La boite de Pandore 4

4 - Le rendez-vous
mardi 30 septembre 2003
par  Marine
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Entièrement nue au milieu de son lit défait, le miroir de l’armoire lui renvoie son image. Les cuisses ouvertes, elle a une vue intégrale sur sa vulve béante et poisseuse.

S’il lui faut d’autres preuves pour se convaincre de la réalité des faits qu’elle vient de vivre, ses doigts dégagent des effluves dont l’origine ne peut lui échapper. Son bas-ventre raisonne encore sous l’onde de choc du séisme. Des jambes molles... pas de doute Alex doit l’admettre : cette femme l’a faite jouir... par téléphone.

Une fille qu’elle connaît à peine. Elle a accepté pour elle de se déshabiller et de mimer une relation saphique par téléphone. Et ça a marché, incroyable !

Peu à peu Alex reprend ses esprits. La question est : que faire ensuite ? Aller au rendez-vous fixé par cette Marie ? C’est bien tentant et surtout tellement excitant. Rien que d’y penser Alex sent son entrecuisse s’humidifier à nouveau... Aucune fille ne lui a fait un tel effet jusqu’à ce jour. L’adolescente saute du lit et se place devant le miroir.

  • Tiens Marie, la petit salope d’Alexandrine s’offre à toi... Disant cela, elle prend ses seins dans ses mains et les offre à son double dans la glace. Je te plais ? Prends-moi, baise moi, fait moi tout ce qu’il te plaira...

Elle se caresse, mime un baiser fougueux sur le miroir.

C’est au radar, quelle se dirige vers la salle de bain. Et c’est seulement après une bonne douche chaude puis glacée qu’elle revient à la réalité.

Complètement dégrisée, une serviette éponge autour de la taille, une autre autour de la tête, Alexandrine émerge devant le miroir de la salle de bain couvert de buée.

  • Ma p’tite, se dit elle, tu as des envies de gouine ! Cela fait des années que tu en rêves, que tu fantasmes, que tu arrêtes pas de te caresser là-dessus. De piquer des bouquins de cul à ton frère avec des filles à poil....alors assume ! Tu viens d’avoir 18 ans, le moment est venu de savoir si t’es cap ?

Comme pour se convaincre de son choix, la réponse qu’elle désirait s’entendre dire jaillit du fin fond de son être comme un cri de guerre :

  • J’suis cap ... p’tite conn ... se lance t-elle à travers le miroir, histoire de se donner du courage.

Puis Alexandrine fait le vide pour se concentrer sur son maquillage. Elle puise sans vergogne dans les produits cosmétiques de sa mère. Combien de fois, elle avait traité sa mère de pot de peinture, de poule... parce gamine elle lui reprochait de trop se maquiller.

Maintenant, si Véro la voyait elle ne la reconnaîtrait pas. Tout y passé, fond de teint, rouge pour les joues, rouge à lèvres, contour des lèvres, phare à paupières, massacra.... A l’aide d’un mouchoir en papier elle enlève le surplus de rouge à lèvre, et jette un œil scrutateur dans la glace :

  • Humm pas mal, s’écrie t-elle. Pour un coup d’essai, c’est pas si mal que ça ! C’est pas tout ça les cheveux maintenant...

Une fois maquillée, coiffée et parfumée, il faut penser à s’habiller. Assise sur le bord du lit, elle enfile sur ses longues jambes des bas noirs auto-fixant rehaussés de dentelle fine de chez Arielle. Une boutique de lingerie située pas très loin de son lycée où elle les avait achetés avec Anita en cachette de sa mère il y a quelque mois. Pour les chaussures, plus difficile.

  • Je n’ai rien à mettre, baskets, mocassins ou sandales à talons plats.... c’est nul, râle Alexandrine. Je vais en piquer une paire à maman.

Ni une ni deux, voila Alexandrine dans la penderie de Véronique, rayon chaussures et ce n’est pas ce qui manque. Combien de fois la mère et la fille se sont disputées pour ces chaussures. Véronique reprochant à sa fille d’être un garçon manqué et de manquer totalement de féminité, et Alexandrine lui rétorquer qu’ainsi vêtue elle faisait un peu pute. Ce jour-là, la gifle est partie et les portes ont claqué dans l’appartement.

Il faut dire que la garde-robe de Véro a changé en l’espace de quelques mois. En fait, depuis qu’elle a fait la connaissance de son nouvel ami un certain Marc Stephen. Fini, les tailleurs strictes et les talons plats, il trouve que cela la vieillit et Alex partage son avis mais se garde bien de lui dire.

Les jupes ont raccourci, les robes longues se sont ouvertes jusqu’à la hanche, les chemisiers se sont échancrés et devenus plus diaphanes, sans parler de la lingerie.... Et pour les chaussures, de préférence ouverte, pas un talon en dessous de sept bons centimètres. Même que cet été Véronique a acheté à Paris devant l’insistance de son amant, une paire de sandales démentes. Des plates-formes noires à talons aiguilles de près d’une quinzaine de centimètres qui s’attachent au-dessus de la cheville à l’aide d’une bride assez large. . Il faut bien dire qu’avec ces sandales Véro était divinement cambrée, faisant saillir sa croupe insolente dans une jupe en cuir rouge hyper moulante sur un body diaphane noir, porté à même la peau qui ne dissimulait rien de sa plantureuse poitrine. Nouvelle coupe de cheveux, plus courte, l’acajou un peu stricte a fait place à un blond platine.

  • C’est une belle salope Véro, pensa Alexandrine. Dans sa bouche, ce n’était pas une insulte, au contraire presque un compliment.

Son choix s’est porté sur une paire de sandales rouges des plus simples à talons carrés, d’une hauteur acceptable.

Quasiment nue, juste vêtue de ses bas et chaussures à talons qui la cambre délicieusement, mettant en valeur ses jolies fesses de poupées, Alexandrine déambule devant la psyché du salon comme pour un défilé de mode son imper sur l’épaule, se déhanchant à chaque pas. La belle gamine est assez fière d’elle.

Ainsi vêtue, si on peut parler de vêtue, on lui donnerait volontiers vingt, voire vingt deux ans.

  • Hummm mais quelle allure, pense t-elle en jetant un coup d’œil dans le miroir. Un rien d’angélique, un rien de dépravé... la perversion à l’état pur. Si après cela Marie ne craque pas, c’est qu’elle préfère les garçons.

Elle jette un dernier coup d’œil dans la glace, ferme la lumière et sort de la pièce. Elle enfile l’imperméable en plastique noir sans bouton, juste fermé par une ceinture nouée sur le devant. Le froid du plastique a même la peau lui donne la chair de poule. Elle remonte son col, prend son mini-sac à main en bandoulière, ferme la lumière et claque la porte d’entrée.

Le bruit aiguë de ses talons sur les marches en pierre raisonne dans la cage d’escalier. Alexandrine s’attend à voir surgir à chaque étage les locataires de l’immeuble lui demander des comptes... plus que quelques marches et ça y est. Une fois la grande porte du hall d’entrée refermée avec précaution une nouvelle épreuve attend l’adolescence.

L’air plus frais du dehors s’engouffre dans son imperméable et la fait frissonner. Elle remonte son col. Malgré l’heure tardive, il fait encore clair et il y a encore beaucoup de monde dans les rues, des couples d’amoureux, des groupes d’amis qui sortent des cinémas et s’attardent à la terrasse des cafés.

Avec les vitrines des magasins illuminées et la lumière des réverbères, on se croirait presque en plein jour. Passé l’effet de surprise, finalement la température lui paraît presque agréable. Et sa totale nudité serait quasiment oubliée s’il n’y avait pas le problème de cet imper un peu trop court qui lui arrive à mi cuisses. A chaque pas, les pans de son vêtement s’entrouvrent sur ses longues jambes, laissent entrevoir la lisière de ses bas en dentelle . Et à chaque pas elle replace les pans de ce maudit imper maugrée t-elle.

Le martèlement de ses talons sur le bitume capte l’attention des passants. Il faut dire qu’ainsi parée elle ne passe pas inaperçu. Alexandrine se sent délicieusement vulnérable totalement nue sous cet imperméable, à la merci de la première personne venue. Un frisson de volupté la parcours de la tête aux pieds aux pieds.

Instinctivement, la jeune fille sent les regards des hommes et des femmes se poser sur elle. Ils la fouillent, la déshabillent, la jugent. Qui sait la traitent-ils peut-être de p’tite salope ou d’allumeuse... qu’importe. Cette situation l’excite au plus au point.

En quelques heures, son statut a changé du tout au tout. Alex se rend bien compte quelle est passée de l’état d’adolescente timide et introvertie à celui de putain.

  • Oui maintenant je suis une petite pute, pense-t-elle l’air très satisfaite. Comment appeler autrement une fille qui va coucher avec un inconnu ou plutôt une inconnue (sourire).

Une douleur à la cheville droite la ramène à la réalité, une fois de plus sa cheville vient de déboîter à cause des pavés disjoints.

Les chaussures à talons c’est bien sur la moquette, mais dans la rue quand on n’a pas l’habitude comme Alexandrine cela devient vite l’enfer. A chaque pas elle manque de perdre l’équilibre, de se tordre la cheville. C’est seulement à mi-chemin qu’elle commence à maîtriser ses nouvelles sandales.

En tournant à droite la jeune fille quitte le quartier animé. Le décor change. Les vitrines de magasins sont de moins en moins nombreuses. Les passants se font plus rares, pressés de retrouver les lumières de la ville.

Au bout de la grande artère, elle va déboucher sur la place de la Bourse. Ne venant que très rarement dans ce quartier où il y a essentiellement des bureaux.

Avec la transpiration, le plastique de son imperméable lui colle à la peau. Elle se sent moite et sale. S’approchant du lieu de rencontre, le rythme des battements de son cœur s’accélère Dans quelques minutes, elle sera fixée sur son sort. Une vraie folie pense t-elle, mais il est trop tard pour abandonner.

Sur sa gauche surgit un grand bâtiment administratif fait de pierres grises construit sûrement au début du siècle. Au-dessus de la porte principale est marqué en lettre bleu sur fond jaune : La Poste. C’était donc ici qu’elle a rendez-vous avec Marie, à moins que ce ne soit avec son destin....

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