La punition

dimanche 19 septembre 2004
par  Christine Arven
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— A ton avis, quelle punition mérite ta désobéissance ?

Je déglutis péniblement, comprenant que c’est moi qui vais devoir fixer le niveau de mon châtiment. C’est—à—dire le degré de souffrance ou d’humiliation que me vaut ma faute. Un moment j’hésite. Je sais que la punition ne peut en aucun cas être trop faible. Mon Maître ne me le pardonnerait pas. Mais en même temps, je rechigne à fixer quoi que ce soit. Mon corps est encore endolori par le traitement qu’il du enduré aujourd’hui. Je ressens encore dans mon cul des élancements douloureux, souvenir des intrusions répétées qu’il a subi. Quant à mes seins, j’ai l’impression que mes mamelons ont doublé de volume d’avoir du subir pendant de si longues heures la morsures de pinces. Mais je sens mon Maître qui s’impatiente.

Je me remémore rapidement ce qui me vaut maintenant ce châtiment. J’étais en pleine réunion de travail lorsque mon téléphone avait vibré. Un bref regard sur l’écran m’avait appris que c’était mon Maître qui m’appelait. Normalement, c’est ce que mon Maître exige de moi, je dois, quoique je puisse faire, prendre la communication. Mais là, impossible. Déjà mon directeur me regardait avec désapprobation me reprochant muettement de ne pas avoir complètement éteint mon téléphone. Impossible dans ces circonstances de répondre et encore moins de m’éclipser. De nouveau le téléphone avait vibré faisant état de l’impatience de mon Maître. J’avais alors éteint, avec, je dois bien l’avouer, une certaine désinvolture, le téléphone me disant que je téléphonerai dès la fin de la réunion. Ce que j’avais bien sûr fait mais plus d’une heure après. A ce moment—là mon Maître n’était plus, ou n’avait pas voulu être disponible et j’étais tombé sur son répondeur. A plusieurs reprises, j’avais au cours de la journée essayé de le contacter. Sans y arriver. A la fin de la journée, le cœur lourd d’appréhension, j’avais rejoint notre appartement où déjà mon Maître m’attendait. Il m’avait accueilli sans un mot. Le visage fermé. Les yeux durs et froids. Je sentais gronder sa colère. Et maintenant, je suis devant lui, agenouillée tête baissée, bras croisés derrière mon dos, complètement nue. En fait, je suis agenouillée sur le carrelage dur dans cette position inconfortable depuis plus de deux heures et je ressens dans mes genoux et mes reins une douleur diffuse qui se propage jusqu’à mes épaules. Mon maître n’avait pas eu besoin de me dire quoique ce soit pour que je prenne immédiatement cette position. Je sais que c’est ainsi que je dois attendre, et cela aussi longtemps qu’il le juge bon, sa sentence quand je commet une faute. Mais jamais encore il ne m’avait fait attendre ainsi aussi longtemps. Pendant tout ce temps, mon angoisse montant d’un cran à chaque minute qui passait, je l’avais entendu vaquer à ses occupations habituelles tournant autour de moi comme si j’avais été transparente. Comme si je n’avais été qu’un meuble qu’on contourne avec désinvolture sans y prêter la moindre attention. Comme si je n’étais pas là. Je me dis que c’est peut—être cette indifférence qui est le pire des châtiments pour moi. Quand j’ai l’impression de ne plus exister à ses yeux.

Maintenant il est debout devant moi. Masse imposante vêtue de noir qui me domine.

— Alors, me lance—t—il impatiemment, j’attends.

Craintivement je lève mes yeux vers lui et murmure d’une voix hésitante.

— ..... 20 coups de cravache Maître.... bien appliqués

— Oui.... cela me semble correct. Mais tu auras droit à 10 coups sur ton dos et 10 coups sur ton ventre et tes seins. Plus 5 coups pour avoir oser lever les yeux vers moi sans que je t’en donne l’autorisation. Je te préviens que chaque gémissement, chaque plainte te vaudra un coup supplémentaire.

— Oui maître, arrivai—je à bafouiller misérablement.

— Alors va chercher la cravache. Je veux celle en cuir tressé et à bout plat... je sais que tu l’adores.... et ensuite met—toi en position.

Je frémis car il s’agit de la cravache que je crains le plus. Ses cinglements sont terriblement cuisants et marquent mon corps de longues traînées rouge qui, je le sais, mettront plusieurs jours à disparaître. Mais je ne sais que de toute façon, je ne peux y échapper. Résignée, je me redresse et vais chercher l’instrument de torture. Après cette longue immobilité, tous mes muscles sont ankylosés et je ne peux retenir un gémissement quand mes jambes se détendent.

— Et un coup de cravache en plus, me lance méchamment mon Maître. A croire que tu aimes ça !

Je le regarde, éplorée, comprenant que la punition a en fait déjà commencé. Mais je ne dis rien, inutile d’augmenter son ressentiment à mon égard, et me dirige vers le meuble où sont rangés nos instruments de jeu. Je me saisis de la cravache et la tends en tremblant à mon Maître avant de m’accouder, jambes écartées, reins offerts à la table du salon. LIRE LA SUITE

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Commentaires

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samedi 31 juillet 2021 à 17h20 - par  Henic

« La Punition » fait partie de ces histoires où Christine emmène son lecteur dans des lieux de souffrance volontaire, décrite de telle manière que l’on commence par plaindre la victime. Mais la surprise provient de ce que cette victime, quoiqu’elle souffre durement, aime ce qui lui arrive au point de tirer un très grand plaisir d’avoir franchi l’épreuve.
Cependant, dans ces histoires de soumission, il y a souvent un côté injuste. Ici, c’est la disponibilité totale et permanente de la soumise, alors qu’elle exerce une profession : c’est évidemment une condition impossible à respecter. Et le « jeu », déjà difficile sans cette condition, s’arrête à l’injustice pour devenir alors une contrainte insupportable.