3 Histoire de fessée

Ensemble
samedi 14 février 2004
par  Alain
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Une fois encore, la conversation tourne surtout autour des richesses touristiques de la région, des abbayes, des églises, de la qualité des vins de Bourgogne. Quand soudain, Albert qui nous parle des collines du Morvan ajoute :

— Et il y a aussi la spécialité locale dans un petit village, la dernière fabrique de martinet du pays paraît – il

Et il ajoute, comme s’il commentait un site historique quelconque :

— Si elle ferme ce sera encore une partie du patrimoine historique qui disparaîtra.

Je fais celle qui n’entend pas et je cherche désespérément un sujet de conversation pour en changer, mais déjà Kurt a repris :

— C’est vrai qu’au moins, pour cela la France ne craint pas la concurrence de notre industrie, on n’en fabrique pas chez nous

Je remarque bien que mes deux amies rient sous cape, mais pourtant sans en remettre sur ce sujet. Par contre j’ai vu tout de suite le regard allumé de mon cher mari qui remarque :

— Chaque pays à sa spécialité, pour cela comme pour tout. Les anglais préfèrent les canes paraît il.

Et Kurt finit la phrase, mais il le fait en allemand si bien que je ne comprends pas pourquoi tout les autres convives, y compris mon mari qui comprend un peu cette langue, s’esclaffent.

Heureusement l’arrivée des desserts coupe court à ce débat, et le repas se termine sans qu’on y revienne.

Après le repas les trois hommes hésitent un instant à passer au salon pour fumer un cigare, mais Kurt proteste :

— Il fait trop bon pour s’enfermer là, allons plutôt au jardin !

Comme il fait quand même un peu frais et que nous sommes toutes les trois en robes, nous demandons un moment pour passer prendre un châle, et nous retrouvons nos maris sur la terrasse. Kurt, qui nous a dit être déjà venu plusieurs fois dans ces lieux nous emmène vers le fond du jardin, qui est très vaste, et où trône une sorte de tonnelle avec des bancs de pierre et de charmantes statues d’angelots. En riant il sort de la poche de sa veste une petite bouteille et son ami Albert, qui portait un petit sac à la main, en sort de minuscules verres à digestif. Il les dispose sur la table de pierre et y verse du shnaps. Puis les deux hommes se lèvent et, cérémonieusement portent un toast :

— A l’amitié, à l’amour, à la justice

Une fois les verres avalés – l’alcool est si raide que j’en ai presque les larmes aux yeux, Kurt reprend la parole :

— Mes amis, nous venons de trinquer à la justice, et pourtant il y a ici une grave injustice. Annie et Monica ont toutes les deux sacrifié au rite familial, est il juste que Ellen seule en soit dispensée ?

Si Ellen joue la comédie, elle est à coup sur une grande actrice. Son visage est presque resté impassible mais elle a murmuré quelques mots en allemand. Son mari lui répond d’une voix calme, je ne comprend pas ce qu’il dit, mais je remarque que, maintenant, Ellen est devenue plus pâle et que ses mains se sont un peu crispées sur sa robe. Alors Kurt se tourne vers nous et dit :

— Nous savons tous qu’ici il y a peu d’intimité dans les chambres n’est ce pas ? N’est il pas mieux de faire les choses discrètement entre amis ?

Puis il s’adresse à a femme en allemand.

Elle se lève, sans un mot, et reste comme figée au centre du demi cercle que nous formons. Elle ramène les pans de la grande écharpe écrue qui lui couvre les épaules sur sa poitrine. Autant Monica a celle-ci opulente, autant Ellen a des seins menus. Mais sa longue robe noire moulante et largement fendue laisse deviner ses formes sombres dans la nuit claire. Son mari s’est levé lui aussi, il a sorti tranquillement un canif de sa poche et il se dirige vers un arbuste. Il se met à en couper des branches, lui aussi sans un mot. Le silence est devenu presque palpable, comme la tension. Quand il revient vers nous, Kurt à en main une dizaine de branches, dont il élimine soigneusement les feuilles et les irrégularités. Puis il commente :

— A défaut de spécialité française, il nous faut parfois fabriquer les instruments nous même n’est ce pas ?

Puis il s’adresse en allemand à sa femme qui, lui réponds d’un bref :

— Ja

Une autre phrase, manifestement un ordre, et elle se penche, et passe ses mains sous sa robe dont qu’elle relève jusqu’au dessus des genoux. Elle farfouille un moment, puis, le visage toujours figé, les yeux fixés sur son mari, elle retire son slip noir et le dépose bien en vue sur le banc de pierre, avant de reprendre sa place.

La voix gutturale de son mari lance un autre ordre, mais cette fois elle y réponds par une courte phrase dont je ne saisis que les mots “ bite Monica ”

Celle ci se lève, rejoint son amie, se place derrière elle, lui murmure quelques mots que je ne saisis pas, puis fait descendre la fermeture éclair dans le dos d’Ellen. Je comprend alors que, pour retirer une telle robe, il lui faudrait, sans aide, se contorsionner. Visiblement elle a voulu s’épargner cette épreuve, et je l’entend remercier d’un mot bref son amie, avant de laisser tomber d’un geste sa robe à ses pieds. Elle fait juste un pas en avant pour que Monica puisse reprendre le vêtement et le déposer lui aussi sur le banc, puis elle reprend sa posture presque hiératique. Sous la lueur pale de la lune son corps apparaît vraiment sculptural. Elle ne porte pas de soutien gorge, et reste donc entièrement nue, comme une statue diaphane. Elle lève alors les bras et place les deux mains, doigts croisés, derrière sa tête. Dans cette position ses deux petits seins ronds se redressent encore plus, et je remarque leurs toutes petites auréoles brunes qui tranchent avec la peau si blanche. Je suis presque jalouse de son ventre si plat et du dessin des muscles de ses cuisses longues surmontées d’une petite touffe de poils blonds qu’elle laisse visiblement pousser naturellement, comme ceux de ses aisselles qui ne sont pas épilées elles non plus.

Elle prononce une courte phrase d’une voix rauque, puis ferme les yeux. Son mari s’approche et, immédiatement le bouquet de brindilles siffle et s’abat au travers du derrière. Le moment est tellement fort que je ressens une crispation comme si c’étaient mes propres fesses qui venaient d’être ainsi fustigées. Ellen n’a pas bronché, tout juste s’est elle un peu raidie, rejetant brièvement la tête en arrière. Les verges reprennent leur envol et viennent, régulièrement, s’écraser sur les fesses qui, très vite sont striées de traces rouges. Pourtant on entend à peine le bruissement des branches. Juste un léger sifflement quand elles prennent leur élan et un curieux “ slach ” presque étouffé quand elles cinglent la peau. Je suis incapable de détacher mon regard de ce derrière, véritable bloc de pierre, dont la couleur est devenu si rouge qu’elle semble irradier dans la nuit devenue un peu plus sombre. Ellen reçoit ainsi une trentaine de coups, toujours sans laisser échapper le moindre cri. Mais quand, enfin, son mari dépose le bouquet de verges sur la table, et qu’elle y reprend sa robe pour sans draper sans pourtant l’enfiler, je vois son visage couvert de larmes. Elle n’a même pas esquisser le geste, pour moi si naturel, de se frotter les fesses. Simplement, incapable de s’asseoir à nouveau, elle est allée se mettre à genoux sur le banc, la tête appuyée sur ses bras repliés, et tout indique qu’elle continue à pleurer doucement.

Une nouvelle fois le silence est redevenu pesant. J’entend seulement le souffle léger du vent dans les arbres, et celui, un peu rauque, de la respiration de Monica. Pour ma part je reste les yeux braqués sur cette femme nue, juste recouverte par la dépouille noire de sa robe. C’est alors que Albert laisse tomber, comme s’il se parlait à lui-même :

— Ce n’est pas si juste je pense, Ellen a été punie plus je pense

Est–ce l’émotion de cette scène qui fait que son accent est plus fort et son français plus hésitant ? En tout cas personne ne répond à sa sortie. Le temps semble s’être arrête, jusqu’à ce que Monica se lève et, sans un regard pour son mari ni pour aucun d’entre nous, se dirige vers le banc où son amie est restée aussi immobile que les statues du parc. Arrivée prés d’elle Monica dit seulement :

— D’accord, nous le devons à Ellen.

Puis, sans même avoir besoin de relever le bas de sa jupe courte, elle s’agenouille à ses côtés.

Elle a bien dit “ nous ” lui devons.

Je n’ai pas tourné la tête, mais je sens, presque physiquement, les regards des trois hommes sur moi. Alors, sans vraiment avoir conscience de le décider, comme si j’étais poussée par une force à laquelle je ne peux résister, sans desserrer les lèvre, je me lève moi aussi et je les rejoins. Comme ma robe me descend jusqu’aux chevilles, il me faut la remonter au dessus de mes genoux pour prendre la même position qu’elles. J’ai vu que Monica, elle, a encore les fesses cachées. Pourtant, moi, je remonte directement ma longue robe jusqu’au dessus de mes reins avant de m’agenouiller moi aussi . Ellen déplace imperceptiblement sa main et prend la mienne. Et je sais qu’elle a fait pareil pour Monica. Alors celle ci murmure :

— C’est la première fois pour Annie, elle peut garder sa culotte je pense.

Encore une fois personne ne réponds à ce qui, d’ailleurs, n’était pas une question. Mais je ne peux rester au milieu du gué .Je lâche la main d’Ellen, je passe mes mains derrière mon dos et, d’un seul geste, je fait descendre mon slip jusqu’au creux de mes genoux. Sans avoir besoin de le voir, je suis sûre que Monica a fait la même chose. Comme si j’étais une spectatrice et non une actrice de cette scène surréaliste, je “ vois ” ces trois femmes côte à côte, en position fœtale. Je n’ai pas entendu si les hommes se sont levés. J’ai fermé les yeux et j’attend.

J’entends seulement le léger sifflement des branches, comme tout à l’heure. Involontairement, tout mon corps se raidit dans l’attente de l’explosion de la douleur. Mais ce n’est en fait que quand j’entend le petit cri de souris de Monica que je me rend compte que c’est elle qui a reçu le premier coup. Déjà un nouveau sifflement, et un nouveau “ hi ”. Une dizaine de fois de suite Monica lancera ce cri étonnant, aigu et de plus en plus prolongé. Je n’ai pas compté les coups. Je n’ai même pas eu conscience que la fessée de Monica était terminée.

Au moment où je m’attend à entendre une nouvelle fois sa plainte mes fesses sont irradiées d’une morsure qui les lacère. Mais j’ai les dents tellement serrées que je sais qu’aucun bruit ne s’en est échappé. Je sens que Ellen me serre plus fort la main gauche, comme pour me donner du courage. Et, sans l’avoir vraiment décidé, je subis les déchirures qui suivent sans lâcher le moindre cri. Pourtant ces branches qui martyrisent mon postérieur entraînent une douleur qui va au delà de tout ce qu’elles ont connu jusqu’ici. Elles meurtrissent d’un seul coup toute la surface de mes fesses. Plus complètement que les lanières d’un martinet, plus cruellement que les morsures d’une ceinture. De la taille jusqu’au haut des cuisses, c’est une infinité de morsures qui me semblent déchirer la peau. Je suis au delà de la capacité à compter si j’en reçois plus ou moins que Monica. Ce n’est que le lendemain qu’elle me dira que, lors de cette première série, nous en avons reçu exactement le même nombre. Douze. Chiffre fétiche de son mari, me dira – t – elle, inspiré des “ douzaines ” de coups de canes de la tradition anglaise. Je me suis à peine rendu compte que les coups se sont arrêtes, tant la douleur est restée vivace. A vrai dire elle est si vive, si violente, si étale, que j’étais incapable de distinguer vraiment chaque nouvel assaut.

Je sens que mes larmes coulent librement sur mes joues. Pourtant je ne fais rien pour les essuyer. J’ai gardé une main dans celle d’Ellen, l’autre crispée sur le rebord de la table. Un léger bruit me fait lever la tête et ouvrir les yeux. C’est Kurt qui a fait le tour de la table et est venu s’accroupir devant sa femme. Mon mari le rejoint, se place devant moi et me caresse doucement la tête de ses deux mains. Albert est lui aussi devant sa femme. Je l’entend qui murmure en allemand, puis répète en français :

— Elles ont été très courageuses, nos petites femmes chéries.

Et Kurt répond en échos :

— Et elles vont l’être encore

Les trois hommes se relèvent et disparaissent à nos yeux. Mes deux amies et moi mêmes ne nous sommes pas relevées, mais nous nous sommes encore plus rapprochées. Nous formons en quelque sorte un bloc compact. Est – ce cela qui a donné l’idée de la conclusion à nos maris ? Ou bien avons nous pris, de nous mêmes, la position qu’ils attendaient ?

Schalch, Schalch, Schalch !

Trois coups, à la suite, un pour chaque croupe offerte. Et un seul cri, dans lequel celui de chacune d’entre nous s’est noyé. Et mon mari qui reprend position devant moi, me prend doucement le menton et me fait lever la tête vers lui. J’ouvre les yeux et il me semble que les siens sont d’une infinie douceur. Mais de nouveau la trilogie des bruissements, et le cri commun de ces trois femmes fustigées à la suite. C’est donc un autre qui, cette fois, m’a cinglé. Qu’importe ? Je n’ai pas détourné les yeux de ceux de mon chéri. J’ai pourtant conscience que personne ne s’est agenouillé devant Ellen. La troisième série est donc appliquée par lui. A t elle vraiment été plus appuyée ? Je ne sais plus. La douleur a dépassé le stade où elle peut être mesurée et comparée. Maintenant nos trois hommes sont à nouveau devant nous. Alors seulement je tourne la tête vers mes deux amies. Nos regards se croisent, yeux pâles, baignés de larmes, mais yeux brillants, fiers, et surtout emplis d’amour.

Avec une infinie lenteur Ellen s’est levée. Le bruissement d’étoffe m’indique qu’elle remet sa robe. Mais son slip est resté sur la table, devant nous, tache noire sur le blanc laiteux de la pierre. Je sens que Monica se lève elle aussi. Sa petite culotte gris perle rejoint celle de son amie d’enfance. J’ai compris, dés que je me suis levée moi aussi, je retire ma culotte qui est restées à la pliure de mes genoux et je la pose aussi sur la table. Avec mes deux amies nous reprenons à pas lents le chemin qui mène à l’hôtel, sans même nous soucier de savoir qui ramassera nos slips. Nous sommes au delà de ces soucis, au delà des conventions. Nous ne nous parlons pas, nous ne nous regardons même pas. Mais nous sommes, au delà de ce qui peut être exprimé, en communion.

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