24- Pierre, Agnès et les autres

Chapitre 24 - (Heureux ?) épilogue.
dimanche 19 septembre 2010
par  herpin
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Plongée dans ses sombres pensées, Agnès n’avait pas vu le soleil se coucher, et c’est la fraîcheur du soir qui la fit sortir de sa torpeur. Avisant un café, elle eut envie d’entrer s’y réchauffer. Pénétrant dans la salle, elle avisa une table située un peu à l’écart, et alla s’y installer, se laissant choir sur la banquette en moleskine. Bercée par le brouhaha des conversations, elle laissa son regard errer au hasard. Là, des joueurs de cartes engagés dans une partie animée ponctuée de rires, mais aussi parfois de jurons ; à côté, deux amoureux…main dans la main, les yeux rivés l’un à l’autre, isolés dans leur monde, ils n’avaient besoin d’aucun mot pour se parler ; un peu plus loin, des touristes occupés à rédiger des cartes postales…sempiternel pensum des fins de vacances ; dans un coin, un homme seul, un carton à dessin appuyé au rebord de la table, croquait ses voisins ; derrière lui, un groupe de consommateurs engagés dans une conversation animée…parlaient-ils de sport…de politique…Par curiosité son regard se porta à nouveau sur le dessinateur. Jeune, les cheveux blonds et bouclés, le visage encadré d’une barbe fournie, il paraissait athlétique et donnait une impression de force ; mais en même temps, ses gestes délicats dégageaient une grande douceur.

Se sentant épié, il leva les yeux, et apercevant Agnès, lui sourit, et par signes lui fit comprendre qu’il voulait faire son portrait. Par curiosité, elle accepta, et tandis qu’il laissait courir son crayon sur le papier, elle l’observa. La regardant à peine, il se concentrait sur son travail, lui jetant parfois un bref regard. Au bout de quelques minutes, il se leva, et vint la rejoindre, s’asseyant tout naturellement à ses côtés ; il lui présenta son dessin, et elle fut toute émue de découvrir son visage, ressemblant certes, bien qu’à peine esquissé, mais dont les yeux reflétaient une profonde tristesse.

Elle fut bouleversée de voir que cet inconnu avait si bien su traduire sa détresse. Ils bavardèrent comme deux vieux amis, se tutoyant immédiatement. Il lui dit qu’il se prénommait Serge, qu’il était peintre, et vivait de son travail. Les mots n’avaient pas d’importance, elle se laissait bercer par la musique de sa voix, goûtant cette présence rassurante, savourant l’odeur qui en émanait, faite d’un mélange d’eau de toilette et de tabac. Elle songea qu’il devait être bon de s’abandonner dans les bras d’un tel homme ; elle sut alors, qu’elle le suivrait, non pas qu’elle ait envie de faire l’amour, mais simplement pour prolonger cet instant, pour ne plus replonger dans son désespoir. Aussi, lorsqu’il lui dit tout simplement « on y va … », elle se leva et l’accompagna.

Par de petites rues, il la guida jusqu’au port, où il la fit pénétrer dans une grande maison. Elle s’était attendue à une chambre un peu bohème, et découvrait une demeure bourgeoise. Il sourit de son étonnement « Je t’ai dit que je vivais de ma peinture, et ma fois, je commence à bien vendre. De plus cette maison, est une demeure familiale…je suis originaire de ce pays ». Il lui fit visiter son atelier. Elle vit de nombreuses toiles, le plus souvent des portraits de personnes saisies dans leur activité professionnelle. Comme elle s’étonnait de voir ces œuvres signées « Sergeï », il lui expliqua qu’il valait mieux se prétendre une ascendance slave plutôt que normande quand on voulait être reconnu comme artiste. Elle rit de cette supercherie, réalisant que cela ne lui était plus arrivé depuis une éternité. Il lui proposa de faire son portrait, et la guida jusqu’à un canapé, où il la fit s’allonger dans une pose alanguie, semblable à une « maja » chère à Goya. Elle le regarda prendre place derrière son chevalet, devinant le mouvement des mains sur la toile. Elle ferma les yeux pour mieux s’imprégner de la chaleur paisible qui régnait dans l’atelier, et finit par sombrer dans le sommeil.

Lorsqu’elle se réveilla le lendemain matin, elle se découvrit dans un grand lit. Le contact des draps sur son corps lui fit prendre conscience qu’elle était nue. Elle aperçut Serge qui s’approchait, portant un plateau chargé de pots de café et de lait, ainsi que de croissants et de confiture. Totalement dévêtu, il arborait sa nudité le plus naturellement du monde. Elle ne put s’empêcher de remarquer que la nature avait été généreuse avec lui, le dotant d’un sexe de bonnes dimensions qui pour le moment battait mollement entre ses jambes. Elle rougit comme une collégienne, se demandant s’ils avaient ou non fait l’amour. Réalisant qu’elle était affamée, elle dévora le déjeuner qu’il lui avait apporté, Serge se contentant pour sa part d’une simple tasse de café. Lorsqu’elle eut terminé sa collation, il la débarrassa du plateau, et vint s’allonger à ses côtés. Elle se blottit contre lui, goûtant à la chaleur qui se dégageait de tout son corps ; timidement, elle l’interrogea sur la façon dont s’était terminé la soirée.

— Je n’ai aucun souvenir…est ce que nous avons… ?

— Si nous avons fait l’amour ? Non…Lorsque tu t’es endormie, je t’ai portée jusqu’ici…je t’ai déshabillée et couchée. Tu as ouvert un instant les yeux, et tu m’as tendu les bras comme pour m’inviter à te rejoindre…mais je savais très bien que tu n’avais nulle envie de faire l’amour. Tu m’as suivie hier parce que tu ne voulais pas rester seule. Je ne sais pas ce que tu fuis, mais il te fallait une présence, et je me suis trouvé là…Je n’allais pas en profiter, ça aurait été moche de ma part.

Emue par ce comportement chevaleresque, Agnès se serra encore davantage contre son compagnon, laissant une main errer sur son corps, jusqu’à atteindre son sexe qu’elle prit délicatement entre ses doigts, le soupesant, s’amusant à le sentir gonfler, se déployer, avant de le masturber doucement. Bien qu’appréciant cette caresse, Serge lui fit part de ses scrupules :

— Tu sais, tu n’es pas obligée…

— Peut-être, mais ce matin, j’en ai envie !

— Alors, dans ce cas, priorité aux dames.

Se dégageant, Serge se laissa glisser le long de son corps, le couvrant de baisers. Lui écartant doucement les cuisses, il vint souder sa bouche à la vulve qui ne demandait qu’à s’ouvrir. Insérant sa langue entre les nymphes, il pénétra la fente, parcourant tout le sillon, plongeant aussi profondément que possible dans l’étroit tunnel, remontant jusqu’au clitoris frileusement dissimulé dans son capuchon. Agnès frémit sous cette caresse, tout en songeant que son compagnon semblait y mettre plus d’ardeur que de réelle technique. Cette relative maladresse même l’émut, car elle y vit la preuve qu’il cherchait à la satisfaire avant de songer à son propre plaisir.

Est-ce cette marque de tendresse qui la fit soupirer…ou bien l’obstination avec laquelle il persévéra dans sa caresse buccale qui fit s’animer son bassin…elle n’aurait pu le dire ; mais elle se mit à accompagner les mouvements de la langue, ondulant, serpentant, se soulevant pour mieux s’ouvrir ; une main appuyée sur la nuque de Serge, elle l’invita à poursuivre ses lapements, à mieux la fouiller, tandis que son autre main glissait jusqu’à son clitoris qu’elle dégagea ; libéré de sa gangue, il se dressa fièrement, joyau serti dans son écrin nacré. Répondant à cette offrande, Serge vint le happer de ses lèvres, le suçant, le titillant de sa langue. Ne pouvant contenir ses gémissements, Agnès se tordait sous la caresse. Elle sentait sa fente se liquéfier ; son excitation était devenue tellement intense qu’elle ne put plus longtemps se satisfaire de ces préliminaires.

Attirant l’homme à elle, elle lui murmura entre deux râles « viens…prend-moi, maintenant ».

Répondant à cette invitation, Serge vint s’agenouiller entre les cuisses de sa partenaire. Après avoir un moment promené son sexe dans la fente toute humide, afin de bien le lubrifier, il l’immobilisa à l’entrée de la grotte. Saisissant Agnès sous les fesses, il la souleva tout en poussant son ventre en avant. Sous cette double manœuvre, le gland s’infiltra dans la crevasse baveuse pour aussitôt stopper sa course, laissant à la jeune femme le temps de s’habituer à cette présence. Par petits coups, Serge s’enfonça lentement dans le tendre conduit ; il ne forçait pas le passage, il semblait solliciter une faveur ; bien que doté de bonnes dimensions son membre ne contraignait pas les parois à s’écarter, il les faisait s’épanouir, se ramollir pour mieux en épouser les contours. Il n’occupait pas, il était admis. Lorsque la pénétration fut achevée, Serge demeura un instant inerte, avant de commencer à se mouvoir. Ce ne furent d’abord que d’imperceptibles mouvements des hanches qui firent frémir son membre à l’intérieur du vagin de la jeune femme. Cela suffit pourtant pour déclencher en elle la montée du plaisir ; elle répondit à ce léger pistonnage par des ondulations du bassin, calquant celles-ci sur les assauts de son partenaire.

Progressivement, dans une sorte de fusion, ils accélérèrent l’allure, toujours unis dans un même mouvement, allant l’amble. Le souffle court, les mains crispées aux fesses de sa partenaire, Serge se rapprochait du moment où il ne pourrait se contenir plus longtemps ; Agnès quant à elle, était freinée dans la montée de son plaisir. Malgré les sensations bienfaisantes qui semblaient devoir la submerger, elle ne parvenait pas à écarter l’idée que privée des puissants adjuvants qu’avaient toujours représenté pour elle, la douleur et l’humiliation, elle ne parviendrait jamais au plaisir final. Avant de connaître l’orgasme, elle avait toujours du passer par une phase de domination où elle devait s’avilir, accepter la souffrance comme une ultime étape sur le chemin de l’orgasme. Elle fut tentée un instant d’avouer sa perversion à son amant, de solliciter de sa part les sévices qui lui paraissaient nécessaires, mais elle renonça, ne pouvant briser le halo de tendresse et de douceur qu’il avait su créer autour d’elle. Alors, elle se laissa emporter, attentive à lui procurer le bonheur qui lui serait probablement refusé. A la puissance dont il usait désormais pour mieux la marteler, elle répondit par des ruades de plus en plus désordonnées ; projetant son ventre vers le haut, elle semblait vouloir être pénétrée plus profondément. Jouant avec son désir, Serge s’amusa alors à ressortir totalement son membre du fourreau en feu. Le guidant d’une main sure, il le réengageait à fond, pour l’en extirper l’instant d’après, et toujours recommencer, faisant se succéder les pénétrations et les retraits. Ivre de désir, frustrée dans son besoin de se sentir totalement envahie, Agnès noua ses jambes derrière les reins de son amant pour mieux l’attirer en elle. Roulant la tête à droite et à gauche, elle sentait son ventre se tordre sous la jouissance qui l’envahissait. Se pourrait-il, songea-t-elle, qu’elle parvienne à connaître le bonheur ? La tendresse….elle n’osait pas encore évoquer l’amour…suffirait-elle pour l’emporter ? Elle n’eut pas le loisir d’y songer plus longtemps, car Serge, à bout de résistance, venait de se projeter une dernière fois en elle, l’inondant de sa semence. De sentir ainsi les jets de sperme venir frapper ses parois internes déclencha en elle une ultime vague de plaisir. Telle une onde parvenue au sommet du mur qui la retenait, elle déferla en elle, l’emportant à demi-inconsciente. Ce ne fut pas une explosion comme elle en avait connue ; elle ne fut pas projetée en l’air par un feu d’artifice…non, elle fut soulevée par des anges, qui la transportèrent à travers l’éther au son d’une musique céleste, pour venir la déposer, frémissante, sur un lit de pétales de fleurs. Et lorsque longtemps après, elle rouvrit les yeux, ce fut pour découvrir Serge, tendrement penché sur elle ; son beau visage blond encadré de sa barbe lui fit penser à Adam qui aurait recréé pour elle un nouveau jardin d’éden. Cette vision lui fit venir aux yeux des larmes de bonheur, et comme il s’inquiétait de voir ainsi son regard tout embué, elle le pressa contre elle en lui murmurant à l’oreille « c’était magnifique…c’est de joie que je pleure… » et elle ajouta sincère « tu es le premier… »

FIN

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