Une vie de dominateur

jeudi 29 mai 2014
par  Ysan
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Les années passent, j’ai maintenant quarante ans. Ma jeunesse d’éphèbe androgyne soumis aux caprices de ses amants n’est plus qu’un lointain souvenir. Pourtant j’habite toujours dans le superbe appartement dominant le Bois de Boulogne, cadeau de mon Prince et Fatima sculpturale déesse noire est toujours à mon service (voir « une vie de soumis »).
Devenu un peintre de renommée mondiale, j’expose dans les plus grandes capitales. Mes toiles se vendent à prix d’or. Dans tous le pays, dans toutes les langues, tout le monde m’appelle « Maître » forme de reconnaissance à mon talent. Grand séducteur dans la force de l’age, toutes les femmes sont à mes pieds. Les plus belles, les plus riches, les plus célèbres sont prêtes à toutes les compromissions pour avoir l’honneur de poser nues dans mon atelier, de faire l’amour avec le Maître.
Je l’avoue, je trouve un certain plaisir à les humilier. J’oblige les plus grandes bourgeoises à poser dans des tenues de pute : bas résilles, porte-jarretelles rouge, nuisettes transparentes. Ensuite j’invite Fatima à partager nos ébats, elles sont choquées mais la plupart acceptent. Celles qui font mine de se rebeller ont droit à la cravache suivie d’une sodomie sans aucune préparation et ainsi certaines sont prises par derrière pour la première fois. Elles gémissent, pleurent, hurlent de douleur et finalement trouvent leur jouissance dans la soumission. Elles reviennent toutes et en redemandent.
Fatima elle, n’éprouve aucune antipathie envers mes maîtresses, au contraire elle apprécie de participer à nos jeux amoureux et son avis sur mes nouvelles conquêtes est toujours pertinent. Et puis Fatima a une collection d’amants impressionnante, elle aime bien me raconter ses aventures. Tous se compatriotes de passage à Paris savent quelle ne se fera pas prier pour leurs offrir ses charmes. Dans l’appartement elle est généralement nue sous sa blouse de travail, mais lorsqu’elle attend l’un de ses amants alors elle a des bas rouges et le porte-jarretelles assorti. Souvent je la taquine :
— Alors Fatima c’est un ancien ou un nouveau que tu attends aujourd’hui ?
— Un nouveau, Maître, je ne le connais pas mais il paraît qu’il a une bite énorme comme je n’en ai jamais vue. S’il m’encule vous allez m’entendre crier. Il me fera très mal, ce sera bon !!!
Ainsi est Fatima. Je l’ai même surprise un jour dans la cuisine subissant une double pénétration par deux colosses africains qui devaient être montés comme des taureaux.
Cette vie de luxe et de plaisir dans la facilité m’a longtemps grisé. Maintenant je m’ennuie, j’avais besoin d’aventures moins conventionnelles. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Solange et tout a changé.


CHAPITRE I
LA RENCONTRE DE SOLANGE

C’est mon galeriste qui m’a parlé pour la première fois de Solange, un soir au téléphone :
— Salut Ysan, je ne te dérange pas ? Je serai un peu long.
— Vas-y ami je t’écoute, j’ai tout mon temps. J’allais passer à table, je viens de terminer une toile qui te plaira je pense. J’ai représenté Fatima enchaînée, le résultat est très érotique.
— C’est justement de peinture dont je veux te parler Ysan. Cette après-midi la Comtesse Solange de Saint-Hubert de Bois-Colombes est venue me voir à la galerie. Elle est passionnée d’art contemporain et en particulier par ce que tu fais. D’ailleurs, elle nous a déjà acheté plusieurs de tes toiles pour sa collection personnelle. Elle est à la tête d’une fortune considérable et consacre une bonne partie de son argent et de son temps à une œuvre caritative qu’elle préside : un orphelinat en Afrique noire. C’est à ce sujet qu’elle voulait me voir. Pour compléter son financement, elle envisage d’organiser une exposition dont tu serais le peintre invité et tes toiles seraient vendues aux enchères au profit de sa fondation. La Comtesse qui ne rigole pas tous les matins a choisi le thème « les calvaires du genre humain » mais elle voit grand et veut louer le Grand Palais. A nous de faire venir de tous les musées des toiles de maîtres sur ce thème. Dans la partie qui te sera réservée tu pourrais présenter la série que tu prépare actuellement « femmes suppliciées ». Il y a beaucoup d’érotisme sado-maso dans ces tableaux, ils plairont. Réfléchis à cette proposition et donne-moi une réponse sans trop tarder.
— Ecoute ami, ma réponse je te la donne tout de suite. En ce moment je suis lassé par ma vie trop facile voilà pour moi l’occasion d’aider les plus défavorisés, je suis d’accord pour prendre en main cette exposition. Organise un rendez vous avec ta rombière.
— Ta réponse me fait plaisir Ysan, mais je te signale que la rombière en question est plus jeune que toi, elle a trente cinq ans.
Rendez vous fut pris pour la semaine suivant à la galerie. Quand je suis arrivé, la comtesse m’attendait : tailleur gris de mauvaise coupe, jupe trop longue, chaussures à talons plats, cheveux blonds serrés dans un chignon, visage harmonieux mais regard sévère, pas de maquillage, aucun bijou. Bref l’image du puritanisme le plus austère. J’ai voulu la saluer par un « mes hommages madame » assez protocolaire. Sa réponse a été brève et sans appel : « non ! Mademoiselle ». Heureusement nous avons vite parlé peinture et l’atmosphère c’est détendue. En peu de temps nous étions d’accord en tous points sur l’organisation de l’exposition.
Dés le lendemain je prenais l’avion pour un long périple vers tous les musées susceptibles de nous prêter des toiles. Tous les soirs la comtesse me téléphonait à l’hôtel pour faire le point. Elle débutait toujours par « bonsoir Maître, j’espère que je ne vous dérange pas » et terminait par « bonne nuit Maître, reposez vous bien ». Moi je l’appelais « Mademoiselle la Comtesse ». Un jour j’ai tenté « Mademoiselle Solange » et j’ai eu l’impression qu’elle en était ravie. D’ailleurs, au fil des jours, nos conversations devenaient de plus en plus amicales et détendues.
Ma chasse aux oeuvres d’art fut un vrai succès. J’avais obtenu les accords de nombreux musées pour nous prêter des toiles dans l’esprit du thème choisi par la comtesse : corps déchirés de Francis Bacon, bordels sinistres d’Auguste Chabaud, soldats mutilés, prostituées tragiques et bourgeoises obscènes d’Otto Dix et enfin un grand chef d’œuvre du musée de Munich l’enfer de Gérôme Bosch. Solange n’en croyait pas ses yeux. Son exposition sur « les calvaires du genre humain » serait un succès.
Dés mon retour elle a voulu m’inviter au restaurant : la Grande Cascade au Bois de Boulogne établissement antique et solennel qui lui ressemblait bien. Cette fois j’ai fais en sorte d’être là avant elle. Elle est arrivée peu après toujours vêtue de son sinistre tailleur gris mais un sourire radieux illuminait son visage. J’ai eu droit à ses remerciements chaleureux pour les résultats brillants de ma tournée de prospection. Nous parlions de l’organisation de l’exposition quand brusquement son visage s’est empourpré. Elle avait quelques difficultés à s’exprimer :
— Maître, nous sommes faits pour nous entendre et réaliser bien des choses ensemble. Vous me feriez un plaisir immense si vous acceptiez de m’appeler tout simplement « Solange » et non plus « Mademoiselle la Comtesse ».
— Solange, votre proposition me ravi, mais de votre côté il vous faudra maintenant m’appeler Ysan.
— Vous me troublez Ysan, c’est la première fois de ma vie que j’appelle un homme par son prénom.
Nous venions de faire un grand pas vers un peu plus d’intimité à l’initiative de Solange ce qui n’était pas fait pour me déplaire. Notre repas c’est poursuivi dans une convivialité agréable, mais dès mon arrivée j’avais remarqué à une table voisine l’une de mes maîtresses en compagnie de son mari. Pendant tout le repas elle n’a cessé de nous épier. Quand nous sommes partis je l’ai saluée, elle m’a répondu avec un sourire moqueur.
Au départ du restaurant nous sommes allés chez moi. Solange voulait voir les toiles que j’allais exposer. Fatima nous attendait, elle a noyé Solange sous un flot de remerciements « une grande comtesse qui s’occupait des enfants abandonnés de son pays ». Solange était émue. Par contre j’ai vu son trouble quand je lui ai présenté mes toiles : prostituées aux tenues provocantes, esclaves enchaînées, Fatima écartelée, Fatima empalée sur un énorme pieux :
— Vos toiles sont violentes, mais quel talent ! Il faut que je m’habitue à autant de provocations, après tout c’est moi qui l’ai voulu en choisissant le thème de l’exposition.
— Je suis ravi que mon travail vous plaise, mais pour compléter cette série j’aimerai que vous acceptiez de poser, juste pour faire une dernière toile.
— Mais vous n’y pensez pas Ysan, mon portrait serait incongru dans cette série de tableaux admirables.
— Vous ne m’avez pas compris Solange, il ne s’agit pas de votre portrait. J’aimerai que vous posiez nue.
— Moi nue !!! Mon corps est bien trop disgracieux pour intéresser un grand artiste comme vous.
— Vous vous sous-estimez Solange. Mon œil de peintre vous a déjà déshabillée, je vous assure que les formes de votre corps sont très harmonieuses. Mais je comprends votre pudeur, vous pourrez garder une culotte et nous choisirons ensemble une pose qui vous convienne.
— Ysan, je ne veux pas vous montrer mes petits seins minables, ils sont ridicules comparés à ceux de toutes vos maîtresses. J’ai bien vu sur vos toiles.
— Vous avez de petits seins très fermes en forme de pommes que je trouve adorables. Faites moi plaisir Solange, acceptez de poser pour moi.
— Vous me troublez Ysan, il me faut réfléchir. Je vous téléphonerais pour vous donner ma réponse.
Sa réflexion a été de courte durée, en début de soirée elle n’a pas tardé à me téléphoner pour me donner son accord. Nous avons fixé la première séance de pose au lendemain. Peu après je recevais un appel de mon ancienne maîtresse rencontrée au restaurant :
— Alors Ysan, maintenant tu détournes les bonnes sœurs du droit chemin. C’est ton nouveau fantasme ?

— Ma chère amie je ne déjeunais pas avec une bonne sœur, j’étais avec la Comtesse Solange de Saint-Hubert de Bois-Colombes. Ensemble nous préparons une importante exposition au Grand Palais. Tu recevras une invitation pour le vernissage et ce jour là tu verras la Comtesse éblouissante de beauté et d’élégance.
— Bon courage Ysan tu as du travail pour en arriver là !!
Le lendemain Solange était très angoissée quand elle est arrivée pour la première séance de pose. Je lui ai proposé d’aller se déshabiller derrière un paravent et j’avais prévu un grand drap lui permettant de cacher sa nudité. Enveloppée dans ce drap je l’ai vue marcher vers le divan telle Jeanne d’Arc se dirigeant vers le bûcher.
Quand elle a été allongée, je me suis approché et délicatement je l’ai dénudée. Elle m’a souri. Bien sur elle avait gardé sa culotte, une affreuse culotte en coton blanc comme je m’y attendais, mais son corps aux proportions harmonieuses était magnifique. Je ne m’étais pas trompé.
J’ai dessiné et peint pendant plus de deux heures. Au fil du temps elle s’est détendue et nous bavardions. Fatima nous a servi le thé, Solange est venue s’asseoir auprès de moi enveloppée dans le drap blanc et puis sagement elle est repartie prendre la pose. En fin d’après-midi, quand elle a été rhabillée, elle paraissait plus détendue :
— Vous voyez Solange ce n’est pas dramatique de poser pour un peintre, nous allons continuer demain. Et puis je ne m’étais pas trompé vous avez un corps magnifique, mais je vais vous faire un reproche : il est dommage qu’une femme aussi belle soit aussi peu élégante.
— J’ai souvent envie d’acheter de beaux vêtements mais je ne sais pas où aller.
— Je vous donne l’adresse d’une excellente amie Nady qui a un grand magasin de prêt-à-porter et de lingerie. Je la préviens de votre venue, elle saura vous conseiller.
— Ysan vous êtes un ange !!
Elle s’est mise sur la pointe des pieds pour me prendre par le cou et m’embrasser sur les deux joues. Le temps que je réalise, elle était déjà partie.
Fatima était pressée de savoir comment s’était déroulée l’après midi :
— Alors Maître vous l’avez baisée Mademoiselle Solange ?
— Tu vas vite en besogne Fatima, d’autant qu’à mon avis je pense qu’elle doit être encore vierge
— Moi j’ai vu dans ses yeux qu’elle avait très envie de vous Maître.
— Elle revient demain, nous verrons !!!




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Commentaires

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dimanche 1er juin 2014 à 14h50 - par  M_JPS

Je viens de lire la suite dans la zone abonnés et je trouve ce texte très beau. Il pourrait être totalement réel (on se demande même si ce n’est pas le cas) car son contenu ne dépasse pas certaines limites parfois hors du possible. Tout est "simplement" beau.

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