Balade aux Philippines 5

Chapitre 5 - Départ imprévu
mercredi 8 février 2006
par  Alex Cordal
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À Manille, Alex Denon relisait l’interview du journal vieux de trois mois. Brigit Fergusson y racontait son enlèvement et sa détention. Elle accusait sans détour Valérie Berthier d’être la complice de ses ravisseurs, voire le cerveau de l’opération.

L’enquête d’Alex s’était officiellement terminée à la libération de Brigit. L’agent de l’Organisation avait été très actif pendant les négociations. C’était lui le contact de Marco. Les deux hommes ne s’étaient jamais rencontrés, mais les messages et les coups de téléphone avaient été nombreux.

Pour la France, l’affaire était classée : Brigit Fergusson était libre. Maintenant, le gouvernement philippin n’avait qu’à se débrouiller tout seul avec ses indépendantistes comme il l’avait toujours souhaité. Quant à Valérie Berthier, un mandat d’arrêt international avait été lancé contre elle pour enlèvement, séquestration et acte de barbarie. Car Brigit n’avait pas été tendre avec sa compagne de captivité. Le scénario qu’elle avait inventé présentait Valérie comme une perverse sadique qui l’avait torturée pendant sa détention. La volatilisation de la grande brune ne faisait que donner du crédit aux affirmations de la vedette.

Pourtant, Alex était persuadé de l’innocence de Valérie. Il n’avait aucune preuve, mais il trouvait que beaucoup de choses clochaient dans cette affaire. Pour lui, la comédienne pouvait être aussi une victime du NAKA. Il avait obtenu de l’Organisation le droit de poursuivre l’enquête. Son attirance pour la jeune femme n’était étrangère à sa demande. Habituellement, il faisait preuve d’un profond détachement vis à vis des personnes qu’il rencontrait sur son chemin ou qu’il recherchait. Mais depuis qu’il avait visité l’appartement parisien et consulté le press-book, Valérie exerçait sur lui une étrange fascination. Il ne savait pas s’il était attiré par la femme ou par ses formes, mais cela suffisait à lui donner la ténacité nécessaire pour la retrouver.

En revanche, il n’avait pas compris la facilité avec laquelle il avait obtenu l’autorisation de sa hiérarchie de poursuivre l’enquête. Sans commanditaire et faute de financement, l’Organisation avait plutôt tendance à arrêter net les missions non rémunératrices. Certes, Alex avait argumenté auprès de son patron l’innocence présumée de Valérie, et fourni tous les détails en sa possession. Pourtant l’Organisation n’avait pas l’habitude de verser dans la philanthropie. Sans doute avait-il été convaincant !

Alex était satisfait, l’enquête avançait à grands pas. Il avait retrouvé la trace de Buncho et de Kamgué. Il avait d’ailleurs réussi à se lier d’amitié avec ce dernier. Ça n’avait pas été trop difficile. Il suffisait d’offrir au révolutionnaire amateur, plusieurs verres dans les bars où il traînait, d’engager la conversation avec lui, et Kamgué éprouvait immédiatement de la sympathie pour son interlocuteur.

C’est ainsi qu’un soir dans un bar sordide de Manille, Alex apprit toute l’histoire de l’enlèvement de la bouche de Kamgué dont il avait gagné la confiance. Il ne s’était pas trompé. Valérie était victime et non pas complice du NAKA. Il fit le lien avec Marco, avec la mafia philippine. Malheureusement, la piste s’arrêtait à la montée de la grande brune dans le coffre de la Toyota de Marco.

Il se serait abstenu d’écouter Kamgué raconter les détails sur la façon dont il procédait pour enculer la prisonnière, mais il fallait le laisser parler. Peut-être un nouveau renseignement allait-il surgir. Pendant qu’il écoutait le récit, Alex fut pris d’un profond dégoût pour Brigit Fergusson. Cette femme était abominable. Pourquoi tous ces mensonges qui faisaient de Valérie un horrible monstre ?

Maintenant ses présomptions devenaient réalité. La pauvre Valérie Berthier était une victime, sans doute toujours prisonnière quelque part. Mais Kamgué apprit à Alex le sort des filles oubliées quand elle tombait dans les griffes de la mafia. Elles finissaient putains sur la voie publique, ou étaient vendues à de riches pervers, ce qui n’était guère mieux. Alex dut en accepter l’idée, imaginant Valérie retrouvant son passé de prostituée dans des conditions certainement encore plus avilissantes. Les putains des bas quartiers de Manille n’avaient pas le confort de leurs homologues parisiennes. L’agent secret décida donc d’offrir un dernier verre à son ami de circonstance et de partir écumer les trottoirs de la ville pour tenter d’y apercevoir Valérie. Puis, il se ravisa, la tâche était titanesque, il lui faudrait des mois. Kamgué allait de nouveau lui servir.

– Dis-moi, Kamgué, lui demanda Alex en lui remplissant son verre. J’aurais envie d’une femme… euh, comment dire… complètement disponible que je puisse… enfin, tu comprends ?

– T’as envie d’une pute, résuma vulgairement Kamgué. Et tu veux pas une du trottoir. T’as bien fait de m’en parler. J’connais plein de mecs capables de t’en trouver. Si t’as du fric bien sûr ! Et tu veux quoi comme genre ? Une d’ici ? Une black ? Une chinoise ?

– J’aimerais bien une qui ressemble à la fille que t’as tringlée dans la jungle, répondit Alex en empruntant le langage de Kamgué.

Alex avançait prudemment ses pions. Il n’avait pas envie d’éveiller les soupçons de son interlocuteur. Mais l’homme était tellement content de se mettre en valeur en jouant les entremetteurs pour son ami blanc, qu’il ne remarqua pas le stratagème.

– Y’a bien Rocco, chuchota Kamgué. Il a souvent ce genre de marchandise. Je peux t’arranger un rencard, mais je vais avoir des frais.

Alex sortit trois billets de sa poche. Il les glissa dans la main de Kamgué en le saluant.

– Je compte sur toi. Et rapidement. J’ai pas envie de finir la semaine en célibataire.

°°°°°°°

Le lendemain, Alex faisait connaissance avec Rocco, un Mélanésien balafré qui avait dû rencontrer quelques accidents de parcours dans sa vie tumultueuse. Outre les cicatrices du visage, et un doigt coupé, l’homme était borgne, et ressemblait à un pirate du dix-septième siècle avec son bandeau noir en travers de la figure.

– Alors, tu veux une fille ? lança Rocco. J’en ai des dizaines à te proposer. T’as des préférences ? Mais t’as de quoi payer au moins ?

– Vous inquiétez pas ! J’ai de l’argent. Mais je suis très difficile. Je voudrais une Blanche, avec une belle poitrine.

– T’as raison, l’ami ! Les Blanches, c’est les meilleures. Attends, je vais te trouver quelque chose !

Le Mélanésien se gratta la tête. Malgré son discours, il n’avait pas tant de choix à proposer, surtout dans les critères énoncés. Il ouvrit le tiroir du bureau et sortit une pile de photos de femmes nues. Les clichés étaient tous aguicheurs, et même provocants pour certains. Rocco procéda comme s’il distribuait des cartes à jouer. En fonction de la photo, il la déposait sur la table face à son client, ou bien, pour des raisons dont il était seul juge, il l’écartait en la mettant au rebut sur le tas à côté de lui.

Alex découvrait les séduisantes créatures. Toutes ne correspondaient pas aux critères demandés, car Rocco glissait dans la sélection, de nombreuses asiatiques ainsi que des Blanches dont la poitrine n’avait rien d’excitant. Alex faisait mine de n’apprécier aucune des photos que le Mélanésien lui présentait. Soudain apparut sous ses yeux celle qu’il croyait ne jamais voir. Aucun doute possible, c’était bien Valérie. La brune y était accroupie, légèrement penchée en avant, les genoux écartés. Elle souriait un peu. Les seins lourds paraissaient suspendus au-dessus vide, comme la longue chevelure brune qui semblait caresser leurs flancs. Juste avant qu’un nouveau cliché recouvre le magnifique tableau, Alex remarqua le triangle sombre au fond des cuisses grandes ouvertes. Il se souvenait encore du pubis glabre sur les épreuves du press-book de Paris. La toison noire qui avait repoussé était la preuve que la photo était postérieure à l’enlèvement. Les clichés continuèrent à s’empiler jusqu’à ce que Rocco en ait terminé la répartition.

– Alors ? Tu vois, tu as le choix ?

Alex prit la pile dans ses mains et fit semblant d’être indécis. Lorsque la photo de Valérie réapparut, il simula l’hésitation avant d’annoncer à Rocco :
– Je veux celle-ci !

Le Mélanésien reprit la photo et la retourna. Quelques inscriptions codées, indéchiffrables pour Alex, mais éloquentes pour le balafré, figuraient au dos.

– Tu as du goût, mais je tiens à te dire que cette fille n’est pas à louer, mais à vendre. Et elle vaut cher, très cher !

– Je suis prêt à l’acheter. Jusqu’à quatre mille dollars. Ça va ?

Rocco faillit s’étrangler. Bien sûr qu’il allait la lui vendre à ce prix là ! À condition que la fille soit toujours disponible !

– D’accord ! répondit Rocco. Je fais préparer la fille pour demain matin, et à midi tu apportes le fric et on conclut l’affaire.

Les deux avaient menti. L’agent secret n’avait jamais eu cette somme d’argent, et le Mélanésien n’avait pas encore la fille. Alex fit tomber une photo sous le bureau qu’il s’empressa de ramasser. Ce n’était pas celle de Valérie, sinon, il aurait bien tenté de la conserver.

De retour à son hôtel, Alex s’enferma dans sa chambre et s’empressa de déployer l’antenne de l’appareil qui voulait ressembler à une minichaîne hi-fi, mais qui n’en était pas une. Il pressa un bouton et attendit une dizaine de minutes. Un bip lui signala que la récupération de l’enregistrement était terminée. Un peu nerveux, il allait enfin savoir si le minuscule magnétophone qu’il avait collé sous le bureau de Rocco avait fonctionné.

La voix de Rocco sortit enfin par le haut-parleur. Elle semblait parler au téléphone :

– Salut Marco, je crois qu’on va faire des affaires ensemble ! La fille que ton boss m’a proposée il y a trois mois, tu sais, la brune avec les grosses mamelles, tu l’as toujours ?

Alex était ravi. La voix était nette. Il ne pouvait pas entendre l’interlocuteur à l’autre bout du fil, mais il venait de découvrir qu’il s’agissait de Marco. Maintenant, il était persuadé que l’enregistrement allait lui fournir une mine d’informations.

– Merde alors ! reprit la voix de Rocco. Elle est déjà vendue ? Parce que, tu sais, moi, je suis acheteur !

– ……..

– Bien sûr ! Je comprends. Mais moi j’en donne trois mille dollars.

– ……..

– Dis-moi au moins à qui elle a été vendue. J’essayerai de la racheter. Si ça marche, je te file un pourcentage.

– ……..

– T’inquiète ! Je serai muet comme une tombe.

– ……..

– À qui ? À Wuong, tu dis ? Putain ! Je suis pas prêt de la récupérer !

Le reste de l’enregistrement fut sans intérêt. Alex pouvait maintenant réorienter ses recherches. Il possédait un indice, un nom : Wuong. Certainement un truand notoire, puisque Marco et Rocco le connaissaient. Il n’y avait plus qu’à faire bosser les ordinateurs de l’Organisation pour en savoir davantage.

°°°°°°°

Les deux culs majestueux largement ouverts cachaient le reste des anatomies de Flora et Valérie. C’était l’heure du repas, les deux ponygirls étaient seules dans leur écurie, leurs congénères mélanésiennes n’étaient pas encore rentrées, ce qui ne dérangeait nullement les deux femmes blanches, les ponygirls locales gardant toujours une certaine distance avec elles. Sans parler d’animosité ni même de racisme, il était évident que Valérie s’entendait beaucoup mieux avec Flora qu’avec les deux Mélanésiennes. Une connivence, voire une complicité s’était installée entre les deux Blanches. Ça aidait à supporter la vie de ponygirl à Pleasure-Island !

À quatre pattes, la tête au fond de l’auge, les deux femmes engloutissaient le riz que Tang leur avait versé quelques instants plus tôt. Certaines que Wuong faisait des gros plans sur leurs postérieurs, elles les écartaient à outrance et les tortillait de temps à autre. Pour Valérie, le repas était le meilleur moment de la journée. D’abord parce qu’elle pouvait se gaver de nourriture et satisfaire son intarissable faim entretenue sans aucun doute par les pilules diablement efficaces du docteur Li. Ensuite parce que c’était l’occasion de parler avec Flora sans que les caméras n’interceptent cette entorse au règlement.

– Alors ? Cette balade avec Martin Golden ? demanda Flora.

– Un peu dur, j’ai dû le promener jusqu’au cap des requins. Et puis il y avait Laura. Elle m’a pas ménagée celle-là ! Et toi ?

– Oh, moi, un après-midi de tout repos ! J’ai eu droit à un nouveau client, monté comme un étalon. J’ai commencé par le balader dans la forêt, mais il m’a vite fait arrêter pour m’enculer. Après on est reparti, et il a remis ça au bout de dix minutes. Et ainsi de suite, il n’a pas arrêté de l’après midi ! Mis à part que j’ai l’anus en compote, j’ai dû faire au maximum trois kilomètres.

Valérie écoutait son amie tout en terminant le riz collé au fond de l’auge.

– Tu trouves que c’est du repos de se faire enculer toutes les dix minutes ? demanda Valérie en avalant la dernière bouchée. Tu permets que je te pique un peu de riz ?

– Vas-y ma grosse puisque t’es toujours affamée, répondit Flora. Personnellement je n’ai plus faim ! En tout cas, pour répondre à ta question, je préfère me faire enculer dix fois plutôt que de me faire fouetter par la pétasse de Martin Golden pour l’emmener jusqu’au bout du cap aux requins.

Valérie aurait pu répondre qu’elle aimait nettement mieux une promenade laborieuse à un enculage régulier, mais elle préféra attendre d’avoir terminé le riz qui se trouvait au fond de l’auge, sous la bouche de Flora. Tel un animal, elle racla le ciment avec sa langue. Les visages des deux femmes se rencontrèrent. Flora poussa légèrement le sien pour laisser son amie terminer les derniers grains de riz. Elle était impressionnée par cet appétit féroce qui pouvait éventuellement se justifier aujourd’hui par la longue balade attelée au double sulky, mais qui devenait tout de même chronique.

– Tu sais que tu vas bientôt me rattraper et même me dépasser, plaisanta Flora. Je serai jalouse si tu me prends mon titre de plus grosse ponygirl de Pleasure-Island !

La grande brune sourit, se disant intérieurement qu’elle avait encore de la marge. Malgré tout, elle ne pouvait nier l’évidence. Même si aucune balance n’était là pour l’attester, en trois mois, plusieurs kilos s’étaient installés dans son corps pourtant déjà majestueux. En raison de l’activité très physique de la ponygirl, les muscles avaient bénéficié en priorité de l’abondante nourriture. Les fesses, les cuisses et les mollets avaient gonflé comme ceux d’un athlète. Mais un peu de graisse commençait malgré tout à s’installer en surplus. Les fesses et les hanches s’élargissaient et le ventre s’arrondissait. L’anatomie de Valérie était encore loin de celle de Flora, mais elle s’était malgré tout plus modifiée qu’elle ne le pensait. Heureusement pour elle, ce n’était pas son souci du moment. Mais en avait-elle seulement un ? Incroyable Valérie ! Elle ne pouvait pas dire qu’elle était heureuse, condamnée à jouer les juments de trait, mais elle avait accepté son sort, comme Flora. C’était sans doute cette philosophie qui permettait aux deux ponygirls de se sentir bien dans leur peau, pour le plus grand plaisir du propriétaire des lieux qui voyait en elles des infatigables bêtes de somme.

C’est ce que Wuong pensa en éteignant l’écran de télévision. Il se leva et se rendit au salon pour retrouver Martin Golden qu’il avait invité à prendre l’apéritif avec lui.

Wuong espérait que Martin avait été satisfait de sa première journée. Après l’incident avec Nancy, le Chinois avait constaté l’absence prolongée du richissime homme d’affaires. Il avait tout organisé pour que son nouveau séjour soit le plus attrayant possible, car Matin Golden était un de ses meilleurs clients. LIRE LA SUITE

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