Les confidences de Maryaline (1)

Ma première fessée d’adulte
mardi 6 novembre 2012
par  maryaline
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4 votes

D’autant que je n’y apparais pas sous mon meilleur jour.
C’est le moins qu’on puisse dire.

J’avais 18 ans, j’étais étudiante et je partageais un minuscule appartement avec deux filles tout aussi fauchées que moi. Mes parents n’avaient pas assez de moyens pour m’entretenir.
Je travaillais, des petits boulots de ci de là qui me rapportaient une misère.

Marion et Margaux se trouvaient dans une situation à peu près analogue à la mienne.
On tirait le diable par la queue pour payer le loyer, l’électricité et faire les courses.
Tout ça nous posait constamment problème.

Évidemment, on se disputait.
On n’arrêtait pas de se disputer.
Quand il n’y a pas de foin au râtelier les chevaux se battent.

Et puis, un beau matin, Marion a ramené deux sacs de course pleins à ras bord.

« D’où tu sors tout ça ? »

« Posez pas de questions, les filles, mangez et posez pas de questions. »

On en a quand même posé des questions car ça a recommencé encore des courses puis des trucs pour elle, des sapes, des parfums, du maquillage.

« Mais enfin c’est d’où que tu sors tout ça ? »

« Faut que je vous fasse un dessin ? »

« Tu le piques ? »

« Non, mais ça va pas ? Vous me prenez pour qui ? Non il y a des hommes qui sont très généreux quand on sait se montrer très gentille avec eux. »

Elle était complètement folle.

On en parlait toutes les deux, Isa et moi.
Nous, il n’y avait pas de risque qu’on mange de ce pain-là.
Ah, non alors !
Isa, elle ; elle en a mangé quinze jours plus tard.

« Oh, c’est bon ! Tu vas pas m’emmerder avec ta morale à deux balles. On n’est plus au Moyen-Âge. »

Elle aussi, des huîtres, du saumon, des robes, des CD, elle en rapportait en pagaille.

Ça change la vie il n’y a pas à dire.

En tout cas, ça changeait la leur mais ça changeait aussi la mienne.
Parce que je profitais d’elles et de leur argent.
Je culpabilisais.

« Oh, mais arrête de nous prendre la tête avec ça ! C’est fatigant à la longue. »

J’avais beau dire, mais intérieurement ça faisait quand même son chemin.
Parce que j’avais honte d’être à leur charge.
Parce que je les enviais de pouvoir s’acheter tout ce qui leur faisait plaisir.
Parce que je me disais que j’étais idiote. T’es bourrée de tout un tas de préjugés et de principes, ma pauvre fille.
Je suis libre et je me fait baiser par qui et quand je veux.
Mais me prostituer…
Elles le font bien, elles.
Alors pourquoi pas moi ?
Non ! Je ne pourrais jamais.
J’aurais bien trop honte.

Et puis je me suis mise à surfer sur des sites de rencontre.
Et j’eus un premier contact.

Il n’était pas trop vieux.
La quarantaine, sympathique, il semblait plutôt agréable.
Dix minutes de dialogue et l’affaire était conclue.
Rendez-vous été pris à l’hôtel.
Rien que ce mot « hôtel » me faisait froid dans le dos.

Dix fois je suis revenue sur mes pas.
Dix fois je me suis fait violence.
J’ai fini par pousser la porte de la chambre.
J’étais morte de honte et de trouille.
Il est venu à ma rencontre.
Il a posé ses mains sur mes épaules et les y a interminablement laissées.
Il m’a obligée à relever la tête.

« C’est la première fois, hein ? »

Je bredouillais :

« Non… Oh, non… Oui… Si ! »

« Bon ! Eh bien déshabille-toi alors. Qu’ attends-tu ? »

Il s’est assis au bord du lit.
Je l’ai fait, mécaniquement complètement.
Il m’a enserré les poignets et attirée vers lui.

« Pourquoi tu fais ça ? »

« Faut bien que je mange et que je paye mes études. Je n’ai pas d’autre solution. »

« Tu sais très bien que si ! Si tu voulais vraiment. Seulement non ! On préfère la facilité ; pouvoir s’offrir toutes ces petites fantaisies ; dépenser sans compter ; se priver de rien ! Alors tu sais ce qu’elles méritent les petites gamines dans ton genre ? C’est une bonne fessée qui leur remettent les idées en place, qui leur rappelle ce qu’elles se doivent à elles-mêmes, qui leur ôte à tout jamais l’envie de recommencer. Et je vais te la donner. »

Je n’ai pas eu le temps de protester.
Il m’a fait basculer sur ses genoux et il a tapé à pleine main. J’ai pleuré.
J’ai gigoté.
J’ai crié.
J’ai supplié.
Rien n’y a fait.
Jusqu’à ce qu’il estime, lui, que c’était suffisant.

« Que ça te serve de leçon. »

Et il m’a plantée là.

Je restais les fesses écarlates et douloureuses pleurnichant sur mon sort.
Au bout d’un moment les yeux embués de larmes, je levais la tête et devinais des billets sur la commode.
Je me relevais fébrile et comptais le prix de ma honte et de ma souffrance.
Je n’en croyais pas mes yeux et je recomptais plusieurs fois.
Il y avait 150 Euros.

Je me rhabillais, oubliant ma honte et mes fesses douloureuses devant tant d’argent facile.



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Commentaires

Logo de Felipe
samedi 10 novembre 2012 à 21h58 - par  Felipe

Très bon petit récit, bien écrit , qui en appelle d’autres.

Logo de Magister52
jeudi 8 novembre 2012 à 09h41 - par  Magister52

Punie anticipativement pour se laisser entraîner sur cette pente glissante qu’elle méprisait ;-) Vivement la suite !

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