Persuasion

Par Victor Bruno (Traduit de l’anglais par Hénic)
jeudi 5 avril 2012
par  Henic
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Chapitre 1 - Bella Vista

Malgré un mobilier moderne et onéreux, la pièce a un air vaguement oriental. Les murs byzantins, les tapisseries décorées et de lourds rideaux y contribuent. Une légère odeur qui ressemble à celle de l’encens, flotte dans l’air. Un homme, vêtu d’un caftan coloré, est allongé sur l’équivalent moderne d’une chaise longue victorienne recouverte de velours. Les yeux mi-clos, il fume avec un fume-cigarette. C’est du haschich.

Un léger bourdonnement se fait entendre, une lumière blanche s’allume au-dessus d’une porte et se met à clignoter. Paresseusement, l’homme tend le bras et se saisit du combiné de l’interphone qui se trouve là.

« Oui ?

— C’est Hamoon, Monsieur. Puis-je vous déranger ?

— Je ne vois rien qui s’y oppose, Hamon. »

L’homme repose le combiné et appuie sur un bouton juste à côté du téléphone. La porte située sous la lumière s’ouvre. Au même moment, l’homme caresse la tête blonde qui est placée entre ses cuisses – le caftan est remonté jusque sous son ventre. La tête, qui bougeait doucement de haut en bas, cesse son mouvement. Sa propriétaire a la bouche emplie d’une partie d’un très gros pénis qui est pour ainsi dire encore au repos. Kaspar Montolive se sent d’humeur plutôt paresseuse aujourd’hui. Pourtant, les sensations étaient plutôt agréables.

L’homme qui entre dans la pièce a une stature de taureau. Chauve, les pommettes hautes, ses origines turques sont évidentes. Il mesure près d’un mètre quatre-vingt-dix, et a la carrure et les muscles en rapport. Il doit être âgé d’environ trente-cinq ans. Il est vêtu d’une tunique à manches longues, d’un pantalon blanc et de bottes noires. A l’évidence, le fait qu’une jeune fille nue à genoux sur le canapé soit en train de s’activer avec sa bouche sur le membre de son Maître ne le dérange nullement. Elle aurait été un animal de compagnie lové là qu’il ne lui aurait pas prêté plus d’attention.

« J’ai des nouvelles, Monsieur. J’ai pensé qu’il fallait que je vous en informe sans attendre.

— Oui Hamoon ? »

Il tire une bouffée de sa cigarette, les yeux toujours mi-clos.
« Lady Melbury, Monsieur. On a mis la main dessus… Elle est déjà en transit vers ici.

— Aaaaaah ! »

Une paire d’yeux s’ouvre, maintenant attentifs et perçants.

« Tu as bien fait de m’en informer.

— Je sollicite des instructions, Monsieur.

— Tout à fait, Hamoon… Il s’interrompt. On ne doit pas toucher à Lady Melbury jusqu’à ce qu’on me l’ait présentée.

— Très bien, Monsieur. »

Hamoon s’incline, fait demi-tour et s’en va. La porte se referme derrière lui, répondant à la commande de Kaspar Montolive. Puis il caresse la tête de la blonde… et sent une bouche chaude et humide reprendre son travail.

Lady Susan Melbury. Il aura attendu longtemps. Plus de six mois. Mais il avait fallu régler un grand nombre de détails pour en arriver à l’enlever en toute sécurité. Ce n’est pas facile de parvenir à un tel niveau et il fallait absolument assurer la parfaite sécurité de l’opération. Quel scandale cela aurait-il été si l’affaire fût parue dans la presse ! Du même niveau que lors de la disparition de Lord Lucan. Mais tout comme pour ce dernier, on ne découvrirait pas Lady Susan.
Et elle sera vivante !

Et elle sera A LUI !

Kaspar Montolive se trouve stimulé par cette pensée. La blonde sent le pénis qui lui emplit la bouche grossir légèrement. Elle suce assidument. Les yeux de Kaspar se portent sur l’arrière-train moelleux et tout en rondeurs qui se reflète dans le miroir placé aux pieds de la chaise-longue. Une fille tout à fait charmante. Non seulement la plus récente de ses acquisitions mais aussi la plus jeune. Il y a quatre mois qu’elle est à Bella Vista et elle n’a que dix-huit ans. Son nom est Kate. Il l’utilise assez souvent pour le sucer, en grande partie parce qu’il sait que c’est l’une des choses qu’elle déteste le plus. Cela augmente d’autant son plaisir. En réalité, la fille n’avait jamais fait ça avant son arrivée. Rien que l’idée l’horrifiait et la révoltait. Ce derrière bien formé a dû se tortiller considérablement avant qu’on ait pu la "persuader" de coopérer.

"Persuasion" est un des mots favoris de Kaspar :

« Indubitablement, elle aura besoin d’un peu de persuasion… »

« Vois si tu peux la persuader, Hamoon… »

« As-tu besoin d’un peu plus de persuasion, ma jolie… ? » Sont autant de phrases qu’il emploie volontiers.

Donc, le moment venu, Kate a été persuadée de surmonter ses penchants naturels. Maintenant, elle suce sans montrer de dégoût. Et même, bien sûr, elle le fait avec ce qui ressemble à du zèle !
Kaspar se demande combien de temps il faudra pour persuader Lady Susan Melbury de s’agenouiller là où est Kate en ce moment. Pour qu’elle fasse ce que fait Kate. Probablement pas mal de temps, pense-t-il. Kaspar sourit. Tant mieux.

Va-t-il s’autoriser à aller jusqu’à une érection complète ? Dispose-t-il de l’endurance voulue ? Le matin même, sa séance prolongée de baise fut des plus agréables. Camilla, à la fois plantureuse et résistante, lui a pris une grande quantité d’énergie. Toutefois, la pensée qu’il possède maintenant Lady Melbury est de nature à réchauffer ses reins. Régulièrement, il devient de plus en plus épais. Alors pourquoi pas ? Kate, dont la tête branle de plus en plus furieusement, y travaille avec ce qu’il convient d’appeler de plus en plus de goût. Oh oui… Quelle agréable sensation… Très agréable !

Lady Susa… Ah… Lady Susan… Vous ne savez pas ce que l’on projette pour vous ! Le désir de Kaspar Montolive croît de plus en plus férocement. En quelques minutes, la blonde Kate se retrouve avec dans la bouche une grosse queue qui s’agite de manière incontrôlable, et elle avale le foutre aussi vite que sa gorge peut l’ingurgiter.

*

* *

Kaspar paraît plus jeune que ses quarante-deux ans. Il a des cheveux noirs légèrement striés de fils d’argent, il est mince et en forme. Il abandonne à cette sveltesse et cette forme une trop grande indulgence en matière de santé sexuelle. Il l’appelle "le plus grand exercice qui soit". Il a une théorie selon laquelle dès qu’un homme cesse d’avoir une activité sexuelle, la Nature le considère comme n’ayant plus de valeur… et agit en conséquence ! Il existe quelques éléments de preuve à l’appui de cette idée, mais Kaspar n’est pas homme à écrire une thèse là-dessus.
Né de parents Russe et Arménien, il a hérité de quelque chose de l’encombrante ténacité de son père, cependant que sa mère lui a transmis une certaine grâce, combinée avec des traits aquilins un peu inclinés, et des yeux noirs comme de l’encre. A part dans la région du bassin, son corps est pour ainsi dire glabre, ce qui est approprié, à en croire son nom.

Il s’est fait tout seul et est immensément riche ; il vend des produits dans le monde entier. Non que son père ait été vraiment pauvre, mais Kaspar a multiplié par environ cent sa fortune. De son père, il tire une certaine solidité calme et de sa mère, la cruauté naturelle de la race arménienne. Au cours des âges, elle s’est bâti une réputation fondée sur le viol et l’assassinat des femmes et des enfants de ses ennemis. Sans pitié, elle a sacrifié des vies humaines comme s’il s’agissait de feuilles mortes.

Alors, peut-on reprocher à Kaspar les gènes qui sont en lui, et le font se conduire comme il le fait… ? C’est une question pour les généticiens et les philosophes qui ne nous concerne pas ici. L’espèce humaine fabrique régulièrement des monstres. Peut-être est-ce une chance que seulement quelques-uns d’entre eux aient la volonté ou les moyens de s’adonner à leurs perversions et d’exploiter leur pouvoir. Oui, de Caligula à Hitler, il y en a eu beaucoup de semblables. Mais ces hommes sont responsables du malheur et de la mort de millions de leurs semblables. Alors que notre plutôt complaisant Kaspar Montolive est responsable du malheur de quelques-uns. Et de la mort de personne. On peut au moins dire cela à sa décharge.

Un mois sur deux, il voyage dans les capitales du monde pour promouvoir ses affaires, pour se mêler aux plus grands, pour profiter d’Ascot, de Glyndbourne ou du Grand Prix de Monaco. Pour profiter de tout ce qu’il peut souhaiter dans le domaine social. Ses ressources financières sont pour ainsi dire illimitées. Puis, un mois sur deux, il retourne dans la solidité et le secret de Bella Vista, une propriété entourée de hauts murs nichée dans une vallée d’Andorre – un minuscule Etat au pied des Pyrénées espagnoles. Il ne s’y trouve que son personnel… et les possessions féminines qu’il a fait enlever de lieux variés dans le monde. C’est, si l’on peut dire, son moyen de délassement.

L’organisation de Kaspar Montolive, en charge des enlèvements, ne nous intéresse guère non plus. Qu’il suffise de dire qu’elle s’inspire du KGB soviétique et qu’elle est extrêmement discrète et efficace. Les enlèvements sont effectués partout dans le monde, dirigés vers divers pays européens et de là, vers Andorre. La dernière étape de l’enlèvement est toujours effectuée par Hamoon ou son assistant algérien Musad, et seulement par eux. Comme ça, l’organisation ignore la destination finale de ses victimes. En cinq ans, onze enlèvements ont été effectués avec succès. Celui de Lady Melbury est le douzième. Et elle sera la première personne issue de l’aristocratie à se trouver confinée dans les murs interdits de Bella Vista.

Le personnel qu’emploie Kaspar Montolive est peu nombreux mais extrêmement efficace. A sa tête, son "chef d’état-major", Hamoon, le Turc. Son assistant, Musad, est un Algérien à la peau sombre, âgé de trente ans. Côté féminin, il y a Miriam Vogel, une Sud-africaine de quarante ans. La cruauté fait partie intégrante de sa nature. Son assistante est une métisse de vingt-quatre ans qui porte le nom de Rose. C’est une fille splendide tant de traits que de corps, à l’air plus occidental que négroïde, à part la couleur de sa peau. Bien que Kaspar fantasme grandement à son sujet, il n’a jamais posé la main sur elle. Il la sait lesbienne et de toute façon, il a quantité d’autre "matériaux" disponibles.

Et pour ce qui est de la domesticité, peut-on se demander ? C’est simple. Ces travaux sont exécutés par les femmes qui ont été enlevées. Leurs tâches ne sont pas seulement de nature sexuelle ! Miriam Vogel organise le tour ; elle y est aussi stricte qu’une maîtresse de maison de l’époque victorienne pour ce qui est d’obtenir satisfaction. Ce qui arrive en général tôt ou tard, évidemment.
Voilà ce qui constitue le cadre de base de Bella Vista. Un groupe restreint, comme un tricot aux mailles serrées, qui sait exactement ce qu’il fait et ce qu’il veut. Ce personnel est, est-il besoin de le souligner, fiable à cent pour cent et fidèle à Kaspar Montolive. Il l’a choisi avec le plus grand soin, avec un œil sur la sécurité. Mais au-delà, il sait que chacun des membres de son personnel aime tellement son boulot que toute trahison est tout simplement impensable. En plus de ça, un châtiment impitoyable serait alors certain. Avec l’apparition de Kaspar Montolive au moment ultime, comme d’habitude !

En bref, l’organisation est experte et efficace. Elle ne fait pas d’erreur et obtient les résultats voulus. Kaspar Montolive a autant de succès dans sa vie privée que dans ses affaires. Parce qu’il a à la fois la volonté et l’imagination. Il transforme les rêves en réalité. Combien d’entre nous font ainsi ? Malheureusement, il nous manque l’argent de Kaspar, sa détermination de fer et sa capacité d’organisation.

*

* *

Les yeux bleu pâle de Miriam Vogel sont fixés sur le dossier qui est posé sur son bureau. La dureté de ses traits anguleux, aussi impassibles que d’habitude, est soulignée par sa manière de coiffer ses cheveux blonds. Ils sont serrés en un chignon à la base de sa nuque. Comme dans la journée, elle est vêtue de cuir. Tout en noir… veste longue, jupe plissée, bottine qui montent à mi-mollets, avec des talons aiguilles de dix centimètres. Elle étudie la répartition des tâches de la veille, marquée « Mardi », avant d’établir celle du jour. Ça se présente ainsi :

NOM AGE NATIONALITÉ EMPLOI

Kate 18 Anglaise Sexuel

Camilla 24 Anglaise Sexuel

Gina 20 Italienne Sexuel

Ninette 24 Française Sexuel

Mina 21 Barbadienne Sexuel

Tessa 26 Anglaise Domestique

Thérèse 22 Française Domestique

Maisie 23 Brésilienne Domestique

Nesta 25 Irlandaise Domestique

Punitions requises  :

Monique, signalée par Hamoon pour avoir cassé des choses dans son appartement :
DOUZE COUPS DE CANNE
SIX ADMINISTRES PAR M.V. LES SIX AUTRES SERONT ADMINISTRES MERCREDI.

*

* *

Prenant une feuille de papier vierge, Miriam Vogel inscrit son titre « Mercredi » et commence à remplir les cases.
Kate et Ninette restent affectées aux travaux sexuels, pendant que Camilla, Gina et Mina passent aux travaux domestiques. Tessa, Teresa et Maisie prennent leurs places aux travaux sexuels. Nesta, Monique et Leila restent aux travaux domestiques qui constituent pour elle une affectation permanente. Cela parce que l’intérêt de Kaspar Montolive à leur endroit s’est plus ou moins éteint et qu’il ne fait plus appel que rarement à leurs services. Elles prodiguent maintenant ces services à Hamoon et Musad qui n’ont pas la permission d’utiliser les autres filles pour un usage sexuel sans limite, sauf sur ordre direct de leur Maître.
Miriam Vogel pose son stylo et jette un coup d’œil à sa montre. Dix heures moins une. Une nouvelle journée va commencer à Bella Vista. Elle prend un combiné et pousse un bouton :

« Je suis prête, Musad.

—  Très bien, Miriam. Nous serons chez vous dans peu de temps.”

Peu après, on frappe à la porte. Miriam Vogel répond :

« Entrez »

Musad, un homme à la peau basanée, avec des cheveux noirs crépus,
entre le premier. Il porte un pantalon de survêtement blanc mais il est torse nu. C’est un bel homme de trente ans, bien musclé. Il incline sa tête, sourit à la personne qui est derrière le bureau et dit :

« Bonjour. »

Miriam hoche la tête mais ne répond pas à son sourire. Ses yeux froids passent au-dessus de la ligne de silhouettes nues qui entrent derrière lui. Elles sont sous sa responsabilité. Des créatures dont les seules fonctions sont de suivre le rythme de la vie à Bella Vista et, dans la limite de leurs capacités, de satisfaire les besoins sexuels de Kaspar Montolive. Elle convient que, sous sa direction, elles ont été entraînées presqu’à la perfection. La plupart d’entre elles, en tout cas. Peut-être que Kate, Ninette et Tessa, des trois dernières arrivées, ont encore besoin de quelques attentions.

Les filles se placent en silence devant le bureau. Puis chacune s’agenouille, pose son front au sol et tend les bras. C’est un peu comme si elles priaient vers la Mecque. Les fesses d’une des filles arborent six marques rouge brillant (il s’agit de Monique) mais les autres n’ont pas de marques, ou pour ainsi dire ; à Bella Vista, on utilise un onguent cicatrisant à action rapide. Il fait disparaître les imperfections avec une vitesse miraculeuse et, s’il reste des traces, on les recouvre d’une crème couleur chair et d’une poudre de la même teinte. Miriam ordonne :

« Redressez-vous ! »

Les filles sont maintenant à genoux bien droites, les mains sur le dessus de la tête. Elles regardent fixement devant elles, les yeux pleins d’une résignation désespérée. Miriam demande :

« Où est Gina ?

—  Toujours avec le Maître, répond Musad. »

Miriam hoche la tête.

« Quand il en aura fini avec elle, elle ira aux travaux domestiques.

— Bien…

— Levez-vous toutes ! Ordonne Miriam. »

Les filles se relèvent et, dans leur jeune mais néanmoins mûre beauté, forment un spectacle enchanteur. Elles ont évidemment toutes été enlevées à cause de leur beauté de visage et de silhouette. Leurs seins de tailles variées se dressent bien fermes, leurs postérieurs, également de tailles diverses, présentent des courbes délectables. Chaque fille est épilée, ce qui augmente le côté provoquant de la moue que font les lèvres de leurs sexes et paraît mettre en relief leur nudité complète et leur totale disponibilité.

Musad fait glisser à présent la porte d’un placard qui occupe toute la longueur d’un mur. Il y prend six tabliers de dentelle, six bonnets également en dentelle et six paires de chaussures de cuir verni noir. Avec un sourire qui ressemble à une grimace, Musad dit :

« Habillez-vous, les filles ! »

C’est assez amusant d’appeler ça s’habiller ! Les tabliers ne recouvrent pas plus les seins que les monts de Vénus. Ils ne sont évidemment pas là pour couvrir quoi que ce soit mais pour souligner la servitude de celles qui les portent. Les affaires de dentelle sont mises en silence. Puis les filles enfilent leurs chaussures à hauts talons. Musad donne une petite tape sur le derrière le plus proche de lui et ajoute :

« Dehors, au travail à présent !

— Monique doit rester, dit Miriam.

— Ah, oui, approuve Musad. »

Puis il franchit le premier la porte, docilement suivi par cinq silhouettes. Miriam se lève et se dirige vers le placard d’où elle sort diverses boîtes.

« C’est le moment de se faire belles ! Dit-elle. »

Tout d’abord, elle se place devant Maisie qui est une Brésilienne noire grande et bien bâtie. Une pure négresse, à la peau noir de jais. Elle lui passe un corset blanc et l’attache extrêmement serré autour de sa taille. Six jarretelles longues et fines qui y sont attachées sont rapidement reliées à une paire de bas de soie blanche. Une paire de chaussures rouges à hauts talons complète la « toilette » de Maisie. Miriam demande :

« On ne va pas couvrir cette mignonne chatte noire, n’est-ce pas ?

—  Non Madame, répond docilement Maisie. »

C’est ainsi que l’on s’adresse à Miriam. Chacune à son tour est apprêtée par Miriam. Teresa se voit gratifiée de grandes créoles en or et d’une chaîne également en or autour de la taille. Tessa, moins chanceuse, a de petits anneaux clipsés sur ses tétons, au bout desquels pend un rubis. Un autre rubis est collé dans son nombril. La taille de Ninette est entourée d’une ceinture de cuir où est fixée sur son ventre une plaque en forme de large flèche. La formule qui y est inscrite est simple et bien venue. On lit « MAITRE, BAISEZ-MOI S’IL VOUS PLAIT ». Avant d’en venir à Kate, Miriam souligne avec désinvolture :

« Qui sait ? Peut-être le fera-t-il. »

La fille recule sous le regard glacial qu’elle lui jette. Elle est encore novice et la pensée de ce que cette femme lui a fait, et peut lui faire, la remplit toujours de terreur. Miriam lui dit :

« Tu es destinée à la cage du Maître, ma fille. »

Kate ne répond rien. Qu’y a-t-il à dire ?

C’est l’une des petites faiblesses de Kaspar d’avoir toujours une des filles dans une cage dorée suspendue au plafond de son salon… Un oiseau humain que l’on peut regarder, taquiner, caresser, et avec lequel on peut jouer à volonté. C’est des plus divertissants ! Pour Kaspar !

Miriam ordonne :

« Ecarte les jambes, gamine ! »

Kate s’exécute rapidement. On lui a appris à ne pas traîner pour obéir à ce genre d’ordre. Miriam tient dans sa main un tube de rouge à lèvres rose vif qu’elle applique sur les lèvres du sexe de Kate en disant :

« Je sais que le Maître aime bien ta bouche, mais nous devons rendre cette chatte aussi tentante que possible, hein ? »

De nouveau, Kate ne répond rien. Mais elle frissonne.

« Je vais bientôt te conduire dans la cage du Maître. Les autres, vous attendrez ses ordres.

— - Oui Madame, répondent-elles en chœur. »

Puis Miriam se tourne vers Monique, la fille qui est isolée et arbore six bandes au travers de ses fesses. Elle a les cheveux foncés, les yeux aussi, et une grande bouche, tout cela fait très gaulois. Et est superbe. Miriam s’adresse à elle :

« Nous avons un petit travail à finir, ma fille.

—  Oui Madame, répond Monique avec un calme apparent. Je demande humblement pardon pour mon manque de soin. »

La jeune Française est l’une des plus anciennes et expérimentées captives de Kaspar. Elle sait qu’il vaut mieux s’aplatir à la fois verbalement et physiquement.

Miriam ne dit rien mais pousse une autre porte de placard. A l’intérieur, une véritable batterie de cannes de longueurs et d’épaisseurs variées y est suspendue. Miriam en choisit une qu’elle parcourt du doigt ; elle la courbe pour en tester la souplesse et la fait fouetter l’air. Un nerf de la joue de Monique se crispe. Puis elle la replace dans le râtelier et en choisit une autre légèrement plus longue et plus grosse. Elle dit, plutôt pour elle-même semble-t-il :

« Peut-être quelque chose de plus épais aujourd’hui… »

De nouveau, elle recourbe la badine ocre et lisse puis la fait siffler dans l’air. Une fois, deux fois, Monique se mord la lèvre inférieure. La canne fait un terrifiant sifflement rauque en fendant l’air.

« En position ! »

L’ordre claque et sans hésitation, Monique s’approche d’un engin qui se trouve à côté du bureau de Miriam. Il présente une barre de bois à une cinquantaine de centimètres du sol, sur laquelle Monique s’agenouille. Le devant de ses cuisses est contre une planche inclinée d’environ soixante degrés. En haut de cette planche se trouve une sorte de boudin arrondi en cuir noir d’une vingtaine de centimètres de diamètre sur lequel le bas du ventre et des flancs de Monique se trouve appuyé. De l’autre côté du boudin, il y a un autre panneau incliné, vers le bas celui-là, selon un angle de quarante-cinq degrés. Monique allonge son torse à plat sur ce panneau et tend les bras vers l’extérieur. En silence, Monique fixe des bracelets de cuir aux poignets de la fille puis, à l’aide de lanières ajustables, elle lui étend complètement les bras. Une lanière de cuir de huit centimètres de large fixée au panneau un peu au-delà du boudin est ensuite passée sur le bas du dos de Monique et bouclée serrée. De cette façon, elle est immobilisée des poignets jusqu’au bas du dos tandis que son arrière-train, qui dispose d’un petit peu de liberté de mouvement, est projeté en arrière selon une courbe adaptée. Les cuisses, un peu en pente, sont également remarquablement positionnées s’il était décidé qu’elles dussent également recevoir les attentions de la canne.
Les autres filles regardent la scène dans un silence total. Elles ont toutes été trop souvent dans cette position ! Elles contemplent le derrière impuissant de leur camarade sans la moindre pitié, elles savent exactement ce qu’elle ressent à ce moment-là. Elles voient quatre traces de coups parallèles qui encerclent de ses fesses et deux autres en diagonale, une sur chaque fesse. Le résultat d’une habile application par une "maîtresse de son art". La haute silhouette gainée de cuir tapote les fesses de Monique, comme pour en prendre la mesure, et annonce :

« Six coups à venir. »

Les spectatrices voient les mains de Monique qui se serrent… et ses bras tirent un petit coup sec. Elles savent que ses dents sont désespérément serrées.

La canne se dresse. Puis, avec un violent sifflement rauque, elle s’abat comme un coup de sabre et attaque la chair tendre.

« NNNOOONNN… AAAHHH…AAAHHH… »

Ce n’est pas exactement un cri, plutôt une sorte de hennissement funèbre entre des dents serrées. Monique est aussi brave qu’expérimentée. La canne qu’utilise Miriam est une vraie brute. Sa porteuse regarde avec satisfaction l’endroit où elle a placé le coup. Une marque fraîche, large, brillante, vient d’apparaître entre deux de celles faites la veille. "Je suis vraiment professionnelle" pense-t-elle, en attendant patiemment que le postérieur tout en courbes qui se tortille cesse ses mouvements saccadés. Ce qui finit par se produire, même s’il tremble encore.

La badine se lève… S’abat… Siffle… Craque… Mord.

« NNNNN… MMMMHHH… MMMMAAAHHHH ! »

Oh la brave Monique ! Peu de jeunes femmes pourraient supporter cette épouvantable morsure sans hurler. Mais elle parvient à ne pousser que cette espèce de hennissement entre ses dents serrées.
Une autre marque est à présent entre deux de la veille. Miriam ressent la même satisfaction d’avoir ainsi placé son coup. Mais où mettre le suivant ? Ah oui… Peut-être sur le surplomb, là où elles le détestent en général le plus. Une de chaque côté. Assénées rapidement. Oui… Ça devrait la faire aller… Et ça le fait. Pauvre Monique ! La canne mord juste à la jonction de ses cuisses et de ses fesses, une première fois d’un côté, puis de l’autre, se recouvrant… Une série de cris d’agonie lui échappe et les mouvements désordonnés de son derrière deviennent frénétiques.

Tranquillement, Miriam attend qu’ils se calment, puis applique deux coups supplémentaires en diagonale, un sur chaque fesse. Les hurlements redoublent… Les mouvements saccadés également… Puis de gros sanglots la soulèvent. Mais c’est fini. Enfin, c’est terminé ! Jusqu’à la prochaine fois… Monique sanglote misérablement :

« Sniiiifff… Sniiiff… Sniiiifff… »

Où est la justice ne ce monde. Elle a reçu douze coups de canne vicieux simplement pour avoir cassé accidentellement un ornement sans intérêt. Un fait qu’au même moment, Miriam Vogel enregistre méticuleusement en bas de la feuille du jour.

Oui, une autre journée a commencé. Et bien commencé.

L’’intégralité de ce récit de 70 pages est disponible pour les abonnés de RdF
***
Le second épisode de l’histoire de Lady Susan Melbury est disponible sur ce même site sous le titre « L’asservissement d’une Lady »



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