Per omnia sæcula sæculorum.

vendredi 5 octobre 2018
par  Édmond Dantès
popularité : 27%

Table des matières

Matines 7

Laudes 9

Tierce 13

Sexte 15

None 17

Vêpres 19

Complies 21

Eucharistie 23

Eucharistie 25

Je la verrai gémir ; je la plaindrai moi-même.
Pour fruit de tant d’amour, j’aurai le triste emploi
De recueillir des larmes qui ne sont pas pour moi.

Matines

Et nous avons des nuits plus belles que vos jours. . .

Ça a débuté comme ça. Moi j’avais jamais rien dit rien. Rien. Le monde est difficile pour ceux qui sont différents. J’ai un ami terriblement intelligent ; un surdoué, comme on dit. Il n’a de cesse de paraître normal. Et plus il essaye, plus il paraît différent. Moi je suis masochiste. Comme d’autres aiment les fraises ou le vin de Moselle, j’aime être fouettée, humiliée, j’aime obéir. Pourquoi ? Demandez-le donc à celui qui aime les fraises. Ou le vin de Moselle. Le goût, l’ivresse. Moi, c’est pareil. La caresse et la souffrance.
J’aime ce qui vous fait peur. J’aime être enculée. Je vous vois déjà, les bégueules, frémir rien qu’à la lecture de ce mot. Il va falloir vous y faire : du sang, de la sueur et des larmes. C’est ça, le programme. Je n’aime pas être « prise par derrière ». Je n’y prends aucun plaisir. Mais quand je me fais enculer, alors des ondes de plaisir parcourent mon corps. Ça n’est pas seulement cette queue qui pénètre mon cul qui me mène à l’orgasme ; c’est me rouler dans la fange, parler comme la salope que je suis alors. Je ne fais pas de fellations, je suce. Avec avidité. Je laisse toutes ces bites pénétrer jusqu’au fond de ma gorge, jusqu’à m’en étouffer. Je ne fais pas l’amour ; je me fais sauter. J’abandonne mon corps, je deviens cette pute qui ne peut rien refuser. Et cette idée, cette seule idée me fait jouir.
Voilà. Il y en a qui ont besoin de musique douce et de romantisme. J’ai mon romantisme à moi. Celui des cordes et des lanières. Passez votre chemin si la différence vous effraye. Moi je suis la différence. Je ne le dis à personne. Le monde n’est pas près.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés.

Laudes

Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir ?


Faut-il brûler Sade ?
La question la fit sourire lorsqu’elle découvrit ce livre dans la devanture d’un bouquiniste. Sade, sadique. Sade, Maso : deux écrivains. Décidément, les gens de lettres étaient bien libertin. La Vénus à la fourrure ; elle rit en se souvenant de ce titre, elle qui prenait un grand soin à s’épiler le sexe afin qu’il soit parfaitement lisse : tu es plus nue ainsi, et je te veux nue. Elle aimait qu’il lui dise des mots de ce genre ; elle obéissait, et se sentait d’autant plus libre qu’elle seule décidait d’obéir. Et c’est pourquoi elle ne s’était jamais refusée à lui, la certitude qu’elle pouvait reprendre sa liberté à tout moment suffisait rendre parfaitement soumise cette femme rebelle.
Les rues étaient vides à cette heure. Elle rentrait chez elle, la soirée avait été bonne : ses amis avaient une belle terrasse, et le rosé avait coulé à flots. La tête lui tournait, elle repensait aux doux moments qu’elle venait de vivre.Retour ligne automatique
Elle portait une jupe courte et un chemisier largement échancré, tenue en rapport avec la chaleur estivale qui s’était abattue sur la ville. Le vent chaud lui caressait les jambes et elle renversait sa tête pour mieux le sentir sur son visage. Cette légère ivresse, cette chaleur et ce vent la rendait joyeuse, non de cette gaité bruyante et exaltée, mais de cette sérénité intérieure qui vous fait croire que la vie est belle. Elle voulait ne faire qu’un avec ce vent, se sentir comme ces arbres qu’il faisait onduler doucement. Elle se réfugia derrière un arbre et quitta sa culotte et son soutien-gorge qu’elle jeta, geste symbolique autant qu’inutile, dans la première poubelle venue. Elle se retrouva ainsi quasi-nue, sa jupe et son chemisier ne cachant rien de son anatomie, les bras écartés, la tête renversée et les yeux fermés, à se baigner dans ce vent qui l’enlaçait langoureusement. Elle se retrouva elle-même.
Son amant l’avait quittée la veille. Enfin, « quittée » n’est pas exactement le bon mot. Il était simplement parti pour une semaine à un congrès de scientifiques où elle avait refusé de se rendre, convaincue de s’y ennuyer à mourir. Cette idée n’était d’ailleurs dénuée de fondements : dans ce genre de grand bal des vanités, il restait souvent tard à discuter avec ses collègues, et une fois rentré, n’avait guère le temps de travailler au dressage de sa soumise, qui s’endormait au pied du lit, attendant en vain qu’il veuille bien s’apercevoir de sa présence. Une fois, il était resté ainsi plusieurs jours sans la toucher. Tout son corps alors se révoltait, son sexe, son cul, sa bouche réclamaient d’être pénétrés, forcés ; elle se sentait alors inutile, vieille et moche, elle sentait poindre ce qu’elle avait toujours redouté : n’être plus désirable, même pas digne de quelques coups de cravache. Elle se remémora ce jour où, dans un élan de désespoir, elle avait tout fait pour attirer son attention. Elle s’était parfaitement épilée, avait souligné ses seins son sexe d’un peu de rouge, avait garni son cul d’un énorme rosebud qu’il adorait et l’avait attendu, à quatre pattes, ses mais ouvrant largement son cul. Quand il était rentré, il n’avait trouvé que la force de la caresser, d’embrasse son sexe et sa bouche avant d’aller prendre une douche. Ce jour-là, elle avait songé que tout était fini, qu’il ne voulait plus d’elle et qu’elle n’était plus digne de lui. Elle pleura beaucoup cette nuit là, silencieusement, doucement, comme si elle portait en elle le deuil de son avenir. Ça n’est qu’au matin lorsqu’elle avait senti le sexe de son amant forcer la barrière de ses lèvres et envahir sa gorge pour qu’elle soit enfin rassurée.Retour ligne automatique
Elle l’avait emmené la veille à l’aéroport, et n’avait lâché sa main que lorsqu’arrivée au contrôle des bagages, on ne la laissa plus passer. Elle avait lâché cette main avec cette crainte infantile qu’elle ne revienne jamais. Un instant, elle s’était sentie apeurée, comme lorsque, enfant, elle avait appris à faire du vélo et que pour la première fois, son père lui avait lâché la main. Puis elle était montée sur la terrasse qui surplombe l’aéroport d’Orly, et, au milieu d’une ribambelle d’enfants, elle contempla un long moment le ballet des avions qui décollaient et atterrissaient ; elle pensa à lui, qui était dans l’un deux, sans doute déjà penché sur son ordinateur portable. Pensait-il un peu à elle ? Sans doute pas, son esprit devait être entièrement tourné vers cette conférence où ses travaux récents ne manqueraient pas d’être jugés sévèrement pas ses pairs. Elle se dit que la chose ne lui serait pas désagréable, à elle, et que sans doute, dans d’autres conditions, cette stimulation lui permettrait de faire de grands progrès en sciences. Et elle s’imagina nue, à son bureau, en train de résoudre quelques exercices ardus ; son amant serait derrière elle, et à chaque faute de calcul, quelques coups de cravache s’abattaient sur ses fesses pour les fautes vénielles, sur ses seins pour les fautes qui offensaient les bonnes mœurs mathématiques et sur le sexe pour les fautes capitales. Elle s’était dit qu’elle lui en parlerait dès son retour.

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?

La nuit précédent son départ avait été douce, et elle en avait été quelque peu perturbée. Elle s’était attendue à ce que l’idée de ces semaines à venir loin d’elle lui ait donné l’envie de profiter de celle qui était sienne, d’utiliser son corps encore plus violemment que d’habitude. Elle avait souhaité que chaque coup, chaque pénétration soit plein de la peur de la perdre, de ne plus jamais la tenir à nouveau entre ses mains. Qu’elle ait mal comme jamais elle n’avait eu mal, parce qu’il l’aimait comme il ne l’avait jamais aimé. Mais il l’avait prise doucement, comme s’il avait fait l’amour à une petite chose délicate qui menace à chaque instant de se briser. Il avait léché longuement son sexe, l’amenant presque à l’orgasme. Mais l’idée seule de son amant à ses pieds, léchant son sexe avec volupté, brisait dans son corps et dans son esprit tout velléité de se livrer au plaisir. Puis il l’avait pénétrée doucement, écoutant ses petits cris, attentif à ses désirs, comme un de ces amants doucereux qui l’avaient tant ennuyé dans sa jeunesse. Elle n’avait pas joui ; elle n’avait pas pu. Son amant s’endormit, et elle resta là, prostrée, convaincue que cette nuit serait le dernière. Au matin, quand il était encore endormi, elle s’était mise à lécher doucement son sexe, à jouer avec cette queue qui n’avait pas voulu la forcer la veille. Il s’était mis à bander presque aussitôt, et elle le prit dans sa bouche doucement, le suçant comme elle savait qu’il aimait être sucé. Elle s’était préparée à étouffer sous ses assauts, à finir le visage couvert de salive et de sperme ; mais il n’en fut rien, il la repoussa en lui disant simplement « je vais être en retard ». Elle en fût profondément blessée. Elle se mit alors à fouiller leur « boite à trésor », et en sortit l’objet qu’il préférait : il s’agissait d’un énorme plug, qu’elle avait mis plusieurs jours à accepter. Mais depuis, marcher dans la rue avec le cul rempli de ce pal lui procurait un indicible plaisir. Il était orné d’une magnifique améthyste dont le violet profond tranchait avec la blancheur diaphane de sa peau. Son jeu favori consistait à la mettre accroupie devant lui, à lui ordonner de s’empaler doucement sur cet objet, puis de se mettre à quatre patte le cul dirigé vers lui. Il s’avançait alors vers elle, embrassait l’améthyste, puis la léchait, et enfin la prenait entre ses dents pour la faire entrer et sortir du cul de sa maîtresse, jusqu’à ce qu’il soit assez ouvert pour que ce geste se fasse sans difficulté. Il accélérait alors le mouvement jusqu’à ce qu’elle jouisse. « Ce que j’aime, vois-tu, dans ce que nous faisons, c’est que nous nous en prenons à fois aux bonnes mœurs et à l’église ». Elle mit longtemps à comprendre pour quoi se faire enculer par un rosebud était un crime plus grave pour l’église que sucer son amant et avaler son sperme. Elle s’en était ouverte à lui et il s’était mis à rire. « Prends ma queue dans ta bouche. Mon explication vaut bien une pipe ». Elle s’exécuta ; ce qu’il aimait dans cette pratique était la nécessité de contrôler par l’esprit le plaisir qui montait.« On appelle l’Améthyste la pierre de Cardinal. C’est la pierre symbole de l’épiscopat. Elle orne l’anneau ecclésiastique. Les fidèles doivent venir l’embrasser, à genoux devant. . . ». Il ne finit pas sa phrase, elle renversait déjà sa tête en arrière pour déguster le sperme de son amant. Il lui mit une énorme gifle en hurlant sur elle : « tu ne te retires pas avant que tu en aies reçu l’ordre, compris ? ». Elle avait acquiesé en baissant la tête. Puis il avait ajouté « si je te remplissais la tête aussi souvent que le cul, tu serais Einstein ». Il ne s’aperçut pas qu’elle était en train de pleurer. Mais cette fois, des larmes de tristesse. Ce matin, alors qu’il s’apprêtait à partir, elle souhaitait porter ce gode en elle, comme un lien secret qui les lieraient malgré les kilomètres. Elle s’appuya des mains sur le lit, remonta sa jupe, écarta ses jambes d’une façon terriblement indécente et commença à enfoncer l’objet dans son cul. Commencer directement par un tel engin fût plus difficile qu’elle ne l’eût cru, elle dût s’y reprendre à plusieurs fois, et elle se dit que la vue de son œillet fermé aux assauts d’un simple plug ne devait pas la rendre particulièrement attirante ; et ça n’était pas exactement l’image qu’elle voulait qu’il emporte d’elle.
« Ne fais pas ça. Tu vas me donner envie de toi et nous n’avons pas le temps. Habille-toi plutôt. »
Il lui prit doucement le plug et le fit glisser dans son sac à main. Puis il glissa une main sous sa jupe et la caressa tendrement, puis la pénétra et la fouilla longuement, jusqu’à ce qu’elle pousse un cri.
« Et puis mets un pantalon, et des dessous aussi. Roissy, c’est plus proche de la Goutte d’Or que de la rue Soufflot, tu sais ! » LIRE LA SUITE

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