir avec un morceau de tissu dépassant de mes lèvres. Je filai sans demander mon reste. Les pensées se bousculaient en moi. Arrivés devant sa voiture, il n’ouvrit que la portière de son côté.

— Tu n’entreras dans la voiture qu’une fois nue.

Sans attendre mes protestations, il s’engouffra par la portière ouverte. Je restai interdite ; les bras ballants. Au bout d’une minute, il mit le moteur en marche et je le vis se retourner tout en passant la marche arrière. Il allait partir ! Sans réfléchir, je me déshabillais entièrement. Il se pencha pour ouvrir la portière et j’entrai précipitamment dans la voiture, mes fringues à la main.

Je n’osais pas le regarder. De sa main il écarta mes cuisses. Il se pencha vers moi, m’ôta le slip de la bouche et m’embrassa longuement. Le trajet du retour se fit dans le plus grand silence. J’aimais cet homme. À ses côtés je me sentais autre. En même temps, il avait des exigences nouvelles pour moi. Je ne savais où il voulait aller. Ce dont j’étais sure, c’est que je ne voulais pas le perdre. Aussi, à l’arrivée, quand il me demanda si je voulais ainsi continuer la soirée, je ne pus que répondre par l’affirmative.

— Ne bouge pas, me dit-il.

Nous sommes garés dans la rue, devant le jardin. Il sort de la voiture, vient de mon côté et ouvre ma portière. Il prend dans sa poche ma paire de collants.

— Je n’aime pas ce vêtement. Il gêne les investigations et je souhaite que tu n’en mettes plus. La seule utilité que je lui trouve, c’est celle-ci.

Il passe le collant autour de mon cou, serre légèrement et fait un nœud. Avec ce collier et cette laisse improvisée, il me tire de la voiture. Je me dépêche de traverser le trottoir, nue, redoutant d’être aperçue dans ce quartier où tout le monde me connait. J’ouvre le portail du jardin et le referme vite derrière nous. Ouf ! Nous sommes moins visibles maintenant. C’est aussi ce que doit penser mon amant, car il me dirige d’une main ferme vers le milieu de la pelouse.

— À quatre pattes, vite !

Il ne fait pas très chaud, mais je n’ose rouspéter. Il se glisse derrière moi. Je l’entends descendre sa fermeture éclair et sortir son sexe. Je sens ses mains sur mes hanches et, d’un coup, il me pénètre. De surprise, j’en ai le souffle coupé. Il appuie sur ma nuque jusqu’à ce que je mette ma tête au sol, dans mes bras. Ainsi, il profite de la vision de mon cul tendu vers lui. Je n’ai pas le loisir de réfléchir à la situation. Il me bourre méthodiquement et, comme la première fois, je sens le plaisir monter en moi et déborder. Je m’entends crier :

— C’est bon, vous me remplissez bien, continuez, c’est bon, je vous aime !

Mais ce n’est pas la peine de lui demander de continuer. Il ne fléchit pas le rythme. Son ventre claque sur mon postérieur. Je ressens des picotements dans les cuisses, prémices d’une deuxième vague qui vient me submerger. Je me soulève sur les bras, je prends mon souffle et crie encore. Mais il est tard et nous faisons du bruit. J’aperçois une ombre derrière la fenêtre des voisins. Dans un instant de panique je tente de me dégager, mais mon homme a dû comprendre. Il resserre mes hanches et accélère le rythme. Il ne me lâche qu’une seconde pour me donner une grande claque sur la fesse. La panique reflue en un instant. Mieux, dans un excès de bravade, je lève la tête et fixe la personne que l’on devine derrière ses persiennes. Quand le plaisir me prend pour la troisième fois, je ne baisse pas les yeux. Je jouis longuement, je feule à la lune. Je vis un moment de délice unique. Je suis emplie de l’homme que j’aime et qui continue à me bourrer. Il est en moi et je suis à lui. D’un coup, il s’arrête. Il est au plus profond de moi. Je sens alors le liquide chaud, abondant, qui m’inonde. Mon amant se laisse aller sur mon dos. Je plie et ma tête touche la terre. Je repose sur les coudes et reprends mon souffle. Puis, il se relève. Je l’entends se rajuster. Il a quitté sa veste et me couvre avec. Enfin, très tendrement, il me soulève, me met dans ses bras et me porte en larmes vers la maison.



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Commentaires

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mercredi 25 février 2009 à 14h07 - par  Rêves de femme

Sublime est tout à fait le terme et on attend avec une grande impatience de lire la suite. Mais en attendant, pour ceux qui ne l’aurait pas encore fait, je ne peus que conseiller la lecture du précédent récit de Claudia intitulé Clavis

Site web : Histoire de Clavis
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mercredi 25 février 2009 à 12h52 - par  aLAIN

MOI JE DIT SUBLIME

mercredi 25 février 2009 à 03h24

Un début de récit magnifique. La découverte des plaisirs humiliants est absolument troublante. Je ne peux que vous encourager à donner une belle suite à ce récit...

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