Mémoires d’André Sabatier chap 5 à 10

jeudi 5 mai 2005
par  Richard Tuil
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CHAPITRE V

Le dimanche qui suivit ma rupture (car c’en était une) d’avec Mirabelle, j’eus la stupide idée de retourner voir Agnès, qui m’accueillit avec joie, et voulut rejouer avec moi aux jeux de l’Amour. Mais j’avais passé la pire semaine de ma vie et je n’avais goût à rien. Elle me consola de son mieux en me préparant un chocolat chaud, et me donna quelques gâteaux aux goûts savoureux. Je me sentais bien, il faut le dire, quand j’étais près d’elle. Et de confidences en confidences, je lui avouais mon âge réel, et elle fut encore plus surprise de l’apprendre, car mes capacités sexuelles étaient telles qu’elle me disait que lorsque je serai un homme fait (et fini ?), je serai sûrement l’amant le plus formidable et le plus recherché des femmes. Mais la perte de Mirabelle ne me faisait pas plaisir, et je n’avais aucune envie de faire l’amour à qui que ce soit. J’en étais même dégoûté, car j’avais l’impression de l’avoir trahie, et cette punition qu’elle m’infligeait était suffisante pour que je sois de plus en plus malheureux.

Je quittais Agnès ce jour—là après avoir discuté, lorsque je fus remplacé dans son deux pièces par un homme d’une quarantaine d’années.

Alors, après un baiser sur la joue, elle reçut son client. « Tu les prends au berceau ? » demanda—t—il surpris. « Non ! André est mon cousin qui n’habite pas loin. Il n’est rien d’autre, n’aie crainte. »

C’est après ces quelques mots que je la quittais, et laissais un intervalle d’un mois avant ma visite suivante.

En effet, le mardi 19 décembre 1978, j’avais remarqué, pour la première fois, en 6ème 5 du collège de la Justice, une fille qui était dans la classe de mon frère Gérard. C’est d’ailleurs lui qui m’a donné son nom : Virginie Van Houtten.

Il faut dire que Mirabelle m’avait abandonné et j’étais seul à ma place en classe. Quand on dit « un seul être vous manque, et le monde est dépeuplé », c’est tout ce qu’il y a de plus vrai ! On a une impression de vide immense en soi, alors, puisque je ne pouvais plus avoir de contacts directs avec Mirabelle que j’aimais tant, mes regards se posèrent ailleurs.

Je remarquais Virginie ce jour, et depuis que j’avais connu Mirabelle, je n’avais pas vu de filles aussi éblouissantes. J’ai donc demandé à Gérard de m’arranger une petite entrevue avec elle.

En fait, cela se passa différemment. Virginie avait l’habitude, à l’interclasse, de courir après une cigarette : une fille de moins de 13 ans déjà accro à la cigarette ! Je n’ai jamais aimé ça, et à l’instar de mon ami Richard, je considère que c’est encore pire et bien plus moche quand c’est une fille ou une femme qui fume.

Donc, comme je le disais, elle cherchait toujours quelqu’un pour se faire offrir une cigarette. Alors, sans me démonter, j’achetai un paquet de « Camel » et, dans un couloir de collège, je lui offrais le paquet.

— Merci, me dit—elle.

— Merci qui ? demandai—je effrontément.

— Merci euh… quel est ton nom ? me demanda—t—elle. Excuse—moi, je ne te connais que de vue.

— Je m’appelle André Sabatier.

— Tu es le frère de Gérard ?

— Absolument, et je suis en 5ème 1.

— Il faut que j’y aille. Merci pour le paquet.

Je la voyais courir vers son cours de gym ; et comme elle courait bien ! Étant plus grande de trois ou quatre centimètres par rapport à Mirabelle, elle avait des jambes plus longues, mais pas plus fines. Disons, qu’elle était plus grande, donc proportionnée en conséquence. Elle avait aussi ses cheveux plus longs et plus ondulés, car Mirabelle les avait bien raides.

Je l’imaginais souvent nue, avec pour seul vêtement, sa chevelure cascadant sur ses épaules, et ne cachant rien. Je pensais à elle, comme je pensais parfois à Agnès, mon initiatrice.

« Agnès devrait la prendre comme novice dans son temple d’Aphrodite ! » me disais—je en allant à mon cours suivant. C’était la première fois que je souriais depuis que Mirabelle avait mis un frein à notre idylle, et je dis bien frein, et non—fin.

Le lendemain, Virginie vint directement me voir, elle me demanda si je n’avais pas de cigarettes.

— Non, aujourd’hui je n’en ai pas. Tu as déjà fini le paquet ? demandais—je.

— Oui, il est fini, car je distribue aux copines.

— Tu es trop généreuse, lui dis—je alors.

— Et toi, tu es un moqueur, me dit—elle, en s’approchant de moi et en m’embrassant sur la joue gauche.

— Qu’est—ce que j’ai fait pour avoir droit à une telle récompense, que je n’espérais pas d’ailleurs.

— Rien ! Mais s’il y a quelque personne généreuse ici, c’est bien toi.

Cela dit, elle me planta là et alla rejoindre ses copines, tandis que moi, j’allais parler à Richard et Mariano Cecchin, un autre ancien de la Croix Petit.

Après la recréation, je rentrais dans la salle de cours souriant comme jamais. Cette fois, Virginie m’avait fait la bise. C’était important, non ?

J’avais l’impression que Mirabelle faisait semblant de ne pas me voir, mais en fait, elle m’a avoué, plus tard, que ce qu’elle voyait en moi, ce changement, la rendait extrêmement jalouse !

Bref !

J’avais besoin de la chance. Les vacances scolaires étaient arrivées, et lorsque j’allais rendre visite à Franck et à Frédéric, qui étaient restés mes amis, malgré notre rupture avec Mirabelle, je ne l’ai pas vue pour la bonne raison qu’elle était partie chez sa tante Mireille aux Linandes pour toute la durée de ses vacances.

L’année 1979 venait à peine de commencer, lorsque j’ai vu Virginie pour la première fois en dehors du collège. En effet, Gérard, mon frangin, me fit la déclaration suivante, lorsque nous étions à la maison : « Virginie m’a laissé un message pour toi, et il m’a étonné. Tu es prié de te rendre à son anniversaire, le 24 janvier. »

J’ai alors dit à Gérard que j’éprouvais pour sa camarade de classe une attirance particulière. Il n’en fut plus étonné.

« Dans ce cas, si elle t’a invité à son anniversaire, c’est qu’elle est aussi attirée que toi. Car c’est une fille qui ne se lie pas facilement. »

Ainsi d’après Gérard j’avais toutes mes chances de réussir une approche et voir plus. Que pouvais—je penser de tout ça ? Ainsi elle m’invitait à son anniversaire, mais bien sûr, c’était peut—être une chance pour moi.

CHAPITRE VI.

Le 24 janvier, jour de ses 13 ans, Virginie Van Houtten était radieuse, belle, grande, élancée, et au mépris de la bienséance la plus élémentaire, elle se jeta à mon cou et m’embrassa fougueusement en public.

J’étais étonné tout en étant heureux. Gérard n’avait pas été invité, et moi, j’étais là un peu gêné, devant tous ses ami(e)s, dont je n’en connaissais pas la moitié. Il y avait là, m’avait dit Virginie, près de vingt personnes et j’étais le dernier attendu, mais non des moindres. « Il y a mes trois cousines, deux cousins et quinze amis. » Gérard m’avait dit qu’elle ne se liait pas facilement, alors comment pouvait—elle avoir quinze amis à son anniversaire ? Enfin, je ne cherchais pas à répondre à cette question, et nous passâmes une soirée très conviviale avec de la musique disco, des danses folles, chacun voulant montrer sa valeur sur la piste de danse.

Je buvais un coca, ma boisson favorite, lorsque :

— Tu ne danses pas ? me demanda Virginie.

— Je ne sais pas danser, avais—je répondu.

— Viens, n’aies pas honte, on est là pour s’amuser, pas dans un concours de danses.

Elle me prit par la main, et je me laissais entraîner.

Après trois ou quatre danses frénétiques d’un rythme endiablé, je n’avais plus de force, je ne me prenais pas pour John Travolta, et je m’affalais sur un siège, prenant un nouveau verre de Coca—Cola sur la table.

— Tu ne veux pas boir quelque chose de plus fort ? me demanda Virginie.

— Non merci, le coca est la boisson que je préfére.

— Mais tu es un véritable saint ! me disait Virginie. Tu ne bois pas, tu ne fûmes pas, et je suis sûre que tu ne baises pas !

— Ecoute Virginie : je n’ai que six mois de plus que toi, et je ne suis pas obligé de faire tout ce que tu viens de dire. Mais quant à la « troisième » des idées c’est déjà arrivé.

Alors ce que venais de lui dire la fit bondir de joie. « Oui ! » avait—elle crié. Elle me prit par la main, et elle m’entraîna dans sa chambre à coucher. « Mes parents sont chez ma tante dans le bâtiment d’à côté. Nous serons tranquils une bonne partie de la nuit, voire toute la nuit ! »

Alors, je lui rappelais notre âge, et j’essayais de la calmer, parce que je commençais à la voir venir. Mais elle, elle n’hésitait pas, elle voulut juste qu’on le fasse ; ce que j’appréhendais, car même si je la trouvais belle et désirable, je n’avais pas trop envie de faire ça trop rapidement, et sans y mettre le temps et les caresses qu’il fallait. Agnès m’avait bien dit que j’étais doué, mais qu’il fallait faire très doucement, très lentement, sans précipitation. Et ce que me proposait Virginie était de l’amour bâclé ; chose que je ne voulais absolument pas connaître.

Alors, je refusais purement et simplement : mais elle avait tellement l’air accroc à moi qu’elle commençait à pleurer.

« Tu ne m’aimes pas ! » me disait—elle à travers ses larmes.

Je n’avais pas cru qu’elle était si sensible ! Et puisque je l’aimais, et justement parce que je l’aimais, je ne voulais pas tout gâcher, et je ne savais plus quoi faire. Devais—je faire quelque chose ici, à ce moment ? Ou bien devais—je attendre une occasion plus tranquille ? C’est vrai que son anniversaire était une occasion spéciale.

Je lui caressais le visage, et essuyais ses larmes :

« Il ne faut pas pleurer. C’est ton anniversaire aujourd’hui, et je n’ai que peu à t’offrir. J’aimerais que tu m’aimes Virginie, je veux dire autant que moi je t’aime. J’ai bien compris ce que tu veux faire, et j’ai trop d’amour à te donner pour faire cela dans la précipitation. »

Mais encouragée par mes paroles, elle me déshabillait en reniflant et en m’embrassant sur tout le visage. J’avais devant moi une fille qui jouait double jeux. Au collège, elle jouait une comédie qui nous montrait une Virginie snobant la plupart des gens de notre âge, et ne se liait qu’à très peu de gens.

Là, dans l’intimité, j’avais devant moi une fille extrêmement sensible, et je ne pensais pas une seconde qu’elle ait pu jouer la comédie. En effet, ce jour—là, elle était encore vierge (sexuellement je veux dire), et elle avait envie que je sois le premier garçon avec qui elle le ferait.

Elle était donc encore plus novice que moi, et j’avais très envie de lui faire plaisir.

— Tu sais André, je n’ai jamais fait l’amour. Je suis encore vierge ; bien que je donne parfaitement le change. Je veux que ce soit toi qui me dépucelles.

— Je suis très honoré ! » lui répondis—je bêtement, et comme j’étais déjà nu, devant elle, elle eu une moue admirative, écarquillant les yeux, et elle me demanda de ne pas lui faire de mal.

Je la déshabillais à mon tour. Là, je voyais que je ne m’étais pas trompé. Elle n’était pas encore finie, mais, elle était déjà très jolie. Ses jambes longues et effilées, et sa motte, entre les jambes n’était recouverte que d’un fin duvet, tandis que sa poitrine, si petite et si menue, qu’elle n’en avait pas encore. Elle sortait à peine de l’enfance, et m’aimait tant qu’elle n’hésitait pas à se donner à moi.

Je la mis sur le lit, et tandis que je l’embrassais tendrement, je lui caressais tout le corps, elle—même me donnant des petits coups de langue sur le thorax ; ce qui m’excitait très fort et fit allonger et durcir mon pénis.

Sa moue admirative devenait de la gourmandise. Alors, ne sachant pas quoi faire, elle me dit « vas—y ! »

Je n’avais qu’à la prendre doucement pour la rendre folle de plaisir, mais le problème était qu’elle était vierge, et je ne voulais pas lui infliger de douleur. Or, je savais, puisqu’Agnès me l’avait dit, que l’hymen qui se perce sous l’impact du membre viril était douloureux et provoquait des saignements. Alors, je plaçais ma verge à l’endroit, et tandis que je caressais le clitoris de Virginie, je lui enfonçais ma bitte droit au but, et, dès le deuxième coup, je lui perçais l’hymen, et elle cria, se serrant tout contre moi, et ne voulant plus me lâcher. La douleur qui lui avait transpercé le corps était forte, mais supportable.

« Je t’aime André » me disait—elle en m’embrassant.

Je n’avais qu’à la laisser faire. La douleur passa, car elle s’était donnée à moi avec amour.

Je ne voulais pas continuer de la lutiner, à cause de la perte du sang qu’elle avait eu, et j’avais peur des conséquences que peut avoir un rapport sexuel, et bien que ce soit très rare, il est tout de même possible qu’une fille tombe enceinte dès la première fois. Mais elle, elle insistait au contraire pour que je fasse avec elle plus de jeux amoureux. Alors, je lui promis de l’inviter dans un restaurant, et qu’ensuite nous irions à l’hôtel où ce serait plus discret.

« Mais non ! me dit—elle. Tu n’y penses pas ? La façon la plus discrète serait que tu viennes pour du soutien scolaire ici, et nous en profiterions pour nous en donner à cœur joie. »

Je trouvais que l’idée était bonne, et même meilleure que la mienne. En effet, je pourrai être un ami, un camarade du collège, qui viendrait pour lui donner des cours ; mais en fait pour la lutiner !

Alors que je l’embrassais, nous nous rhabilliâmes et sortîmes de la chambre. Dans ses yeux brillait un éclat nouveau. Elle n’était plus vierge, et elle en était fière.

Toutes ses copines la félicitèrent, et lui demandèrent ce que je valais au lit ? Moi, je pensais que j’étais trop jeune pour qu’on me juge là—dessus, mais les filles étaient toujours plus dévergondées que les garçons.

Après que tous furent partis, ainsi que sa famille, elle me dit qu’elle comptait bien me revoir dans les plus brefs délais. Alors, je lui promis que la semaine qui arrivait lui serait entièrement consacré. Mais j’avais très envie de rester près d’elle. elle était agréable, contrairement à ce que pensait Gérard et les autres garçons de sa classe comme Christian Dupont, Eric Colombier et d’autres dont j’ai oublié les noms.

CHAPITRE VII.

Le temps passait et nous fîmes l’amour très souvent Virginie et moi, et lorsque la fin de l’année scolaire arriva, mon bilan amoureux était ce qu’on peut appeler une belle réussite ! Sexuellement parlant, je veux dire. Si j’avais été à l’époque, un obsédé sexuel, j’aurais pu trouver mon pendant ou mon âme sœur en Virginie. Depuis son anniversaire, elle était devenue une véritable nymphomane. Mais tout comme moi, elle n’avait que treize ans.

Nous étions heureux comme ça, et c’était très bien ! Mais j’avais besoin d’autre chose que le sexe. Agnès m’avait dit que j’étais doué, et Virginie en redemandait à chaque fois. J’avais l’impression que j’étais heureux, et lorsque les grandes vacances arrivèrent, en juillet, j’allais aux USA pour un séjour linguistique, et là—bas, j’ai connu quelques filles plutôt bien roulées et qui n’avaient pas froid aux yeux.

Mais c’était des filles sans aucun intérêt, et elles qui devaient apprendre le français, je ne crois pas qu’elles aient appris grand—chose en langues étrangères. Moi—même, j’étais aussi nul en anglais à l’aller qu’au retour. Et Dominique Abouaf, la prof d’anglais qui m’avait aidé à organiser ce séjour aux « States », allait être grandement déçu.

Mais Virginie et son souvenir m’avaient terriblement manqués : petite chatte imberbe ou presque, et étroite à souhait. Les quelques Américaines que j’avais connu étaient déjà des « femmes », alors que Virginie sortait à peine de l’enfance.

Voilà comment je passais mes vacances : mes pensées allaient droit vers Virginie Van Houtten, tandis que ma verge défonçait et pénétrait quelques filles, Américaines, blondes aux yeux bleus pour la plupart. Elles étaient jolies, certes, mais j’avais l’impression d’être un coq avec une marmaille de poules caquetantes dans un poulailler, et je me disais en moi—même que même si Virginie n’est pas vraiment intelligente, il y a malgré tout plus d’intelligence dans son petit doigt que dans tout le corps de ces filles !

Bref ! Je rentrais vers le20 août à Cergy, dans notre bon quartier, plein de futurs voyous de la Croix Petit. Là, je revis Mirabelle, seule, en train d’aller vers les 3 Fontaines, notre centre commercial.

« Je peux t’accompagner ? » demandais—je nostalgique de l’époque où nous étions ensemble. Il faut dire aussi que si ses cheveux étaient plus courts que ceux de Virginie, et que si elle était un peu plus petite, Mirabelle restait pour moi, malgré tout, la plus belle.

Alors nous allâmes vers les 3 Fontaines, et je ne savais pas par où commencer notre discussion. J’étais intimidé.

— Allons parle ! Me disait Mirabelle. N’aie pas peur. Je ne t’en veux plus ; et je sais maintenant que notre rupture fut un peu prématurée, car j’étais en colère. Mais, si tu veux nous serons amis. Si tu savais le nombre de fois, et le nombre de nuits que j’ai pleuré ? Je t’aimais André, réellement, et tu as tout gâché.

— J’aimerais te présenter Agnès, lui dis—je.

— Quoi ? Tu continues de la fréquenter ? me demanda—t—elle.

— Je vais de temps en temps lui rendre visite, avouais—je incrédule de voir sa réaction.

— Mais tu es fou ! Qu’est—ce que tu fais chez elle ?

— Eh bien, le plus souvent nous parlons amicalement de choses et d’autres. Mais parfois nous faisons l’amour.

— Ça y est, ça recommence ! cria Mirabelle. Retournes chez toi, je ne veux plus te voir. »

Et je rentrais dépité ; alors que je croyais renouer des liens avec elle, avec Mirabelle, j’avais très envie de le lui dire et même de le lui reprocher. Mais Mirabelle m’avait toujours intimidé, encore plus que les autres.

J’avais encore gaffé !

Le lendemain, je retournais voir Virginie à la Justice où elle habitait, et qui m’accueillit à bras ouverts.

Nous fîmes l’amour cet après—midi là durant des heures. Mais le tempérament de Virginie m’inquiétait de plus en plus. À son âge, je pensais qu’il était impossible d’être aussi « amoureuse » des joies du sexe.

En fait, Virginie m’inquiétait. Je le lui ai dit, et elle me reprocha ma « froideur » !

— Tu ne m’aimes plus ! me dit—elle.

— Mais si, je t’aime.

— Alors, prouve—le.

— Comment ? demandais—je naïvement.

— En me faisant l’amour.

— Mais on vient de finir.

— Tu vois, tu ne m’aimes plus.

— Mais si, je t’aime, lui répétais—je.

Et je recommençais de la foutre, et cela durait cinq mois, jusqu’au 21 janvier 1980.

Ce jour—là, alors que nous faisions l’amour, elle me dit qu’elle était lasse de moi, et qu’elle voulait quelqu’un d’autre, voire même participer à une partouze où elle serait la seule fille.

Je lui répondais qu’elle n’avait qu’à le faire, mais que ce serait sans moi. Je ne pouvais et ne voulais la voir avec d’autres mecs.

— Si tu fais cela, lui avais—je dit, tu ne me reverras pas !

— Ouf ! dit—elle. Je suis lasse de toi, je ne regretterai que ta belle queue. Mais tu n’es pas le seul à en avoir une aussi belle.

Voilà que j’étais relégué au rang d’une simple pine. J’en fus vexé. Je la quittai sans un regard, sans un remords. Je l’avais trouvée jolie, mais cela faisait plus d’un an.

Mirabelle était encore dans ma classe, en 4ème 1, avec mes autres amis Patrick Hadjadj et Richard Tuil.

CHAPITRE VIII.

J’errais comme une âme en peine pendant quatre semaines environ, lorsque le dimanche 17 février 1980, je croisais Mirabelle à la Croix Petit. Elle allait au Franprix des Linandes.

Soudain, mon corps se mit à trembler, mes yeux se voilèrent un instant, mes oreilles bourdonnèrent, mes tempes firent « boum—boum », mon cœur battait la chamade, et je faillis tomber.

Je venais d’avoir un coup de foudre !

Je suppliais Mirabelle de m’écouter, je la suppliais d’être miséricordieuse et de faire la paix avec moi.

— Et si tu retournais plutôt voir Virginie !

— Virginie et moi, c’est fini depuis un mois.

— Et Agnès ?

— Agnès n’habite plus Cergy.

— Alors, tu voudrais que je sois de nouveau avec toi, moi, comme une roue de secours. Dis—moi qu’est—ce que tu as pu trouver à cette pimbêche de Virginie ? Et cette pute d’Agnès, qu’est—ce qu’elle avait ?

En effet, Mirabelle posait la question qu’il fallait. Que pouvais—je dire ? Fallait—il lui dire qu’elle avait raison et que je regrettais, d’autant que Virginie était devenue une folle de sexe, et qu’Agnès exerçait effectivement le métier de prostitué. Mais Mirabelle était là, près de moi, et elle ne m’avait jamais paru aussi belle que ce jour—là.

Alors, je me suis mis à genoux, sur la place des Linandes où nous étions rendus, et je la suppliais de me pardonner. « Bon ! Je vais y réfléchir ! Relève—toi ! » Et comme elle avait été fidèle à notre amour et à notre souvenir, en fait à moi, elle m’embrassa et je la vis sourire.

Qu’est—ce que j’avais été idiot durant ces quatorze mois qui venaient de s’achever. Est—ce que je n’avais pas le bonheur à portée de la main, en la personne de Mirabelle ? Ce que l’être humain peut être idiot alors qu’il a tout à porté de la main, il cherche ailleurs.

Je lui ai dit ces paroles banales, mais tellement belles : « Mirabelle, je t’aime ».

Et bras dessus bras dessous, nous allâmes faire les courses au Franprix, courses que j’aidais à porter jusqu’à la Croix Petit.

CHAPITRE IX.

Avec Mirabelle le temps passait encore plus vite que Flèche Bleue, le serpent, et je désespérais de ne jamais parvenir à rattraper le temps perdu à courir d’autres filles. Je n’ai jamais aimé Agnès, mais elle savait me donner du plaisir, et jusqu’au 31 décembre 1979, date à laquelle elle quitta Cergy pour s’installer à Pontoise, je l’avais vu une douzaine de fois, et nous avions fait l’amour des heures durant. Mais ce n’était que sexuel ; et rien d’autre.

Virginie, je l’avais aimé, c’est vrai, mais à ce moment—là je me dégoûtais de l’avoir fréquenté aussi longtemps. Elle était devenue une nymphomane que sa soif d’hommes allait brûler encore plus vite qu’un fétu de paille, et là, j’étais bien content de ne plus rien à voir, à faire même, avec elle. Une véritable folle !

Avec Mirabelle c’était la sérénité, la sécurité, la douceur, la tendresse, et puisque nous grandissions, les câlins de plus en plus nombreux.

J’étais enfin de « retour au bercail », moi la brebis galeuse. Frédéric et Franck m’accueillirent en frère, et firent comme si rien n’avait jamais changé entre leur sœur et moi.

Nous reprenions nos jeux, nos ballades, et Mirabelle, de plus en plus femme, devenait, de fait, de plus en plus belle, de plus en plus désirable.

J’allais chez eux de plus en plus souvent, et à la fin du mois d’avril, Mirabelle et moi mangions presque dans la même assiette ! En tout cas, elle mangeait chez mes parents aussi sûrement que moi chez les siens.

Le premier mai de cette année, nous fîmes, tous les quatre, une partie de pèche sur les bords de l’Oise. Frédéric avait une cigarette dans la bouche, ce qui me fit de la peine, et j’eus une mine renfrognée. Mirabelle qui me connaissait mieux que quiconque fit immédiatement la corrélation avec Virginie Van Houtten.

— Tu penses à Virginie ? me demanda—t—elle.

— Tu es très perspicace, lui répondis—je. J’ai vu cette cigarette, et je les déteste. Je déteste Virginie et les cigarettes !

— Tu sais, me disait—elle, c’est fini, et puis je t’ai pardonné, ce malgré ta trahison, et je n’ai jamais cessé de t’aimer.

— Alors pourquoi m’avoir chassé ?

— J’étais perdue, vexée, et j’enrageais, parce que j’avais été trahie par la personne que j’aimais le plus, et envers qui j’avais le plus confiance. Mais tout cela fut anéanti par ta trahison… Enfin ! Tout cela est oublié. Viens ! me disait—elle en se serrant contre moi, et en m’embrassant avec ferveur.

Ce soir—là, un orage souffla sur Cergy, et nous fûmes obligés de rentrer.

Un lundi, le 19 mai 1980, le soir, tandis que Mirabelle et moi faisions nos devoirs de mathématiques chez elle, nous fîmes l’erreur de fermer la porte de sa chambre. Alors, tandis que nous travaillions, sa mère est rentrée du travail.

Je ne sais pas ce qui lui a pris, mais un vent de folie était dans sa tête et dans ses pensées.

Elle avait cru que nous faisions l’amour ! Rien que ça ! L’apprendre me parut choquant et inédit, car si nous l’avions fait, je pense que je m’en serais souvenu : une fille comme Mirabelle, ça ne s’oublie pas !

Nous nous sommes retrouvés dans une situation très gênante ! En tout cas, moi par rapport à sa mère, j’étais perturbé. Je ne savais plus où me mettre.

Nous n’avions fait que des mathématiques : je peux le jurer !

Mais la marque de confiance de sa mère, Catherine, envers sa propre et unique fille vexa Mirabelle : c’est pourquoi le lendemain, elle me fit la proposition suivante, et je ne fais que la citer ici :

— André, hier, ma mère m’a terriblement vexée. Penser qu’on ait fait quelque chose de grave, alors que ce n’était pas le cas. Croire que nous avons transgressé quelques règles, alors qu’il n’en est rien ! J’ai décidé cette nuit que nous ferions cette chose que je ne voulais pas faire avant d’être mariée. Nous le ferons dès que je l’aurais décidé, et tu seras celui à qui je me donnerai, n’en déplaise à ma mère.

— Attends ! lui dis—je, je vois bien que tu es en colère. Je ne voudrais pas que tu le fasses par dépit contre ta mère. Honnêtement ce serait dommage.

— N’aie pas peur André, j’en aie autant envie que toi, et je crois qu’il est temps Je t’aime et tu m’aimes. Cela ne me suffisait pas, mais maintenant oui, cela me suffit. J’ai envie que nous le fassions.

J’étais subjugué par ce qu’elle me disait.

J’avais effectivement pensé des dizaines, voir des centaines de fois au jour où nous aurions enfin cette intime relation ! Alors, sans faire cas d’autre chose, je lui dis que la première fois cela faisait mal, et qu’elle pourrait détester. J’appréhendais malgré tout.

« Ce rendez—vous est fixé au 1er juin ! »

C’était ses dernières paroles avant qu’elle ne parte dans la classe ; car toute cette scène s’était déroulée lors de la récréation du matin.

Je la rejoignis dans la salle de cours, où je l’embrassais sur la joue, et en lui disant que je l‘aimais.

Je m’assis à ses côtés, et tandis que M. Shembri, le prof de mathématiques entrait dans la salle, il annonçait que nous ferions une sortie aux Bois de l’Hautil, et il annonça aussi que nous irions avec M. Dubreuil, le prof d’Histoire et Mlle Abouaf, à Paris la veille. Mais cela n’était que pour le mois suivant, pour la fin de l’année scolaire.

En tout cas, je trouvais génial que nous puissions changer de cadre avec Mirabelle.

Puis le temps passait, et arriva le 1er juin, un dimanche.

Il n’y avait personne chez moi. Alors, Mirabelle vint m’y rejoindre. Nos devoirs étaient finis depuis la veille, c’est donc ainsi que nous étions absolument libres sur les plans physique et intellectuel.

Tout était prêt pour le plus important moment de ma vie, et je pense que c’était aussi celui de Mirabelle.

Je tremblais : est—ce que ça allait se passer convenablement ? Mirabelle était nerveuse, tout autant que moi.

Je lui caressais le visage en l’embrassant partout, sur son visage chéri. Je me disais qu’il faudra que ce soit avec elle que je me marie un jour. Du moins je l’espérais.

Elle avait son chemisier blanc, et commença à laisser descendre sa jupe bleue.

Je l’embrassais encore lorsqu’on entendit le bruit d’une clé dans la serrure. « Oh non ! » avait crié Mirabelle.

Je l’aidais à se rhabiller, et mes parents qui ne devaient pas être là jusqu’au moins 19 heures, étaient déjà de retour. La raison : maman s’était sentie mal !

J’étais déçu ; mais pas autant que le fut Mirabelle. Elle, elle espérait tant de cette journée !

Nous sortîmes de ma chambre, et Mirabelle, après avoir fait une bise à mes parents, m’invita à la rejoindre chez elle, dans le bâtiment d’à côté.

Mirabelle, ce jour—là m’avait annoncé une catastrophe : ses parents faisaient construire une maison en province, à Villeurbanne, près de Lyon et ils devaient s’y installer d’ici un an ou deux. Ceci me fit l’effet d’un cataclysme. Qu’allions—nous devenir ?

CHAPITRE X.

La déception de Mirabelle était immense. Mais la mienne aussi, car l’occasion ne s’est plus jamais présentée avant trois mois !

En effet, ce n’est qu’à la rentrée, où nous étions enfin en troisième, que nous eûmes un dimanche de libre.

En effet, nous n’eûmes pas d’occasion nouvelle de nous voir pendant les vacances d’été. Alors, le 14 septembre 1980, tandis que j’avais été chercher des journaux pour mon père qui était turfiste, je la croisais en rentrant des Chênes. Elle avait l’air très pressée et ne me dit que ces paroles : « Cet après—midi, viens chez moi à 2 heures ! », et elle alla vers les Linandes.

J’arrivais donc chez elle à l’heure dite, et je m’aperçus que nous étions seuls. Et c’était la première fois que cela arrivait.

« Entre ! Nous avons quelques heures devant nous, et pas encore de devoirs. J’attends ce moment depuis si longtemps, et depuis trois mois j’ai des problèmes de sommeil. Allons, viens près de moi. »

Elle me prit par la main, et m’entraîna dans sa chambre. J’avais remarqué que Mirabelle était habillée de la même façon que le premier juin, exactement, avec son chemisier satiné blanc, et sa jupe souple bleu ciel. Elle était si belle dans ces habits ! Et si désirable ! Nous avions 15 ans et elle n’était plus l’enfant que j’avais connu trois ans auparavant.

Tandis qu’elle se déshabillait, j’admirais son corps superbe.

Ses deux seins, encore jeunes et menus, pointaient déjà, et je l’aidais à dégrafer sa jupe, tout en léchant leurs pointes.

Elle lâcha sa jupe, et me caressa les cheveux.

Sa culotte était bleue, soyeuse, et je la fis glisser sur ses jambes fines et bien galbées.

Et je n’étais pas surpris de ce que je découvrais. Mirabelle qui était plutôt menue, n’avait aucun défaut. Elle était parfaite, et de toutes les filles et femmes que j’ai connues, c’est Mirabelle qui emporte la palme du plus joli corps, avec Norma. Toutes les autres étaient jolies, belles, désirables, mais ma chère Mirabelle était la perfection faite adolescente !

Tandis que je l’allongeais sur son lit, et que je continuais à lui titiller ses petits seins adorables, je l’entendais haleter et gémir. Sa voix devenue rauque me commandait de continuer, et de ne surtout pas m’arrêter.

J’obéissais, sachant qu’elle était vierge, et que la douleur viendrait inexorablement.

Au bout de quelques minutes, je lui demandais de se mettre sur le côté. Je n’avais pas envie de lui faire du mal ; et je la caressais au niveau des fesses et des poils pubiens, qui avaient la même couleur que ses cheveux, et qui étaient aussi doux qu’un duvet. Elle tremblait, et me soufflait à l’oreille que j’étais « son André ». Elle était curieuse de voir mon engin à l’œuvre ; et me demanda donc d’accélérer. Je fis ce qu’elle demandait, et lui mordillais alors les seins, je lui caressais le clitoris. Et au bout de deux ou trois minutes, la réaction ne se fit guère attendre, et la cyprine coulait à flot. Je pouvais sans crainte, maintenant, placer à l’entrée de la fente, ma verge dressée.

Alors, je coïtais très lentement, afin que mon pénis se trouve entièrement à l’intérieur, et qu’il puisse trouver le chemin de l’amour et du bonheur.

J’étais en phase absolue, et tandis qu’elle—même me caressait, tandis qu’elle me donnait de la joie, je lui enfonçais l’épée de chair jusqu’à la garde, et elle étouffa un cri, laissant perler deux larmes de ses beaux yeux noisette.

Elle me couvrit alors de baisers à n’en plus finir, et je ressortis de son cher vagin, lui caressant le clitoris. La cyprine se mélangeant au sang virginal, la fit se pâmer, et durant quelques instants, elle perdit connaissance. Et je la ramenais à la vie par mes baisers, et la force de mon amour.

— Arrête ! Me dit—elle. C’est trop, je n’en peux plus. Si tu continus, je vais en mourir !

— N’est—ce pas la plus belle des morts ? lui demandais—je.

— Ô mon amour ! me dit—elle, en me couvrant de baisers.

Nous nous levâmes, et elle me dit qu’elle aimerait recommencer tous les jours. Alors, je lui dis que si ça ne tenait qu’à moi, cela aurait été avec plaisir. Elle m’avait choisi moi, André Sabatier, moi l’insignifiant adolescent que j’étais pour trouver la voie du bonheur ; et je l’adorais, j’étais son plus fervent admirateur, son plus fidèle ami, et son plus dévoué serviteur.

— J’aimerais partager ma vie avec toi, lui dis—je.

— Oui, moi aussi, me dit—elle, mais malheureusement nous sommes trop jeunes, et jamais nos parents n’accepteront qu’on se marie. Nous n’avons pas encore 16 ans, et encore, je ne crois pas qu’ils accepteront.

— Tu sais, ma chérie, lui dis—je, cela m’est égal. Je ferai n’importe quoi pour te rendre heureuse, et j’aimerais que tu me croies ; car c’est le but essentiel de ma vie.

Elle prit mon visage entre ses jolies mains, et m’embrassa tendrement.


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