ALLE 1

Carole
mercredi 1er février 2012
par  Claire Valmont
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Sur les conseils de Sandrine, je me décide à m’habiller un peu plus « Sexy ». Il ne me reste plus que deux cents euros en tout et pour tout, et je dois absolument trouver de quoi me nipper, quitte à tout dépenser, je dois tout mettre en œuvre pour trouver un job. Sandrine m’a conseillé d’aller du côté du faubourg Sébastopol, elle m’a affirmé qu’il y avait un tas de boutiques de fringues pas trop chères et au top de la mode. Comme j’ai un rendez-vous en début d’après-midi pour une place d’assistante de direction, j’ai décidé de mettre le paquet pour faire impression. Je prends donc le métro pour descendre station Sentier. Effectivement, je découvre une multitude d’échoppes où règne une agitation nerveuse. Livreurs et foule multicolore s’entremêlent dans les rues. Il ne me faut pas longtemps pour trouver mon bonheur, au coin d’une ruelle, la vitrine m’offre justement ce que je veux, sans hésitation, j’entre…

— Bonjour, depuis la rue, j’ai aperçu votre mannequin en vitrine. il me semble que c’est exactement ce que je recherche, commençais-je à expliquer au patron venu à ma rencontre.

— Bonjour Mademoiselle, mais vous êtes chez un grossiste, on ne vend pas au détail ici…

— Oh, je suis désolée, je… je ne suis pas parisienne, c’est une amie qui m’a conseillé de venir par ici. Vous comprenez… Je dois absolument sortir de votre magasin avec ce tailleur qui me donnera toutes mes chances, pour un travail. Enfin je veux dire, pour un rendez-vous… Euh, je dois faire bonne impression, vous comprenez…

— Oui, je vois, me confirme l’homme qui commence à me regarder d’un drôle d’air. Vous semblez être de bonne foi, venez avec moi, vous dîtes que c’est ce modèle qui vous intéresse ?

— Oui, je trouve que cela irait très bien avec mon style et ce que je compte faire.

— Enlevez votre manteau que je prenne vos mesures, me dicte le patron.

Je me débarrasse et me tourne vers lui. Ma robe doit lui paraître quelque peu désuète, mais il ne m’en fait pas remarque.

— Levez les bras.

J’obtempère, il m’entoure la taille pour prendre mes mesures, puis les hanches et enfin la poitrine.

— Pas mal… Vous êtes sûre de vouloir ce tailleur ?

— Je vous l’ai dit, c’est pour me présenter à… une annonce. Je cherche un travail.

Sans un mot, le patron disparaît, me laissant seule un instant. Il revient quelques minutes plus tard avec le tailleur sous le bras :

— Tenez, essayez ça, il devrait vous aller, me dit le propriétaire avec un léger sourire au coin des lèvres, en me tendant les habits.

Je le remercie et me tourne pour chercher une cabine d’essayage, mais je n’en trouve pas. Interloquée, je l’interroge. Il me répond qu’il n’y en a pas et que je peux m’habiller devant lui tout en me poussant une chaise pour que j’y laisse mes affaires. Visiblement, il n’a pas l’intention de se détourner, aussi je dégrafe la fermeture de ma robe et me retrouve en slip et soutien-gorge devant lui. Je prends le tailleur que l’enfile assez rapidement tout en devinant son regard posé sur moi. Un peu confuse, je relève la tête pour reprendre contenance et lui demande avec aplomb :

— Il y a un miroir ?

— Oui, allez là-bas, contre le mur.

Je contemple un instant mon reflet, satisfaite, je me retourne vers le patron qui n’a pas bougé.

— Je pense que je vais le prendre. Combien vaut-il ?

Il me regarde un instant, comme pour me jauger et dit :

— Trois cents.

Une main de glace me saisit le cœur. Comment vais-je lui dire que je n’ai pas cette somme ?

— C’est trop cher ? Me demande t-il.

— Je… Je n’ai que deux cents, lui avouais-je dans un souffle.

— Laisses, c’est bon, me tutoyant d’un coup.

Je lui tends mes derniers billets qu’il saisit avec empressement.

— Si des fois, tu n’étais pas retenue pour ce boulot, j’aurais peut-être quelque chose pour toi, me confie t-il en me regardant droit dans les yeux.

Je ne sais pas quoi lui répondre. Je l’observe sans rien dire, m’interrogeant sur cette proposition. Un instant plus tard, je quitte la boutique, un paquet contenant mes anciennes fringues. Je me sens ragaillardie, fière dans cet ensemble. Il me reste quelques heures pour me préparer. Je rentre à l’appartement, cherche une paire de chaussures qui se marie mieux avec le tailleur, me refais une beauté, grignote deux petites choses dans le frigo et pars pour mon rendez-vous après un dernier regard dans la psyché.

Cela ne s’est pas passé aussi bien que je le pensais. Il y avait beaucoup de candidates. Certaines avec plus d’expérience ou de diplômes que moi. Trouver du boulot est une vraie galère et pourtant Paris offre plus de possibilités qu’en province, mais quelle concurrence !
La responsable R.H. m’a dit qu’on allait m’écrire… Moi qui croyait être embauchée tout de suite et pouvoir rembourser Sandrine… Quelle poisse !

Dépitée, je rentre à la maison. Ma colocataire est déjà là et m’interroge sur mon entretien. Je me vois obligée de lui avouer mon demi échec. Il ne me reste plus qu’à attendre cette lettre…
Sandrine a une nature généreuse et compréhensive. Elle a toujours été là pour mes joies comme pour mes peines. Elle me prend dans ses bras pour me réconforter et j’éclate en sanglots, lui avouant que j’ai tout dépensé dans ce tailleur et que je n’ai plus rien pour finir le mois. Je ne pourrai même pas l’aider pour le loyer comme je le lui avais promis.

— C’est rien, on mangera des pâtes ! Et pour le loyer, je vais demander à mon père, il ne pourra pas me refuser ça… En tout les cas, ton tailleur est superbe et en plus il te va à ravir, essaye-t-elle de me consoler. Et puis tu n’as pas encore eu de refus, alors courage, te laisses pas abattre !

Le lendemain matin, j’épluche les annonces sur Internet et je passe ma journée à essuyer des refus. Les places sont déjà prises ou ne correspondent à rien. Le soir, Sandrine me trouve totalement déprimée. Heureusement on est vendredi et je suis heureuse de rester avec elle tout le week-end. Elle me conseille d’aller voir les maisons d’Interim et de m’y inscrire. Dès le samedi matin, nous passons en revue toutes les annonces du quartier sans qu’aucune ne m’offre quoi que ce soit. Je suis au bord de la crise de nerf.
Heureusement Sandrine me remonte le moral et m’apprend que son père la dépanne pour le loyer. Il lui reste un peu d’argent et nous allons manger dans une brasserie. Le lundi, Sandrine est partie travailler. Pour ne pas rester inactive, j’ai décidé de faire le grand ménage dans l’appartement. Quand elle rentre le soir, elle me trouve effondrée sur le lit, la lettre de refus dans la main. Je me suis endormie là sans avoir pu sécher mes larmes. C’est l’odeur de cuisine qui me réveille. Elle dépose le plateau sur le lit entre nous et s’installe avec moi, le dos contre la cloison.

— Désespères pas, avec ton bagage, tu vas bien trouver quelque chose…

— Tu crois vraiment qu’on a besoin d’une fille comme moi, même avec une maîtrise de droit ?

— Manges, on en reparlera plus tard…

Le lendemain, c’est en remettant le tailleur que les paroles du patron du Sentier me reviennent en mémoire : « Si des fois, tu n’étais pas retenue pour ce boulot, j’aurais peut-être quelque chose pour toi ». On est mardi, j’ai le temps de passer en revue quelques maisons d’Interim pour voir s’ils ont du nouveau, puis j’irai voir le patron. Si cela se trouve, il aura un boulot intéressant. De toute façon, j’ai rien à perdre…

J’arrive vers onze heures devant sa boutique. J’hésite quelques minutes, plantée sur le trottoir d’en face à l’observer. Plusieurs clients sont entrés et sortis de chez lui. Apparemment, son affaire tourne bien. Enfin décidée, je traverse la rue pour le rencontrer.

La sonnette le prévient de mon arrivée dès l’ouverture de la porte. Souriant, il s’avance vers moi pour me féliciter de porter aussi bien son tailleur puis m’invite cordialement.

— Alors, ce boulot ? m’interroge t-il, connaissant parfaitement ma réponse.

Je baisse la tête avant de lui avouer mon échec.

— Comme je te l’ai dit, j’ai peut-être quelque chose pour toi.

— Peut-être ?

— Ca dépend de toi, dit-il en me regardant d’une façon indéchiffrable.

— Qu’est-ce que je devrais faire ? Inquiète malgré moi.

Il m’explique qu’il a eu cette idée quand il a pris mes meures. Il a besoin d’un nouveau mannequin pour la présentation de ses modèles. Il m’offre deux cents euros par défilé plus une commission sur les ventes.

— Quand devrais-je commencer ?

— Dès demain après-midi, j’ai un client qui arrive d’Australie. Ce sera bien pour lui, tu comprends… les petites femmes de Paris !

— C’est juste pour un défilé. Rien d’autre ! Je… Je ne…

— Non rien de tout ça. Tu me prends pour qui ?

Le malentendu dissipé, j’accepte la proposition. J’ai tellement besoin d’argent que je suis prête à tout pour aider Sandrine.

— Une dernière chose, j’aimerai pouvoir me changer… Enfin vous comprenez… Un paravent, ou quelque chose comme ça, ce serait bien.

— D’accord, ma chérie, t’auras ton paravent. Par contre, inutile de mettre de sous-vêtements. C’est une collection d’été.

— Des maillots de bain ? Le questionnais-je.

— Aussi ! Répond t-il en rigolant. A demain, quinze heures précises.

Le soir, folle de joie, je raconte tout à Sandrine qui me félicite, mais me pose la question à laquelle je n’avais même pas réfléchi :

— Tu feras combien de défilés par mois ?

Interdite, je lui réponds que je n’en sais rien et elle éclate de rire.

Le lendemain, je me sens en joie. Je vais enfin pouvoir gagner un peu d’argent et cela me fait un bien fou. Comme convenu, je ne mets pas de sous-vêtement sous mon tailleur, juste une paire de bas foncés, car malgré le printemps, la chaleur n’est pas au rendez-vous. A quinze heures précises, je pénètre dans la boutique. Le patron est déjà là et m’attend derrière sa caisse.

— Je t’ai préparé ce que tu devras mettre. Tout est sur cintre, tu les prends dans l’ordre. T’as compris ?

J’opine et vais voir les habits que je dois porter. Comme il vient de me l’indiquer, les vêtements sont parfaitement alignés sur une rangée de cintres. Je remarque immédiatement qu’il y a une collection de maillots de bains, de robes du soir, une autre de mariée et quelques ensembles.

Je me retourne et demande au patron :

— Je dois tout essayer ?

— Oui, tu commenceras par les maillots de bains et tu finiras par la robe de mariée. Tu peux déjà mettre ce maillot, m’indique t-il en me montrant la première pièce de la collection.

J’attends qu’il s’éloigne, mais visiblement, il veut profiter du spectacle. Je retire donc, sous ses yeux, ma veste et mon chemisier. Cachant ma poitrine de mon bras, je me retourne pour lui signifier que je préfèrerai être seule, mais il néglige ma demande et reste planté là, à côté de moi, en m’affirmant qu’il veut me voir entièrement nue pour savoir s’il peut me confier ce travail. La fraîcheur de la pièce fait durcir mes pointes de sein qui se dressent bien malgré moi. Vaincue par son discours, et trop contente d’avoir enfin trouvé un boulot, je retire mes chaussures et mes bas avant de faire glisser la fermeture éclair de la jupe. Je me retrouve entièrement nue devant lui. Il m’observe alors que je tends la main pour prendre le maillot.

— Il faudra faire mieux que ça pour ta toison. Un ticket de métro, au maximum… Va dans la cuisine, tu trouveras de quoi raser ça.

— Mais…

— Tu peux aussi te rhabiller et t’en aller, si tu veux, m’informe t-il.

Je baisse la tête et pars sur la pointe des pieds vers l’arrière-boutique, me couvrant la poitrine et le pubis en passant devant lui. Sur le lavabo, je trouve un rasoir et une crème. Il me faut moins de cinq minutes pour limiter ma toison à son strict minimum. Un peu honteuse, je reviens dans la boutique où j’ai juste le temps d’apercevoir le futur acheteur de la collection qui vient d’entrer, accueilli par le patron qui s’empresse de le mettre à l’aise en lui offrant un verre. Le patron revient me voir alors que j’enfile le premier maillot.

— C’est bien, mets tes chaussures, tu passeras devant lui, tu fais demi-tour et tu reviens te changer pour prendre le suivant. Dès que tu es prête, tu recommence… Compris ?

Je hoche la tête en signe d’assentiment, complètement choquée à l’idée de faire ce qu’il me demande. Je l’entends retourner vers son client et lui dire en anglais :

— Soyez indulgent, c’est une débutante, mais la collection est bien…

Sans attendre la suite, je m’extirpe de ma cachette et me dirige vers eux d’un pas que je voudrais plus assuré. Ils sont assis côte à côte le long du mur. A leur hauteur, je pivote et me réfugie vers mon paravent pour me changer. Je ne pense même pas à raccrocher le maillot que je jette sur la chaise, je prends le suivant et l’enfile rapidement. Il est de couleur jaune citron et me moule complètement, le dos largement dénudé descends en vé jusqu’à la naissance de mes fesses. Un peu plus assurée qu’à mon premier passage, je m’élance vers eux, fais demi tour et reviens pour la présentation suivante. Les deux hommes discutent sans paraître me prêter la moindre attention. Confuse, je continue mes navettes, cela fait au moins vingt fois que je passe devant eux. C’est l’instant où je dois enfiler une magnifique robe de soirée noire incrustée de pierres, au décolleté impressionnant. En me penchant, je vois même plus bas que mon nombril. Mes seins sont pratiquement découverts. Je me demande bien qui pourrait acheter une robe pareille sans déchaîner les foules. Je m’échappe de ma cachette pour m’orienter vers les deux hommes. Je vois immédiatement une pointe de feu s’allumer dans leurs regards. En passant devant eux, je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil au miroir. Si ce n’est le décolleté, la robe est magnifique. Je me vois bien dedans avec un collier de diamants…

Une fois mon pivot parfaitement réussi sur mes talons hauts, je m’achemine lentement vers mon paravent. Leurs conversations ont cessé sur ce passage. J’aimerai tant que mon travail serve à quelque chose. Rapidement, la dernière robe arrive, celle de mariée. Je mets plus de temps à l’enfiler, car les broderies me paraissent tellement fragiles. De plus, les dentelles sont si fines que j’ai peur de les arracher en passant cette merveille. Il me faut un peu de temps, aussi, pour trouver et remonter la fermeture dans mon dos. Enfin j’y suis. Heureusement, mes chaussures disparaissent sous la longue robe. C’est étrange, cette impression d’être nue et exposée dans cet ensemble. Une corbeille métallique m’entoure les hanches et le tissu ne me touche même pas, me laissant les jambes libres de toute entrave. Je passe au ralentit et en souriant devant les hommes qui, presque indifférents à cette politesse, ne contemplent que la robe qui m’entoure. Je suis heureuse et soulagée de retourner dans ma cachette pour retrouver mes vêtements. Je les entends discuter, toujours en anglais. L’australien a l’air satisfait de la collection. Je saurais bientôt si ma prestation a été à la hauteur. Enfin, la porte fait retentir sa sonnette à la sortie de l’acheteur. Je me décide à m’extirper de ma cachette après avoir remis de l’ordre dans la collection et rangé sur cintre toutes les pièces.

— Bien ! M’accueille le patron. Tu t’en es bien tirée, pour une première fois. J’avoue que la robe du soir a fait basculer son choix.

Je suis heureuse de l’apprendre, mais après un court moment d’hésitation, il reprend :

— Par contre, il faudra que tu apprennes à marcher ! Ici, on n’est pas dans la rue, il a fallu que je le retienne, surtout les dix premières minutes…

— Mais je n’ai jamais fait cela avant, dis-je pour me défendre.

— Je sais. Aussi, je vais te donner quelques trucs pour que tu aies vraiment l’air d’une professionnelle. Viens par ici, me commande t-il.

Sans trop me poser de question, je m’approche de lui. Il sort de son portefeuille deux billets de cent euros. Il me les tend et j’essaye de me les approprier mais il les retient fermement.

— Tu m’en dois un, me rappelle t-il.

Mes doigts se referment sur l’autre billet que je range prestement dans mon sac. Il plie le deuxième et me le montre avant de me dire :

— Ceci va t’apprendre à marcher correctement. Veux-tu t’instruire ?

Sans comprendre réellement ce qu’il cherche à me dire, j’accepte.

— Vas fermer la porte et descends le rideau, me demande le patron.
J’obtempère, bien décidée à ne pas me laisser faire au cas où il voudrait s’en prendre à moi.

— Enlève ta jupe. Tu vas comprendre.

J’hésite un instant, ne sachant pas trop où il veut en venir.

— C’est pour t’apprendre à défiler. Ne sois pas si idiote et fais-le.

Seulement vêtue de ma veste, je m’approche de lui et attends. Je constate que je n’ai plus honte de me présenter ainsi devant lui.

— Tiens, dit-il en me présentant le billet plié en deux, tu le glisse entre tes fesses, tu vas jusqu’à la cuisine et tu reviens. Sans qu’il tombe, sinon tu le perds pour de bon.

Je me mords la lèvre avant de me décider. Cela n’a pas l’air trop difficile, après tout ! Je tends la main pour prendre le billet et le glisse entre mes fesses. Je dois serrer très fort pour que la fine feuille de papier ne glisse pas. Il me faut même plusieurs tentatives pour la maintenir bloquée. Enfin sûre de moi, je m’élance, lentement d’abord. Je m’aperçois que ma démarche en est complètement transformée. Je commence à comprendre tout ce qu’il me manque pour devenir mannequin… Je suis obligée de me redresser, de tirer les épaules en arrière pour compenser l’effort que m’oblige à produire le maintien de ce petit bout de papier. Une fois dans la cuisine, je fais demi-tour en faisant attention à ne pas me relâcher. Je retourne vers lui qui me sourit béatement. Une fois devant lui, j’attrape le billet pour le lui rendre mais il refuse net en m’affirmant que je peux le garder. Par contre, je dois encore m’entraîner pour prétendre défiler avec grâce. Piquée au vif, je replace le billet et repars rapidement. Trop rapidement peut-être, car en revenant, j’aperçois le carré de papier sur la moquette.

— Alors ? Me questionne mon professeur.

Honteuse, je le ramasse et lui demande humblement si je peux recommencer. Il acquiesce et me propose même un marché. Dès que je me sentirais sûre de moi, je devrais rentrer chez moi avec. Tant pis pour moi si je le perds ! Je m’imagine dans le métro avec le billet coincé dans la raie des fesses…

Je reste deux heures à déambuler dans la boutique. J’avoue que mon maître est d’une patience d’ange. Au bout de tout ce temps, ma silhouette s’est métamorphosée. C’est une jeune femme totalement transfigurée qui sort du magasin. Mes petites fesses bloquent fermement le billet pour l’empêcher de glisser. La poitrine fière et relevée, j’avance dans la rue sans me soucier des passants qui me regardent m’éloigner vers la bouche du métro. J’hésite un instant avant de descendre l’escalier… Quelle honte si le billet s’échappe ! Prudemment, en serrant le plus possible le petit bout de papier, je descends la première marche, puis les suivantes. Arrivée en bas, je n’ose pas regarder. Tout aussi fière qu’à ma sortie de la boutique, je pénètre dans la rame du métro, n’osant même m’asseoir de peur de perdre mon billet.

J’arrive chez Sandrine, elle est déjà dans la cuisine pour préparer un repas léger. Je lui saute au cou et lui explique mon après-midi. Elle est heureuse pour moi et me félicite chaudement. Lorsque j’en viens aux explications de mon apprentissage du métier de mannequin, elle me regarde bouche bée, n’osant pas me demander si j’ai encore le billet. Je retire ma jupe et le lui montre. Il est encore là, je ne l’ai pas perdu !

— L’argent n’a pas d’odeur ! commente Sandrine en éclatant de rire.

Après le dîner, la soirée passe à une vitesse folle. Sandrine est vraiment heureuse pour moi et je suis contente également de pouvoir l’aider. J’étais tellement satisfaite de moi que j’ai totalement oublié de questionner Victor, le patron de la boutique, sur la date du prochain défilé. Je m’endors avec la pensée de le voir demain après-midi pour le lui demander.

Lorsque je m’éveille le lendemain, Sandrine est déjà partie. Je prends mon thé comme sur un nuage : J’ai enfin un boulot, même si ce n’est pas celui que j’espérais, c’est au moins de l’argent qui rentre dans la caisse et cela nous rassure toutes les deux.

En fin de matinée, je retourne voir Victor. Curieusement, le rideau de la boutique est baissé. Je reste stupide un instant, comprenant que je n’ai même pas le moyen de le joindre. Je me décide à me renseigner auprès de ses voisins. Un de ses amis m’apprend qu’il est parti pour la journée et qu’il sera de retour demain, mais si j’ai besoin de quoi que ce soit, il me donne un numéro où je peux le joindre en cas d’urgence.
D’urgence, il n’y en a pas, aussi je passe le reste de la journée à déambuler sans but dans la capitale. Je rentre un peu avant Sandrine qui m’interroge sur ma journée. Je m’aperçois que j’ai complètement abandonné l’idée de trouver une place d’assistante de Direction. Sandrine m’observe un instant et me demande de marcher devant elle. Surprise, j’obtempère et fais quelques pas dans le petit appartement. Elle m’annonce alors :

— Tu sais que tu ne marche plus du tout comme avant.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Les épaules en arrière comme si tu voulais que tes seins passent à travers une muraille, tu as une silhouette complètement différente. Tu t’es promenée comme ça toute la journée ? Tu as dû être suivie par une foule de mecs ? En tous les cas, moi, j’aime bien. J’ai bien envie de faire comme toi, et d’apprendre à marcher !

J’avoue que je n’y ai prêté aucune attention. Nous éclatons de rire toutes les deux quand je lui propose les cent euros. Toute la soirée, Sandrine s’entraîne à ne pas perdre le billet. Nous rigolons comme des folles.

Le lendemain matin, Sandrine me réveille, elle est encore en nuisette et m’avoue sa décision :

— Aujourd’hui, je ne mets pas de culotte et je vais serrer un petit bout de papier toute la journée.

— T’es dingue ! Comment tu vas t’asseoir ?

— Ca fait une heure que je m’entraîne. Regarde m’affirme t-elle en me dévoilant son postérieur avant de s’asseoir au bord du lit et de se relever pour me montrer qu’elle serre toujours son trophée.

Heureuse de ce succès, elle s’enfuit dans la salle d’eau pour s’habiller. Elle revient quelques minutes plus tard couverte d’un pull moulant faisant ressortir son soutien gorge et d’une jupe écossaise. Se retournant vers moi, elle m’expose son postérieur tenant fermement un petit bout de papier rose, dévoilant ses jambes fuselée gainées de bas blancs.

— Bonne journée, Sandrine, lui dis-je, ne perds rien en route !

Il est bien tôt pour aller voir Victor, aussi je prends tout mon temps pour me préparer. Je soigne mon épilation pour bien faire ressortir mon petit rectangle de poils ras et passe aussi mes jambes à la cire. Un bain chaud suivi d’un lait apaisant me remettent en forme. Il est dix heures quand je sors de la salle d’eau vêtue d’une simple robe à fleurs se boutonnant sur le devant. Ne sachant pas trop quelle journée m’attend, j’ai mis une paire de bas, un string et un soutien gorge assorti. J’arrive vers onze heures à la boutique de Victor. Il est là, accoudé à son comptoir. J’entre, carillonnée par la sonnette de la porte.

— Bonjour Victor, je suis passée hier, mais la boutique était fermée.

— Je préparais la commande pour l’Australie, d’ailleurs, approche, j’ai une petite prime pour toi, dit Victor en sortant une jolie liasse de billets.

Il en compte six et me les remets. Je n’en espérais pas tant, je le remercie chaleureusement.

— Toi, tu aimes le fric, ça se voit.

— Je ne crache pas dessus, surtout en ce moment.

— J’ai un client qui pourrait t’en faire gagner pas mal, ça te dit ?

— Ca dépend, pour quoi faire, je ne couche pas ! Je n’en suis pas là !

— D’abord, tu fais ce que tu veux, et en plus je ne gagne rien là-dessus. Alors arrêtes de me prendre pour un maquereau, ça pourrait me fâcher. La semaine prochaine, tu es libre ?

— Pour l’instant, oui. Tu sais très bien que je n’ai pas de boulot. Du moins, pas encore.

— J’ai besoin de toi pour un défilé. Une grosse commande, jeudi prochain, neuf heures ici.

— Ici ? Je veux dire, la présentation, c’est ici ?

— Non, on ira à un autre entrepôt, c’est en province. On y sera vers quinze heures. En attendant demain, j’ai quelque chose pour toi…

Il attend un moment, observant ma réaction, puis continue tout en me surveillant du coin de l’œil :

— Ce n’est pas réellement un client à moi, mais on se rend service de temps en temps. Il est à Paris pour quelques jours… Je peux l’appeler, si tu veux.

Je me balance d’un pied sur l’autre ne sachant pas si je dois refuser. Si je dis non, il est capable d’en trouver une autre pour son défilé, et adieu le fric. Pour l’instant, j’ai gagné huit cents euros en trois jours. Pas mal pour une débutante… Je lui demande :

— Qu’est-ce que je devrais faire ?

— D’abord, je vais te nipper avec autre chose que le parfum de fleur desséchée que tu portes, m’affirme Victor en me demandant de le suivre. Enlèves-moi ça.

Je déboutonne la robe à fleurs, dévoilant mon ensemble que je pensais sexy.

— Tu enlèves tout.

J’obtempère en commençant par le soutien gorge.

— Les bas, tu peux les garder. Tiens, enfiles ça, dit-il en me tendant un imperméable qui m’arrive juste au niveau des genoux. Ne sois pas bête, boutonne-le ! M’ordonne t-il. Tu trouveras l’adresse dans la poche gauche.

Instinctivement, je plonge ma main dans l’imper pour en sortir un papier plié en quatre.

— Tu regarderas ça tout à l’heure, je l’appelle avant, précise Victor en se dirigeant vers son comptoir. Reste-là, m’ordonne t-il.

J’entends à peine ce que se disent les deux hommes. Je sais simplement qu’ils parlent de moi. Que Victor est en train de me vendre…

— Bien c’est d’accord, il t’attend dans une demi heure, chambre douze. Tu as noté, jeudi prochain à neuf heures précises, ici. Bonne soirée, ma chérie. Au fait, tu t’appelles comment ?

— Carole.

Je sors de la boutique, acclamée par la sonnette, en me demandant ce que je suis en train de faire. Deux minutes plus tard, je m’engouffre dans le métro en vérifiant l’adresse. J’y suis cinq minutes avant l’heure du rendez-vous. J’ai encore le temps de tout arrêter. Tant pis, je me lance, je pousse la porte de l’hôtel. Une jeune femme est à l’accueil, alors qu’un couple de retraités est avachi dans les fauteuils de l’entrée, feuilletant les revues touristiques. Avec un large sourire, je m’adresse à l’hôtesse, lui signalant que l’on m’attend chambre douze. Elle m’indique l’ascenseur que j’appelle sous le regard des deux retraités. En face de la porte, je tremble comme une feuille, ma respiration est saccadée et mon cœur bat à tout rompre. Mon bras monte doucement et ma main toque le bois, juste sous le numéro douze. Une minute atroce s’écoule avant que l’huis ne s’ouvre sur un homme d’une trentaine d’années à la peau fine et soignée, vêtu d’un costume trois pièces anthracite. Je le trouve séduisant, il m’observe mais ne m’invite pas à entrer.

— C’est Victor qui m’envoie…

— Je sais, déclare l’inconnu.

Son regard descend le long de mon imperméable, puis il me demande d’une voix douce :

— Ouvrez votre manteau, que je puisse vous voir.

Rouge de confusion, j’hésite un peu trop à son goût et il commence à refermer la porte.

— Attendez, déclarais-je d’une voix perdue d’émotion, alors que mes mains commencent déjà à déboutonner le haut du vêtement, puis le deuxième bouton…

Je suis à la torture, rouge de honte, tenant l’imperméable largement ouvert, dans ce couloir où n’importe qui peut surgir. D’ailleurs, j’entends l’ascenseur s’arrêter à l’étage. Je le supplie du regard pour qu’il me fasse entrer. Enfin la porte s’ouvre complètement et il s’efface pour que je puisse me glisser dans la chambre. Je respire plus librement alors qu’il referme la porte derrière moi.

— S’il vous plait, donnez-moi votre manteau, me demande l’homme.

Encore un peu hésitante, mais confiante dans cette voix chaude et sincère, je lui obéis et lui tend l’imperméable.

— Merci, vous êtes nouvelle, je ne vous ai jamais vu…

Les cordes vocales comme paralysées par l’émotion, je peine à lui répondre. Il insiste.

— C’est la première fois que vous faîtes cela ?

Dans un souffle, j’arrive à murmurer :

— Oui…

— Bien, allez vous rafraîchir dans la salle de bain, je vous attends.
J’aimerai vous voir entièrement nue. Laissez-y toutes vos affaires.

Comme une automate, je me dirige vers la salle d’eau. Face au lavabo, je me regarde dans le miroir. Est-ce bien moi ? Que suis-je en train de faire. Une envie irrésistible me pousse, comme une voix au plus profond de mon être, mais une peur panique m’envahit et me retient. Je fais couler l’eau froide et m’en imbibe les joues. Mon visage est écarlate, incapable de bouger d’avantage, j’appuie mes mains contre le rebord du lavabo, attendant que la bouffée de chaleur s’apaise. Lentement, je me calme, ma décision est prise. J’abandonne mes chaussures et quitte mes bas. Je laisse tout tel quel. Nue, je retourne dans la chambre. L’homme est là, assis dans le fauteuil, jambes croisées dans son costume de qualité. Il m’observe. Je reste interdite sur le seuil de la porte. De sa voix douce, il m’invite :

— Allongez-vous sur le lit.

Au ralenti, je pose un genou sur le rebord, puis je me couche sur le dos, se conformant à ses instructions. Je ne bouge plus, les bras collés au corps, il m’examine en souriant. Je sens son regard sur ma peau. Des picotements me parcourent.

— Caressez-vous…

Terreur absolue. Comment peut-il me demander une chose pareille ?

— Allez-y, insiste t-il.

Je sens son regard sur moi, je ne peux pas bouger.

— Je… Je…

— Je vous gêne ?

— Oui, c’est à dire… C’est la première fois que.

— Que vous vous caressez ?

— Non que quelqu’un me regarde…

— Dans le tiroir, il y a un masque de nuit. Mettez-le, m’ordonne t-il.

Je roule sur moi-même pour ouvrir le meuble. C’est un masque de feutre, du genre que l’on met en avion. Je m’en recouvre les yeux, la pièce disparaît, ainsi que mon angoisse.

— Pensez que vous êtes seule, chez vous, personne ne vous regarde… me propose la voix.

Je m’imagine, étendue sur mon lit, dans le silence de l’appartement. Ma main recherche ma sensibilité, rapidement, mes doigts découvrent les points les plus réceptifs. Je ne suis bientôt plus que bonheur. Ma respiration s’accélère. De plus en plus vite, mes mouvements s’enchaînent, me propulsant dans un monde de plaisir balayé par une large lame de fond. Je reprends pied doucement, j’ai oublié où j’étais, j’ai oublié ce regard sur ma peau, sur mon intimité… Je me sens vulnérable. Je suis trempée. J’ai joui comme jamais.

Une musique s’élève en sourdine dans la pièce. Je ne l’avais pas remarqué tout à l’heure. Est-ce lui qui l’a mise en route ? Certainement, j’écoute la mélodie, bercée par son doux murmure. Comme par enchantement, une caresse me balaye le corps, presque un chatouillis. Je sursaute. Parti de ma jambe droite, le frôlement remonte, comme un souffle, le long de ma cuisse puis sur mon ventre. Je ne bouge pas, subjuguée par l’effleurement si délicat. Je n’ai pas entendu l’inconnu se déplacer, mais je sais qu’il est là, juste au dessus de moi, surveillant le résultat de ses caresses. Sa plume ou je ne sais quel ustensile, contourne précautionneusement mes seins, redescend, passe à deux doigts de mon nombril, vient titiller mes lèvres et s’éloigne ensuite sur ma jambe gauche. Je regrette déjà son départ et mon soupir de frustration le lui fait comprendre. Immédiatement, une autre sensation m’envahit. Toujours sous la forme d’une caresse, mais beaucoup plus diffuse. Sur la plante des pieds, pour commencer. Puis la cheville, le tibia, le mollet. Je meurs d’envie de retirer ce bandeau, mais je succombe au plaisir de cet attouchement, qui me parcourt maintenant l’intérieur de la cuisse. J’écarte légèrement mes jambes pour en sentir la caresse sur mon sexe. Mon ventre se contracte en cadence. J’adore ce qu’il me fait subir. A la fois délice et torture. Sur mon ventre, il laisse comme une large traînée de désir, remonte sur ma poitrine. Mes tétons, hypersensibles qui se laissent cajoler sans résistance pour me propulser au seuil d’une jouissance encore inconnue.

A mon oreille, il me souffle :

— Retourne-toi sur le ventre… et mets tes mains sur ta nuque.

Comme dans un rêve, je roule sur moi-même pour lui obéir et noue mes doigts derrière la tête pour lui offrir mon dos et ma croupe.

La voix reprend, toujours aussi chaude et sensuelle :

— Ecarte-toi plus.

Vertige avant de me soumettre à sa volonté. Dans un soupir, je lui cède. Presque aussitôt, la caresse qui s’était arrêtée au bord de mon cou, reprend. Cette fois au niveau de l’intérieur de mes cuisses. Je le sens contre moi, tout près. Il se joue de moi, et j’adore cela. Je ne sais pas quel est l’instrument qu’il utilise, mais je n’ai jamais rien ressenti d’aussi crispant, obnubilant. Tous mes nerfs sont à vif. Je m’efforce de ne pas crier lorsque l’effleurement se réfugie entre mes fesses et remonte contre mes reins puis le long de ma colonne vertébrale. J’ai du mal à respirer.

Soudain la caresse cesse, puis revient contre mes fesses qui se contractent sous la surprise. L’instrument me balaye alternativement de bas en haut et de haut en bas, puis disparaît pour réapparaître aussitôt dans mon dos. Son petit jeu continue de longues minutes, m’emmenant au bord d’un plaisir extrême. Sa main s’est posée sur moi et ses doigts recherchent une entrée dans mon sillon. Ils la trouvent rapidement et je succombe à cette pénétration douce et sans pareil. L’instrument reprend sa course, partant de mes doigts entrelacés sur ma nuque pour descendre le long de ma colonne vertébrale. Pendant ce temps, sa main s’est infiltrée profondément en moi. Je m’écarte pour le laisser me pénétrer d’avantage. Je ne contrôle plus ma respiration, je suffoque de plaisir. Puis soudain, alors que la chose vient de m’effleurer la fesse et que je suis prête à jouir, un coup s’abat sur ma peau, juste à côté de sa main. Je sursaute et crie de surprise. Cela ne m’a pas fait mal, mais m’a simplement surprise alors que j’étais à la limite du plaisir.

— Tu aimes, me questionne l’inconnu ?

Dois-je le lui avouer ? J’adore ce qu’il fait, mais le coup sur mes fesses ont déclenché autre chose, comme un besoin…

— Oui, cédais-je dans un souffle.

Le doux contact de la plume a repris le long de mon dos, descendant entre mes reins. En un éclair, je réalise qu’il s’agit d’un fouet ! Ce sont les lanières qui me balayent aussi tendrement et j’attends, souffle coupé, le moment où il va me quitter pour s’abattre sur ma peau. L’inconnu fait durer mon angoisse, sentant instinctivement ma tension, prenant plaisir de mes frissonnements. Les filaments visitent l’intérieur de mes cuisses. Je m’efforce de rester immobile, figée dans l’attente délicieuse du moment où les lanières vont cingler. Ses doigts se sont retirés, laissant seules le fouet me parcourir, s’attardant un instant dans mon sillon offert qui m’oblige à un réflexe de contraction. Cette fois le claquement sec des fils de cuir m’a fait sursauter avant que je prenne conscience de leur piqûre sur ma peau délicate.

— Chuuut… me calme la voix, alors que je tente de tourner sur moi-même pour me protéger. Remets tes mains sur ta nuque.

Docilement, j’obéis à sa requête et reprends ma position sur le ventre tout en rejoignant mes doigts derrière ma tête. Je brûle d’envie d’être prise ainsi, humiliée par ses doigts ou pire encore.

— Victor m’a demandé de ne pas te marquer, aussi respecterais-je sa demande. Par contre…

Je suis suspendue à sa voix, chaude et tendre. Que va-t-il me demander alors que je suis déjà prête à tout lui céder ?

— Par contre, je compte te revoir, j’aime ta peau et la délicatesse de ta beauté. Je contacterais Victor, sois en sûre… On se reverra.

— Mais…

— Pas de mais, continue la voix du fond de la pièce. Tu refermeras la porte derrière toi en sortant.

J’ai à peine le temps de me retourner et d’enlever le bandeau que mon inconnu a disparu, me laissant seule dans la chambre. Interdite, je cours jusqu’à la porte que j’ouvre pour jeter un coup d’œil dans le couloir, mais il reste introuvable. En revenant, je découvre une enveloppe sur la table de chevet. Je l’ouvre et compte mille euros. Je retourne dans la salle de bain, pour récupérer mes affaires. Je m’habille en un rien de temps et quitte l’endroit en prenant bien soin de refermer la porte de la chambre comme il me l’a demandé. Tête basse je traverse le hall d’entrée alors que l’hôtesse m’observe par dessus l’épaule. Tout en repensant aux dernières paroles de l’inconnu, je retourne sur Grenelle pour trouver un taxi. Un moment plus tard, dans l’appartement, je me remémore ces dernières heures. En quelques jours, j’ai gagné plus que j’aurais pu le faire en un mois de travail, mais que suis-je devenue ?




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Commentaires

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samedi 4 février 2012 à 12h14 - par  Crabou

Claire,

Te lire est toujours un plaisir. J’aime beaucoup la sensualité de tes récits. Le mélange de sensualité et de SM est pour moi un chemin qui mène toujours à la jouissance et c’est ce que je recherche dans mes jeux SM.

Tu dois avoir une longue pratique pour décrire aussi bien le ressenti des dames de tes récits.

Mon seul regret : Je m’attendais à quelque chose de spéciale pour la robe de mariée mais tu ne l’a décrit pas suffisamment.

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vendredi 3 février 2012 à 15h44 - par  AngeM78

Très beau récit érotique.
Très sensuel !

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