La ceinture

jeudi 8 février 2007
par  Christine Arven
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Un long moment elle est restée songeuse les yeux braqués sur les tourniquets du grand magasin qui les exposaient. Insouciante du brouhaha ambiant et de la foule des badauds qui la bousculait.

Pendant des heures, elle avait couru les boutiques en quête du cadeau idéal qu’elle voulait offrir à P. pour son anniversaire. Se désespérant d’enfin le trouver. Elle avait bien sûr commencé par aller dans ce sex-shop où ils avaient l’habitude de se rendre. Mais tout ce qu’elle y avait vu lui avait paru si convenu. Si conventionnel sous l’apparent non-conformisme que ces objets affichait. Elle voulait quelque chose d’original susceptible de l’étonner. Quelque chose qui lui soit intime et en même temps qu’ils puissent partager. Quelque chose qui la lui rappelle à chaque instant. Quelque chose qui soit à elle tout en étant à lui. Et là soudain, il lui semblait avoir enfin découvert ce qu’elle recherchait. Un objet si classique pourtant, si courant mais que, se rendit-elle soudain compte étonnée, ils n’avaient encore jamais utilisé. Peut-être à cause de cette banalité qui maintenant en faisait, à ses yeux agrandis d’émotion, toute la rare valeur et l’investissait d’une charge sensuelle peu commune.

D’un doigts hésitant, elle fit pivoter le tourniquet le plus proche faisant défiler les ceintures. Les unes très large en cuir brillant et rigide, d’autres au contraire fines et flexibles. Les unes affublées de d’épais ceinturon qui la firent frissonner de crainte, d’autre de boucles discrètes. Certaines en cuir tressée. Laquelle choisir ? Elle alla indécise de tourniquet en tourniquet, caressant du bout des doigts les ceintures qui se déployaient, serpents tentateurs, devant ses yeux. A la recherche de l’objet rare qui comblerait ses souhaits. Ses désirs aussi. Comparant les largeurs, les formes, les couleurs, la souplesse aussi. Intransigeante sur la qualité du cuir qui se devait d’être d’une bonne facture. Enfin son choix se porta sur une ceinture d’environ 3 cm de large taillée dans un cuir souple de couleur fauve et ornée d’une discrète boucle dorée finement filigranée. Un moment, elle fit glisser entre ses doigts la mince lanière flexible, appréciant la douce texture du cuir, sa finesse. Oui, il n’y avait pas de doute ! C’était celle-ci et nulle autre qu’elle voulait pour eux.

****

Elle est maintenant devant lui. Elle lui tend avec un sourire radieux le paquet. Un peu anxieuse sur sa réaction. Elle le regarde ouvrir avec soin le paquet qui l’enferme. Prenant son temps. A son tour il la regarde alors qu’il sort la ceinture de son emballage. Il lui sourit. Lui dit qu’il est heureux de son choix. Que c’était très exactement ce qu’il désirait pour eux. Il a imperceptiblement insisté sur le « eux » et elle a frémit tout aussi imperceptiblement. Il lui dit qu’il n’en attendait pas moins d’elle. Le ceinture se balance entre eux, lien intangible qui les unit et les fait vibrer à l’unisson d’impatience.

Elle le regarde passer l’extrémité tranchée vif de la ceinture dans la boucle métallique et glisser sa main dans l’anneau de cuir ainsi formé. Sans la lâcher des yeux, il fait lentement glisser sa main restée libre tout au long de la lanière de cuir comme s’il voulait en apprécier la flexible rigidité. Elle le regarde faire en frissonnant d’émoi. Brusquement, son bras se détend en arrière et d’un rapide coup de poignet il fait siffler dans les airs la courroie de cuir la faisant sursauter. Elle le regarde maintenant apeurée. Mais elle ne bouge pas. Seuls ses yeux se sont agrandis et brillent davantage. Elle sent au fond de son ventre se nouer une boule d’appréhension. Puis il lui demande de se déshabiller.
« C’est bien pour cela que tu m’a offert cette ceinture » lui demande-t-il comme saisi par un doute devant son regard embué de crainte.
« Oui, bien sûr », lui répond-elle d’une petite voix.
Alors il lui dit d’ôter d’abord son corsage qu’elle doit dégrafer lentement. Il veut l’admirer. Voir son corps se dévoiler et s’offrir lentement. Voluptueusement. Il ne veut pas de précipitation. Il veut que ce soit elle qui se donne. Il ne prendra jamais d’elle que ce qu’elle veut bien lui donner. Règle tacite entre eux qui seule, il le sait, lui permet de s’abandonner complètement à sa loi d’homme. LIRE LA SUITE


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Commentaires

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lundi 21 mars 2022 à 16h33 - par  Henic

Une très brève histoire, une sorte d’introduction au monde dans lequel se meuvent les deux amants. En trois pages, Christine fait délicatement monter la pression, sans rien omettre, mais en parvenant à rendre désirable la manière dont Elle se donne, par la magie des termes employés. Et Lui se fond en elle, par cette alchimie très particulière qu’est le BDSM...