Les plaisirs de Laura

dimanche 6 août 2006
par  Christine Arven
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Le corps de Laura se tendit imperceptiblement quand elle entendit le pas lourd de Philippe s’approcher lentement derrière elle. Elle en ressentit un soulagement mêlé d’une crainte diffuse. Lorsqu’elle était arrivée, transpirante et haletante d’avoir couru malgré la chaleur torride de peur d’arriver en retard, sans même lui laisser reprendre son souffle ou lui proposer un rafraîchissement, d’un geste péremptoire il lui avait indiqué la direction de la pièce qui s’ouvrait à gauche de l’entrée et lui avait ordonné de se déshabiller et de l’attendre agenouillée à même le carrelage. Cela faisait maintenant de longues minutes, peut-être une demi-heure, qu’elle était dans cette position dans la pénombre de cette pièce dépouillée de tout meuble à attendre le bon plaisir de Philippe. Les muscles de ses bras étaient ankylosés et une douleur lancinante vrillait ses genoux. Mais pas question de se plaindre. Et encore moins de bouger.Elle devait endurer sans une plainte cette interminable attente qui faisait partie de ce jeu cruel auquel elle se soumettait. Patiemment, dans une immobilité parfaite qui l’avait mise au supplice, elle avait donc attendu que Philippe daigne, enfin, s’occuper d’elle. Elle l’avait entendu vaquer à ses occupations, aller et venir dans l’appartement, déplacer des objets, téléphoner aussi. Avec envie, elle l’avait entendu ouvrir le frigidaire et se servir un verre d’eau fraîche avait-elle supposée. Elle avait si soif. Si chaud. Et il agissait comme si elle n’avait pas été là. Nue, à genoux à l’attendre, le corps moite de sueur, dans cette pièce surchauffée malgré les volets clos. Réduite à une attitude de chienne obéissante qui attend le bon plaisir de son maître. Mais c’est ainsi qu’il la voulait. Obéissante. Docile. Prête à tout supporter. Soumis à ses désirs.

Souvent, elle se demandait ce qui la poussait à accepter cette situation. Plus, à la désirer au plus profond d’elle-même. Comme quelque chose à laquelle elle n’avait pas la force de se dérober. Quel plaisir quelqu’un de sensé pouvait-il éprouver, se demandait –elle, à être traité de la sorte ? A être humiliée, battue, souillée. Chaque fois qu’elle le quittait, le corps endolori, elle se disait que c’était la dernière fois. Que plus jamais elle ne reviendrait. Et puis, au premier appel, elle accourait. Fébrile. Impatiente. Heureuse de le revoir. Oui, vraiment se dit-elle avec amertume, elle n’était pas normale. Mais elle ne pouvait pas s’en passer. Ce qu’elle éprouvait lors de chacune de leur rencontre était si fort...

Un tressaillement, appréhension et plaisir intimement mêlés, la parcourut quand elle sentit les mains de Philippe se poser au creux de ses reins. Puis elle se détendit sous le frôlement léger de la main chaude et douce qui glissait presque tendrement le long de ses fesses en une caresse d’une insupportable douceur, avant de s’immiscer dans la raie de ses fesses, s’arrêter un bref moment au bord de son anus afin d’en tâter l’élasticité, effleurant du bout des ongles les bourrelets sensibles qui l’entouraient puis continuer son périple plus loin. Dans le secret chaud et humide de son corps qui appelait éperdument la caresse. Sous l’attouchement, Laura, les sens en éveil, sentit un premier frémissement la parcourir. Le souffle en suspend, elle s’imprégnait de la caresse laissant se diffuser en elle les ondes de plaisir qu’elle faisait naître. Savourant la sensation de cette main qui s’appropriait son corps. Qui la fouillait de plus en plus intimement. Elle se cambra pour faciliter le passage des doigts retenant à grand peine un gémissement de plaisir. Trop tôt. Cela non plus elle ne devait pas le montrer. Du moins pas avant que Philippe ne lui en donne l’autorisation. Elle sentit les doigts s’immiscer entre ses lèvres charnues faisant jaillir de son vagin maintenant palpitant une vague d’humidité incontrôlable dont les effluves musquées vinrent chatouiller leurs narines. Elle se mordit les lèvres. C’était si bon. Jamais encore Philippe ne lui avait prodigué une caresse d’une telle douceur. Elle se sentit partir oubliant la douleur de ses genoux et de ses bras. S’abandonnant, heureuse et frémissante, au plaisir insidieux que les doigts lui dispensaient. Maintenant, quoiqu’elle y fasse elle ne pouvait retenir ses gémissement de bonheur. D’une voix tenue, elle supplia Philippe de continuer. Lui dit son bonheur. Son plaisir. Elle savait qu’elle n’aurait pas du. Mais il lui était impossible de retenir ces mots qui jaillissaient d’elle, incontrôlables. Mais Philippe ne sembla pas y prêter attention. Elle le sentit titiller son clitoris en un mouvement tournant qui la fit défaillir de bonheur et lui arracha un premier râle de plaisir. Elle se sentait couler en un flot impétueux le long des doigts qui s’introduisaient maintenant d’une lente mais impérieuse poussée dans la fente parfaitement lubrifiée de son vagin. Laura sentit son cœur battre plus fort en sentant la main pousser plus loin, l’élargir. S’engouffrer lentement mais inexorablement en elle, distendant les parois délicates de son vagin. De sa main demeurée libre, Philippe continuait d’exciter son clitoris la faisant surfer à la crête d’une vague de désir irrépressible qui lui ôtait toute possibilité de résistance. Qu’il n’arrête pas, songeait-elle. Pas maintenant. D’elle-même sans qu’il ait besoin de l’y inciter, elle écarta un peu plus les cuisses afin de faciliter l’intromission en elle de la main toute entière. LIRE LA SUITE

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