L’asservissement de Marie

Chap 1 à 6 - Texte : Gospodin17 - Illustrations : Ben Morbez
mercredi 27 octobre 2021
par  Henic
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1. Un problème de garde-robe

« Bon sang ! »
Marie fouille frénétiquement dans son tiroir à la recherche d’affaires.
« Merde ! Il faut vraiment que je fasse plus de lessives ! »
La situation du linge à laver a atteint un point critique et il lui semble qu’elle est cette fois à cours de sous-vêtements pour de bon. Pour couronner le tout, il n’y a que des jupes aux genoux dans son placard, et les frimas de l’hiver commencent à arriver.
Elle regarde rapidement la pendule et réalise qu’elle va être en retard. Elle se dépêche d’attraper un kilt plissé et un col roulé blanc, une paire de bottes à fermeture éclair qui montent aux genoux, qu’elle garde d’habitude pour sortir le soir. Craignant pour son emploi si elle n’arrive pas à l’heure, elle saisit sa mallette et se sauve. En chemin vers la porte, elle jette un œil dans la glace.
« Oh non ! Je ne peux pas sortir comme ça ! »
Les tétons de Marie, érigés dans le hall froid, sont parfaitement visibles à travers le vêtement blanc. Elle court vers son placard, attrape une veste de laine et fonce vers la gare aussi vite que ses bottes à hauts talons le lui permettent.
Le train entre en gare alors qu’elle arrive au portillon. Avec son manteau sur le bras, elle franchit la porte et court vers la rame ; l’air frais du matin la rend on ne peut plus consciente qu’elle est nue sous sa jupe. Le signal sonore annonçant la fermeture des portes la fait paniquer et elle ignore la peur de se dévoiler en sprintant vers la voiture la plus proche. Marie regarde avec horreur les deux battants de la porte qui se mettent à glisser l’un vers l’autre alors qu’elle n’en est qu’à quelques pas. Elle a à peine le temps de ralentir et heurte les portes lorsqu’elles ne sont plus écartées que de quelques centimètres.
Son gémissement frustré se transforme en hoquet horrifié lorsqu’elle se rend compte que sa jupe est solidement coincée dans la porte. Les plis sont passés entre les battants lorsqu’elle s’y est cognée et elle est maintenant dans l’incapacité de se libérer. Elle se met à crier en tirant sur le kilt afin de le déchirer avant que le train ne la traîne sur un kilomètre jusqu’à l’arrêt suivant. Un bon millier de plans traversent frénétiquement sa tête. Elle pourrait se suspendre sur le côté du wagon et espérer qu’elle survivra. Elle pourrait retirer la jupe et espérer que personne ne regardera suffisamment longtemps pendant qu’elle mettra son manteau. Elle pourrait prendre des ciseaux dans sa serviette et se libérer…
Un second signal sonore retentit et les larmes coulent de ses yeux alors qu’elle tend la main vers la ceinture de son kilt pour la défaire. Elle a juste retiré la langue de cuir de la boucle lorsque les portes se rouvrent, montrant des douzaines de banlieusards intéressés. Mortifiée, Marie remet la ceinture, prend sa mallette et son manteau et entre dans la rame. Elle se dépêche de détourner sa figure rouge betterave, regardant le paysage par la fenêtre et essayant d’éviter les regards des autres passagers.

*

* *


« Hé, cocotte, tu as fait des élégances, aujourd’hui ! »
Angelica, qui partage le box avec Marie et est sa seule véritable amie au travail, accueille Marie qui s’effondre sur son siège.
« Tu sors ce soir ? Comment s’appelle-t-il ? »
Marie sourit faiblement et se tourne vers son ordinateur, ignorant les questions de sa collègue.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Une marée noire ? »
Angelica frotte le genou de Marie, essayant de retirer les marques noires laissées par la porte du wagon.
« Oh, ne t’en fais pas, j’ai ce qu’il faut pour la suie et la crasse ! »
Marie lève les yeux et voit son amie qui sort un paquet de son sac à main. Elle cligne des yeux et regarde Angelica l’ouvrir et en sortir un long préservatif en caoutchouc, qu’elle secoue pour lui faire prendre toute sa longueur avant de l’enfiler sur ses doigts. Un sourire lascif, elle tend la main vers les genoux de Marie.
« Eh ! Qu…Q-qu’est-ce que tu fais ?
— Oh, calme-toi ma fille ! L’étiquette dit que c’est sans danger sur la laine ! »
Marie cligne à nouveau des yeux, se les frotte, et voit que son amie a pris une lingette nettoyante et a enroulé le papier enduit autour de sa main. Angelica abaisse sa main et se met à frotter vigoureusement le kilt, ce qui fait trembler sous l’effort les cuisses Marie. Marie sent les vibrations dans son intimité exposée et sursaute lorsqu’Angelica glisse son autre main sous la jupe pour en faciliter le nettoyage.
« Et voilà, chérie, c’est comme neuf ! »
Angelica secoue rapidement les plis, et Marie sent à nouveau le courant d’air sur ses lèvres nues.
« Ah… Merci, Angie. Je ne m’en serais pas rendu compte si tu ne l’avais pas remarqué. Il faut que j’aille à une réunion et je ne pense pas que j’aurais fait bonne impression si j’avais eu une tache !
— Bêtise, chérie ! Il faut juste que tu aies plus confiance ! Tu es sans doute la meilleure de la société et en plus, tu es splendide. Je t’envie, tu sais !
— Merci mais je sais bien que tu dis ça juste…
— Oh, ferme-la, bébé ! Tu sais, il faut juste que tu aies plus d’assurance ! Tu es une fille magnifique, et tu manques juste d’un peu de confiance en toi. À propos, comment ce sont passés ces séminaires sur la confiance ?
— Euh, très bien, je pense. Ils ne sont pas particulièrement mémorables. J’ai fait quelques trucs de base, tu sais, en insistant sur des petits détails à la banque et en marchandant au marché aux fruits. Je ne pense pas que ce soit un programme si impressionnant.
— Bon, continue comme ça, maintenant. Je pense que tu as besoin de toute la confiance que tu peux avoir ! »
Le téléphone d’Angelica se met alors à sonner et Marie saisit l’occasion pour s’installer. Elle accroche son manteau au porte-manteau du box et se rassoit avant de se souvenir de tendre sa jupe. Le vinyle froid du siège lui envoie un frisson dans la colonne vertébrale et elle se tétanise un instant avant de tendre la main pour repasser le lainage sous elle.
Lasse, elle prend sa mallette et la pose sur le bureau, elle ouvre les verrous et soulève lentement le couvercle. À sa grande surprise, il est plein de culottes – ses culottes. Au-dessus se trouve une carte, calligraphiée en gras à la main, sur laquelle elle lit : « Quel meilleur endroit pour mettre tes slips ? »
« Tu es prête pour la réunion de service, Marie ? »
Une voix masculine a rugi derrière la cloison du box.
Marie sursaute et ferme la mallette dans un geste de panique. Ses mains tremblent, mais elles ferment rapidement les verrous et brouillent les combinaisons au moment même où la tête de Joe surgit comme celle d’une marmotte, en haut de la cloison.
« Oh ! Ah ; ah ; ah… Oui, oui, bien sûr. C’est dans cinq minutes, hein ? »
Marie pousse un gros soupir nerveux et essaie de reprendre son calme.
« Oui, dans la salle de conférence du troisième. Dis-moi, il n’y a rien qui t’ennuie à ce propos ? Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ?
— Non, non, Joe. Rien qui soit lié au boulot. J’ai eu un trajet compliqué ce matin et je pense que ça m’a mise un peu sur les nerfs.
— Bon, mais j’espère que tu ne me caches rien. »
La voix de Joe est rigolarde, mais ferme. Il aurait pu aussi facilement la réconforter ou lui donner des ordres.
« Non, vraiment, ce n’est rien.
— Bon, allons-y. »
La réunion est de celles qu’elle a redoutées toute la semaine. C’est une de ces réunions de rapport d’étape qui se terminent par la détermination des budgets, l’approbation des projets et, pour finir, du personnel. C’est le genre de réunion où l’on peut perdre son emploi, si l’on ne fait pas assez bonne impression sur les supérieurs.
Elle assiste à l’ensemble, distraite, pensant à ce qui se trouve dans sa mallette et à l’air frais qu’elle sent sur son entrejambe. Elle se sent vulnérable et petite, comme si quelqu’un d’autre dirigeait sa vie. Elle regarde dans la pièce en se demandant si l’un d’entre eux sait, si l’un d’entre eux peut voir son chemisier sous sa veste, si l’un d’entre eux peut sentir sa chatte découverte.
Lorsque la réunion s’interrompt pour le déjeuner, elle file à son box. Elle y arrive et retrouve son bureau nu. Sa mallette n’est visible nulle part.
« Hé ! Où est ma mallette ? »
Angelica entre dans le box, en remuant une tasse de thé fumant qu’elle vient de se faire.
« Oh, le technicien est passé pour examiner mon ordinateur et il avait besoin de place pour poser ses affaires. Elle est sous ton manteau. »
Marie s’en saisit et court aux toilettes des femmes, plonge dans une cabine et l’ouvre aussi vite que ses doigts nerveux le lui permettent. Les sous-vêtements sont toujours là, et elle pose un gros soupir de soulagement. Elle tend la main et prend sa culotte favorite en satin, pour s’apercevoir que l’entrejambe a été découpé.
Horrifiée, elle en sort une autre, et voit que celle-là a subi le même traitement. Toutes les culottes qu’elle possède ont un gros trou à l’entrejambe, et certaines en ont même aux fesses. Pleurant doucement, elle tend la main vers le bas de la pile et trouve un petit paquet cadeau joliment emballé avec une carte attachée au ruban. Elle arrache la carte et l’ouvre. De la même écriture élégante s’y trouve écrit :
« Ma chère Marie,
C’est avec regret que j’ai appris ton petit souci vestimentaire. Afin de t’aider, j’ai décidé de te donner un petit cadeau plus tôt cette année. Porte-le en bonne santé. »
La carte n’est pas signée.
Marie déchire le papier argenté et en sort un dossier en cuir. Elle l’ouvre, le dossier dévoile une culotte et un soutien-gorge. Tous deux sont faits dans un matériau noir brillant qui tremble dans sa main frémissante.
Marie réalise avec un mélange de révulsion et de fascination qu’ils sont tous deux en latex noir. LIRE LA SUITE


Table des matières
L’asservissement de Marie 1
1. Un problème de garde-robe 3
2. Elle ne se sent plus elle-même 7
3. Le début du rêve 9
4. La serrurerie Muselier 11
5. Une ingénieuse forme de résistance 15
6. Punition 19
À Suivre… 22

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Commentaires

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mardi 2 novembre 2021 à 16h50 - par  lahoule

J’aime bien ce début par les interrogations qu’il suscite. Agit-elle seule ? est-elle déterminée à son insu ? mais tout de même partie prenante.

Logo de de Perry
vendredi 29 octobre 2021 à 14h24 - par  de Perry

Malgré un démarrage lent, le traducteur sait, par ses choix de vocabulaire, attirer l’attention du lecteur, lequel ne peut que suivre l’itinéraire tracé de Marie. Il ne reste qu’à espérer que la suite ne se fasse pas trop attendre surtout que Castelton et Pourquoi moi ? ne sont pas achevés. Espérons que le traducteur ne se perde pas dans l’adjonction des pages manquantes. Sylvain.